COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

REY-BOUBA

 

Maire DEWA MOHAMAN

Tél. +237 696 53 80 33

superficie de 8 000 km²  

Localisation de la commune

La Commune est située dans la Région du Nord Cameroun, Département du Mayo-Rey. Elle partage ses limites avec le Tchad à l’Est, la Commune de Lagdo à L’Ouest, La Commune de Madingrin et de Tcholliré au Sud et la Commune de Bibémi au Nord. Elle a été créée en 1966, s’étend sur une superficie de 8000 km² et compte environ 111 regroupements de villages

Milieu biophysique

Le climat

Le climat est du type soudanien. L’année se subdivise en deux grandes saisons d’égales durées. La saison pluvieuse va d’avril à octobre. La pluviométrie annuelle est de l’ordre de 900 voire 1300 millimètres. Les précipitations sont irrégulières et se concentrent préférentiellement autour du mois de d’août. La saison sèche s’étend entre les mois de novembre et mars. Les variations thermiques sont importantes. Les températures sont de l’ordre de 28°C en saison pluvieuse, 17°C en saison de forte fraîcheur, et remontent autour de 40°C en périodes chaudes. L’amplitude thermique annuelle est de l’ordre de 23°C. Elle est caractéristique des zones chaudes d’Afrique.

Les sols

La nature des sols est fonction de la topographie du milieu. Ceux situés en zone d’altitude ont une forte teneur en sable. La prédominance latéritique leur donne une coloration rougeâtre. Au fur et à mesure que l’on tend vers la base, leur teneur en argile augmente. Au niveau médian, les sols sont de type argilosableux. Les sols des bas-fonds sont fortement argileux résultant d’une accumulation des détritus. En général, les sols latéritiques ont tendance à libérer assez facilement les éléments fertilisants. C’est ce qui rend itinérante l’agriculture de ce milieu. La ville de Rey-Bouba se trouve ceinturée par des bas-fonds aux caractéristiques pédologiques particulières (voir carte pédologique ci-dessous). Ces sols hydromorphes ont une teneur en argile élevée et restent engorgés toute l’année du fait de l’inondation. Ces sols reçoivent des dépôts alluvionnaires provenant de l’érosion hydrique que subissent les sols des parties immergées.

Le relief

Le relief est très accidenté. Il est formé de montagnes dont la plus importante est Taparé. C’est le plus haut sommet de cette région. Ce relief est favorable à la formation des bas-fonds propices à l’agriculture. Cette topographie accélère le processus érosif du milieu. Le relief est responsable des phénomènes complexes conduisant à une perte de fertilité.

L’hydrographie

La Commune de Rey-Bouba est parcourue par quelques cours d’eau dont le plus important est le Mayo-Rey qui traverse la Commune sur presque toute sa longueur. Des cours d’eau de moindre importance notamment Mayo Rya se retrouve dans le même espace géographique.

La faune

La brousse autour de la Commune de Rey-Bouba regorge d’espèces animales faisant de cette espace géographique un lieu assez sécurisant. Son étendue spatiale permet à une diversité d’espèce animale d’y trouver refuge parfois même si leur niche écologique se trouve constamment menacé à cause d’un développement conséquent de l’agriculture et de l’élevage. Ces activités empiètent sans arrêt sur la brousse affectant de manière indéniable l’écosystème. Les espèces animales en raréfaction notamment les familles des grandes antilopes, les éléphants, les buffles, et la majorité des fauves des savanes d’Afrique peuvent s’y rencontrer. La zone du parc national de Bouba Ndjidda, la Zone Cynégétique 11 et 10, le grand Capitaine ou Mboukma village sont des fiefs ou évoluent des animaux sauvages facteurs d’attraction des touristes.

La flore

La végétation est typiquement celle des zones soudaniennes. La strate arborée se compose d’essences variées. Les arbres atteignent une taille d’environ 5 voire 20 mètres. Ceux-ci sont exposés à une décimation relative à l’extension des espaces agricoles. Par ailleurs, des exploitants forestiers coupent abusivement les arbres et vendent du bois le long de la route. La strate inférieure se compose des graminées annuelles et pérennes. Ce sont des fourrages riches qui permettent de réaliser une activité pastorale. La fréquence des feux de brousse a tendance à modifier leur cycle biologique.

Les aires protégées

L’espace géographique de la Commune a été découpée en zone d’intérêt cynégétiques (ZIC), dans l’optique de mettre en défend ces espaces afin de provoquer une régénération des espèces animales et végétales. Ce sont des zones sous haut contrôle des gardes chasse sensés assuré la pérennité et le développement des espèces animales et végétales.

Le parc de Bouba-Ndjidda est d’un intérêt capital pour assurer un refuge aux espèces menacées. Ce parc a une renommée internationale et draine chaque année des milliers de touristes de part le monde. D’autres zones que sont Mboukma et le Grand Capitaine sont des domaines privés Les animaux à haut potentiel pour le tourisme s’y rencontrent et permettent d’accroitre les rentrées des devises au niveau du trésor public et de manière indirecte à la commune. Les zones de chasses privées autour de Mayo Rya et Nambaké sont des domaines autour desquelles évoluent des espèces animales ciblées par des chasseurs professionnels venant des pays développés pour leurs trophées. Ces aires protégées sont sans cesse foulées par les braconniers. Des espèces notamment les antilopes, les phacochères dont la chaire est fortement prisée sont chassés en violant les barrières et en contournant les gardes pour en faire une activité fortement lucrative. En l’espace de 20 ans, les espèces animales des alentours et dans les réserves ont fortement régressé. Les vieux parlent d’une extinction totale de certaines espèces notamment les rhinocéros qui sont prisés pour leur corne servant à la pharmacopée. Ces dernières espèces sont l’objet d’un trafic du niveau international.

Les ressources minières

Les résultats d’une prospection des sous-sols autour de la Commune de Rey-Bouba ne sont pas facilement accessibles. Cependant, il a été récemment découvert une zone aurifère. Cette ressource est exploitée par des particuliers qui oeuvrent pour le compte des exportateurs assez nantis, qui tirent exclusivement tous les avantages de cette ressource. La ruée vers l’or est une réalité, et attire des populations provenant des pays lointains tels que le Mali, la Guinée, le Gabon. Ces populations sont installées dans des villages précaires qui disparaissent une fois que l’or se raréfie. Très récemment, l’autorité administrative a tenté de mettre en défend cette zone en attente d’une exploitation industrielle. Cette initiative se butte à une perte d’emploi de plus d’un millier de personnes. Depuis, l’exploitation continue son cours sous peine à tout moment d’heurter la force répréhensible de l’administration. L’installation des chercheurs d’or autour de Mboukma déclenche des hostilités avec des gardiens du parc. Il se pourrait que le foisonnement des hommes autour de cette zone de mise en défend bouleverse les habitudes des animaux, c’est ce qui les poussent à quitter le parc pour d’autres refuges. Par ailleurs ces chercheurs d’or, se transforment progressivement en braconniers. Ils concilient parfaitement leur activité première à la chasse qui semble-t-il devient également lucrative.

Milieu humain

Historique de la commune

La Commune de Rey-Bouba a été créé en 1960. Son territoire couvrait le territoire du lamidat de Rey-Bouba. Vers les années 1980, elle a été éclatée en plusieurs communes dont celle de Madingrin, de Tcholliré, de Rey Bouba et de Touboro

La démographie

A l’image des Communes d’Afrique à fort taux de croissance démographique, celle de Rey-Bouba a une population essentiellement jeune. Les jeunes de moins de 30 ans représentent près de 2/3 de la population globale de cette Commune. Le taux d’accroissement de la population oscille autour de 3% (Source médecin chef de district de la santé). Cette population se concentre préférentiellement autour des pôles à fortes activités économiques et d’échange. Comme partout ailleurs, les populations sont en train de se désolidariser de l’agriculture pour explorer d’autres activités moins contraignantes qui se développent au même rythme que l’urbanisation de la nouvelle ville. Il s’agit des métiers de call-box, de secrétariat bureautique et de commerce qui emploient des jeunes d’une tranche d’âge comprise entre 20 et 35 ans.

La taille et structure de la population

La Commune est peuplée d’une diversité ethnique. Il y existe un foisonnement ethnique qui résulte d’une dynamique économique basée sur des échanges. La commune compte une population de près de 100 000 âmes qui se concentrent autour de près de 150 villages et quartiers. Ces acteurs sont régis par une organisation sociale traditionnelle qui y joue un rôle important. A la tête de cette organisation sociale siège le Lamido. Celui-ci a mis autour d’un ensemble des villages des Dogari qui à leur tour ont sous leur responsabilité des Djaoros. L’administration traditionnelle a un poids important, et collabore avec l’administration centrale. Autour de telle organisation sociale cohabitent de manière pacifiquement une population issue d’une diversité ethnique et celle-ci conjugue leurs efforts pour promouvoir le développement de leurs villages respectifs. Dans les différentes orientations qu’ils prennent en ce qui concerne la gestion des actions collectives, ils intègrent le point de vu des différentes communautés. C’est ce qui justifie une relation harmonieuse.

Les groupes ethniques et relation interethniques

Les grands groupes ethniques qui peuplent cette commune demeurent les Peulhs, les Damas, Les Lélés, Les Toupouri, les Dourous, les Moundang, les Gambaye. Ceux-ci sont installés autour des quartiers où ils peuvent exprimer leur attachement aux valeurs culturelles propres d’une part, et à la mise sur pied des stratégies d’entraides propices à un développement communautaire d’autre part. Bien que présentant de nombreuses disparités, ces différents groupes ethniques, cohabitent pacifiquement. Les tensions d’ordre tribales à caractère exclusif n’existent nulle part. Les différentes communautés sont absorbées par une recherche d’une stabilité d’ordre économique au point d’établir des liens d’interdépendances redevables à la spécialisation de chaque groupe en rapport avec ses capacités productrices.

Les religions

Trois religions sont courantes au sein de cette Commune. Celle qui concerne près de 45% de la population locale demeure l’islam. Elle compte parmi les fidèles les Peulhs, Les Damas, les Monos, les Mboum, les Dourou et quelques islamisés parmi les populations venant de la Région de l’Extrême-Nord. Le christianisme est une religion qui concerne plusieurs groupes ethniques et comptent dans le rang de ses fidèles près de 35% de la population. 15% de cette communauté continue à pratiquer la religion authentiquement africaine.

La mobilité de la population

Les raisons évidentes qui sont à la cause de la mobilité de la population locales restent liées à l’accès à l’éducation pour les jeunes en âge scolarisable. Il s’agit pour ces derniers de quitter leur village respectif pour s’inscrire dans des établissements secondaires situés soit à Rey-Bouba soit dans le Lycée de Baïkoua. C’est ce qui semble demander des frais de séjour important. La création de quelques établissement secondaires devra avoir un impact significatif sur l’augmentation du taux de scolarisation d’une part et réduirait pour autant les coûts liés à l’accès à l’enseignement secondaire d’autre part.

Par ailleurs, les déplacements liés aux échanges sont également importants. La zone de Rey-Bouba demeure assez productive en agriculture. Des marchands relient cette Commune aux différentes zones de consommation que sont les centres urbains des grandes métropoles régionales. Ces échanges concernent également l’approvisionnement de cette commune en biens de consommation courante. Ceux-ci proviennent de Garoua. Des échanges internes à la commune existent. C’est le cas des grands marchés de Baïkoua et de Dobinga qui drainent assez de commerçants. D’autres marchés notamment de Madingring et de ceux autour de Touboro demeurent des zones actives relatives aux échanges commerciaux.

Par ailleurs, des raisons sanitaires pour des cas graves nécessitant une évacuation conduisent les familles nantis à se rechercher des soins assez fins autour des différents centres hospitaliers de Garoua.

L’organisation sociale

L’organisation sociale est primordiale pour la promotion des actions de développement. Les différents villages sont organisés autour des chefferies traditionnelles dont le système organisationnel tient compte des valeurs lignagères propres. Les ethnies autochtones occupent les différents titres de noblesse. Son influence reste importante autour des actions mises en oeuvre dans la promotion du développement. La société a une organisation pyramidale au sommet duquel siège le Laamido.

Depuis ces dernières décennies, d’autres types d’organisations sociales ont vu le jour, ce sont les groupements qui sont mis en place pour permettre à une minorité de mettre en commun leur force pour accéder au développement. Ce sont les associations les GIC. Ces types d’organisations paysannes ont pris de l’importance au niveau de la commune.

Les organisations paysannes jouent un rôle important dans la promotion des actions de développement. Ceux qui ont une vocation de production et de commercialisation de coton sont en voie de professionnalisation. 66 GIC couvrent la production et la commercialisation du coton au sein de la commune. Ils constituent en quelques sortes une interface entre les producteurs d’une part, et la SODECOTON d’autre part. 06 d’entre eux n’ayant pas respectés les clauses contractuelles se sont vu retirés certains agréments dans le cadre de leur collaboration avec la SODECOTON.

D’autres organisations permettent de mobiliser certains acteurs autour des activités bien précises. Cette forme d’organisation a cet avantage de faciliter leur relation contractuelle avec certaines institutions et favorise l’encadrement et la formation des producteurs dans leur rôle.

L’habitat

L’habitat reste assez diversifié. A côté de la case traditionnelle, respectant les normes architecturales héritées d’une tradition locale, s’édifient des bâtiments modernes assez complexes reflétant un décollage économique du milieu. Cette diversité n’est pas compartimentée en quartier riche et quartier de pauvre. C’est un foisonnement qui tolère encore une bonne cohabitation. Il n’est pas exclu de voir dans le paysage, une maison moderne superbement construite en matériaux définitifs à côté d’une autre à la toiture de paille, et aux murs en terre battue. La physionomie de la Commune dans sa zone urbaine est en nette modification due à la volonté des élites de transformer l’habitat traditionnel en des maisons modernes. Cette transformation n’est pas automatique. Elle est lente et tient compte essentiellement d’une ascension sociale.

Le zonage de l’espace communal

L’espace communal se subdivise en deux grandes zones essentielles. Il s’agit du milieu rural et de la zone urbaine. Le milieu rural plus vaste, couvre près 90% de l’espace géographique de cette Commune. C’est également là où se concentre la majeure partie de sa population qui a une vocation d’agropasteurs. L’économie locale est supportée par cette partie de la population qui produit près des deux tiers des ressources propres de la Commune.

Le système foncier

Le domaine foncier se subdivise en espaces collectifs et en espaces individuels. Le patrimoine collectif reste sous la gestion des chefs traditionnels. Ces deniers définissent le mode d’utilisation. Ce domaine se compose des espaces en friches et des pâturages. Ils permettent de procéder aux morcellements dans l’objectif d’étendre les espaces agricoles, de délimiter les aires de pâturages et de conserver une réserve foncière. Cette action concerne particulièrement les hommes. Les propriétés individuelles sont gérées par les chefs d’exploitations. L’accès à cette ressource se fait par métayage et par legs.

Les activités économiques

L’agriculture rurale et périurbaine

Aussi bien en zone urbaine que dans celle dite périurbaine, l’agriculture s’est développée autour de quelques spéculations dont le savoir-faire paysannal a su maîtriser, adopter et progesssivement améliorer au point de le concilier avec leur environnement.

Le Maïs : aliment de base a progressivement substitué le sorgho pour devenir la première culture de subsistance. Les premières variétés furent les butaali pulfuli qui étaient cultivée juste pour palier la carence alimentaire et était consommé sous forme buoilli. Ce maïs avait un cycle relativement long. Progresivement, une nouvelle variété fut introduite autour des années 1980 par le Projet SEMNORD, qui avait une vocation de recherche-développement et qui oeuvrait dans la recherche variétale. Leurs actions ont été relayées par la SODDECOTON qui à son tour a fait un effort dans la vulgarisation de la variété précoce à cycle court. Ce maïs a un cycle biologique de deux mois et demi. Actuellement, les amblavures en maïs représentent près des deux cinquièmes des espaces cultivables.

Le coton : demeure la seule culture commerciale. Introduite à l’époque coloniale, elle fut au départ une culture du colonisateur, tant les familles étaient contraintes par le concours des chefferies à la cultiver. Progressivement, l’engouement pour un gain en un seul tenant d’une somme d’argent hors de portée, des familles paysannes a été plus convainquant. Actuellement, toutes les familles agricoles produisent du coton et sont membres des organisations de base mise sur pied par la SODECOTON. Ainsi les groupements de producteurs ont vu le jour et ont hérité une parti du service d’encadrement naguère assuré par la SODEOCOTON. Ils sont chargé du suivi de la production et du suivi de la commercialisation du coton. L’une des innovations que les producteurs déplorent reste leur organisation en cercles de caution solidaire. Cette forme de garanti permettant à l’accès au crédit intrant, donne une opportunité aux paysans verreux de dérobber du crédit puisqu’il est supporté par l’ensemble des membres su cercle. Certains producteurs se détournent progressivement de cette culture tant le système organisationnel autour de cette culture ne cadre nplus avec leur préoccupation.

L’arachide : Cette culture tient une place importante dans l’économie de cette commune. La production locale est vendue dans tous les marchés de la Région septentrionale. Elle s’est développée autour de deux variétés que sont les biriiji Nyawi et biriji Mereeji. La première plus oléagineuse est prisée par les femmes transformatrices spécialisées dans la production

d’huile végétale. Cette variété est introduiite très récemment et semble répondre aux conditions de production locale. L’autre vériété est destinée à la préparation des mets dont la bouillie. Elle constitue également une culture commerciale tant la demande provient des différents marchés du Cameroun.

Le Soja : cette culture est assez rescente. Elle a été entièrement adoptée par les producteurs et occupe désormais une place importante. Les emblavures semblent conséquentes. Le soja bien que ne rentrant pas dans les habitudes culinaires locales, intéressent les producteurs. C’est une spéculation qui se vend et génére des revenus importants. La production locale est demandée par les industries agroalimentaires et constituent un ingrédient dans les biscuiteries et les compléments alimentaires des nouveaux nés.

Le Manioc : est une tubercule qui est produite et complète l’alimentation locale. Le manioc doux consomé cru et parfois bouilli. Il contribue dans la régulation des disettes. Le Manioc amer (à fort taux de cyanure) est destinée à la fabrication de la farine. Cette culture est produite pour une consommation locale et parfois est écoulée dans les marchés de la Région.

La patate : Elle est cultivée dans les bas fonds. La patate demeure une culture qui intervient en période de soudure avant le battage du maïs. Les opportunités d’une extension et d’une intensification de cette spéculation existe.

Bien que la zone urbaine présente des spécificités, elle est mise en valeur autant que les espaces ruraux. Tout autour se produit de spéculation notamment en céréales (maïs), en coton, arachides et les autres légumineuses. La contrainte ici est que cette activité ne s’étant pa sur des superficies importantes. Ce sont des parcelles qui sont aménagées au sein des zones d’extension de la ville. A termes, la ville finira par empièter sur cet espace agricole. Bien qu’elle occupe des petites superficies, elle arrive à compléter de manière conséquente les revenus des ménages.

En réalité, cette agriculture connait assez des contraintes. Les producteurs se trouvent engagés dans un cycle d’endettement sous-tendu par un calendrier agricole qui place les seuls revenus des paysans à la récolte.

La sylviculture

L’activité sylvicole n’est pas rentrée dans les habitudes économiques locales. La retenue de Maga qui se prolonge sur près de 2/3 sur les terres de Rey-Bouba reste une aubaine. En effet, profitant du fait que les pêcheurs peuvent encore directement accéder aux poissons dans cette retenue, aucun effort n’est consentit pour produire des espèces qu’il faudrait sélectionner.

L’élevage

La commune de Rey Bouba est propice à l’activité pastorale. Naguère cette activité était pratiquée par des peulhs sédentaires. Ces derniers exploitaient les pâturages des abords des villages et les repoussent des graminées après le passage du feu offraient un pâturage riche et abondant. Avec le phénomène de bouleversement climatique, Les pâturages se sont conséquemment appauvris.

Les espèces bovines locales, ne pouvant supporter le climat qui semble devenir de plus en plus rude sont progressivement remplacées. Progressivement, ces élevages ont progressivement adoptés les na’i Daneeji, bororoji, espèces qui semblent être plus rustiques. Les vaches bororo composent aujourd’hui l’essentiel des cheptels de cette Commune. Les pâturages autour des villages ne suffisent plus, le monde pastoral subit un énorme bouleversement. Les éleveurs itinérants qui autrefois migraient sans arrêt, se sédentarisent, c’est le cas des Bororo. Les éleveurs Peulhs sédentaires mettent en pratique la transhumance totalement méconnue vers les années 90. Tous semblent converger vers un système pastoral unique, valorisant à la fois le mode extensif, rayonnant autour d’un domaine agricole et mettant en valeur les pâturages des zones hôtes lors des grandes transhumances.

L’espace de cette Commune bien que s’appauvrissant et n’offrant pas des conditions pastorales optimales, attire les éleveurs menacés par une forte insécurité au sein des pays frontaliers que sont le Tchad et la RCA. Depuis, elle subit une forte pression due à foisonnement des élevages favorisant l’intrusion des épizooties. Il peut se constater également que l’augmentation des cheptels ne s’arrime pas aux appuis notamment en termes d’infrastructures d’accompagnement. Il n’existe pas assez de point d’eau aménagé pour desservir plus de cent têtes de bovins. Ainsi l’activité pastorale, depuis ces dernières décennies, subit des contraintes que les différents acteurs tentent résolument de solutionner.

L’élevage est du type extensif. Cette activité continue à perpétuer les pratiques traditionnelles. La différentiation entre les éleveurs autochtones et les Bororos nomades n’existe plus. Ils se sont fixés autour des villages de Bassari, Sabongari, Anina, Rey-Bouba, Alpha, Maïdjamba, Assaka, Doléré, et Tatou. Ils ont également des campements à Lesdi Mboderi, Batao, Mayo-Wondé, Badjari, Baïkoua, Sinassi Djourddé et Babororo. Ces derniers sont progressivement en train de se sédentariser et épouser les mêmes pratiques pastorales que les locaux. Ils deviennent progressivement des agro éleveurs puisqu’ils investissent en agriculture et valorisent les différentes zones de parcage d’animaux.

En effet, en période de forte pression due à la sécheresse, les élevages vont en transhumance pour libérer les espaces autour des villages qui peuvent être valorisés en agriculture. Ainsi, ces terrains occupés par les animaux libèrent assez de fertilité pour les cultures.

Les pâturages se rétrécissent progressivement au détriment des zones pastorales. L’accroissement démographiques perpétué par les grands mouvements migratoires des années 1990 ont accru la demande en terres cultivables.

La pêche

La retenue de Lagdo alimente la Commune et les régions périphériques en poissons. La production locale est parfois vendue au Nigéria où existe une forte demande. L’activité de pêche est tenue par des étrangers, les Nigérians notamment. Ils disposent d’un équipement adéquat et arrivent à prélever des quantités énormes en poisons. Certaines espèces, de meilleure qualité sont destinées à l’exportation. Le Nigeria est une des zones d’écoulement de ces produits de pêche. Ils ont créé une véritable filière de pêche.

En dehors de cette retenue, à Rey-Centre, existe une mare : Ngawri, qui est poissonneuse. Elle arrive à alimenter le centre de Rey et les villages périphériques en poissons. Le poisson y est de bonne qualité.

La chasse

La brousse autour de Rey-Bouba abonde encore d’animaux sauvages bien que leur population est en nette diminution. De part les textes de loi, la chasse est une activité interdite et répréhensible. Cependant des zones de chasse sont créées, délimitées puis gérées par des opérateurs économiques ayant obtenu une autorisation officielle. C’est le cas de citer le parc de Mboukma, la zone de chasse de Mayo-Rya gérée par Moralex et la zone de Nambaké. Des chasseurs venant des pays développés payent cher pour des activités de chasse sportive. Ces types de chasse qui occupent des espaces très vastes, entrent en conflit avec les autres acteurs économiques notamment, agriculteurs, éleveurs, orpailleurs autour de Mboukma plus particulièrement.

Outre cette chasse officielle, se développe également le braconnage. Des particuliers armés de fusils fabriqués localement, vivent de manière frauduleuse de l’activité de chasse. Des espèces les plus menacés sont en train d’être décimés. Une filière de viande de brousse s’est mise sur pied. Les marchés des Régions lointaines sont approvisionnés. Cette activité est sous haute surveillance par les agents de forêts et faune.