COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

MA'AN

 

  Maire  MENGUE ESSONO Gervais

Tel          +237 696 75 66 29 

              + 237 677 59 51 82

 

Nombre de conseillers municipaux  25

Superficie  2 436 km²

Densité  5,6 hbts/Km²

Nombre d'habitants  13 641

Localisation géographique et superficie de la commune

La ville de Ma’an se trouve dans la Province du Sud, Département de la Vallée du Ntem, Arrondissement de Ma’an, à 112 kilomètres d’Ebolowa sur le tronçon Meyo-centre, en pleine forêt équatoriale sur une superficie de 3 965 kilomètres².

Climat

Le climat qui prévaut est de type équatorial à influence guinéenne. Il existe quatre saisons: Une grande saison sèche de novembre à mi-mars; une petite saison pluvieuse de mi-mars à mi-juin; une petite saison sèche de mi-juin à mi-août; une grande saison pluvieuse de mi-août à fin octobre. La température moyenne est de 25°C. L’hygrométrie relative est de 75%; la pluviométrie varie entre 1800 et 2000 mm par an. Ce climat est propice à deux cycles de cultures.

Relief

Le relief dans tout l’arrondissement de Ma’an est très relativement plat et accidenté en bordure de rivières et certains abords du Ntem à Mvi’ilimengalé. Trois collines se recensent de manière particulière : une colline pierreuse du côté de l’UFA 09 022 aux environs de Mfang dans la chefferie de Mekok, une colline (Nkolébengue) aux environs de Nyabessan, côté du parc national, et une autre colline aux environ du village Bibé vers la frontière avec la Guinée Equatoriale après les quatre bras du Ntem. Des ravins sont très perceptibles en au travers de la route qui n’a généralement pas de latérite.

Sols

Les sols de la localité sont ferrallitiques, relativement pauvres, nécessitant des amendements en cas d’agriculture intensive ou des jachères prolongées pour permettre aux sols de se reconstituer. Cependant sous le couvert forestier, l’humus assez abondant mesure généralement entre cinq et dix centimètres, ce qui procure une relative fertilité à ces sols et les expose également à un lessivage facile en saison pluvieuse, notamment lorsqu’ils sont décapés. Après la couche d’humus assez noirâtre, l’on rencontre un horizon de couleur brune. Les sols hydromorphes qui longent les zones marécageuses et abords des cours d’eau permettent la pratique des cultures de contre saison en saison sèche.

Hydrographie

Toute la commune de Ma’an est arrosée par trois grands fleuves : Ntem, Mvila et Ndjo’o. Le Ntem coule à l’intérieur du Cameroun et à environ trois kilomètres de la ville de Ma’an dans la forêt dénommée Mbovang et longe la frontière Sud de tous les villages vers Nyabessan. Venant de Meyo-centre, le fleuve Mvila marque la limite entre les arrondissements de Ma’an et Ambam, ce fleuve serpente l’arrondissement du côté des UFAs 09 022 et 09 023 pour se jeter dans le Ntem. Le fleuve Ndjo’o contrairement aux deux autres se trouve du côté de l’UFA 09 021 et serpente la forêt jusqu’à Nyabessan où il se jette vers dans le Ntem. Sur la route de Campo, il marque la limite entre les arrondissements de Campo et Ma’an sur un ponceau forestier en ruine. En plus de ces fleuves, il existe d’abondantes rivières et ruisseaux assez poissonneux, si bien que les populations aux abords de ces cours d’eau s’offrent facilement du poisson en saison propice.

La végétation et flore

La végétation de la zone est celle de la forêt équatoriale en général, cependant on rencontre des forêts tertiaires, secondaires et primaires selon qu’on s’éloigne des habitations et qu’on s’enfonce vers l’intérieur de la forêt. L’on retrouve facilement dans cet ordre des plantations (cacaoyères, palmeraies), champs vivriers, les jachères, la forêt vierge et ou la forêt secondaire due à l’exploitation forestière industrielle (par les concessionnaires forestiers). Ce qui montre que ces massifs sont très riches en essences commerciales (Produits Forestiers ligneux (PFL)) c’est le cas de l’iroko (Milicia excelsa), le tali (Erythrophleum ivorense), l’ozigo (Dacroydes Buettneri) le moabi (Baillonella toxisperma) le sapelli (Etandrophragma cylindricum ) le bibolo (Lovea trichilioides), le movingui (Distemonanthus benthamianus), le frake (Terminalia superba), l’ayous (Triplochiton scleroxylon), le bubinga (Guirboutia tessmanii), le bilinga (Nauclea diderichii) le padouk (Ptero (Mitragyna ciliata), le bongo (Fagara heitzii), l’ekaba (Tetraberlinia bofoliata), le niové (Stautdia kamerunensis), le Wengue (Millettia laurentii) etc…Les Produits forestiers non ligneux (PFNL) occupent également une place de choix au sein de la communauté, entre autre on cite l’engong (Trichoscypha arborea), l’onié (Garcinia mannii), l’ezang/essessang (Ricinodendron heudelotii), le champignon, le colatier (Cola nitida), l’akpa (Tetrapleura tetraptera), le palmier à huile (Elaeis guineensis), le rotin (Eremospatha macrocarpa), le nfin (Treculia africana), l’amvout (Trichoscypha acuminata), moabi (Baillonella toxisperma), l’andok (Irvingia gabonensis),Azobe (Lophira alata) l’angongui (Antrocaryon klaineanum), l’atom (Dacryodes macrophylla), le noisetier (Pachira aquatica), l’ebaptom (Dacryodes klaineana), l’edum, le raphia. Des jachères constituées de forêts secondaires et tertiaires (3 à 10 ans), la forêt primaire (500m à 1000m des habitations). Les jachères très récentes sont envahies par une flore sauvage à savoir Eupathorium odoratum «Ndogmo», quelques variétés domestiquées sont plantées aux abords des maisons et limites des cimetières. Les jachères se caractérisent le plus souvent par des arbustes de taille moyenne, de parassoliers et des couches herbacées.

La faune

La faune domestique est composée de chiens, chats, chèvres, moutons, porcs, poulets, canards en divagation. La densité du réseau hydrographique montre la diversité des produits halieutiques. Les espèces les plus rencontrées comprennent entre autres les siluridae, les claridae etc..., et le poisson courant (Malapterurus electricus).

La forêt attenante est très giboyeuse raison pour laquelle le braconnage est très réprimé dans toute la commune. Le tableau suivant présente les espèces les plus rencontrées qui comprennent entre autres les rongeurs, les primates et des mammifères.

Milieu humain

Population de la commune

La commune de Ma’an couvre une superficie de 2 436 km² composée des Ntumu et des Mvae, majoritairement constituée de jeunes de moins de 16 ans, car représentant 51% de l’effectif total. La population âgée de plus de cinquante années représente environ 11%, la commune comporte donc une population globalement jeune, ce qui garantit pour l’avenir une force de travail importante aussi bien sur le plan intellectuel que manuel. Le régime patriarcat qui prévaut dans la zone, justifie la raison pour laquelle les hommes sont majoritairement des chefs de ménages (84,5%) contre 15,5% de femmes chefs de ménages. Il s’agit ici essentiellement des cas où elles sont restées veuves ou encore lorsque le papa trop vieux lègue le pouvoir à sa première fille.

Activités socio-économiques

Habitat

Il existe un seul type d’habitat prédominant, celui qui consiste à grouper les maisons le long des axes routiers. L’ensemble des maisons d’une famille est disposé en demi-rectangle au centre duquel se trouve le plus souvent un corps de garde (Aba). Cependant, tout village dispose d’un corps de garde principal situé dans la cour du chef de village. Il tient lieu de case à palabre et de lieu de détente/relaxe dans le village. Derrière ou à côté de chaque maison principale dont le toit est généralement recouvert de tôle ondulée se trouve une cuisine, généralement en terre battue non crépie.

Education

Dans l’ensemble de la commune de Ma’an, l’on dénombre une trentaine d’écoles primaires et deux écoles maternelles dont une privée fixée à Zoétélé aux environs de Ma’an; trois établissements secondaires publics dont un lycée d’enseignement général, une section artisanale rurale à Ma’an et un collège d’enseignement général à Nyabessan. Les établissements scolaires souffrent particulièrement du manque ou de l’insuffisance d’infrastructures et du personnel, donc quantitativement et qualitativement. La majorité d’écoles sont à cycle complet, mais ne disposent pas suffisamment de maîtres et de salles de classe. Une salle de classe peut pour ce faire abriter deux ou trois classes, celles-ci dirigée par un seul maître. Dans cette commune la carte scolaire n’a pas beaucoup évolué et ceci constitue un des freins pour le financement ou la construction d’infrastructures scolaires. En effet, lorsque certains bailleurs de fonds se rendent compte que la carte scolaire existante ne prévoit pas d’écoles dans un village, ils hésitent à financer ledit projet. La croissance démographique galopante de la population n’est pas suivie par l’évolution ou reforme du système éducatif (carte scolaire peu évolutive, peu de recrutements de personnel, salaires irréguliers des enseignants temporaires), ce qui a globalement pour conséquence un laxisme de certains enseignants et donc un retard dans la scolarisation des jeunes et notamment des jeunes filles. D’où la déperdition scolaire entraînant une sous scolarisation de la communauté, la recrudescence de jeunes filles mères et l’existence des maux sociaux tels que la prostitution, les IST/VIH/SIDA, la consommation des drogues, la sorcellerie….

Pour essayer de pallier la situation, les institutions scolaires recourent le plus souvent à la mairie et aux associations des parents d’élèves pour le recrutement des enseignants temporaires et la construction des salles de classe et leur entretien. Cette intervention fort louable reste loin de satisfaire la demande de la commune sur le plan éducatif.

Santé

Les problèmes de santé apparaissent comme l’une des principales préoccupations de la communauté à cause du faible nombre de structures sanitaires dans la commune. En effet, il existe cinq structures sanitaires dans tout l’arrondissement de Ma’an, dont trois étatiques et deux privées: deux se trouvent à Ma’an (centre médical d’arrondissement et un centre de santé privé protestant intégré), deux centres de santé publics à Nyabessan et à Aya’amang dans la boucle du Ntem 1 et un centre privé protestant de santé à Evindissi. Le seul médecin disponible au centre médical de Ma’an s’occupe d’environ treize mille personnes, ce qui est humainement impossible, ce d’autant plus qu’aucune structure sanitaire sus citée ne dispose ni personnels, ni de moyens matériels, logistiques ou financiers adéquats et suffisants. La population à défaut de pouvoir facilement accéder à un hôpital, se contente de recourir aux tradipraticiens qui se multiplient dans la zone. L’une des conséquences les plus déplorables est la propagation du VIH / SIDA à cause de l’usage du même matériel pour plusieurs personnes. A cet effet, l’on note que les populations de cette zone arrivent généralement à l’hôpital dans des états généralement critiques, après que les charlatans aient épuisé sans succès leurs possibilités de traitement. Comme dans le système éducatif, la carte sanitaire statique pénalise énormément la population à travers ses critères (ratio de populations) qui ne sont toujours pas remplis par les villages de la localité, c’est donc un des freins de l’évolution de ce système. Le faible recrutement et l’irrégularité de la majorité du personnel temporaire de ces structures sanitaires constituent également des obstacles observés malgré l’appui financier ou matériel de la mairie, des comités de santé (cosa) et des comités et communautés de lutte contre le VIH/SIDA fixés dans des villages, pour servir de relais pour la sensibilisation et la mobilisation sociale. Les comités de santé sont mis en place par le centre médical, mais restent peu fonctionnels, leurs dirigeants n’étant pas formés sur le travail à effectuer. Les responsables des comités SIDA par contre suivent des formations de quelques jours, bien que pas toujours suivis d’activités de sensibilisation et d’accompagnement des populations au dépistage volontaire.

Eau potable

La commune de Ma’an compte 59 puits aménagés et 18 puits non aménagés, ce qui est insuffisant compte tenu du nombre de personnes (environ 13 000) et de l’étendue du territoire communal. Les puits aménagés se caractérisent par leur pompe à manivelle (roue) ou à motricité humaine. Des unités de planification entières comme les boucles du Ntem1 et 2 ne comptent aucun puits d’eau potable pour un millier de personnes environ. A défaut d’eau potable, les populations se retournent vers les différents fleuves que sont Mvila, Ntem, Ndjo’o, rivières et cours d’eau ou sources naturelles non aménagées, cette eau est consommée sans être filtrée ni bouillie. Les puits aménagés disponibles sont très peu ou pas du tout entretenus, conséquemment l’eau obtenue est de qualité douteuse. Dans la ville de Ma’an, sur fonds japonais, une adduction d’eau à partir d’un forage dessert la population locale à travers les bornes à robinets; on dénombre ainsi un total de dix bornes de deux à quatre robinets chacune. Toutefois la gestion de ce forage reste difficile dès lors que les populations ne contribuent pas efficacement à son entretien.

Sport et loisirs

La commune de Ma’an, en dehors de la salle des banquets et du cercle municipal qui reçoivent de multiples rencontres culturelles et associatives, dispose d’un stade de football aux dimensions réglementaires et avec tribune. Dans les différents villages de l’arrondissement de Ma’an, il existe des stades de football de dimensions variables ; les périodes de vacances sont les moments les plus attendus par la jeunesse pour organiser des tournois de football.

Electrification

L’arrondissement de Ma’an est connecté au réseau AES SONEL par le village Zouameyong vers Akom2. La ville de Ma’an est alimentée en électricité par un groupe électrogène de grande puissance, la commune dispose d’un autre groupe électrogène d’au moins la même capacité qui reste non utilisé, à cause de la faible demande en électricité de la zone urbaine. Lorsque la mairie fournit du carburant, la ville est alimentée de dix-huit heures à minuit, ce qui ne satisfait pas les habitants de la ville, qui ne peuvent pas utiliser continuellement leurs appareils électriques. Les villages voisins de la ville ont présenté comme problème prioritaire l’extension du réseau électrique communal.

Organisation sociale

Chefferie traditionnelle et les clans

La population de la commune de Ma’an est regroupée autour d’une cinquantaine de chefferies traditionnelles de troisième degré regroupées à leur tour en chefferies de second degré ou canton : Ntumu Centre, Ntumu Ouest, Mvae Ouest, boucle du Ntem 1 et boucle du Ntem 2. La commune compte vingt cinq conseillers municipaux dont deux femmes, soit huit pour cent (8%) de l’effectif total, ce qui reste très faible. La communauté Ntumu comprend principalement les clans : Essambira, Essambwak, Essamvine, Eba, Essandon, Essakounane, Azok, Essambé. La communauté Mvae comprend principalement les clans : Essamendjan, Ekang, Yemfok.

Religion

Les populations pratiquent leur religion principalement à l’Eglise Presbytérienne Camerounaise (EPC) et à l’Eglise Catholique Romaine. Ces deux congrégations sont les plus anciennes dans la zone et les institutions de formation de leurs pasteurs et prêtres sont connues de tous, ainsi que leurs modalités d’admission. Il existe d’autres congrégations religieuses moins représentatives que fréquentent certaines populations : adventiste du 7e jour, vraie Eglise, Bahaï, Branham, Témoins de Jéhovah, Pentecôtistes et EPCO. Toutes ces Eglises ont la spécificité de s’autofinancer et construisent elles-mêmes des temples et chapelles à coûts de plusieurs millions, seule l’Eglise Catholique n’est pas encore totalement imprégnée de cette dynamique.

Organisations paysannes et d’encadrement

Dans la dynamique des organisations paysannes, l’arrondissement de Ma’an connaît un foisonnement de structures associatives de dénomination diverses : association, GIC, tontine, groupe etc... Les associations qui y existent sont de divers ordres : à vocation ONGs locales (accompagnement des populations), comité de développement, comité de suivi, comité de concertation, comité paysan forêt, association de parents d’élèves (APE)…Les GICs ont des vocations diverses : agriculture, foresterie. Les tontines ont généralement pour objet l’épargne entre les membres. Il existe d’autres groupes qui sont parfois de simples groupes d’entraide ou de danses, sans véritable structuration officielle. La majorité de ces groupes ne sont pas légalisés et lorsque c’est le cas, les membres ne connaissent même pas leurs rôles au sein de la structure, si bien que celle-ci repose davantage sur un ou deux individus clés. Le développement communautaire est de fait dans l’arrondissement, dès lors que les paysans s’entraident pour diverses activités (champs communautaires, défrichement des champs et cacaoyères…), mais il existe beaucoup de difficultés pour la réalisation des infrastructures communautaires (construction et entretien d’un puits, salle de classe…) et la gestion des ressources naturelles (acquisition de la forêt communautaire, et gestion de ses revenus, réalisation des champs communautaires).

Autres organisations

D’autres structures ou institutions interviennent dans la commune de Ma’an, ce sont des structures/ ONG internationales de développement et centres de recherche: CIFOR, IRAD SNV, ICRAF, WWF, Peace corps; ou de financement : PNDP; des entreprises industrielles: WIJMA, Société Karyanis, Patrice bois ; des organisations/associations intermédiaires d’appui au développement : CEPFILD, ONED, SAGED, Forêt modèle Campo-Ma’an, ROCAME.

Organisation sociale traditionnelle et culturelle

Les gardiens de la tradition dans la zone sont les anciens (hommes et femmes âgés). Ce sont eux qui sur le plan coutumier montrent le chemin, notamment pour le mariage, les soins traditionnels, la succession, le veuvage, les zones sacrées.

Mariage

Dans la zone, le mariage doit être soutenu par les anciens pour qu’il ait son sens d’union de deux familles. Les conjoints laissent place à leurs parents (anciens de leur famille), pour la prise de décision lors des négociations traditionnelles. Ce sont généralement les accompagnée de sa famille qui lui réserve des semences au cas où elles aura du mal à les retrouver dans le village de son conjoint.

La succession et le veuvage

La succession dans toute la commune ne pose véritablement pas de problème, dès lors que c’est le fils aîné qui est toujours le successeur à son père. Toutefois, l’on retrouve des cas où le disparu a prévu qu’un autre fils lui succède, les anciens du village et de la famille sont alors chargés de faire respecter cette volonté et d’initier en cas de besoin la personne concernée. Dans les deux cas, lorsque le chef de famille ou le chef de village décède, une réunion familiale est convoquée pour de désigner le successeur. Le défunt se confie généralement à une personne âgée du village ou à toute la famille pendant ses derniers moments de vie.

Les zones sacrées

Dans certains villages dans la zone, et notamment dans les boucles du Ntem I et II, sont signalés des sites sacrés, où des personnes non initiées n’ont pas le droit d’y accéder. Il s’agit des espaces forestiers où des pratiques mystiques sont effectuées pour le progrès du village et de ses occupants. anciens qui prennent la parole et s’expriment en proverbe, d’où la nécessité d’être initié. Actuellement l’on assiste à des cas de mariage sans dot, bien que pour certaines familles cela paraît encore comme si la mariée n’est pas considérée par les siens. Les mamans de l’épouse préparent leur fille à assumer ses responsabilités en lui transmettant des savoirs sur ses devoirs traditionnels, la conservation des semences, la gestion des récoltes, les soins traditionnels.

Les soins traditionnels

Toute jeune fille est préparée à pouvoir s’occuper de ses enfants et de son mari selon la tradition ; compte tenu de la pauvreté ambiante, ses parents lui montre certains secrets de la pharmacopée traditionnelle. Le plus souvent, la jeune mariée part de chez elle.

Activités économiques

Pêche

Les fleuves Ntem, Mvila et de nombreux cours d’eau de la localité favorisent le développement de la pêche artisanale dont le produit est exclusivement consommé dans le ménage ou alors par une infime partie vendue localement pour acheter les biens de première nécessité (pétrole, savon, médicament…). La pêche dans tout l’arrondissement se pratique par barrage, nasse, ligne, filet. Toutefois, ces méthodes restent très faiblement exploitées pour que la pêche produise réellement des revenus substantiels aux ménages, il n’existe donc pas de paysans dont la pêche constitue la seule principale activité, car celle-ci est généralement couplée à l’agriculture. Le projet Memve’élé est une opportunité de développement de la pêche artisanale, c’est pourquoi les paysans devraient s’orienter dans le développement de la pêche artisanale. Le Gouvernement Camerounais avait déjà anticipé bien plus tôt avec la création d’un centre de pêche artisanale à Nsebito à côté de Nyabessan, malheureusement le centre n’a jamais été effectivement fonctionnel. Plusieurs espèces consommées dans la zone, restant mal connues pour certains, de la littérature sont notamment en langue locale : agneñ (Malepterurus electricus) mva’a, mvoñ, nsô, ngô (silure), essô, capitaine, kôs, ekôko, ngoñ, akpwe kos (poisson vipère), nwoñ…

Chasse

La zone étant forestière, la chasse est une des activités auxquelles se livrent quotidiennement les paysans, malheureusement les espèces protégées telles que éléphants, buffles, pangolins géants, gorilles…sont aussi prélevées, bien que protégées. L’existence du parc Campo-Ma’an dans la zone est une opportunité de concertation des animaux, qui sont victimes du braconnage. D’importantes quantités de viandes prélevées sont transportées en ville ou en Guinée Equatoriale pour la vente, d’où de nombreux conflits entre population et administration forestière (poste forestier de Ma’an). La période de chasse la plus prolifique se situe entre le mois de juin et celui de Septembre. En saison sèche, les animaux fréquentent beaucoup plus les bas fonds et les cours d’eaux, d’où la convergence des chasseurs en ce lieu à ce moment précis. Bien que de nombreuses campagnes de sensibilisations aient été effectuées par les différents intervenants dans la zone (MINFOF, exploitants forestiers, associations de développement, ONGs locales et internationales…), la réglementation forestière reste très mal connu du grand public, davantage des explications et informations devraient encore être données aux populations de la zone.

Agriculture

L’agriculture est la principale activité de la population, de l’arrondissement de Ma’an, il s’agit notamment de la culture du manioc, la culture des arachides et concombre (pistache), la culture du bananier plantain, les cultures maraîchères (légumes : folon, zôm, élok sup…). Les principaux fruitiers observés dans les jardins de case contiennent surtout du bananier, papayer, corossolier, manguier, pommier citerre, safoutier, avocatier. Les principales cultures de rente sont le cacaoyer, le palmier à huile et les plantations d’hévea abondonnées.

L’agriculture connaît essentiellement des problèmes de faibles superficies cultivées pour des cultures vivrières (moins d’un hectare en moyenne par femme) à cause de la structure de la forêt dense avec d’abondants et énormes arbres et dont le système racinaire est très dense. Il s'agit dès lors de s’équiper d’un matériel adéquat et moderne afin de couvrir d’importantes surfaces, faciliter le semis et éviter de nombreuses maladies dues aux travaux physiquement épuisables. Les produits phytosanitaires sont mal connus et très peu utilisés pour les cultures vivrières, par contre ils sont abondamment utilisés pour les cultures de rente comme le cacao. Pour ce qui est des engrais, ils ne sont connus que des villageois qui cultivent du palmier à huile.

Commerce

Il se manifeste dans la communauté à travers de petites boutiques pour les produits de première nécessité (pétrole lampant, savon, sel, assaisonnement, allumettes, médicaments non homologués) ; la vente du gibier est une activité qui rapporte d’importants revenus aux villageois. Cette activité est vivement réprimandée par les services forestiers, mais butent aux difficultés dues à la traversée des quatre bras du Ntem, car les populations vendent leur butin essentiellement en Guinée Equatoriale, les prix y étant plus élevés. La vente du vin local distillé procure beaucoup de revenus puisque abondamment consommé par les villageois dans tout l’arrondissement de Ma’an.

Exploitation forestière industrielle

La commune de Ma’an compte 05 unités forestières d’aménagement (UFA) : 09020, 09021, 09022, 09023, 09024. Ces UFAs constituent des opportunités d’emplois pour les populations. L’exploitation forestière crée fréquemment des conflits entre la population et les sociétés forestières, car les populations réclament souvent le respect du cahier de charge par les forestiers qui, dans la zone semblent plus privilégier l’administration que la population riveraine. Davantage les conflits s’enregistrent dans l’ouverture et la matérialisation des limites des UFAs et la coupe des essences dans les champs appartenant aux populations. L’exploitation forestière procure aussi bien du travail aux jeunes qu’elle favorise la promiscuité dans les villages, car les ouvriers de la société ne disposent pas de camp. Ceux-ci louent des chambres dans les maisons communaux et des populations, et étant généralement célibataires ils déstabilisent les couples locaux, attirant davantage les femmes par leurs revenus relativement importants. Il s’en suit des conflits suite aux cas d’adultères, grossesses non désirées des jeunes filles, factures non réglées et la prolifération des MST / SIDA.

Toutefois, le prélèvement du bois d’oeuvre rapporte des revenus à la commune par les redevances forestières versées par les exploitants forestiers en activité dans l’arrondissement. Ces moyens permettent à la commune de réaliser des projets communautaires dans les villages et de réaliser des infrastructures de franchissement tels que les ponceaux sur des rivières, des pirogues sur le Ntem.

Elevage

Le type d’élevage pratiqué dans la zone de Ma’an est extensif composé de porcins, caprins, ovins et volailles. La taille du bétail d’un cheptel ne dépasse pas 2600 têtes et la volaille notamment le poulet est la spéculation la plus pratiquée dans la localité. Cet élevage est pratiqué en divagation, ce qui cause généralement des conflits relatifs au vol de bêtes, destruction de biens par les bêtes. La santé de ce bétail est très peu maîtrisée à cause du type d’élevage, c’est pourquoi les cas de maladies épidémiques sont généralement fatals pour les bêtes.

Artisanat

La forêt est une importante source d’approvisionnement en matière première pour la fabrication de cuvettes en bois, canaris, chaises, nasses, hottes armoires…en rotin, raphia, lianes, écorces, bois. Cette activité constitue également une source de revenus pour la population. Il est bien regrettable dans la zone que les jeunes soient très peu préoccupés par l’apprentissage de la fabrication de ces instruments auprès des anciens.