COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

MVENGUE

 

   

Maire       AMBASSA Théodore

Tel         + 237 699 90 85 71

E-Mail   Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Nombre de conseillers municipaux 25

Superficie 821,2 Km²

Densité 34,79 hab/Km²

Nombre d'habitants 28 573

Date de création et localisation et superficie de la Commune

Date de création

Jusqu’en 1934, le village de Mvengue appartenait à l’arrondissement de Mbalmayo. Par Arrêté N° 237 du 27 Juillet 1935, Mvengue devient un Poste Administratif, rattaché à Lolodorf. Par Ordonnance N° 59/81 du 12 Décembre 1959, Mvengue devient District, avec une Mairie rattachée à celle de Lolodorf. Après le partage des biens avec la Mairie de Lolodorf, la Commune de Mvengue a ouvert ses propres portes le 02 Janvier 1960 sous l’égide de Monsieur ETOUNDI AYIE Gabriel, premier Magistrat municipal de ladite Commune. Par décret N° 66/DF/442 du 27 Décembre 1966, le District de Mvengue est érigé en Arrondissement. La Commune de Mvengue est une collectivité publique décentralisée constituée d’un organe exécutif et d’un organe délibérant.

Localisation et superficie

Située en pleine forêt équatoriale, la Commune de Mvengue couvre une superficie de 821,2 Km² et compte 45 villages (selon la norme PNDP toutefois, au plan administratif elle dispose plutôt de 47 villages). Elle fait partie des 08 Communes constituant le Département de l’Océan dans la Région du Sud Cameroun.

La Commune de Mvengue est limitée :

Au Nord par l’Arrondissement de Makak (Département du Nyong et Kéllé);

Au Sud, par l’Arrondissementde Biwong Bane (Département de la Mvila);

A l’Est, par l’Arrondissement de Ngomedzap (Département du Nyong et So’o);

       A l’Ouest, par l’Arrondissement de Lolodorf (Département de l’Océan).

La ville de Mvengue est située à environ 112 kilomètres d’Ebolowa sur l’axe routier Ebolowa – Mvengue en passant par Lolodorf, à environ 135 km d’Ebolowa sur la route Ebolowa – Mengueme en passant par Ngomedzap et à environ 130 Kilomètres de Kribi, Chef lieu du Département.La carte ci-dessous localise la Commune de Mvengue dans le département de l’Océan.

Milieu biophysique

Climat

Il est de type subéquatorial forestier, alternant deux saisons sèches et deux saisons de pluies. Elles se répartissent comme suit :

Grande saison des pluies : Septembre à Octobre ;

Petite saison des pluies : Mi-mars à mi-juin ;

Grande saison sèche : janvier à Mars ;

Petite saison sèche : Juin à mi-septembre.

Ce climat se caractérise par une bonne pluviométrie : 219 jours de pluie par an en moyenne et 2970 mm de précipitation annuelle. La moyenne des températures est de 22°C. Ce climat est propice aux activités agricoles bien qu’handicapant pour les transports sur les routes en terre dont la municipalité de Mvengue est quasi totalement dotée. On observe toutefois depuis quelques années, des perturbations saisonnières dans l’ensemble de l’Arrondissement en raison des changements climatiques.

Relief

La Commune de Mvengue se situe au coeur du plateau Sud-camerounais. Sur le plan du relief, elle appartient au grand ensemble des bas et moyens plateaux qui dominent en partie le département de l’océan. L’altitude ici est comprise entre 500 m et 700 m.

Sols

Globalement, la Commune de Mvengue dispose de sols ferralitiques orthiques. Il existe aussi des sols hydro morphes qui longent les zones marécageuses et les abords des cours d’eau permettant ainsi la pratique des cultures de contre saison en saison sèche. Ces sols sont relativement fertiles et se prêtent aussi bien aux cultures arborées (palmier à huile, hévéa, cacao etc.) qu’aux cultures vivrières (manioc, macabo, concombre etc.).

Végétation et flore

La formation végétation de la Commune de Mvengue est globalement constituée par la forêt atlantique dégradée qui colonise les bas et moyens plateaux. De manière spécifique, il s’agit de la forêt dense équatoriale humide. Elle appartient aux formations mixtes semi caducifoliées toujours vertes, présentant des faciès de dégradation le long de la route à cause de l’occupation et des activités humaines (habitations, cultures de proximité et réseaux de pistes). On observe ainsi une forêt primaire, une forêt secondaire selon qu’on s’approche de la route. Les jachères sont aux abords de la route et des zones de cultures et d’habitation. Les forêts marécageuses sont riveraines des marécages, marais et cours d’eau. Les principales essences ligneuses qu’on rencontre sont: Le Bubinga, le Moabi, le Padouk, l’Iroko, le Movingui, le Sapelli, le Fraké, le Tali, l’Okan, l’Ivingia, l’Atui, le Fromager, le Bilinga, le Bibolo, l’Azobé, le wengue, l’Ayous, le Doussié, le Zingana, l’Ozigo, le Dabema, l’illomba, le Faro, l’Aiele, le Kossipo, l’Acajou etc.

On trouve également de nombreux Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL) mais très peu exploités tels que: Le Bitter Kola, la Kola, l’Ezezang, le Nding, l’Obam, l’Essok, l’Andok, le Zam etc.

Faune

La Commune de Mvengue dispose d’une faune variée, constituée de mammifères, de rongeurs, de reptiles et d’insectes qui fourmillent dans le sous-bois humide. Celle-ci est objet cependant d’une forte prédation humaine. L’avifaune est tout aussi riche. Plusieurs espèces d’oiseaux sont identifiées notamment : Les perroquets à queue rouge et des touracs (oiseau bleu). S’agissant des rongeurs, on dénombre de nombreuses espèces parmi lesquelles: Le lièvre courant (ou céphalophe bleu), le sitatunga (antilope aimant beaucoup les marécages), le céphalophe à bande dorsale noire, le porc épic, le hérisson, le Pangolin, le chat tigre, le rat palmiste, le sanglier etc. Pour les reptiles, on citera : Le varan et les serpents. S’agissant des espèces arboricoles on distingue : les écureuils, les singes etc.

La faune aquatique est riche et est constituée des nombreuses espèces telles que : Les silures, les poissons- vipère, les carpes, les crevettes, les tilapias etc. La faune domestique est composée quant à elle de chiens, chats, chèvres, moutons, porcs, poulets, canards en divagation.

Hydrographie

La Commune de Mvengue est traversée par de nombreux cours d’eau dont les plus importants sont : Bikoé ou Lokoundjé, Mvengue, Akié, Awanda etc. La Lokoundjé coule à l’intérieur de l’Arrondissement sur plusieurs kilomètres de l’Est à l’Ouest et longe les villages Bikoe I, Bikoe-si et Bikoé II. En plus de ces principaux cours d’eau, il existe plusieurs ruisseaux et rivières (Efom, OssoéNgoé, Ebayéga, Minkougou, Minsanga, Minsolo, Mbango, Biniga, Mebe’e, Minsende) pouvant favoriser l’agriculture, la pêche et la pisciculture dans la Commune.

Ressources minières

Les ressources minières de la Commune de Mvengue sont constituées essentiellement par les carrières de sable, de gravier latéritique et de gravillons. A l’heure actuelle aucune autre ressource (Or, Bauxite, fer, Manganèse, Uranium etc.) n’a encore été formellement identifié.

Milieu humain

Quelques repères historiques

Le nom « Mvengue », selon la tradition orale, vient du nom « MVONGO », nom d’un chasseur Bassa qui, en fuyant les guerres tribales, s’est réfugié dans la localité. L’administration coloniale a transformé « MVONGO » en « MVENGUE », ce qui a empêché le chef OKALA NTSAMA de donner son nom propre à la localité. « MVENGUE » désigne également la rivière qui arrose le chef lieu de l’Arrondissement.

Après avoir traversé la Sanaga sur un gros python mystérieux dans l’antan, nos aïeux les «Menguissa » actuellement appelés « Enoah » s’installèrent dans le village de « MAN »situé sur l’embouchure de So’o et du Nyong pendant des dizaines d’années. Sous la conduite lucide de leur grand chef de famille OKALA NTSAMA, les Enoah occupèrent successivement les villages de Melan, de Loo-Biyeng et de Mbil –Akié progressant pour la conquête du sel vers la mer. Dans ce dernier hameau, la rivière Akié pénètre complètement sous le sol sur une longueur de deux cent mètres pour réapparaître au bas-fond. Que cet endroit est superbe ! crie OKALA NTSAMA, construisons –y des huttes. Le grand guerrier des Enoah OKALA NTSAMA, fils de MBOURI LIMA avait à MbilAkié 174 femmes et 7 esclaves dont 4 hommes et 3 femmes qui devaient servir ses épouses. Pendant plus de trente ans, les trois quarts des enfants qui naissaient sur cet emplacement magique mouraient bébés ou jeunes gars. Un jour donc, OKALA NTSAMA fit venir des sorciers-voyants pour leur demander la cause de cette mort prématurée qui sévissait dans son village. Les sorciers-voyants lui répondirent que ce lieu placé sur le cours d’eau était un champ de combat nocturne pour tous les sorciers destructeurs du village, voire des revenants.

Enragé, le chef OKALA NTSAMA envoya d’urgence deux de ses esclaves, bien armés de lances et de coupe -coupe à la recherche immédiate d’un nouvel emplacement destiné pour la construction d’un village neuf, toujours vers la mer.

Pendant trois jours, ces deux bourreaux fouillaient la brousse. Ils arrivèrent enfin sur un bon plateau fertile entouré de quatre cours d’eau : Medzobo, Mvod-Enga-Dzang et MvongoNkoga. C’est ici l’emplacement! dit le premier esclave. C’est très bien, répondit le second.

Avant d’aller appeler le chef OKALA NTSAMA, ces deux hommes inspectèrent le bas-fond du plateau et dépistèrent une hutte dans laquelle se trouvait une femme Bassa avec sa jeune fille âgée de trois ans.

- Qui vit ici ? demandèrent les visiteurs ?

- C’est MVONGO NKOGA ! répondit la femme.

- Où est-il parti?

- A la chasse, affirma la femme.

- Il revient quand ?

- Le soir, ajouta-elle.

La femme angoissée donna deux gigots de porc épic avec deux petits tubercules de macabo à nos hommes.

Après avoir mangé, nos chasseurs allèrent se cacher en haut du plateau, sous un gigantesque ELON pour venir tuer MVONGO NKOGA à minuit.

Revenant de la chasse, MVONGO NKOGA vit les empreintes des pieds d’hommes sur le sable de la rivière. Il interrogea sa femme qui lui raconta l’arrivée intempestive d’hommes armés dans sa hutte. Sans même manger, MVONGO NKOGA ordonna à sa femme de préparer le panier de gibier pour fuir.

Au premier chant de la perdrix, nos esclaves débouchèrent sur la hutte déjà vide, le feu éteint. Ils le poursuivirent jusqu’à EFET (Minkan I) sans le trouver.

Devant OKALA NTSAMA, ces deux esclaves devaient être pendus car ils avaient fait partir la tête du Bassa MVONGO NKOGA, originaire de Minka, qui devait toujours fuir par Adouman pour rejoindre son village natal ; Le sang de cet individu devait fertiliser davantage l’emplacement du nouveau village.

Jusqu‘en 1884, le grand chef OKALA NTSAMA, assisté de son petit frère guerrier MEKOA ME NGANTI et de son terrible neveu FOUDA NGA MBIDA (un MvogTsoung Mballa dangereux qui se changeait en femme devant un ennemi fort pour le tuer), vivaient sur ce grand plateau luxuriant, limité au Sud par la belle rivière de MvongoNkoga.

Quand le premier colon « Allemand »arriva dans le village et demanda le nom du cours d’eau qui alimentait la population, le Chef de famille Enoah répondit : « MVONGO NKOGA » et l’homme Blanc écrivit : « MVENGUE » qui donna son nom aujourd’hui à notre commune et à notre Arrondissement. C’est précisément en 1909 que ce nom fut enregistré devant la population.

L’Arrondissement de MVENGUE a longtemps occupé le rang de premier producteur de cacao parmi tous les autres arrondissements du Département de l’Océan.

Les commerçants Grecs et les Libanais partaient d’Ebolowa, de Kribi, et de Lolodorf à l’occasion des marchés périodiques pour acheter du cacao auprès des planteurs. Ces marchés d’échange et de rencontres connaissaient une affluence remarquable.

En 1955,les acheteurs de « produits », comme on les appelait, ont « tout de go »déclaré que la production du village Ndziébetono était « hors norme »,donc bonne à être incinérée, ce que les planteurs dudit village ne pouvaient admettre, et il éclata une grande bagarre qui eut pour résultat des camions incinérés et de la marchandise pillée.

De cet incident, la ville de MVENGUE reçu le surnom de « MVENGUE ATTENTION !!! ».

La population

Selon les données de l’enquête de terrain réalisée en 2013 par le Centre Chrétien de Développement (CCD) la Commune de Mvengue compte environ 28.573 habitants. La densité démographique d’environ 20,32 hab. /Km² est relativement élevée par rapport à celle de la Région du Sud qui est de 13,4 hab. /km² et basse par rapport au niveau national qui est de 37,5 hab. /km².

Ethnies, pouvoir traditionnel et religion

Ethnies

La population de la Commune de Mvengue est constituée des autochtones et des allogènes. Les autochtones sont des natifs résidant dans le milieu depuis des générations historiquement reculées. On les rencontre dans le centre urbain et dans les villages. Cette population autochtone est constituée des différentes ethnies suivantes : Enoah, Mvog Belinga, MvogTsoungMballa, Yanda ; Eben, Embon, Mvog Bassa (à Likongue à la limite avec Makak en allant à Adouman), Fouda, Tsinga, Engoé, Essom etc. La plus grande partie des allogènes vit beaucoup plus dans le centre urbain et quelquefois dans les villages comme main d’oeuvre des élites locales. La population allogène d’origine camerounaise est constituée de Bamiléké, Bamoun, Haoussa, Eton, Bassa etc.

Le dialecte autochtone est l’éwondo. Les dialectes allogènes les plus parlés à Mvengue sont le bamiléké, l’Haoussa, le Bassa, l’Eton, le Bamoun et le Foufouldé. A ceux-ci, il faut ajouter les langues nationales que sont le français et l’anglais.

Pouvoir traditionnel

La commune de Mvengue compte :

47 chefferies traditionnelles de 3ème degré (dont 03 font partie de l’espace urbain : Mvengue centre, Mvengue Medzobo et Mvengue II) qui correspondent au plan administratif à des villages. Toutefois la norme PNDP regroupe ces 03 quartiers de l’espace urbain en 01 seul village ce qui fait 45 villages.

04 chefferies de 2ème degré (dont 01 à Mvengue centre).

Les 04 Chefferies de 2ème degré sont : Le Groupement Enoah -Yanda Centre, le Groupement Yanda Nord, le Groupement Enoah – Yanda Ouest et le Groupement MvogTsoung Mballa.

Religions

Au plan religieux, outre les croyances animistes et les rites traditionnels pratiqués par les populations autochtones, mais tendant aujourd’hui à disparaitre avec le modernisme, plusieurs confessions religieuses existent et exercent librement leurs activités à Mvengue.

Elles sont regroupées en 2 catégories :

- Le christianisme : Constitué des Eglises traditionnelles (Eglise Catholique, Eglise Presbytérienne Camerounaise : EPC), des Eglises dites du réveil (Eglise Pentecôtiste, Eglise messianique, La Vraie Eglise de Dieu, les Témoins de Jéhovah, Eglise Christ Nouvelle Alliance, Eglise Néo-apostolique) ;

- Et l’Islam.