COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

FIGUIL

 

Maire  SINGAI KANGOU Célestin

Tél.             +237 699 66 86 16
                  +237 677 85 64 24

Créée par décret du 20 Septembre 1982.  

Localisation

La Commune de Figuil est située dans le département du Mayo Louti, province du Nord. Ce département est l’un des quatre que comporte cette province. Il comprend trois communes dont Mayo Oulo, Figuil et Guider qui est chef-lieu du département. Il couvre une superficie de 1 250 km2.

L’arrondissement de Figuil est situé à 32 Km de Guider et se trouve être le terminus de la partie nord de l’axe Nationale N°1 qui relie la Province du Nord à celle de l’Extrême Nord. Il est limité au Nord par Kaélé, au Sud par Bibémi, à l’Ouest par Guider et à l’Est par la République du Tchad.

Climat

Le climat de Figuil est de type soudano sahélien, caractérisé par des températures plus élevées que dans le climat équatorial avec les amplitudes thermiques plus grandes : 26,3°C en décembre contre 38,5°C en avril. La température moyenne est de 28°C. On note dans cette région deux saisons :

- Une longue saison sèche qui dure 7 mois (Novembre – Mai) ;

- Une courte saison pluvieuse qui dure 5 mois (fin Mai – Octobre).

La pluviométrie se situe entre 600 et 800 mm d’eau par an

La zone connaît deux types de vents :

- L’Harmattan : C’est un vent froid et sec qui souffle vers les derniers mois de l’année (Octobre, Novembre, Décembre).

- L’Alizé « vent des pluies »: connu sous cette appellation par les paysans, souffle du Sud vers le Nord.

Hydrographie

Le réseau hydrographique est essentiellement composé des mayos. Ce sont des cours d’eau à écoulement saisonnier et irrégulier. Leur lit est sec en saison sèche, mais peut déborder en saison de pluies provoquant parfois des dégâts et des inondations. Les berges de ces mayos réputées pour leur fertilité sont très sollicitées pour la culture du sorgho de décrue et des légumes diverses cultivées en contre-saison. On a pu remarquer dans l’UPP de Djabbe Biou, village Kaptalam la présence d’un lac intarissable.

Relief

Dans la zone de réalisation des PDL, le relief alterne des zones de plateaux, vallées, et plaines alluviales inondables, chaînes de montagnes. Le relief est très accidenté au Sud et se caractérise au Nord par des plaines entourées des montagnes.

Sol

On rencontre quatre grands types de sol dans l’arrondissement de Figuil :

- Les sols argileux : Ce sont des sols riches en argile qui présentent des failles lors du retrait des eaux et gonflent en présence d’eau. Ces sols ont un aspect noir et sont généralement adaptés à la culture du sorgho (mil de contre saison) ;

- Les sols halomorphes qui sont des sols lessivés, pauvres et inadaptés aux cultures ;

- Les sols hydro morphes : Ce sont des sols limoneux sableux propice pour la culture maraîchère ;

- Les sols gravillonnaires.

Végétation

La zone d’étude est recouverte d’une végétation à plusieurs variantes, dont les principaux sont :

- La savane arborée/arbustive et steppe ;

- La savane forestière ;

- Les plaines inondables ou marécage ;

- La savane herbacée ;

Les différentes espèces ligneuses sont : l’acacia, le fedherbia, le jujubier, le tamarinier, le baobab, et le figuier.

Aspect socio culturel

Démographie

L’arrondissement de Figuil comprend une population estimée à 100 000 âmes avec plus de 53% de femmes. C’est une population jeune dont la moyenne d’âge est de 35 ans. La majeure partie de cette population se concentre le long des voies de communication.

Le développement de la commune et l’installation de nouvelles communautés ont été facilités par l’installation des usines ROCCAGILIA, CIMENCAM et la route Nationale N°1 d’une part et d’autre part de nombreux migrants venus des communautés voisines, du Tchad et du Nigeria se sont installés à la recherche des terres fertiles et le pêche.

On rencontre une diversité ethnique importante : les Guidars, les Bororo, les Mambayes, les Moundang, les Sara, les Toupouri, les Guiziga, les Massa, les Mousgoum,

les Mada, les Zoulgo. La plupart de ces ethnies, selon l’histoire ont émigré du Mali, du Soudan et du Tchad voisin. Loin d’être une entrave au développement, cette diversité constitue plutôt un atout, car Figuil est un carrefour où se côtoient plusieurs cultures grâce à la perméabilité des frontières et aux trafics importants.

1.2.1 Profil historique

FIGUIL appartenait au Canton de LERE (Tchad) et était dirigé pendant trois ans par ARDO KAGARA avant l’arrivée des premiers colons. C’est vers les années 1850 qu’il fut reconnu comme territoire camerounais par les allemands.

Après cette reconnaissance, ARDO SAMBO venu du Mali avec sa tribu de bergers réussit à pénétrer la région malgré la résistance des premiers habitants qui étaient des Guidars. Ces bergers ayant trouvé une vaste brousse pour le pâturage se sont installé dans la région.

Le nom de FIGUIL vient du nom du premier habitant FIGUIRMA.

Après la Première Guerre Mondiale, les peuls (Bororo) obtiennent leur autonomie. Depuis lors, quatre Lamibés se sont succédés au trône. Le premier fut ADAMOU qui régna pendant 24 ans. Son fils OUSMANOU lui succéda et régna pendant 30 ans. C’est au mois de Mai 1998 que son fils NDJIDDA monte au trône. Mais bien avant les Lamibés, il y a eu des Ardo qui ont dirigé la chefferie à savoir ARDO MALEHI pendant 8 ans et ARDO BAYEL pendant 24 ans.

La Commune de FIGUIL a été créée par décret du 20 Septembre 1982.

Situation du développement de la commune

Secteurs productifs

L’Agriculture

Elle constitue la première réponse aux besoins vitaux de la population de Figuil. Cette activité est basée essentiellement sur les cultures vivrières telles que : le maïs, le sorgho, les légumineuses, les tubercules. En plus des cultures vivrières, il y a la culture de rente qui est le coton. Les cultures vivrières sont pratiquées par les femmes qui assistent également leurs époux dans la culture du coton. La population pratique généralement la culture attelée : les femmes attèlent leurs ânes tandis que les hommes travaillent avec les boeufs.

Les cultures se font selon un calendrier agricole bien établi :

- Du mois d’avril à juillet, c’est la préparation des terres ;

- De mai à juin - juillet, opération de cultures ;

- De mai à septembre, équilibrage d’engrais et entretien ;

- Dès le mois de septembre on récolte les arachides, le sorgho ;

- Mois d’octobre on récolte du maïs, du coton, des oignons ;

- Mois de novembre c’est la récolte du riz et du fonio ;

- En décembre c’est la récolte de la patate douce ;

- En janvier, on récolte la patate et le coton (Etude socio-économiques régionales au Cameroun, février 2000).

Les produits des récoltes sont vendus dans les différents marchés de la commune et du département. Le marché de l’arrondissement de Figuil se tient le lundi.

Les structures d’encadrement dans la zone sont : le PNDP, les OAL et ONG, la SODECOTON, la poste agricole et la délégation d’arrondissement d’agriculture.

Nous retrouverons dans les tableaux suivants les rapports surface cultivée et rendement dans l’arrondissement de Figuil.

L’Élevage

L’élevage est pratiqué comme activité secondaire et de manière artisanale. Il est marqué par la transhumance en saison sèche. Le type d’élevage est mixte car on y rencontre les bovins, les caprins, les porcins et la volaille. La grippe aviaire a entraîné de grandes pertes en volaille aussi bien dans les élevages traditionnels gérés par les femmes que le système plus formel de grands producteurs (source : FAO, 2006).

Un autre problème engendré par cette activité est l’existence des tensions permanentes entre les agriculteurs et les éleveurs.

Généralement, les animaux tels que l’âne et le boeuf servent à l’agriculture. Ils sont la propriété de l’homme, mais la femme y a un droit d’usufruit (âne) pour ses cultures. Si elle en a les moyens, elle peut en posséder sans que son époux ne s’y oppose.

En élevage, les chiffres présentés ci – dessous sont obtenus sur la base des campagnes de vaccination et les données de terrains. En ce qui concerne les bovins mais il faudra tenir compte du fait que 30% d’effectif du cheptel ne sont pas présentés lors de ces campagnes.

Transformation

Elle concerne surtout les produits des récoltes : les femmes font de l’extraction d’huile d’arachide, les huiles de tourteaux et du beurre de karité. Elles commercialisent le « bilbil » (boisson alcoolisée locale à base de mil) qu’elles fabriquent.

Artisanat

L’artisanat est très peu développé et concerne en gros que le tissage de la paille pour les toits de chaume et le seko qui servent de mur pour les barrières.

Commerce et équipements marchands

L’agriculture et l’élevage ne constituent pas les seules activités productives. Les populations s’adonnent aussi au commerce. Il concerne surtout les produits des récoltes : Mil, coton, niébé, maïs, arachides et riz pour les hommes. Pour les jeunes, il s’agit du mil, du coton, du maïs, des arachides et du gombo. Les femmes commercialisent en plus des produits sus cités, du niébé. Ces dernières vendent aussi des produits qu’elles transforment tels que : les beignets, de la bouillie, du poisson et du bil bil (boisson locale à base du mil).

Par ailleurs, il existe le commerce des produits manufacturés notamment les produits d’alimentation. Mais ce commerce est pratiqué à faible échelle et est peu florissant à cause du faible pouvoir d’achat des populations.

Les produits sont commercialisés au niveau des marchés et des gares routières. Il existe donc à Figuil des acquis en terme d’équipement marchands.

L’exploitation des ressources naturelles

Figuil dispose de plusieurs types de ressources dont l’exploitation se fait en marge de la réglementation. Il s’agit entre autre du bois, du sable, des PFNL, des produits de la pêche et du marbre. Ces ressources sont menacées de disparition en l’occurrence du marbre et bois ; ce qui entraîne un bouleversement de l’écosystème.

Industries

Deux grandes unités industrielles ont leur siège social à Figuil : CIMENCAM (Cimenterie du Cameroun) dont le domaine est la production du ciment et ROCCAGILIA spécialisé dans la production de marbre, chaux et calcaire agricole.

Le Machinisme

Les populations de Figuil utilisent des machines pour certaines de leurs taches. Mais ce secteur est très peu développé. Ce sous-développement est influencé par des freins tels l’absence de l’électricité dans les communautés ; ce qui amène les villageois à l’utilisation des machines à gasoil pour la mouture des céréales et aussi la pierre à écraser pour la plupart.

Pour faciliter les labours les villageois ont recours à la charrue à traction animale. Ils n’ont guère les moyens de s’offrir des tracteurs malgré la superficie parfois grande des surfaces cultivée. A part les charrue, les villageois utilisent d’autres matériels encore rudimentaires : houe, machette, plantoir.

Energie

Les principales sources d’énergie sont le bois, l’eau, la bouse, le pétrole lampant, le charbon et l’électricité (celle-ci n’est présente que dans le centre-ville).

Organisation sociale

Dans les villages qui forment l’arrondissement, l’organisation sociale est féodale : A la tête de chaque village, on retrouve un chef du village appelé Lawane, qui accède au pouvoir par désignation successorale. Ce dernier a un pouvoir absolu sur les terres, qu’il peut céder aux étrangers. Les autochtones eux, héritent les terres de leur père. Les Lawanes sont coiffés par les Lamibés qui sont à la tête des cantons. Figuil compte quatre cantons ayant chacun à leur tête un lamido.

Routes

Malgré le fait que la ville de Figuil soit traversée par la Nationale N°1, l’accès dans les différents villages est un problème crucial nécessitant une attention particulière. Etant donné l’état d’enclavement de la zone, il est difficile voire impossible pour les habitants de la localité d’acheminer leur produit de l’intérieur vers l’extérieur de leur village et vice versa. L’enclavement de la zone rend aussi difficile l’évacuation des malades, pouvant engendrer un accroissement les taux de morbidité, de mortalité maternelle et infantile.