COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

MOUANKO

  Maire   EBWEA Pierre Honoré

Créée en 1977

Superficie de 1 378 Km²  

Localisation géographique de la commune

La Commune de Mouanko est située dans la Région du Littoral et plus précisément dans le département de la Sanaga Maritime. Créée en 1977, elle couvre une superficie de 1378 Km².et se situe entre 9°35 à 9°40 et 10°5 de longitude Est et 3°15 à 3°45 de latitude Nord. Elle est limitée au Nord par l’arrondissement de Dizangue, au Nord-Ouest par l’arrondissement de Douala 6éme (Manoka), au Nord-est, à L’Est et au Sud-est par celui d’Edéa, à l’Ouest et au Sud par le département du Wouri, au Sud-ouest par l’Océan atlantique.

Evolution historique de MOUANKO

Mouanko a été dotée d’une unité autonome ou plutôt semi-autonome en 1950. Il devient le district de Mouanko le 08 août 1959 puis, érigé en arrondissement le 14 novembre 1979. C’est ainsi que des structures étatiques et privées accompagnant ce nouveau statut ont été et continuent d’être créées dans la ville. Il s’agit notamment sur le plan administratif de la Sous- préfecture, du Collège d’Enseignement Secondaires aujourd’hui Lycée Bilingue, de la Brigade de gendarmerie, du Poste de Douane, du Poste agricole, du Poste de la forêt et de la faune, de la Conservation de la Réserve de Douala- Edéa, de la Délégation d’Arrondissement de l’Agriculture et du Développement Rural, de la Délégation d’Arrondissement de l’Elevage et de la Pêche, de l’Inspection de l’Education de Base, de la Perception Municipale, de la Perception du Trésor, du Centre Médical d’Arrondissement, du Centre de Santé Intégré de Malimba, des Centres de Santé de LOBETHAL, du bureau de Poste et de Télécommunications, de la création de Cantons autonomes Malimba at Yakalak de Mouanko. Citons entre autres l’existence des points d’eau (château d’eau, bornes fontaines, forages), des antennes de téléphonies mobiles MTN et Orange, de l’ONG Wildlife Conservation Society (CWCS) et des centres zootechniques. Mouanko possède plusieurs types d’infrastructures, certaines de haute qualité, d’autres de moyenne importance. Les domaines couverts sont les suivants : Social, Communication, ouvrage d’art, routes, bâtiments publics et habitat public et particuliers, aires de jeux pour la jeunesse.

Milieu biophysique (climat, sol, relief, hydrographie, flore et faune, carte des ressources naturelles)

Les données biophysiques

Climat

Il est de type équatorial à 04 saisons :

- Une grande saison sèche de mi-novembre à mi-avril,

- Une petite saison des pluies de mi-avril à mi- juin,

- Une petite saison sèche de mi-juin à mi-août,

- Une grande saison des pluies de mi-août à mi-novembre.

Le relief de la zone est plat et constitué d’une partie de terre ferme tandis que l’autre partie (plus grande) renferme de terres inondées.

Les sols.

De manière générale, les sols de Mouanko sont de type ferralitique, hydro-morphes sablonneux, de couleurs allant de brun rouge au noir. Ce sont des sols très profonds par la masse d’humus provenant de la flore nombreuse du fait d’une végétation abondante. Ils sont propices à l’agriculture et donnent de meilleurs rendements dans les zones où la jachère est de longue durée. Il faut souligner la présence des zones marécageuses et des zones inondées.

L’hydrographie

L’hydrographie de la localité de Mouanko est constituée de deux principaux cours d’eau :

-La Sanaga

-Un bras de la mer (océan atlantique)

La végétation

La végétation présente une diversification d’espèces avec une stratification complète des grands arbres jusqu’à la strate herbacée. Les principales essences exploitables existantes sont : le moabi, l’iroko, le fraquet, le bibolo, le bubinga, le beté et certains produits non ligneux utilisés en artisanat (le rotin, le raphia et ses dérivés, le bambou de chine et certaines lianes. Le reste de la végétation autour des maisons est faite de plantations et des champs vivriers, les jachères et les arbres fruitiers.

La faune

Le potentiel faunique est constitué des animaux de toute sorte allant des petits rongeurs aux espèces protégées. Quelques espèces sauvages fréquemment rencontrées sont entre autres : les rats, écureuils, singes, lièvres, porc-épic, antilopes, aulacodes, les serpents de plusieurs types (vipères, mamba vert, boa, couleuvre), etc. certains oiseaux (oiseau gendarme, colibri, épervier, perdrix, calao, pélican, touraco, martin pêcheur, toucan, corbeau,) Les espèces domestiquées sont : le chien, chat, mouton, chèvre, porc, la volaille.

Les unités écologiques

Les unités écologiques existantes sont :

- La forêt qui est principalement de type secondaire, signe d’une exploitation intense par les sociétés forestières légales et illégales, mais il existe des zones de forêts vierges au fur et à mesure qu’on s’éloigne de la zone d’habitation.

- Les jachères : ce sont les espaces cultivés et laissés en repos pendant un certain temps pour reconstitution du sol. Les jachères sont plus éloignées des habitations que les plantations et sont limitrophes avec des forêts. Les jachères sont vouées à l’établissement de la culture du palmier à huile qui est la principale source de revenu des populations de la Commune. Le temps requis pour une bonne jachère n’est pas respecté dans certaines localités à cause de la difficulté de préparation du sol par l’outillage rudimentaire ainsi que le manque de moyens nécessaires à l’abattage des grands arbres.

- Les bas-fonds : la Commune de Mouanko présente des zones marécageuses et certains bas- fonds propices à la culture maraîchère, bien que cette dernière ne soit pas dans les habitudes des populations. Notons néanmoins quelques individualités qui commencent à y émerger.

Le milieu humain

Si l’on tient compte des données de l’histoire orale, on peut affirmer que la population de Mouanko est très ancienne. Cependant, l’exubérance de la végétation et le fait que l’activité principale des populations de la région fut pendant de nombreuses générations la pêche, font que l’emprise de l’homme sur la nature reste insignifiante jusqu’à nos jours. Les populations de la Basse-Sanaga se rencontrent presque exclusivement le long des rues des rives de la Sanaga, de la Kwakwa et de l’Océan atlantique. Il existe également quelques villages à l’intérieur des terres notamment autour du lac Tissongo. L’histoire de la localité est essentiellement basée sur les mouvements migratoires et l’implantation des groupes dans la localité, lesquels ont réclamé avec succès l’appartenance à la terre de Mouanko.

Principales ethnies

-Les Malimba : seraient incontestablement les premiers à s’installer dans le secteur. Après la séparation avec les Duala à cause d’une histoire d’inceste, ils n’avaient pas tous pris la même direction. Toutes les traditions Malimba s’accordent sur ce sujet. Ils seraient des descendants de ILIMBE ou encore ILIMB’A MBEDI. D’aucuns les apparentent aux Douala dont ils seraient effectivement des cousins germains et très proches par la langue. Les Malimba forment de par leur origine trois groupes : les Bongo, les Mal-Mbenguè et les Mal-Jedu. C’est à la suite des guerres tribales que Mal-Mbenguè et Mal-Jedu ont été repoussés jusqu’à l’aval de la Sanaga par les Yakalak sur l’île de l’embouchure du bras principal de la Sanaga, à laquelle ils ont donné leur nom.

-Les Yakalak : appartiennent au groupe ethnique dit "Elog-Mpoo", on les connaît plus sous l’appellation de "Bakoko", nom que leur auraient donné les Malimba. Ils sont venus de l’intérieur, sortis de ce fameux rocher historique "Ngog lipondo"encore appelé "Ngog lituba". Ils arrivent par la Kwakwa (comme leurs voisins Malimba) lors de la grande migration des Elog-Mpoo. Ils abordent à Bémenguè et s’étendent jusqu’à Epollo où ils rencontrent la Sanaga et les premiers occupants qui s’y trouvent (les Malimba). Ils les repoussent jusqu’à l’aval de la Sanaga, lieu qu’ils occupent de nos jours et qui s’étend désormais sur les rives gauche et droite de la Sanaga, de Elog-Ngango à Epollo en passant par Olombè, Yankonzok et Yatou. Une partie des Dibongo et Olombè est arrivée de Yassoukou par la rivière Dipombé. Leur arrivée dans le secteur remonterait à quatorze générations depuis leur ancêtre KALKE MPAM A MPOO dont ils portent le nom. Les Yakalak sont composés de trois grands groupes ; les plus importants de ces groupes et qui se disent descendre directement de KALKE sont les Elog-Otot, les Ndog-Tounda et les autres enfants de KALKE. Comme les Malimba, les Yakalak souffrent de l’émigration de leurs ressortissants. C’est ainsi que depuis longtemps d’ailleurs, beaucoup de familles, ont quitté ce secteur pour s’installer à Songueland dans l’arrondissement de Dizangué et à Ekité, sur la rive de la Sanaga opposée à la ville d’Edéa. Pêcheurs et pagayeurs de métier, les Yakalak sont cependant plus agriculteurs que leurs voisins Malimba.

-Les Pongo-Songo : arrivés après les Yakalak et les Malimba, les Pongo-Songo descendent eux aussi d’une tribu Banjué (comme les Malimba) ; issus de ESSONGO, fils de MBEDI (sont cousins des Duala et Malimba). Ils seraient venus par la mer et auraient d’abord, pendant longtemps, vécu mélangés aux Batanga de petit-Batanga sur la rive gauche de l’embouchure du Nyong à la Sanaga. Pratiquant la pêche maritime et surtout fluviale, les Pongo-Songo découvrirent par les criques et les marécages qui relient le Nyong à la Sanaga, le grand lac Tissongo.De là, continuant leur exploration, ils aboutirent sur la Sanaga et s’installèrent sur la rive gauche de ce grand fleuve entre Olombé et Yankonzok plus précisément dans les villages de Pongo-Songo I et II. En face de ce qui est devenu par la suite la mission catholique de Marienberg.Bien qu‘administrativement rattachés au canton Yakalak avec lequel ils entretiennent de bonnes relations traditionnelles, les Pongo-Songo sont cependant, par la langue et l’organisation sociale traditionnelle, plus proches des Malimba. Comme chez ces derniers, leur territoire est constamment inondé ; aussi, les Pongo-Songo élèvent-ils des digues. C’est alors que dans le souci de trouver des terres fermes, ils émigrent. C’est ainsi qu’ils ont créé le grand village de Pongo-Pitti à Dizangué (sur l’axe Edéa-Dizangué). Comme leurs voisins Malimba et Yakalak, ce sont des pêcheurs et pagayeurs de métier, mais qui s’adonnent en outre à l’agriculture (bananier, taro, igname) du fait de la fertilisation annuelle de leurs berges par les inondations de la Sanaga. Malgré le brassage que l’on perçoit facilement, les trois peuples conservent une conscience très nette de leur originalité et de leur particularité. On le constate notamment dans les langues de cultes et la constitution des équipes de pêche. Il était très rare de rencontrer des équipes de pêche mixtes Yakalak-Malimba, Malimba-Pongo ou Pongo-Yakalak.Le temps ayant atténué voire effacé les anciennes palabres et guerres tribales, de nombreux mariages se nouent indifféremment entre les jeunes garçons et les jeunes filles de ces trois groupes ethniques. Chacun des peuples conserve jalousement et perpétuellement dans la mémoire des jeunes générations le souvenir de son passé. Cette « pseudo animosité », qui régnait jadis, ne s’exprime en fait de nos jours que dans quelques chansons populaires et dans les lazzis. On assiste ainsi à la naissance d’une société de parenté à plaisanterie comme il en existe dans d’autres régions d’Afrique.

-Les étrangers et allogènes

L’arrivée des nigérians dans la localité remonte aux années 1950. Dès 1970, on évalue leur nombre à 1000 habitants environ. Aujourd’hui, ce nombre serait passé à 3 000.

*Les allogènes

Ils sont constitués de fonctionnaires camerounais travaillant à Mouanko,mais aussi de quelques Bassa, Ewondo et Yambassa qui, pour des raisons historiques (notamment du temps du commerce des esclaves) se sont définitivement installés ici. On y trouve en outre une forte communauté des Bakwéri originaires des régions du Nord-Ouest et Sud-ouest travaillant surtout dans les palmeraies. Quelques ressortissants des régions du Nord Cameroun viennent compléter ce tableau avec en bonne place, une forte colonie des Mousgoum dont l’implantation à Youmé I est très récente.

Religion

Elle occupe une place de choix dans le paysage socioculturel de Mouanko. On y rencontre une multitude des églises dites de réveil notamment sur la bande côtière (Malbengue, Yoyo I et II, Bolondo, Souellaba... L’islam est aussi présent notamment à Yoyo. Les Eglises dites instituées, l’Islam, le catholicisme, l’Eglise Presbytérienne Camerounaise et l’Eglise Baptiste encadrent aussi une bonne tranche de la population.

Principales activités économiques

L’économie de la Commune de Mouanko repose essentiellement sur les secteurs productifs :

La pêche

Elle occupe 90% de la population active. Elle est la principale activité des populations. Traversée par la Sanaga et ouverte sur l’Océan atlantique, la Commune de Mouanko dispose en outre de nombreux cours d’eau et lacs qui constituent autant d’atouts pour la pratique de la pêche. Elle est pour ainsi dire la principale source de revenus des populations riveraines qui pratiquent la pêche de subsistance. La pêche semi-industrielle est pratiquée par les immigrés ouest-africains (ghanéens, béninois et nigérians). Les différentes espèces pêchés sont : les machoirons, les mulets, les athanaloses, les carpes, les ceintures, les raies, les aloses, les silures, les huîtres.

L’élevage

Elle est une activité embryonnaire et de subsistance.

  • l’exploitation des ressources naturelles

Le sable : Malgré le potentiel énorme dans le domaine, l’exploitation du sable reste une activité mineure et désorganisée, ce qui entraîne d’ailleurs un manque à gagner pour la Commune. Abée, Yadibo I et Lobethal, Mouanko centre…sont les zones les plus concernées par cette activité. Les coquillages : Elles sont consécutives à la pêche des huîtres et comme telles, elles occupent près de 90% de la population. Elles sont revendues principalement à Douala dans les provenderies. Comme le sable, cette activité reste individuelle et familiale. Les terres arables : elles sont principalement exploitées pour des fins agricoles soit pour l’agriculture de subsistance par les populations riveraines, soit par les agro-industries (SAFACAM et SOCAPALM) pour les besoins de leurs activités. Les principales spéculations sont : les tubercules, la banane plantain, le cacao, le palmier à huile, en dehors des agro-industries, quelques producteurs se sont organisés en GICs et en Associations. Les produits forestiers non ligneux : Principalement les lianes et le bambou de chine qui sont exploités de façon anarchique pour la fabrication du petit matériel de pêche ou revendus à Douala. Les arbres : Les fromagers, Ayous, Fraké…80% de la superficie de Mouanko étant située sur la réserve Douala-Edéa, l’exploitation des forêts est essentiellement le fait du braconnage.

La chasse

La chasse pratiquée à Mouanko est de type traditionnel et le produit issu de l’activité est voué plus à la consommation qu’à la commercialisation. Elle se pratique soit avec les pièges ou encore à la course. Les services en charge des questions de la protection des espèces veillent à la gestion de la faune de la localité.

Le commerce et les activités économiques :

Il existe deux principaux marchés périodiques à Mouanko notamment à Epollo et Yoyo. On y retrouve exclusivement des produits issus de la pêche (70%) et l’agriculture (30%).

L’épargne et le crédit

C’est une activité qui reste embryonnaire au sein de la Commune. Elle est surtout le fait de quelques tontines familiales. Néanmoins, le bureau des postes offre entre autres des prestations dans le domaine (transferts d’argent à travers le service MELO et Western Union, les comptes d’épargne). L’absence de micro finance est une entrave au développement de la Commune.

Le tourisme

Les potentialités touristiques de la Commune de Mouanko sont incommensurables : Le tourisme balnéaire peut se développer sur les 100 km de plages de la côte atlantique et sur les berges de la Sanaga. L’estuaire du Wouri offre une vue d’une beauté inouïe au visiteur et est propice à la pratique des sports nautiques. Dans le même ordre d’idée, il faut signaler l’existence de nombreux lacs, qui sont autant d’attractions à l’instar du lac Tissongo. Sur le plan cultuel, Mariemberg porte d’entrée de l’Eglise Catholique au Cameroun est tout un symbole. En effet, cette région regorge en même temps des vestiges de la traite négrière au Cameroun et peut devenir une véritable île de Gorée pour notre pays. Enfin, nous l’avons dit, 80 % de la superficie de Mouanko est constituée de la réserve Douala-Edéa. Il s’agit d’une réserve forestière propice au développement de l’écotourisme. Malheureusement, tout ce potentiel touristique reste inexploité et en état de friche. L’infrastructure hôtelière est quasi inexistante. A peine 20 chambres sont disponibles au centre-ville. Une première réponse à cette situation criarde viendrait peut être des investissements actuellement réalisés par M. PAMSI, une élite de la place.

Principales infrastructures par secteur

Les infrastructures socio-éducatives

La commune dispose de plusieurs infrastructures socioéducatives notamment dans le Secteur de l’éducation. La santé publique dans la Commune de Mouanko reste une préoccupation majeure en raison notamment d’une couverture sanitaire encore très faible, d’un déficit de personnel médical qualifié et d’un plateau technique embryonnaire.

Le réseau routier

Les routes de la Commune de Mouanko se répartissent en deux types : les routes en terre classées et celles en terre non classées.

Le réseau hydro-électrique

Le réseau hydro-électrique de Mouanko est dense. Il existe en effet, au-delà de l’Akwa kwa et des deux rives de la Sanaga, plusieurs bas-fonds, criques, lacs et marécages non exploités.