COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

MADINGRING

 

Maire DJENABOU MAFING Marie

Tél.           +237 694 37 48 42

Superficie  490 Km2   

Localisation de la commune de Madingring

La Commune de Madingring est située dans le Département du Mayo Rey, Région du Nord. Elle est limitée dans une vaste portion de son territoire qui va du Nord-Ouest à l’Ouest par le Parc National de Bouba Ndjidda, au Nord et à l’Est par la République du Tchad, au Sud par l’Arrondissement de Tcholiré. Sa superficie est de 490 Km2 et sa population est estimée à 72103 habitants.

Milieu physique

Le relief

La plus grande partie de la commune est constituée par une pénéplaine légèrement vallonnée située entre 280 et 600 m au-dessus de la mer. L’on rencontre quelques montagnes ou Hossérés dont les plus importants sont :

Les Hosséré Vaïmba et Doui qui culminent respectivement à 610 m et 502 m

Le Hosséré Ngoïngou,

Le Hossérés Ngassaou Mboum,

Le Hosséré Ngassaou Ngo,

Le Hosséré Goïndassa

On note de petites cuirasses ferrugineuses à plusieurs endroits dans la zone, de hauteur variable allant de 1 à 5 m.

Le climat, pluviométrie et température

Le climat de la commune est de type soudano guinéen, caractérisé par l’alternance de deux saisons contrastées : une saison de pluie de sept mois (avril à octobre) et une saison sèche de cinq mois (novembre à mars) Aubreville (1949).

Les mois les plus pluvieux sont : juillet, Août, Septembre. La pluviométrie moyenne annuelle est de 1326 mm et les pluies tombent en moyenne 76 jours dans la zone. Deux tiers de pluviométries tombent entre juillet, août et septembre et août est le mois le plus pluvieux

La température moyenne annuelle est de 28°C, avec cependant des maxima de 35° C aux mois de mars à mai et des minima de 21°C aux mois de décembre à février.

L’humidité relative est proche de celle de Garoua avec des moyennes maximum et minimum respectivement de 76% et de 35% et des écarts saisonniers importants. Elle est plus basse en février (27%) et plus haute en août (80 %) (Donfack, P ; Tsakem, S M ; Yello, Y ; Kinkeu, G, D, 2001)

La végétation et flore

La végétation la plus rencontrée est la savane arbustive. Ces formations végétales assez ouvertes sont encore à l’état naturel. Ces formations végétales connaissent des fréquences peu régulières, le passage des feux de brousse. Toutefois, on y rencontre des espèces lianescentes qui témoignent de la faible action anthropique de la végétation. Les espèces les plus courantes sont : Piliostigma thoningii, Vitellaria paradoxa, Anogeissus leocarpus, Combretum negricans, annona senegalensis.

La partie sud de la Commune est dominée par la savane arborée. On y rencontre de grands arbres tels que : Borassus æthiopum. La strate herbacée est constituée des espèces telles que Pennisetum Purpererum, Pennisetum Unisetum, Schizachirum sanguineum.

L’hydrographie

La surface de la commune Madingring la commune est inclinée d’est en ouest et est drainée par un important réseau de cours d’eau intermittents localement appelés Mayos dont les plus importants sont :

-Le Mayo Liddi

-Le Mayo Djarendi

Les largeurs de ces Mayos peuvent atteindre 100m (Mayo Liddi et Mayo Djarendi) par endroit, les autres ont une largeur de 5 à 35 m et les ruisseaux ont souvent quelques mètres (Donfack, P ; Tsakem, S M ; Yello,Y ; Kinkeu, G, D, 2001)

Les sols

Les sols rencontrés dans la zone d’étude sont en général des sols ferrugineux tropicaux lessivés (sols latéritiques) ou une combinaison des sols ferrugineux et hydro morphes (Martin et Segalen, 1966 ; Brabant, 1972). Les sols ferrugineux sont constitués de sable argileux gris- brun en surface et du sable ocre gros grains et d’argile dans les horizons inférieurs et par conséquent bien drainés. Ces sols reposent sur une roche mère de granite ou de gneiss en micas qui s’étend à environ 2 m au-dessous de la surface (Donfack, P ; Tsakem, S M ; Yello, Y ; Kinkeu, G, D, 2001). Les sols hydro morphes sont des sols ma drainés reposant sur granite ou sur gneiss. Leur teneur en argile relativement élevée (30 à 40%), surtout dans les horizons inférieurs. De couleur gris –brun et pâle, ces sols restent extrêmement humides pendant la saison pluvieuse et sont marqués par une portante activité de vers de terre. On les rencontre dans les vallées et les régions les plus basses (Assan, G ; Mahop, J P, 2001). A la base des montagnes, on rencontre des sols lessivés, localisés sur des formations des gneiss plus élevés, et le long des mayo. Des sols peu profonds, dérivés de granites se rencontrent par endroit, sur les montagnes et les affleurements rocheux de la commune où ils sont à l’abri de l’érosion. Ce sont des sols mal drainés que l’on rencontre le plus souvent au niveau des vallées et des régions plus basses.

La Faune

L’écosystème de savane qu’offre la commune de Madingring, et l’intégration d’une partie de son territoire à la réserve de faune du Mayo Rey, donne à la commune un potentiel faunique riche et diversifié. .

Milieu humain

Histoire

La commune de Madingring a été marquée par des vagues de migration ethniques à la recherche des terres fertiles, la conquête de territoire et la recherche des terres de refuges lors des guerres au Tchad. La population est cosmopolite. Les ethnies qui peuplent la commune sont des Lamé, Mboum, Foulbé, Dama, Mono, Kali, Pam, Dourou (Dii), Ngambaye, Sarah, Laka, Toupouri, Moundang, Guiziga et des Guidar.

Il parait utile de signaler la présence des groupements de bororos qui s’engagent déjà vers une sédentarisation, à cause de la disponibilité du pâturage, malgré la cohabitation difficile avec les populations locales.

Sources : Centre de Santé de Gor et Sorombéo, Centre Médical d’Arrondissement de Madingring, et Centre de Littérature Karan de Sorombéo, octobre 2007.

Il y a deux types d’habitat dans la commune de Madingring : l’habitat moderne et l’habitat traditionnel. L’habitat traditionnel, constituant plus de 95% est fait soit de terre battue, soit en briques. De forme ronde, carrée ou rectangulaire, il dépasse rarement 30 m² et est recouvert de chaume. Il est généralement entouré de clôture en terre ou en paille soutenue par les haies vives. Ce type de case se retrouve beaucoup plus en zone rurale même si l’on assiste de plus en plus à l’utilisation des matériaux modernes (tôles, parpaings…). La zone urbaine quant à elle abrite en majorité les habitations modernes construites en matériaux définitifs ou en semi dur et le toit couvert de tôle. Dans les zones urbaines telles que Madingring, Gor, Sorombéo, Djémadjou, Djeing …, les habitations modernes côtoient les habitations traditionnelles.

Cultures

Les populations de Madingring partage un héritage culturel riche et diversifié. Toutefois la religion islamique influence les éléments de cette culture. La hiérarchisation de la société place le Lamido à la tête du culte et l’autorité supérieure. Au bas de l’échelle on retrouve les notables, ensuite les Dogari, les Djaouros, et chefs de quartiers, les agriculteurs et enfin les artisans.

Organisation sociale

La société est organisée sous le modèle de la chefferie traditionnelle. La chefferie traditionnelle est représentée par le Lamidat de Rey Bouba. A la tête duquel se trouve le Lamido qui est basé à Rey avec ses notables constituant la Faada (Sarki saanou, Sarki Faada, Bounou…), le Dogari qui est à la tête d’un groupe de villages et le Djaouro qui est à la tête d’un village. Les Dogari se retrouvent dans les grands villages stratégiques pour le Lamidat tels que Rey, Madingring, Sorombéo, Gor, Gambou, Djémadjou, Djeing, etc.

Données démographiques

Le peuplement de la Commune de Madingring se caractérise par une grande diversité ethnique. On distingue des groupes autochtones et des migrants. Les groupes ethniques autochtones (69,35%) se composent principalement des Lamé, des Mboum, des Foulbé, des Dama, des Mono, des Kali, des Pam et des Dourou (Dii). La population migrante (30,65%) est constituée des Ngambaye, des Sarah et des Laka (venus du Tchad), des Toupouri, Moundang, Guiziga (venus de la region de l’Extrême Nord) et des Guidar (venus du département du Mayo Louti region du Nord).

La population de la Commune de Madingring est très jeune. Ce qui reflète ainsi la tendance générale de la population du Cameroun. 49,14% des habitants ont moins de 15 ans, 48,13% ont l’âge compris entre 15 et 59 ans, et 0,93% ont plus de 60 ans. Cette population est constituée de 54,68% des femmes et 45,32% des hommes. Les structures d’habitation se composent du chef de ménage, de son ou ses épouses, de leurs enfants et des collatéraux. Dans la majorité, les familles de la commune sont polygames, en moyenne 2 femmes par ménage et 7 enfants. Donc une famille moyenne dans la région compte 10 personnes. Ceci montre que l’habitat est groupé. Les enquêtes effectuées auprès des populations de la commune montrent que le chef de ménage peut avoir jusqu’à 5 épouses au maximum et le minimum est de 1 femme.

La population de la commune est constituée de 92,65 % des Nationaux et de 7,35 % d’étrangers dont 6,86 % de Tchadiens et 0,49 % de Nigérians.

Les religions

En religion, l’on retrouve dans la commune des chrétiens (protestants et catholiques) en majorité (72,79 %), les musulmans (25 %) et quelques animistes (2,21 %).

Les activités économiques

Les activités économiques font référence à : l’agriculture, l’élevage, On rencontre toutefois d’autres activités économiques à une échelle moins étendue : le commerce, petit commerce, artisanat, etc.)

L’agriculture

L’agriculture constitue l’activité principale des populations de Madingring. Selon les informations recueillies au près de la sous préfecture de Madingring, 98% de la population active pratique de l’agriculture. Cette agriculture s’oriente principalement vers les spéculations suivantes : le Maïs, l’arachide, le coton, le sorgho, le niébé, le mil, le soja. En marge de ces cultures dites de référence, il n’en demeure pas moins que l’on y rencontre des spéculations telles que : la banane, la canne à sucre, les aubergines, la canne à sucre, les fruitiers (citrons, manguiers, goyaviers, etc..), le manioc, la patate, le sésame, la calebasse, le mil pénecillaire, etc.

La taille de la superficie agricole par ménage est fonction de la force de travail. En moyenne un ménage s’investit au cours de l’année sur une superficie d’environ 0,5 ha par an. Les productions obtenues dépendent de : la zone, la technique de production et de capacité de mobilisation du ménage pour le suivi de cette activité.

Notons toutefois l’occurrence des techniques d’utilisation du Pseudo labour. Cette technique est utilisée par les agriculteurs dont la parcelle présente une biomasse importante à l’état sec. L’opération de préparation consiste à faire un passage par le feu de toute espèce végétale. Les trouaison effectuées pour le semis recevront les semences.

Les étapes de production sont classiques et s’opèrent de la manière suivante : la préparation du sol, le labour, le semis, l’entretien, le traitement et enfin la récolte. Le conditionnement des récoltes se fait dans les sacs en polyéthylène de 50 kg à 100 kg.

Les outils utilisés pour la production sont : les houes et machettes et haches pour les opérations de préparation de sol, tandis que la charrue, la houe et dans une forte mesure le tracteur agricole pour les opérations de labour. A l’entretien des cultures, la houe, le faux, la machette et le corps butteur sont utilisés. La récolte fait intervenir les équipements telles que la traction asine ou bovine, les porte tout, les brouettes, les engins (motos, bicyclette ou pick-up) et même la tête de l’homme. Les magasins et les greniers constituent les zones de stockage

Les possibilités de micro crédits sont inexistences. On observe néanmoins des pratiques de : « prêts conditionnés » que pratiquent les populations venus du Tchad ou Nigeria à l’égard des agriculteurs des localités très environnantes (<25 km de la frontière). Cette pratique consiste en la mise en la disposition des intrants à l’agriculteur (semences, engrais et produits phytosanitaires, etc..). Le coût de ces intrants est évalué par les deux parties prenantes. L’emprunteur s’engage envers ce dernier à travers une caution morale pour rembourser l’équivalent argent en équivalent production (mil, maïs ou arachide).

Les pertes de production se rencontrent tant au cours de la production qu’à la conservation. Elles peuvent être dues à :

- Les animaux (moineaux et perdrix) ;

- Les mammifères (éléphants, boeufs, singes, phacochères, hippopotames,) ;

- Les vers et chenilles ;

- Les mauvaises herbes (striga) ;

- Les feux de brousse ; Etc.….

Les organisations de producteurs à l’instar des GIC légalisés sont peu informées des facilités qu’offre l’Etat en matière d’appui aux GIC. Il faut relever que la localité est couverte par le poste agricole située à Touroua.

L’élevage

L’élevage est de type extensif. Les espèces rencontrées sont : les bovins (9143 têtes), les ovins (1 314 têtes), chèvres (1 712 têtes), ânes (95), chevaux (57), chiens (1 230 têtes), porcs (4070 têtes), poulets (1 876 têtes). Les rives et le lit des Mayo constituent un potentiel pour le pâturage des bovins, les petits ruminants les équins et asins. Cette disponibilité est également faite par le biais du stockage du foin en période de soudure. Le fourrage constituée est définit ici comme les herbes, les résidus de récoltes (mil, maïs, arachide, etc..), les feuilles et branchages des espèces ligneuses (figuiers) ou des espèces fourragères.

Les maladies rencontrées concernent notamment : la pneumonie contagieuse bovine, le charbon bactérien.

La pêche

Les fleuves Mayo Liddi et Mayo Djarendi se prêtent à la pêche en saison pluvieuse. Les techniques de pêche sont très artisanales, et nombreux sont les personnes qui se livrent à une pratique contraire à la réglementation. En effet, les techniques telles que celles du Taro ou l’épervier sont très utilisées. D’autres techniques telles que celle à la ligne et à la nasse existent. Les espèces collectées sont : les tilapias, les carpes, les silures et les capitaines.

Autres activités économiques

Le commerce est pratiqué dans les marchés périodiques que sont : Madingring, Gor, Sorombéo, Bongo et Djémadjou. On retrouve aussi ce mécanisme d’échange dans les boutiques disséminées dans les grands centres tels que Gor, Madingring, bongo, Djémadjou ou Sorombéo. Les produits vendus sont installés à même le sol. Les hangars sont pour la plupart construit en paille, supportés par les piquets. Les produits vendus sont les produits manufacturés (80% proviennent du Nigeria, 20% du Cameroun) et les produits agricoles. Les commerçants nigérians sont les principaux acheteurs des produits. Parmi les produits agrosylvopastoraux et halieutiques, on recense : le riz, le maïs, la patate, le manioc, l’igname, les fruits et légumes, la canne à sucre, les calebasses, le mil, le bétail, le poisson (fumé et frais), le tamarin, les produits traditionnels, les huiles médicinales (karité, oliviers, etc.…).

En marge des produits cités ci-dessous, on distingue

L’artisanat utilitaire : pots et vases en argile pour la conservation de l’eau,

La vente de bière locale, dénommée « Bili Bili » et « Harki »;

Les activités du circuit informel (vente de carburant, vente de produits de boulangerie, cafétéria, etc.)