COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

LAGDO

 

Maire      MAMA ABAKAI

Tél. +237 677 89 17 22

  

SITUATION GEOGRAPHIQUE DE LA COMMUNE DE LAGDO

La Commune de Lagdo couvre l’arrondissement de Lagdo, son siège est à Lagdo, ville située à 65 km au sud-est de Garoua. Couvrant une superficie de 2 250 km2, la Commune de Lagdo est localisée dans le département de la Bénoué, region du Nord Cameroun.

Elle est limitée :

Au Nord par l’arrondissement de Bibémi ;

Au Sud par les arrondissements de Poli et de Tcholliré ;

A l’Est par l’arrondissement de Rey-Bouba et

A l’Ouest par l’arrondissement de Tchéboa.

DESCRIPTION DU MILIEU PHYSIQUE

Le relief

On distingue deux types de paysages contigus. La région de Lagdo est une vaste cuvette alluviale qu’entourent les glacis alluviaux. Cette forme de relief donne lieu à la présence d’endoréisme au niveau de la cuvette avec formation des Gley et des Pseudo-Gley ; au niveau des glacis et piedmonts, on est en présence des phénomènes d’érosion. Cette forme particulière de relief a des incidences sur le milieu et la végétation. La cuvette est une zone de pâturage, qui généralement n’est pas cultivée. Les zones agricoles sont en général les glacis et les collines dont la végétation naturelle est moins dense et les espèces ligneuses plus abondantes. L’altitude moyenne de la région est de 218 m

En marge de cela, le paysage par endroit est caractérisé par des pénéplaines interrompues par des contreforts rocheux collinaires (gradient de dizaines de mètres d’altitude).

Le climat

Cette zone est soumise à un climat sahélo-soudanien caractérisé par 7 mois de saison sèche (de Novembre à Mai) et une pluviométrie annuelle est de 956 mm avec 55 jours de pluies. La température gravite autour de 30°C.

La saison efficiente des pluies, ± limitée à cinq (05) mois, provoque une forte pointe de travail annuel séparée par de longues périodes de temps mort, sauf dans les parcelles à Mouskouari (sorgho) ou les périmètres irrigués (riziculture, maraîchage,…).

La faiblesse de la pluviométrie dans les années de grande sécheresse inflige au climat une nuance aride pouvant compromettre la réussite des activités agro-sylvo-zootechniques.

En outre, les pluies qui tombent souvent avec violence sur les sols marginaux au bord de la retenue d’eau sont extrêmement érosives et ne permettent pas aux sols de capitaliser de façon optimale l’eau qu’ils reçoivent ;

La végétation

La végétation dominante est caractéristique d’une savane herbeuse et arbustive laissant la place dans les zones dégradées à une steppe à épineux. Cette dégradation est due à la forte pression démographique sur les maigres ressources forestières disponibles et par le niveau très bas des revenus obtenus par spéculations agro-sylvo-zootechniques et piscicoles. On trouve par endroits des forêts galeries le long du cours du Mayo Mbay et des massifs forestiers

De ce fait pour le bois de chauffe, d’œuvre, à but commercial et en vue d’augmenter leurs revenus à un seuil tel qu’il puisse leur offrir un niveau de vie (le terme « survie » serait mieux approprié) décent, les communautés rurales pratiquent à tire-larigot le déboisement, la déforestation.

L’hydrographie

Le paysage général est parcouru par un réseau de cours d’eau (Mayos) à écoulement torrentiel et à caractère saisonnier. Ce réseau est dominé par la Bénoué et ses affluents majeurs, le Mayo Mbay, le Mayo Bocki, le Mayo Sala et le Mayo Boulel,

En outre il faut signaler la présence de la retenue d’eau artificielle (créée en 1984 par l’édification du barrage hydroélectrique) d’une superficie de 700 km2 globalisant un volume de 7 milliards de m3 d’eau pour une profondeur moyenne de 10m.

Les sols

La région de Lagdo présente d’après la classification pédologique de Bralant et gavaud, une variabilité des sols avec par ordre d’importance décroissant de superficie : les planosols molliques 25%, les sols ferrugineux tropicaux 35%, et les hydromorphes minéraux (vertisols) 40% à Djoulol Bocki, Napanla, Bessoum et Ouro Bobowa. Les aptitudes culturales des sols de l’espace Communal de Lagdo sont variées. Il y a une tendance à la baisse de la fertilité qui est généralement observée avec l’évolution de la toposéquence des bas fonds vers les terrasses cuirassées. Les sols de bas fonds sont adaptés à la culture de saison sèche et les vertisols servent à la culture de saison pluvieuse.

Forêt et Faune

Dans l’arrondissement de Lagdo, on rencontre trois Zones d’Intérêt Cynégétiques :

ZIC 7 : Campement des éléphants, 97 920 ha ;

ZIC 8 : Mayo Boulel, 35 040 ha ;

ZIC 8 bis: Louga, 8 320 ha;

De manière générale la zone est couverte par une savane arbustive avec une forte présence de graminées pérennes. Les herbes les plus rencontrées sont : Vitiveria nigritana, Echinocloa stagnina, Oryza longistiminata, Pennicetum sp, Sorghum arundinaceum.

Aux alentours de la zone, des forêts galeries donnent au paysage agraire l’aspect d’une végétation dense. A proximité des habitations des arbres fruitiers et des plantes ornementales et d‘ombrage créent un micro-climat doux. Les ligneux sont dominés par : Acacia seyal, Acacia albida, Balanites aegyptiaca, Zizyphus mauritiana et Butyrospermum parkii. L’Eucalyptus sp est planté dans les bas-fonds pour servir de brise vent et permettre le drainage des sols.

La déforestation est pratiquée lors des défrichements pour les cultures et pour satisfaire les besoins en bois d’oeuvre, de chauffe et d’augmentation ou d’acquisition de revenus principalement pour les nouveaux migrants. Le bois coupé est vendu ou sert à l’utilisation personnelle des ménages.

Le reboisement est peu répandu dans la Commune de Lagdo. La plantation d’essences (d’ombrage, forestières, agro-forestières, fruitières, à but artisanal, ornemental ou utilitaire, etc.) est peu pratiquée par la population.

La faune est riche et diversifiée grâce à la présence des trois (03) ZIC. On distingue la faune terrestre et la faune aquatique. La faune terrestre est constituée de Cob de Buffon, d’éléphants d’antilopes, de lions, de chacals, d’hyènes, de phacochères et d’hyppotames. L’avifaune est constituée d’oiseaux granivores et insectivores d’une part et d’autre part d’oiseaux piscivores. La faune aquatique est constituée à 90% des poissons des genres Chrysichthys (Loro, Poisson chat, « Cat fish »), Citharinus (Falia, « Moon fish »), Heterotis (Kanga, Laréou, « Boney Tongue »), Hydrocynus (Binga, Gniéou, « Tiger fish », Sagaie), Lates (Capitaine, « Nil perch) et Tilapia (« Mango fish »).

LE MILIEU HUMAIN ET SA DYNAMIQUE

La démographie

La mise en eau du barrage en 1984 a été suivie immédiatement par un processus spontané des activités de pêche et caractérisée par l’arrivée massive de pêcheurs de différentes origines ethniques. Cette migration a été simultanée à celle des migrants, aussi de diverses provenances ethniques, mais en quête de terre vacante avec proximité et disponibilité de l’eau.

Selon une enquête agro-socio-économique initiée par le PAPLO dans trois sites-tests autour de la retenue d’eau de Lagdo, ces migrations sont dans une large majorité (61%) motivées par la recherche de terre, la pêche pour le cinquième (1/5) des personnes enquêtées, une (01) personne sur six (06) pense que ces migrations sont simultanément motivées par les deux motifs et enfin moins de 5% se justifient par diverses autres préoccupations.

Le nombre total d’ethnies identifiées par PAPLO en 2002 se chiffre à quarante cinq (45). Les immigrés sont originaires :

De la Region de l’Extrême-Nord à 55% ;

De la Region du Nord 27% ;

De pays limitrophes (Tchad, Nigéria) et même lointains (Mali, Sénégal,…) ;

De la region de l’Adamaoua à 1%.

La population totale de la Commune de Lagdo est estimée à 161 056 âmes soit une densité de 71 Habitants /km2.

L’âge moyen d’un chef de famille est d’environ 39 ans. La taille moyenne des ménages est de cinq (5) personnes. La population est jeune dans l’arrondissement de Lagdo où plus de la moitié (55%) de la population est en âge scolaire.

3.3.2 Les religions

La liberté de culte est respectée dans la Commune de Lagdo où les religions suivantes se côtoient en parfaite harmonie : islam, catholicisme, protestantisme (plusieurs obédiences), animisme. La répartition des fidèles est la suivante :

La population est chrétienne à 54% ;

La population est musulmane à 36% ;

La population est animiste à 9% ;

La population est païenne ou adepte à d’autres religions à 1%.

L’habitat et le cadre de vie

La majorité des logements dans l’espace Communal de Lagdo est construite en matériaux provisoires, sans titre foncier. L’utilisation de l’électricité, certes pas à grande échelle (seulement dans quelques ménages), n’est pratiquée en ordre d’importance qu’à Lagdo-Centre et ses quartiers périphériques.

En général dans la zone, pour l’éclairage, les populations utilisent le feu de bois, la bougie et dans une moindre mesure la lampe à pétrole. Pour la cuisine, elles utilisent presque exclusivement le bois et le charbon de bois

La très forte demande de bois de chauffe a pour résultante un déboisement excessif dans la zone. Son commerce est un moyen très important d’acquisition d’un revenu monétaire d’appoint surtout pour les nouveaux immigrants.

L’organisation traditionnelle

Le système socio-politique en place dans l’espace territorial de Lagdo est le Lamidat, nom donné à une région (chefferie) placée sous l’autorité d’un chef traditionnel, dénommé « Lamido ».

A la suite de réorganisations administratives et découpages successifs, on relève la présence de deux chefferies traditionnelles dans l’arrondissement de Lagdo à savoir :

Le Lamidat de Garoua et

Le Lamidat de Gouna.

Le Lamidat est caractérisé par sa centralisation et sa hiérarchie autour du Lamido qui contrôle son territoire et les activités socio-économiques à travers les relais suivants : d’abord sa cour ou Faada, son gouvernement composé de courtisans, puis de ministres nommés et révocables, ensuite d’agents qui rendent comptent au Lamido (Dogari1, Ardo2, Lawane3, Djaouro4) et enfin de sujets soumis à des devoirs et obligations envers le Lamido et ses agents, à savoir entre autres la Dîme5, le « Zakkat6 », les « Royalties » sur certaines activités économiques ou commerciales, l’ « Obligation du champ7 ».

Toute activité dans une chefferie ne peut se faire qu’avec l’aval du Lamido, voire la planification d’une réunion villageoise dans un village.