COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

BIPINDI

 

   

Maire  ATANGANA EBANA Christian

Tel       + 237 242 14 76 81

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Nombre de conseillers municipaux  25          

Superficie  3.300 km²

Densité  5,15 Km²

Nombre d'habitants  17 000 habitants

Localisation géographique de la commune

La commune rurale de Bipindi crée par le Décret N° 95/082 du 24 avril 1995 est située à 78 kilomètres de Kribi au sud-ouest de Yaoundé. Elle fait parties de la province du Sud, département de l’océan. Elle comporte 58 villages réunis en quatre groupements à savoir :

- le groupement Ngoumba ;

- le groupement Evouzok ;

- le groupement Bassa ;

- le groupement Fang.

Elle couvre une superficie de près de 750 kilomètres carré, et est limitée au nord par l’arrondissement d’ Eséka, au sud par l’arrondissement de Nyiété, à l’est par l’arrondissement de Lolodorf et à l’ouest par celui de Kribi.

Le climat

Le climat est tropical humide, de type équatorial, avec 4 saisons bien marquées

- Une grande saison des pluies Septembre-Novembre ;

- Une grande saison sèche Décembre-Mars ;

- Une petite saison de pluies : Avril-Mai,

- Une petite saison sèche : Juin-Aout

La moyenne annuelle des précipitations est de 1700 mm et celle des températures de 25,5°C. Cependant des perturbations relevées depuis près de cinq ans ne permettent pas toujours d’avoir une démarcation nette de ces quatre saisons.

Le relief

Le relief de cette communauté fait partie du vaste plateau sud –camerounais d’altitude moyenne 650 m et en lisière avec la plaine côtière. Il est accidenté par endroits du fait des collines isolées ou des complexes de collines, de pentes variables et par la présence de quelques rochers.

Les sols

Les sols appartiennent au groupe des sols ferralitiques fortement désaturés. Ce sont des sols argileux tropicaux de couleur brun-jaunâtre à brun vif. Le PH est généralement acide. On rencontre aussi des sols hydromorphes très mal drainé dans les bas-fonds.

L’hydrographie

La zone est arrosée par un réseau hydrographique constitué de trois principales grandes rivières, la Lokoundjé, La Mougué, La Kpwa avec leurs nombreux affluents. Ces multiples cours d’eau entretiennent le climat et alimentent les foyers.

La végétation et la flore

La formation végétale est la forêt biafréenne faisant partie de la forêt équatoriale dense humide sempervirente de basse et moyenne altitude, constituée de vielles forêts secondaires, de jachères forestières et de jachères à chomolaena odorata. Les essences forestières de la zone sollicitées pour l’exploitation sont : Le Bubinga, le Moabi, le Sapelli, le Sipo, le Tali, le Movingui, le Bibolo, l’Ayous, le Bilinga, l’Ekop, l’Azobé, l’Ebene et l’Iroko.

On rencontre aussi quelques Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL) tels que l’Ando’o, l’Ezezang, la cola, le Bitter Cola, le Nding, l’Obam, l’Essok etc.

- La forêt ripicole humide

Dans cette formation, les strates arborescentes supérieures dépassent rarement 35 m et sont relativement peu recouvrantes, alors que la strate arborescente inférieure est bien développée. On trouve des forêts ripicoles humides en bordure des cours d’eau.

- La raphiale (forêt humide marécageuse)

Cette formation existe au fond des interfluves. Il s’agit de peuplement de Raphia Sp. La Commune en est vraiment bondée et ceci constitue un réel potentiel pour la mise en valeur par la pratique de la pisciculture.

- La vieille forêt secondaire

Il s’agit d’une formation de recolonisation d’anciennes zones cultivées ou de chablis. A ce stade, la strate arborescente supérieure est déjà présente, quoique encore récente. Elle est constituée de quelques vieux arbres de l’ancienne forêt primaire et d’espèces ayant recolonisé l’espace à la suite de Musanga cecropioides généralement premier occupant du terrain, en particulier Ricinodendron heudelotii (Euphorbiacées) Funtunia elastica (Apocynacées), coelocaryon pieussi (Myristicacées), Fagara sp.(Rutacées) et Terminalia superba (Hiliacées).

- La jeune forêt secondaire

Il s’agit d’un stade de recolonisation nettement moins avancé que les vieilles forêts secondaires. Les strates arborescentes supérieures et moyennes lorsqu’elles existent, sont très peu recouvrantes et constituées de vieux arbres de la forêt préexistante. La strate arborescente inférieure se développe et est très largement dominée par Musanga cecropioides. Les strates arbustives et herbacées, très recouvrantes, sont colonisées par Aframomum Sp. Et, dans une moindre mesure, par des espèces telles que Macaranga Sp. (Euphorbiacées).

- Les jachères post culture

Elles sont en majorité colonisées par l’espèce Chromolaena odorata (Astéracées) qui étouffe les autres herbacées après les séries de récoltes. On y rencontre aussi des arbres qui n’ont pas été abattus lors de la préparation du terrain.

- Les forêts secondaires

Elles sont plus abondantes dans la zone d’action anthropique à savoir les cultures et l’exploitation forestière. Dans cette forêt, plusieurs espèces de bois d’oeuvre et de Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL) constituent une source de revenus.

La faune

La faune est surtout constituée du petit gibier regorgeant des animaux tels que les lièvres, les chats-tigres, les porcs-épics, les hérissons, les singes, les biches, les vipères, les rats palmistes, les varans etc. Les zones de pêche que sont les cours d’eau regorgent du poisson, des crevettes, et des crabes.

Le milieu humain

L’histoire de la commune

La commune de Bipindi a été crée en 1995 elle est sous la gestion d’un maire démocratiquement élu sous le multipartisme. La commune a une population de 25 000 habitants environ répartie dans 28 villages regroupés en 14 communautés ou Unités de Planification Participative.

Flux des populations

Les motifs de déplacement des populations qui entraînent de nombreux flux migratoires saisonnier et permanent sont d’ordre économique, socio-éducatif et sanitaire. Ces flux impliquent toutes les composantes de la population et font des grandes villes les destinations privilégiées.

Cette mobilité a connu des effets négatifs et positifs.

Les points positifs intègrent percée des élites de la localité des postes de responsabilités de l’état, l’amélioration du niveau d’étude d beaucoup de ressortissants de la commune et l’amélioration des conditions de vie de certaines. Ces populations dans leurs différentes déplacements de va et vient les exposent à diverses maladies à cause des comportements déviants qu’ils affichent. Les IST/VIH/SIDA constituent en grande partie la proportion de risque la plus élevée que courent les populations en déplacement.

L’organisation sociale et la culture

La commune est une société organisée, elle est composée d’un regroupement de villages qui constituent les cinq groupements rencontrés:

- le groupement Evouzok ;

- le groupement Bassa ;

- le groupement Ngoumba ;

- le groupement Boulou.

Ces groupements ont à leur tête des chefs et au niveau des villages, le chef de troisième degré assure le relais de l’administration et le garant de la tradition.

a) Sur le plan traditionnel

Les chefs de villages sont les auxiliaires de l’administration et sont désignés par les communautés puis confirmés par les autorités administratives. Ils assurent le règlement des litiges au niveau des communautés tout en respectant la tradition et toutes les pratiques ancestrales.

Le veuvage

Le veuvage est un rite qui consiste à purifier le veuf ou la veuve en vue de sa resocialisation. On pense dans la sous-région que le non-respect de ce rite expose le concerné à la démence, aux maladies, voire à la mort. Il y a longtemps, la purification se faisait par la belle-famille, représentée par les beaux-frères ou les belles-soeurs selon que le decujus était une femme ou un homme. Les éléments utilisés étaient purement traditionnels. De nos jours, à travers les villages de la commune, plusieurs veufs et veuves se sont tournés vers la purification par les prêtres et pasteurs.

La dot

Elle aussi a connu des modifications surtout dans le contenu de la contrepartie que reçoit la famille de la femme qui va en mariage. Autrefois, la contrepartie était évaluée en nature et en numéraire. Aujourd’hui, elle est évaluée uniquement en nature.

Sur le plan traditionnel, la dot a perdu son importance, elle est passée de la dot symbolique à la dot d’ « achat » à un moment, mais avec le remodelage des mentalités et la pression de l’alphabétisation, on assiste au retour progressif vers la dot jadis symbolique.

Le Tso

Il est resté intact dans sa pratique au sein de la commune, sans doute parce qu’il s’agit d’un rite sacré. Il intervient lorsqu’une famille perd un de ses membres de suite d’une mort violente suivi d’écoulement de sang. Les populations de la commune pensent qu’à ce moment là, le spectre, d’un tel sort plane sur d’autres membres de la famille. Pour l’exorciser, il faut pratiquer le «Tso». Il consiste à sacrifier un animal qui, en général est un chien, en vue d’une purification des membres de la famille de la victime dans les groupements Evouzok.

Les successions

A la chefferie

Les successions sont patrilinéaires dans toutes les chefferies de la commune. C’est le premier enfant (fils) du défunt qui est le successeur légitime. Cependant’ en cas d’incapacité notoire observée, un autre membre de la famille peut assurer la succession. Dans les familles

Partout dans les communautés, lorsque le chef de famille décède, un de ses frères encore vivant convoque le conseil de famille statuant en matière de succession. Le successeur est désigné objectivement et par concertation sur la base des capacités et de potentialités à assumer les charges de chef de famille. Il faut cependant noter que le fils aîné du défunt est, en principe, l’héritier de droit administrateur des biens.

La religion

La principale religion pratiquée est le Christianisme (Catholicisme et Protestantisme). Le protestantisme est représenté par l’église presbytérienne camerounaise, presbytérienne camerounaise orthodoxe et l’église presbytérienne africaine. On note aussi l’église néo-apostolique et les témoins de Jehovah, ces églises cohabitent dans la paix dans toutes les communautés de la commune.

L’habitat

En dehors du périmètre urbain où l’on a quelques quartiers en bulbes, au niveau des villages, les habitations sont regroupées le long des routes. Les maisons sont d’architectures différentes selon la bourse. On rencontre divers types d’habitation dont :

Les maisons en terre battue : elles constituent environ 60 % de l’habitat global de la commune. Elles traduisent généralement le faible niveau de revenu de leur propriétaire.

Les habitations en sémi - dur forment environ 27 % des maisons de la commune. Elles indiquent une amélioration des conditions financières des familles qui les bâtissent.

Les maisons en dur : elles témoignent d’une certaine aisance financière de leur propriétaire et représentent environ 10 % de l’habitat global.

Les maisons en autres matériaux et les maisons en tôles : elles représentent à peu près 3 % de l’habitat global. Elles constituent des marques de l’influence des cultures des autres régions sur les populations mobiles de la communauté.

Les activités économiques

L’agriculture

C’est la principale activité économique de la commune devant une faible activité de pêche. L’agriculture est traditionnelle, extensive itinérante sur brûlis et son produit est en général destiné à l’autoconsommation des ménages. Cependant on note depuis plusieurs années une forte activité de vente et de passage des produits vivriers vers Kribi. Les cultures comme le bananier- plantain, et les arbres fruitiers sont pratiqués en monoculture et les cultures vivrières en système de polyculture où les exploitations familiales sont à base de manioc et de macabo qui sont des tubercules très consommés dans la zone. La culture de rente est le cacao, il provient en grande partie de vieux vergers qui datent des années quarante et d’une infime partie de nouveaux vergers. Le palmier à huile fait de plus en plus surface dans un secteur où l’hévéa a jadis constitué une grande tradition dans les exploitations du regretté Zenker.

Les cultures vivrières

Elles regroupent les cultures des zones de forêt dans des superficies généralement inférieures à 1ha. Ici, le système est la polyculture. Il associe les légumes feuilles (amarante et morelle), les tubercules (macabo, manioc, ignames, patate douce, pommes de terre), les gousses, les arachides et parfois le haricot. Le concombre et le plantain, sont exploités en monoculture. Les productions de ces différentes cultures permettent d’assurer l’autoconsommation et la commercialisation pour subvenir aux besoins élémentaires des ménages et aux problèmes de scolarité, liés à la vente du cacao. Ici la majeure partie des produits sortant vont en direction de Kribi.

Les cultures maraîchères

La principale est le piment, et on note petit à petit l’entrée d’autres cultures de ce type.

Les cultures de rente

Le cacao est l’or vert qui a longtemps recruté des adeptes dans la zone du Sud Cameroun. Aujourd’hui, les vergers sont vieillissants, ce qui entraîne une baisse de rendement et la chute de la production suite à l’abandon des cacaoyères par certaines familles et des jeunes à cause de la chute des prix des années 90. La préparation d’une campagne cacaoyère implique tous les membres de la famille. Toutes les étapes de la cacaoculture impliquent tous les membres de la famille mais à des degrés différents.

Dans la pratique de l’agriculture nous notons les contraintes de production suivantes :

La mécanisation est ignorée, le travail se fait à la main. Les surfaces cultivées sont alors très faibles, bien que les paysans soient organisés en groupes de travail rotatifs ;

La pratique de l’agriculture itinérante sur brûlis qui accélère le processus de dégradation des sols ;

Le mauvais choix du matériel végétal

Les techniques de lutte phytosanitaire sont très peu connues et pas du tout pratiquées ;

Les producteurs pratiquent la jachère non améliorée pour la plupart.

L’élevage

Le secteur comprend :

L’élevage des animaux domestiques et la pisciculture par endroit. Diverses espèces d’animaux tels que les caprins, les ovins, les porcins et la volaille, sont présentes grâce à un élevage traditionnel où les bêtes sont laissées en divagation.

La pisciculture fait ses premiers pas dans la localité. Ce secteur connaît quelques problèmes liés au manque d’encadrement et de formation des éleveurs.

La pêche

La commune est arrosée par beaucoup de cours d’eau. Ces cours d’eau sont riches en produits halieutiques. Cette activité implique beaucoup plus les jeunes en nocturne. Les méthodes utilisées sont : La pêche à la ligne et la pêche au filet. Les femmes pratiquent également la pêche au barrage en saison sèche. Les produits de cette activité sont les silures, les carpes, les crabes, les crevettes, écrevisses et d’autres espèces de poissons. Une grande partie de ces produits est destinée à l’autoconsommation et le reste à la vente locale.

La chasse

La chasse est pratiquée pendant toute l’année. Pour maximiser leurs gains, les chasseurs ciblent les périodes et les lieux de chasse c’est ainsi qu’ils chassent le long des cours d’eau et tendent des pièges en forêt. Les produits de la chasse permettent un apport en protéines animales dans l’organisme.

Ainsi, de juin à septembre, correspondant à la période de fructification de la grande majorité des arbres les captures sont plus importantes tant par piégeage ou par la chasse au fusil. Pendant cette période, les animaux sont très mobiles à cause de l’abondance des fruits (nourriture) et des proies. Durant la grande saison sèche, les animaux fréquentent les rivières et les bas-fonds pour s’abreuver. Ceci permet aux chasseurs de pratiquer leurs activités dans les marécages et les abords des cours d’eau. Ils pratiquent alors la chasse à courre et les pièges barrage le long des marécages. La vente des produits de chasse se fait au niveau local et parfois vers Kribi. Les produits commercialisés issus de la pêche et de la chasse le sont frais, cuits sous forme « d’ovianga » en petits paquets biens assaisonnés que les jeunes ou les femmes transportent sur leur tête pour la vente ou boucané. L’activité de vente de gibier cuit est au centre du petit commerce à Bipindi et implique plusieurs familles qui tirent l’essentiel de leurs revenus de cette activité.

L’artisanat

Il se résume à la petite vannerie. Malgré l’abondance de la matière première, on ne compte un nombre réduit d’artisans dans toute la commune. Les produits de leur activité sont les hottes et les corbeilles qui sont aussitôt commercialisés localement.

La cueillette

La cueillette inclut la collecte et le ramassage des Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL). L’exploitation de ces produits procure des revenus substantiels aux ménages. C’est le cas de l’andok (Irvinga gabonensis).

Plusieurs de ces produits sont utilisés pour l’alimentation et d’autres pour les constructions, l’ornementation ou comme espèces médicinales.

Le commerce

La commune de Bipindi dispose d’un petit centre commercial légué par les comptoirs des grands grecs qui ont fait la fierté des populations de la localité lors de l’âge d’or du cacao. Autour de ce marché se greffe plusieurs petites activités comme la vente de la viande de brousse. Bipindi étant une bourgade, le marché a lieu tous les mercredis et samedi et avant Dix heures du matin il n’y a plus de trace d’existence de marché.

Le marché de Bipindi est aussi un lieu d’approvisionnement des populations des villes de Kribi et Edéa voire des pays voisins.