COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

MAYO-OULO

 

Maire  Mme HAOUA TIZI

Tél. +237 699 12 30 55

Créée par le Décret n° 82/455 du 20/09/1982

 

Localisation

L’Arrondissement de Mayo Oulo est situé dans le Département du Mayo Louti, Région du Nord. Il est limité au Nord par l’Arrondissement de Bourha (département du Mayo-Tsanaga), au Sud par l’Arrondissement de Garoua, à l’Est par l’Arrondissement de Guider, à l’Ouest par la République Fédérale du Nigéria (District de Mubi).

Aussi se situe-t-il entre 9°30 et 10° de latitude Nord, et entre le 13° et 14°30 de longitude Est

Relief

Autour de la configuration du relief, l’Arrondissement de Mayo-Oulo est occupé à 80% par des chaînes de montagnes, et montagnes isolées. Celles-ci sont réparties comme suit :

Zone de Doumo à l’Ouest : constituée de hauts plateaux qui serait le prolongement des hauts plateaux de l’Ouest entre 900 à 1200 m, entraînant aussi un type d’exploitation intensif vu la disponibilité des terres cultivables ;

La zone de Mayo-Oulo qui s’étend de Dazal à Boussoum est constituée en grande partie des bas-fonds et de plaines alluviales, quelques montagnes isolées. Zone où on note de grandes exploitations agricoles.

La zone du groupement Peske-Bori à domination montagneuse, aussi l’agriculture se pratique sur les pentes avec des cultures sur terrasse, ou en billon afin de limiter les effets de l’érosion.

Végétation

La zone d’étude est recouverte d’une végétation à plusieurs variantes, dont les principales sont :

La savane arborée/arbustive et steppe ;

La savane forestière ;

Les plaines inondables ou marécage ;

La savane herbacée ;

Les différentes espèces ligneuses sont : l’acacia, le fedherbia, le jujubier, le tamarinier, le baobab, et le Mayo Ouloer.

Climat

Vu sa localisation en zone septentrionale du pays, Mayo-oulo jouit d’un climat de type soudano-sahélien, caractériser par deux saisons d’inégale longueur :

Une saison sèche allant de novembre à mai, avec les températures changeantes et allant jusqu’à 38.5°C (c’est la période pendant laquelle les éleveurs rencontrent beaucoup de difficultés pour nourrir leur bêtes et sont par fois obligés de pratiquer la transhumance) ;

Une saison pluvieuse de juin à octobre. Mayo-oulo est l’un de l’arrondissements le plus arrosé du Département, car les pluies atteignent leur optimum au d’août.

N.B : La présence du barrage de Goloza a créé un micro climat dans cette zone qui donne un plus aux activités agricoles et aux sols.

Hydrographie

Le réseau hydrographique est composé des mayos. Ce sont des cours d’eau à écoulement saisonnier et irrégulier. Leur lit est sec en saison sèche, mais peut déborder en saison de pluies provoquant parfois des dégâts et des inondations. Les berges de ces mayos réputées pour leur fertilité sont très sollicitées pour la culture du sorgho de décrue et des légumes diverses cultivées en contre-saison. On a pu remarquer deux cours d’eau importants :

- Le Mayo-Tiel, qui prend sa source à Doumo, traverse le canton de Dazal, Guirviza, Dourbeye et se jette dans le Faro. Source des pratiques par excellences des cultures maîchères telles que la canne à sucre, les légumes.

- Le Mayo-oulo, quand à lui prend naissance sur les collines qui séparent le Cameroun du pays voisin qu’est le Nigeria et arrose sur son passage presque tout l’arrondissement pour enfin se jeter dans le Mayo-louti.

Pédologie

Les ¾ de la superficie étant occupées par les montagnes, très peu des sols sont cultivables sur les montagnes à cause de leur aridité. Cependant on y rencontre des sols fertiles dans les bas fonds, dans les plaines, et tout au long du Mayo-Tiel.

Dans les zones montagneuses, on note beaucoup plus les effets de l’érosion hydrique, vu les pentes de ces versants et surtout sur ces dernières où l’on pratique de plus en plus les cultures en terrasses, et billons. Dans les plaines, c’est plutôt l’érosion éolienne qui cause le plus de dégâts étant donné que ces sols ne sont pas protégés par les gros arbres, car ceux-ci sont isolés et clairsemés. Par ailleurs on note une action protectrice contre ces vents par l’implantation d’un brise-vent dans la région Bossoum.

Les feux de brousse provoquent la dégradation des sols.

Faune

La faune dans l’ensemble est constituée d’une diversité d’animaux sauvages : la biche, le singe, chimpanzé. La présence des animaux est plus forte pendant la saison des pluies.

Milieu Social

Population et démographie

Le département du Mayo Louti a une population estimée à 300 000 habitants dont environ 148 590 hommes et 151 410 femmes en 1999 avec une densité de 72,1 habitants au km2 et un taux d’accroissement de 2,63%. La répartition est de 180 000 habitants en zone rurale et de 120 000 habitants en zone urbaine soit 40% de la population. (Délégation provinciale du MINPAT du Nord 1999, Recensement démographique 1987).

Selon le recensement dernier (2005) dans l’Arrondissement de Mayo-Oulo, la population est estimée 113 000 habitants environ, celle-ci constitue en quelque sorte un microscome de l’ensemble du Nord Cameroun.

Cette population est composée de plusieurs ethnies dont les majorités sont :

- Les Falis, dans la région de Mayo-Oulo et Peské-Bori,

- Les dabas dans la région de Mandama,

- Les Foulbés rencontrés un peu partout, pratiquent pour la plupart l’élevage,

- Les Goudés et les Deings dans la région de Doumo

Profil historique et Organisation sociale

L’Arrondissement de Mayo-Oulo a été créé suite à la transformation du District de Dourbeye érigé en Arrondissement par décret n° 79/469 du 14 novembre 1969.

Les populations seraient venues des Mont-Mandaras en surpopulation à la recherche des terres cultivables.

La commune de Mayo-Oulo, a été créée par le Décret n° 82/455 du 20/09/1982. L’immeuble siège est la propriété de la Commune de Mayo-Oulo construit en 1996

L’arrondissement de Mayo-Oulo compte près de 52 villages répartis dans trois cantons ayant chacun à sa tête un Chef appelé Lamido.

Canton de Guirviza (Chef ou Lamido) chefferie 2ème degré 23 villages ;

Canton de Dazal (Chef ou Lamido) chefferie 2ème degré 13 villages ;

Canton de Doumou (Chef ou Lamido) chefferie 2ème degré 15 villages.

Dans les villages qui forment l’arrondissement, l’organisation sociale est féodale : A la tête de chaque village, on retrouve un chef du village appelé Lawane, qui accède au pouvoir par désignation successorale. Ce dernier a un pouvoir absolu sur les terres, qu’il peut céder aux étrangers. Les autochtones eux, héritent les terres de leur père. Les Lawanes sont coiffés par les Lamibés qui sont à la tête des cantons. Mayo-oulo compte quatre cantons ayant chacun à leur tête un lamido.

Religion

A côté de la diversité ethnique qui caractérise la population de la Commune de Mayo-Oulo, s’ajoute une multitude de religions réparties en cinq grands groupes qui sont : l’Islam, le Catholicisme, le Protestantisme, l’Animisme et le Paganisme.

Habitat

L’habitat et de type permanent avec quelques éleveurs surtout les Bororo qui sont des nomades.

L’habitat est groupé au centre de Mayo Oulo et devient disparate vers les quartiers périphériques. Dans les villages, les villages comme Dourbey, Boussoum… les populations sont installés près de la route tandis qu’on trouve des maisons groupés dans des villages éloignés de la route.

En dehors de Mayo Oulo Centre et des édifices administratives et quelques bâtiments commerciaux tels que les magasins de stockage, la quasi-totalité des maisons sont construite en matériau provisoire. Plusieurs habitats à matériau provisoire sont tôlés.

Communication

Les services de communication téléphonique tels que CAMTEL et ORANGE sont disponibles. Le réseau ORANGE est disponible dans la quasi-totalité des localités de l’arrondissement.

Milieu Socio-économique

Agriculture

Elle constitue la première réponse aux besoins vitaux de la population de Mayo-oulo. Cette activité est basée essentiellement sur les cultures vivrières telles que : le maïs, le sorgho, les légumineuses, les tubercules. En plus des cultures vivrières, il y a la culture de rente qui est le coton. Les cultures vivrières sont pratiquées par les femmes qui assistent également leurs époux dans la culture du coton. La population pratique généralement la culture attelée : les femmes attèlent leurs ânes tandis que les hommes travaillent avec les boeufs.

Les cultures se font selon un calendrier agricole bien établi :

- Du mois d’avril à juillet, c’est la préparation des terres ;

- De mai à juin - juillet, opération de cultures ;

- De mai à septembre, équilibrage d’engrais et entretien ;

- Dès le mois de septembre on récolte les arachides, le sorgho ;

- Mois d’octobre on récolte du maïs, du coton, des oignons ;

- Mois de novembre c’est la récolte du riz et du fonio ;

- En décembre c’est la récolte de la patate douce ;

- En janvier, on récolte la patate et le coton.

Les produits des récoltes sont vendus dans les différents marchés de la commune et du département. Le marché de l’arrondissement de Mayo Oulo se tient le lundi.

Les structures d’encadrement dans la zone sont : le PNDP, les OAL et ONG, la SODECOTON, la poste agricole et la délégation d’arrondissement d’agriculture.

Elevage

L’élevage est pratiqué comme activité secondaire et de manière artisanale. Il est marqué par la transhumance en saison sèche. Le type d’élevage est mixte car on y rencontre les bovins, les caprins, les porcins et la volaille. La grippe aviaire a entraîné de grandes pertes en volaille aussi bien dans les élevages traditionnels gérés par les femmes que le système plus formel de grands producteurs.

Un autre problème engendré par cette activité est l’existence des tensions permanentes entre les agriculteurs et les éleveurs.

Généralement, les animaux tels que l’âne et le bœuf servent à l’agriculture. Ils sont la propriété de l’homme, mais la femme y a un droit d’usufruit (âne) pour ses cultures. Si elle en a les moyens, elle peut en posséder sans que son époux ne s’y oppose.

Industrie

La Commune de Mayo-Oulo dispose d’une boulangerie traditionnelle à Doumo.

Artisanat et Petits métiers

La production artisanale de la Commune de Mayo-Oulo sont repose sur :

La poterie (canaris)

La vannerie (paniers)

Tressage des sekos, nattes

Fabrication de la bière locale (poto-poto)

La maçonnerie traditionnelle

L’extraction de l’huile d’arachide par les femmes

La forge

La broderie des bonnets

La confection des gandouras plus anciens vêtements traditionnels (ngapaléwol)

Dynamiques associatives

Dans toutes les unités de planification, les populations sont organisées autour des initiatives communes sous forme de GIC et associations formelles et informelles pour promouvoir les activités agricoles, d’élevage et de l’épargne. Ces cadres constituent parfois des lieux d’entraide et d’échange. Dans les villages, on y trouve les paysans regroupés en GIC surtout pour la culture de coton.

Commerce

L’agriculture et l’élevage ne constituent pas les seules activités productives dont les produits sont commercialisés. Les populations s’adonnent aussi au commerce. Il concerne surtout les produits des récoltes : Mil, coton, niébé, maïs, arachides et riz pour les hommes. Pour les jeunes, il s’agit du mil, du coton, du maïs, des arachides et du gombo. Les femmes commercialisent en plus des produits sus cités, du niébé. Ces dernières vendent aussi des produits qu’elles transforment tels que : les beignets, de la bouillie, du poisson et du bil bil (boisson locale à base du mil).

Par ailleurs, il existe le commerce des produits manufacturés notamment les produits d’alimentation. Mais ce commerce est pratiqué à faible échelle et est peu florissant à cause du faible pouvoir d’achat des populations.

Infrastructure routière et transport

Mayo Oulo est accessible en toute saison avec une route bitumée et entretenu. L’accessibilité devient pénible vers les villages qui ont des pistes saisonnières entretenues par la SODECOTON en vue de faciliter l’assistance aux paysans dans la distribution des intrants, l’achat et le transport du coton. Il y existe des routes rurales entretenues par le gouvernement à travers le MINTP. Il faut noter que plusieurs villages sont situés dans les zones montagneuses et ceci rend la création des routes et l’entretien pénible.