COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

GUIDER

 

Maire  YOUNOUSSA BOUBA

Tél.      +237 675 74 25 10

Superficie de 2 264 km² 

Localisation

Située de part et d’autre du 10e degré de latitude Nord, La Commune de Guider est dans Commune du même nom, Département du Mayo-Louti, Region du Nord.

Elle comprend six (06) chefferies traditionnelles dont une de 1er degré (Guider) et les cinq autres sont du 2e degré à savoir : Mayo-Loué, Mousgoy, Golombé, Douroum et Libé.

La majorité de ces subdivisions traditionnelles est essentiellement rurale.

Etendue sur une superficie de 2 264 km², la Commune de Guider se situe dans une zone sahélienne, sur un plateau granitique qui affleure de temps en temps faisant apparaître des concrétions rocheuses pittoresques d’une valeur touristique indéniable.

Elle est limitée :

- Au Nord par les Communes de Hina et de Moutourwa ;

- Au Sud par les Communes de Dembo et de Bibémi ;

- A l’Est par la Commune de Figuil et la République du Tchad ;

- A l’Ouest par la Commune de Mayo-Oulo.

Les données physiques

Climat

Le climat est du type intertropical de tendance sahélienne avec une saison de pluie de juin à octobre (05 mois) et une saison sèche à partir de fin octobre jusqu’en mi-mai.

Les pluies sont inégalement réparties et surprennent le plus souvent les agriculteurs par leur périodicité et leur durée occasionnant la perte d’une partie des semences ou des récoltes. La pluviométrie moyenne est de l’ordre de 950 mm / an.

La température moyenne oscille entre 28°C et 35°C. Les maxima se situent aux mois de Mars et Avril où les températures peuvent atteindre 45°C à l’ombre. Les minima se situent entre les mois de Novembre et Janvier et varient de 20°C à 28°C.

La période de grande chaleur est éprouvante pour les populations (maladies diverses, inconfort, sécheresse) et par conséquent des campagnes de vaccinations sont organisées par les services de santé.

Hydrograhie

La Commune de Guider est arrosée par des cours d’eau appelés « Mayo » qui prennent leurs sources dans les Monts Mandara. Les cours d’eau ainsi que les puits tarissent pendant la saison sèche qui est la période d’étiage.

La Commune est traversée de part et d’autre par des Mayo qui sont en crue en pleine saison de pluie. Ces Mayos drainent leurs eaux dans le Mayo-Kebbi affluent du fleuve Bénoué. Ceux-ci se dessèchent en saison sèche pour laisser place au sable qui constitue un potentiel inexploité. L’hydrographie ayant une alternance de grue et d’arrêt, les cours d’eau n’ont en général qu’un écoulement temporaire.

Pédologie :

On distingue six (06) catégories des sols :

Les vertisols ou « Karal »caractérisés par leur teneur en argile provoquant des fentes de retrait en saison sèche (Sorawel, Béli, Matafal, Babarkine, etc…)

Les sols hydromorphes généralement inondés en saison de pluie et se prêtant aux cultures maraîchères en saison sèche (Gorom, Gaval, Paha, Kakala)

Les sols halomorphes localement appelés « Hardés » caractérisés par un excès de sodium.

Les sols en voie d’évolution dont les minéraux subissent un début d’altération chimique avec une apparition d’argile.

Les sols minéraux bruts peu évolués d’érosion ou d’apport (colluvions et alluvions).

Les sols à sesquioxydes caractérisés par la montmorillonite à humus bien décomposé caractérisé par la kaolinite.

Végétation

La végétation a subi de profondes modifications du fait des activités humaines. L’immigration, l’augmentation de la densité et la pression exercée sur les terres cultivables accélèrent le déboisement de façon remarquable.

L’espace communale fait partie de la zone de transition séparant les savanes arborées au Sud et la steppe à épineux au Nord. La majorité des plaines est formée de savanes faiblement boisées, d’autre part, la végétation arborée est restée plus dense et on y trouve toutes les strates de la savane boisée à la forêt sèche.

La végétation est composée des essences variées tels que : Azadirachta Indica (neem), Cassia Siaméa, Eucalyptus Camaldulensis, Albizia …., Terminalia Mentalis, Terminalia Superbas, Ziziphus Mauritia, Ziziphus sp, Prosopis Africana, Combretum glutinosium, Boswelia Dolzielli, Commiphera Africana.

Les espèces les plus expolitées et en voies de disparition dans la localité sont : Khaya Senegalensis (Caïlcédrat), Anageisus Biocayus, Banites Egyptiaga, Baobab, Tamarinier, Karité.

Quant à la flore, elle est couverte essentiellement des essences herbustives atteignant rarement un mètre de haut et quelques légumineuses dont le cycle de vie s’arrête avec la fin des pluies en septembre.

La faune

Loin d’être dense, la faune de Commune de Guider renferme quelques rongeurs tels les rats, les souris, les écureuils, les lièvres, les damans. Comme reptile on retrouve les lézards, les serpents, Les varans …

Les rares espèces aussi rencontrées dans la faune sauvage sont : Phacochères, Panthères, Magistrats, Cynocéphales, Hyènes, Porc-épic, Gazelles à front roux, Céphalophes de grimm, les crocodiles.

Toutes ces espèces sont menacées et tendent à disparaître.

Le relief

Il est accidenté selon qu’on se trouve au Nord ou au Sud de la Commune. L’altitude moyenne se situe à 600m et L’altitude varie entre 400 m et 510 m et atteint les 800 m à l’Ouest vers Béli. Le paysage peut se classer en deux types :

Une zone de piedmont formée à la fois des plaines alluviales et de reliefs isolés comme les montagnes de Mousgoy. En avant de ceux-ci, se dressent les « Hossérés » vers Héri, Lombel et Badessi tous témoins des mouvements tectoniques anciens.

Plus à l’est et au Sud, la zone des piedmonts se prolonge jusqu’aux vallées des cours d’eau du Mayo-Oulo et Mayo-Louti.

Les données démographiques

Population

La population de la Commune de Guider serait de 216 589 habitants environs dont 101 537 hommes et 115 052 femmes.

Cette population est répartie sur une superficie de 2 264 km² soit une densité de 96 hbts au km².

Le taux d’accroissement de la population est de 2.9%

Ethnies, langues et religions

Essentiellement constituée des Guidar, Daba Peulhs, Mambaï, Fali et Djaïng auxquels s’ajoutent plusieurs autres groupes immigrés qui vivent tous en harmonie, la population de la Commune de Guider est estimée à près de 216 589 âmes dont 75 000 pour la seule ville de Guider.

Malgré le fait que chaque groupe ethnique s’accroche à son identité socio-culturelle, la langue Foulfouldé de l’ethnie peulh reste la langue locale largement parlée dans la majorité des ménages et utilisée dans les transactions commerciales locales.

En ce qui concerne les langues officielles (le Français et l’Anglais) du Cameroun, le Français est la langue la plus parlée.

Les activités économiques

Sur le plan économique, l’agriculture et l’élevage occupent près de 80% de la population active de la Commune. A ces deux activités principales, il faut ajouter le commerce, le transport, l’artisanat, l’industrie et l’environnement.

L’agriculture

Elle occupe une place importance dans l’économie de la Commune. Plus de 80% des revenus de la population proviennent des activités agricoles.

La production agricole se partage entre un secteur traditionnel faiblement organisé et un secteur moderne (culture du coton) en plein développement, encadré par la SODECOTON et le maïs à mi-chemin entre les deux.

Les principales cultures pratiquées sont : les céréales (sorgho, maïs, riz), les légumineuses (arachides, haricot, niébé, sésame etc.), les féculents (ignames, manioc, patates, taro). La culture maraîchère contribue pour une grande partie de la population à l’amélioration des revenus des paysans. On y pratique aussi la culture d’oignons, de gombo, des aubergines et des tomates.

S’agissant particulièrement de la culture d’oignons, la Commune rurale de Guider vient au peloton de tête dans la Province avec une production moyenne de 9 000 tonnes par an

Le coton est la principale culture de rente.

L’élevage

L’élevage est le deuxième secteur de l’économie de la Commune. Ceci se justifie par le fait que tout agriculteur pratique aussi l’élevage. En plus on dénombre des éleveurs professionnels.

Le cheptel est essentiellement composé des bovins (44 000 têtes environ), des ovins, des caprins, des porcins, de la volaille etc.

L’élevage des bovins pratiqué est du type traditionnel :

- La semi-stabulation : les troupeaux de boeufs sont amenés au pâturage tous les matins et ramenés à l’étable le soir venu;

- L’élevage nomade : les bergers se déplacent avec les troupeaux, suivant le mouvement saisonnier, d’un pâturage à un autre.

- La transhumance est pratiquée dans certains secteurs.

Le marché à bétails de Guider occupe la deuxième place dans la Province. Plus de 1 000 têtes passent par là tous les vendredi, jour de son marché périodique.

La couverture vaccinale est très bien assurée par les services compétents de l’élevage qui y sont implantés (90% de taux de couverture vaccinale).

Les problèmes du secteur sont, la faible organisation des éleveurs, les difficultés d’accès aux crédits et l’insuffisance des points d’abreuvement du bétail.

(Source : DD MINEPIA)

La station zootechnique de Lougguéré

Située à 18 km de Guider en allant vers Mayo Oulo, les principales missions de cette station se résument en deux points :

- Procéder à la sélection et à la diffusion des géniteurs les plus performants dans les milieux traditionnels (pastoraux) ;

- servir de cadre de formation et d’encadrement des éleveurs du milieu traditionnel.

Le commerce

Du fait de sa situation géographique, la ville de Guider bénéficie d’une position privilégiée car elle se trouve au carrefour de deux principaux axes d’échanges :

- La route nationale n°1 qui relient les deux (02) grandes métropoles provinciales, GAROUA et MAROUA

- L’axe transversal reliant le NIGERIA au TCHAD.

Le commerce se pratique essentiellement autour des produits manufacturés de première nécessité, des ustensiles de cuisine, du matériel électronique et roulant venant du NIGERIA ou du BENIN. On distingue beaucoup plus des détaillants (plus de 80% environ) que des grossistes. C’est un centre d’attraction où les vendeurs et les acheteurs viennent de Garoua, Maroua, Tchad et du Nigeria.

Les intervenants dans ce secteur se recrutent surtout parmi les jeunes qui commencent à s’organiser avec la création de ANCODECAM (Association Nationale des Commerçants Détaillants du Cameroun). Il est important de noter que les jeunes n’étant pas instruits, ils se rabattent dans ce secteur d’activités qui est estimé le plus facile (moins pénible par rapport à l’agriculture) et surtout rentable à cause de la position stratégique de la commune de Guider.

La difficulté d’accès au financement constitue un problème majeur pour les Opérateurs économiques.

Notons tout de même la présence des structures de micro finances qui ont une ligne de crédits. La difficulté est l’absence d’organisation formelle des opérateurs économiques, la non maîtrise de système de fonctionnement d‘une association et les atouts d’une telle organisation.

Les transports

Le secteur du transport est développé et organisé. Il connaît une croissance remarquable avec l’augmentation des cars de transport, des motos taxis.

Le transport interurbain est assuré par les Agences de voyage « Lux Voyage », « Gambara Express » et la SETRACAUCAM (Syndicat des Exploitants des Transporteurs par Car et Autobus du Cameroun).

Les marchandises, à l’instar du maïs, arachide et oignon, sont acheminées dans les pays voisins (Nigéria, Tchad), dans le Grand-Nord et le Sud du Cameroun le plus souvent par les gros transporteurs.

Quant au transport urbain, il est assuré par les motos taxis dont le nombre est estimé à plus de 3 000. Les acteurs sont à plus de 95% de jeunes majoritairement sans permis de conduire. Cette représentativité est due aux mêmes raisons que celles évoquées dans le secteur de commerce. Mais le mauvais état des routes et le matériel roulant parfois vétuste ne permettent pas une couverture optimale des besoins de la population.

L’artisanat et les petits métiers

Ce secteur regroupe les menuiseries, les ateliers de réparation, les tailleurs, les tisserands, les coiffeurs, les forgerons et les potiers.

Ce secteur très porteur souffre du manque d’organisation (pas d’espace approprié pour l’exposition et la vente). Par conséquent, les articles sont achetés à vil prix auprès des fabricants pour être revendus dans les grands centres urbains à des prix rémunérateurs.

Une action des pouvoirs publics par le Ministère des petites et moyennes entreprises est faite dans le sens de les amener à s’organiser (sensibilisation et encadrement).

L’industrie

On note la présence d’une usine d’égrenage de coton (SODECOTON) depuis mars 1973. Cette usine emploie une main d’oeuvre très importante favorisant ainsi le recul du chômage et la survie de plusieurs familles.

Problèmes environnementaux

Les populations exercent une pression importante sur l’environnement en prélevant le bois de chauffe. Cette pression a pour conséquence la dégradation de l’écosystème. Les sols s’appauvrissent de plus en plus entraînant ainsi la baisse du rendement agricole.

La chasse, pratiquée de manière traditionnelle, est incontrôlée et entraîne parfois la destruction de la faune et du couvert végétal (feu de brousse). Aucune mesure n’est entreprise pour favoriser le recul de cette pratique.