COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

BONALEA

 Maire BELLE TITI

Créée décret  N° 95/082 du 24 Avril 1995

Nombre de conseillers municipaux 25 

Localisation géographique de la commune

La Commune de Bonaléa est située dans le département du Moungo (Région du Littoral).Elle est située à moins de 40 kilomètres de Douala, capitale économique du Cameroun. Elle a été créée par le décret présidentiel N° 95/082 du 24 Avril 1995. Avant cette date, elle faisait partie intégrante de la Commune de Dibombari créée en 1960 subséquemment à l’arrêté N° 159 pris en 1956 par le Haut-Commissaire de la République Française au Cameroun pour instituer à Bouélélo (chef-lieu) un poste administratif qui relevait du chef de la Subdivision de Mbanga. Son espace physique compte 57 villages et couvre une superficie de 650 km². Elle est limitée au Nord par l’arrondissement de Mbanga, au Nord-Est par une importante réserve forestière et faunique que sépare le fleuve de la Dibombé de Mpobo et Mamba, au Sud et à l’Est par l’arrondissement de Dibombari, à l’Ouest (et au Nord) par le fleuve Mungo. Ces informations peuvent être visualisées dans la carte de la page suivante, qui en plus présente les limites et les contours de la Commune de Bonaléa. Il est divisé en deux (02) cantons : Abo Nord et Abo Sud. Ces cantons sont dirigés par des chefs de 2ème degré appelés Chefs Supérieurs. Ils comprennent 57 villages mais on dénombre 40 chefs de 3ème degré.

Milieu biophysique

Climat - Le climat est de type équatorial, fortement influencé par la mousson guinéenne. Il est caractérisé par la succession de quatre saisons dans l’année, deux saisons de pluies (une grande saison pluvieuse de juillet à septembre, et une petite d’avril à juin) et deux saisons sèches (la petite allant d’octobre à novembre et la grande de décembre à mars). La température moyenne annuelle est de 27°C. Sols - Les sols sont ferralitiques de couleur jaune. Acides et fortement lessivés par les précipitations importantes, ils sont très sablonneux mais aussi très fertiles.

Relief

Le relief est globalement plat et peu accidenté. On n’y dénombre presque pas de collines à forte pente.

Hydrographie

- L’arrondissement est très arrosé ; le Mungo, le Fiko, le Mbome et le Logmbassi sont des fleuves qui l’encadrent ou parcourent son espace physique. En plus, de nombreuses rivières sont visibles au niveau des villages. Qu’ils se nomment Makinde, Moussoki, Ndoum, Ndjom, Mboa, Tongto’o, Kisso, Bong, Mwan, Maléou, Mwakouhé et Nsoumsa, Toumapong, Tengue ou Bonalongo, leur eau est utilisée par les habitants pour effectuer la lessive, laver la lessive ou se baigner et souvent en guise de boisson. Ils remplissent aussi une fonction sociale en étant un lieu de rassemblement, de jeux et de discussions. Par ailleurs, l’exploitation du sable y est régulière, même si cela se fait de manière artisanale.

Flore et faune

Flore

La végétation comprend essentiellement de vastes zones marécageuses constituées majoritairement de mangrove, ainsi qu’une vaste étendue de plantations diverses cédant souvent la place à la forêt. Une formation végétale semblable à la forêt est visible dans la plupart des villages mais la forêt prend une grande ampleur autour de certains villages. En dehors du bois, ces espaces forestiers regorgent de nombreuses espèces végétales, principalement des manguiers sauvages, des kolatiers, des noisetiers, différentes plantes médicinales, des bambous de chine et des eucalyptus,

Faune

- La faune semble avoir souffert d’une forte pression. En effet, malgré la présence quasi permanente de la forêt, les animaux sont difficiles à apercevoir. Ils se sont éloignés des zones d’habitations, compte tenu de la réduction de leur espace vital par les exploitations forestières et agricoles. Les animaux que l’on peut apercevoir sont des reptiles (varans, serpents), des petits rongeurs (rats des champs, rats palmistes, écureuils), des aulacodes (hérissons, porcs- épic), des sangliers, des pangolins, des singes, des buffles, des antilopes et des lièvres. Ils ne font pas l’objet d’une chasse spécifique. Les caïmans, crocodiles et tortues de mer sont particulièrement nombreux dans la Mbome, autour de Mpobo.

Aires protégées

- La Commune de Bonaléa n’abrite aucune aire protégée. Néanmoins, même si elle n’est pas véritablement exploitée, l’on note la présence d’une forêt communautaire qui réunit les habitants de Bonandika et Bamwen.

Ressources naturelles

- La principale ressource minière identifiée dans la zone est le sable. On en trouve dans tous les villages traversés par un cours d’eau. Mais le sol lui-même est déjà suffisamment riche en sable. L’accès y est libre mais l’utilisation est lâche et coordonnée, donc très artisanale. Le bois est abondant dans les espaces forestiers couvrant de nombreux villages de l’espace communal. Les habitants des villages l’utilisent comme bois de chauffe ou pour la construction. Les exploitants forestiers, en général des clandestins, en font une utilisation intensive, ce qui contribue à une forte dégradation du couvert forestier. Pourtant, la forêt fournit aussi des produits non ligneux, notamment le rotin, le bambou et le raphia. On en trouve à Mpobo, Banseng et Mamba, Bonampacko, Bonakwassi, Fiko, Koki, Bonamkao et Miang. L’accès y est libre mais il est essentiellement recherché par quelques vanniers. Les habitants de certains villages (Grand Souza, Mbonjo II, Penda Mboko et surtout Mpobo) soupçonnent la présence d’autres ressources naturelles dans leur environnement immédiat. Il s’agit principalement de ressources minières (pétrole, gaz, diamant). Cependant, aucune prospection digne de ce nom n’a été effectuée. La présence de nombreux cours d’eau est aussi source de richesses ; ils sont abondants en poissons et autres ressources halieutiques.

Milieu humain

Histoire de la Commune

L’histoire de l’arrondissement en tant qu’unité administrative est relativement récente. La Commune de Bonaléa a été créée par le décret présidentiel N° 95/082 du 24 Avril 1995. Avant cette date, elle faisait partie intégrante de la Commune de Dibombari créée en 1960 subséquemment à l’arrêté N° 159 pris en 1956 par le Haut-Commissaire de la République Française au Cameroun pour instituer à Bouélélo (chef-lieu) un poste administratif qui relevait du chef de la Subdivision de Mbanga. Son histoire individuelle est donc très peu fournie en événements. Actuellement, les principaux repères historiques sont en lien avec la succession des deux premiers magistrats municipaux, à savoir EWANE MBELLA Jean (1996-2002) et NKOTTI François (depuis 2002). L’évolution historique de l’arrondissement peut aussi être vue à travers son peuplement. Ainsi, les autochtones (les Abo) se sont installés dans la zone à la fin du 19e siècle, venant de Nguti dans le Sud-Ouest et après avoir traversé le Mungo. Ils s’installèrent tout d’abord à Penda Mboko, puis à Miang avant d’investir tout l’arrondissement après une succession de conflits fonciers. Les Bankon sont les fils de Konè venu d’Ethiopie. Le terme Abo a été donné par les colons allemands. La présence d’habitants dans les villages depuis la période allemande est attestée par la présence d’école primaire datant des années 1880, notamment à Bonakou I Bwapaki. L’histoire locale a connu un virage important à partir de l’installation de la SOCAPALM et de la CDC respectivement au milieu et à la fin des années 1970. Le besoin croissant d’ouvriers dans les plantations qu’elles ont créées a été à l’origine de flux migratoires importants en direction de l’arrondissement. La petite urbanisation suscitée directement ou indirectement par ces agro industries, à travers la construction d’écoles publiques, de centres de santé, l’installation du réseau d’adduction d’eau potable Scan Water et de l’électricité, a fortement contribué à la sédentarisation de ces ouvriers. Les zones de Penda Mboko et Kompina ont progressivement pris une coloration anglophone ; les liens entre les habitants et leurs villages d’origine ont contribué à susciter le développement du système de transport et à l’urbanisation relative de ces villages et camps. La construction de la route Nationale N° 5 a quant à elle accéléré le développement de Souza, faisant de la ville un carrefour pour les voyageurs de cet axe reliant Douala à Nkongsamba. Depuis le début des années 1990, l’arrondissement vit au rythme d’une urbanisation lente et irrémédiable. Ainsi, une dizaine d’établissements y ont vu le jour, 02 centres de santé intégrés ont été créés, 13 points d’eau modernes ont été construits (s’associant au réseau d’adduction Scan Water existant), 22 villages ont été électrifiés. Tout cela a sans doute largement contribué à accentuer les flux migratoires vers Penda Mboko, Kompina et Souza.

L’érection de Bonaléa en chef-lieu de la Commune va constituer un moment majeur du développement local ; l’Hôtel de Ville y est déjà construit ainsi que plusieurs services déconcentrés de l’Etat. Les perspectives locales résident donc dans le développement des échanges entre Bonaléa et Souza ainsi qu’au niveau du développement des activités de la SOCAPALM et de la CDC et des exploitations environnantes.

Démographie

Taille et structure de la population - La population de la commune de Bonaléa est estimé à environ 70 000 âmes (RGPH). La population du principal espace urbain (ville de Souza) est estimée à 35 000 habitants. En dehors de Kompina, Penda Mboko, Kake, Mbonjo, Miang et Grand Souza, le reste de l’espace physique communal est très peu peuplé. En effet, près d’une trentaine de village ont une population inférieure à 300 habitants. Les femmes sont plus nombreuses que les hommes. Les hommes constituent 47,74% de la population totale et les femmes 52,26%. Les jeunes de moins de 18 ans en constituent la frange la plus importante (environ 39%). Groupes ethniques et relations interethniques - Les Bankon ou Abo constituent le groupe ethnique originaire. Mais la population est particulièrement cosmopolite. La présence de la CDC et de la SOCAPALM a attiré de nombreux travailleurs venant essentiellement des régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Ouest. Dans les villages proches des fleuves et dont la population vit essentiellement de la pêche, notamment à Mpobo, une majorité de la population est constituée de Nigérians. Une dizaine de ménages Bororos sont visibles à Kake Carrefour. Les autres groupes ethniques, ne constituant pas une communauté très représentative, sont les Duala, les Bassa, les Banen/Bafia/Yambassa, les originaires du Septentrion.

Religion

- La religion locale est dominée par le christianisme, toutes tendances confondues, avec une forte présence de la tendance de l’Eglise Evangélique du Cameroun (EEC). L’Eglise Catholique et les Eglises baptistes (Union des Eglises Baptistes du Cameroun, Native Baptist Church) sont aussi bien représentées. L’Eglise Presbytérienne du Cameroun (EPC) est fortement implantée autour des camps de Penda Mboko et de Kompina. Les nouvelles églises (Témoins de Jéhovah, Eglise Pentecôtiste, Faith and Work, Solid Rock, Deeper Life, Plein Evangile, Global Assembly, Christianitius, Eglise Frontière du Cameroun) commencent toutefois à s’y faire une place. Les Témoins de Jéhovah sont disséminés un peu partout. On retrouve une mosquée avec quelques fidèles à Penda Mboko Village, Mpobo et Bonadika. A Mpobo, la mosquée est plus fréquentée par les allogènes.A Bonandika, la mosquée est encore en chantier mais elle sert déjà de lieu de prière. Quelques adeptes du bouddhisme (moins de 10 en tout) sont visibles à Grand Souza mais aucun bâtiment n’est consacré à leur culte. Les partisans de toutes ces religions vivent en harmonie et dans une tolérance permanente. Ces institutions religieuses (surtout les institutions islamiques locales) sont des maillons clés de la mobilisation et de l’éducation des masses.

Organisation sociale

L’administration traditionnelle du territoire est stratifiée sans être féodale. Les deux (02) cantons, Abo Nord et Abo Sud, sont placés chacun sous l’autorité d’un Chef Supérieur. Ces derniers sont à la tête de tous les villages du canton. Les chefs de village sont des Chefs traditionnels de 3ème degré. Ils se font aider dans l’administration du territoire par des chefs de quartiers et des notables. L’accès à des titres de notabilité n’exige pas de s’acquitter de rites sacrés particuliers. Toutes ces autorités traditionnelles jouissent du respect auprès de la population. Les cas de refus de l’autorité traditionnelle sont toutefois assez fréquents, sauf à l’endroit des chefs supérieurs qui sont particulièrement craints. Cependant, d’autres personnes tirent une certaine considération populaire de leurs professions, de leur statut politique ou de leur réussite dans les affaires. C’est le cas des hauts cadres de la fonction publique à la retraite ou en activité ou encore des grands commerçants. En général, autant dans les villages que les centres urbains, les femmes ne jouissent pas des mêmes droits que les hommes. Elles sont un accès limité à l’éducation et à la propriété foncière. Elles sont confinées aux tâches ménagères et au petit commerce.

Système foncier

- La question foncière est très délicate dans l’espace communal de Bonaléa avec l’implantation de deux grandes sociétés industrielles (CDC et SOCAPALM). En effet, les habitants des villages riverains sont nombreux à considérer que les palmeraies et plantations d’hévéa exploitées actuellement par ces sociétés parapubliques n’ont pas fait l’objet d’une compensation conséquente des propriétaires fonciers. Pour eux, cette occupation des terres s’est souvent faite sans le consentement des populations. Ils se considèrent par conséquent comme des victimes. Les chefs de village son souvent pointés du doigt par certains villageois comme étant impliqués dans la vente de ces terres sans le consentement des propriétaires. Les camps CDC de Kompina et de Penda Mboko sont des lieux d’illustration de ces conflits latents. Dans tous les villages riverains, la gestion des zones périphériques constituant la limite avec les grandes exploitations est sujette à des incompréhensions et conflits plus ou moins ouverts. A Mbonjo I et dans l’espace urbain, c’est le même problème qui se pose avec la SOCAPALM. Son installation a entraîné l’expropriation des autochtones, et de ce fait une réduction quasi totale des terres cultivables. Aujourd’hui dans ces zones, le problème se pose avec acuité, et tous les habitants sont unanimes pour la rétrocession de quelques parcelles de terres par la SOCAPALM et la CDC. Si la SOCAPALM a entamé un processus de rétrocession des terres au niveau de l’espace urbain, la gestion de ces espaces semble engendrer de profondes incompréhensions entre habitants. A Mbonjo I et dans les camps CDC, on n’en est pas encore là, donc il faudrait encore attendre. Aussi, la particularité que nous pouvons signaler à Mbonjo I et qui pose également problème aujourd’hui porte sur la gestion des périphéries. Celles-ci Les périphéries sont des parcelles de terrain au relief accidenté que la SOCAPALM a octroyées aux autochtones. Actuellement, elles font l’objet d’importants litiges entre autochtones et allogènes (ouvriers de la SOCAPALM). Selon les autochtones (qui ne disposent pas de titre de propriété), les ouvriers de la société, installés depuis suffisamment longtemps, veulent s’approprier ces terres sans aucune compensation. Un autre type de litiges fonciers meuble les rapports sociaux dans certains villages : la gestion des limites entre villages. Ainsi, les habitants de Mankoulang considèrent, titre foncier à l’appui, que ceux de Maleke sont sur leur territoire. Ce titre foncier présenté par les autorités de Mankoulang date de 1971. Cette situation n’est pas sans conséquence sur la vie des populations de Maleke, qui semblent bien inquiets quant aux terrains acquis par héritage de leurs parents et grands-parents. Cela remet également en question la superficie de leur village. L’intervention du Sous-préfet n’a pas suffi à dissiper les inquiétudes. Un problème similaire aurait eu lieu au cours des dernières années entre habitants de Mbonjo et de Penda Mboko Village. La situation n’a pas été résolue car les Mbonjo n’ont pas de documents légaux qui attestent leurs revendications.Toutefois, dans les autres localités, les terres appartiennent aux différents chefs des familles. L’acquisition se fait par achat ou vente par les propriétaires. Seulement, de façon générale, ces propriétaires ne disposent d’aucun papier qui atteste de manière légale que ces terres leur appartiennent. Les ventes se font généralement de gré à gré très souvent sans aucune signature de document. Le chef de village est souvent témoin de ces ventes, puisque c’est lui qui gère la majorité des litiges fonciers en compagnie de ses notables. Acteurs du développement local - La dynamique associative locale n’est pas très forte mais elle n’est pas négligeable. En effet, on dénombre onze (11) GIC et associations agricoles, notamment à Koki (Comité de Développement de l’Agriculture), Kompina Camp 1(Substance, Back Gare Women Meeting), Kake Carrefour (GIC de Production des Ananas et du Manioc), Ndoulou (GICassociation jeunes femmes ambitieuses), Mayen (GIC agricole), Grand Souza (GIC Agropastoral des Jeunes du Mungo), Bonampacko (GIC Effort de Mangamba), Bekouma Kake (GIC Omega et GIC Massosso), Mankoulang (Groupement des Agriculteurs Modernes), Souza (GIC AGRIPEL). On compte également 59 associations d’entraide et de développement. Leurs principales activités portent sur l’entraide, la solidarité et la tontine. Elles rassemblent un nombre important de membres et peuvent ainsi faciliter la mise en œuvre de projets communautaires. Seulement elles ne sont pas toujours, sinon pas du tout encadrées notamment dans la structuration et le fonctionnement des groupes. C’est la raison pour laquelle certaines de ces organisations ne pas véritablement fonctionnelles. Les onze (11) GIC identifiés exercent principalement dans l’agriculture et le brassage de l’huile de palme. Il existe un GIC qui intervient dans l’appui au micro crédit et la collecte de la production des agriculteurs. Malheureusement, plus de la moitié de ces GIC ne sont pas fonctionnels.

Activités économiques

Agriculture

L’économie locale est profondément marquée par l’agriculture. En effet, compte tenu de la fertilité du sol, la majeure partie de l’espace communal est dédiée à l’agriculture. La CDC et la SOCAPALM ont investi de grands espaces. La CDC est présente à Kompina et Penda Mboko où elle a aménagé des camps devenus des villages. Elle est spécialisée dans la culture de l’hévéa. La SOCAPALM, spécialisée dans la culture du palmier à huile, est située à Mbonjo I, Souza et Bonabéri Souza. A la périphérie des plantations de ces sociétés, notamment à Mbonjo I, Maleke et Souza, de nombreuses propriétés ont été aménagées sur de vastes superficies par des exploitants locaux. On y exploite le palmier à huile. En dehors de ces exploitations, les habitants des villages sont également impliqués dans la culture du palmier à huile (pour une moyenne de 10 à 15 pieds par ménage). Autour de la culture se développe le brassage artisanal de l’huile de palme. Ainsi, le palmier à huile est au centre de la plupart des exploitations familiales ; chaque famille essaie de brasser un minimum d’huile de palme pour la consommation familiale ou la vente. Les paysans mettent tout de même un grand accent sur les cultures vivrières : manioc, pistache, patate, banane plantain, maïs, ignames, macabo, arachides. Le pistache, le manioc et la patate sont beaucoup plus destinés à la commercialisation qu’à la consommation familiale. Alors que tout le monde, sans distinction de sexe, se livre à la culture du palmier à huile et des spéculations vivrières, les femmes sont plus concernées par les cultures maraîchères (légumes, piment, tomate, petits pois, water leaf), la cueillette de l’Okok et la transformation du manioc (en couscous et bâtons de manioc ou en water fufu). Les cultures de rente sont l’hévéa, le palmier à huile et le cacao. L’hévéa et le palmier à huile sont très répandus, autant au niveau des villages qu’au sein des exploitations agro industrielles. Le cacao est cultivé par quelques particuliers à Bekouma Kake, Mwanyambe et Bonampacko. Un particulier dispose d’une petite plantation de poivre blanc à Grand Souza.

Sylviculture

La sylviculture n’est pas pratiquée au sein de l’arrondissement. Même le reboisement n’est pas une activité majeure ; la forte présence de la forêt semble ne pas susciter la préoccupation du reboisement même si l’exploitation clandestine du bois est une menace sérieuse pour la préservation du couvert végétal.

Élevage et pêche

Une autre activité qui dynamise l’économie locale est la pêche. Elle est pratiquée à une échelle importante dans les villages proches des fleuves Fiko et Mungo, notamment Koki, Fiko, Bonampacko, Bonamboule, Miang Badou, Miang Bandjiou, Mpobo, Mbonjo II. A Koki, Fiko et Mpobo, la pêche est la principale source de revenus. L’intensité de l’activité a suscité l’installation de Nigérians qui y sont de plus en plus nombreux. C’est le cas à Mpobo où les Nigérians constituent la majorité des habitants. Ils s’adonnent en plus à la fabrication artisanale des filets de pêche. A Mpobo, le poisson abonde ainsi que le crocodile, les caïmans et les tortues de mer. Les pêcheurs peuvent vendre sur place ou se rendre à Douala ou Souza pour écouler leur production. Dans tous ces villages, la conservation et commercialisation des produits halieutiques constituent des moments importants de la vie économique. Ainsi, le fumage du poisson est devenu une activité essentielle, compte tenu de l’enclavement ambiant qui oblige à conserver les produits suffisamment longtemps avant qu’ils ne soient écoulés. Quoi qu’il en soit, la pêche est une activité qui assure la visibilité de la Commune et crée un lien étroit avec la ville de Douala et les villes de l’autre rive du Mungo ou du Fiko (Missaka, Mondoni) dans la Région du Sud-Ouest. De façon générale, l’élevage n’est pas une activité commerciale de premier plan. Certains habitants entretiennent des bêtes au sein de leurs habitations. L’essentiel des bêtes est constituée de la volaille (les poules et très rarement les canards), des porcs et des chèvres. Le produit de l’élevage est destiné à la consommation familiale. Une partie (infime) de la production peut être commercialisée pour la satisfaction de besoins ponctuels. Ce sont les femmes qui s’adonnent le plus aux tâches quotidiennes liées à l’élevage. Les hommes (chefs de famille) se contentent de surveiller l’évolution des bêtes et

d’acheter les produits nécessaires à la nutrition des bêtes (particulièrement les porcs). Les jeunes sont mis à contribution pour s’assurer que les animaux sont nourris et sont rentrés au domicile à la nuit tombée.

Chasse

À l’exception de quelques individus à Koki ou à Kompina Village, il n’y a pas véritablement de personnes qui vivent exclusivement de la chasse. A Koki et Mpobo, les Nigérians installés comme pêcheurs s’aventurent souvent dans la forêt pour chasser sans que cela ne soit une activité génératrice de revenus. De façon globale, il n’y a pas de chasse intensive dans les villages ; les paysans posent des pièges dans leurs champs. Ils peuvent compter de temps en temps des prises de rats, de rats palmistes, de sangliers, de hérissons et de porc-épic sans que cela ne soit particulièrement régulier. Les prises sont consommées aux niveaux familiaux ou vendus, assez souvent aux femmes restauratrices.

Exploitation forestière

La Commune abrite aussi une économie du bois. Des exploitants forestiers exerçant plus ou moins légalement sont installés dans les forêts de l’espace communal. Les villages les plus concernés par l’esploitation du bois sont Bengsè, Bangseng, Bamwen, Bonaléa, Kounang et Mwanyambe. Les jeunes sont employés comme ouvriers (pisteurs, cubeurs, scieurs) par ces derniers. Mises à part les billes de bois transportées par les grumiers, les déchets et autres récupérations de bois sont vendus secs ou transformés en charbon puis écoulés sur les marchés locaux ou en bordure de la route nationale. L’activité n’est pas marginale car les grumiers entrent et sortent des villages de l’arrondissement de manière fréquente. Toutefois, elle souffre d’une insuffisance de contrôle qui fait le lit de la clandestinité.

Collecte des produits forestiers non ligneux

Les produits forestiers non ligneux (PFNL) les plus visibles sont la kola conventionnelle, le bitter cola, l’Okok (appelé ici Ekoke), le Djansang, la mangue sauvage, le bambou, le raphia et le rotin. On peut y ajouter diverses espèces de plantes médicinales). On en voit surtout au sein des espaces forestiers proches de Fiko, Koki, Bonamakao, Miang, Ndoulou, Bonakwassi, Mpobo et Bonampacko. Ils ne font pas l’objet d’une exploitation rationnelle et contrôlée. Cette exploitation est en général le fait des femmes. A Maleke, de nombreuses femmes bayam sellam se sont spécialisées dans la commercialisation de l’Okok qu’elles écoulent dans le Sud-Ouest (Kumba) ou à Douala.

Artisanat

Les activités artisanales ne sont pas particulièrement nombreuses. A Mpobo, la fabrication des filets de pêche est une activité marginale exercée en majorité par les habitants d’origine nigériane. A Souza, Kompina Village et Penda Mboko Village, on retrouve des cordonniers, généralement des hommes ou des jeunes de moins de 30 ans. Certains d’entre eux s’exercent à la fabrication de chaussures qu’ils écoulent sur le marché local. Kounang se fait particulièrement remarquer car la pratique artisanale y est fortement ancrée, notamment la fabrication des meubles et objets usuels en rotin. La vannerie y est donc fortement ancrée. Une activité artisanale particulièrement répandue est le brassage de l’huile de palme. Dans presque tous les villages, de nombreux petits producteurs d’huile de palme procèdent au brassage artisanal de leur production et proposent l’huile de palme qui en sort dans les marchés locaux et surtout le long de la route nationale N° 5.

Commerce

Les activités commerciales sont très peu développées dans les villages; ce qui contraste avec l’agitation économique de la ville de Souza. La proximité avec Douala et la nécessité d’approvisionnement des villages enclavés de l’arrondissement en font un carrefour très prisé. Son marché hebdomadaire (chaque vendredi) est considéré comme une religion par les habitants des villages, car il leur offre l’opportunité d’écouler leurs produits agricoles, halieutiques et artisanaux, notamment les produits issus du brassage de l’huile de palme ou de la transformation du manioc. Ils peuvent aussi s’approvisionner en produits de première nécessité et en d’autres consommables venant de Douala. Par ailleurs, ils peuvent avoir accès à l’électricité et au réseau de téléphonie mobile. Ainsi, on y trouve différents services : le call box, les salons de couture ou de coiffure, établissements d’accueil (auberges, hôtel), le moulin à écraser, les garages automobiles, les établissements de microfinance, etc. Les autres marchés hebdomadaires sont situés à Kompina Village (jeudi), Penda Mboko Carrefour (lundi) et Penda Mboko Village (mardi). Les débits de boisson du type “bar” et autres points de loisir sont essentiellement visibles dans les villages situés le long de la route nationale (Souza, Maleke, Kompina Village, Kake Carrefour, Penda Mboko Carrefour). Dans le reste des villages, on peut rencontrer des domiciles transformés en bars mais de façon générale, l’on y offre des vins distillés de manière artisanale (arki) ou du vin blanc cueilli sur des pieds de raphia ou d’hévéa. A défaut de cela, les consommateurs d’alcool s’approvisionnent en liqueur en sachet auprès des gérants d’échoppes. Il y a donc une économie de l’alcoolisme très développée dans les villages de l’espace communal. Il en est de même du carburant frelaté dont les points de vente, en l’absence de station-service dans les villages, sont particulièrement développés à Bekouma Kake, Kompina CDC Camp 1, Kompina Village et Penda Mboko Village.

Industrie

Le secteur industriel est caractérisé uniquement par la présence de deux (2) agro-industries : la CDC et la SOCAPALM. Les plantations et les unités de transformations qu’elles contrôlent attirent de nombreux ouvriers agricoles, des techniciens et des cadres dans le domaine de l’ingénierie agricole. Tout cela contribue à accroître la visibilité et l’attrait de la Commune. L’importance de la SOCAPALM est d’autant plus visible que de petites unités de brassage de l’huile de palme sont visibles un peu partout, particulièrement à Souza.Mais il s’agit d’activités artisanales.

Services / Secteur privé

Le secteur des services est représenté essentiellement par les agences de deux (02) établissements financiers : Express Union (à Souza Gare) et les Credit Unions du réseau CAMCCUL (à Kompina CDC Camp 1 et Penda Mboko Village). Le premier est spécialisé dans le transfert d’argent, le second mobilise l’épargne locale et distribue des crédits. Leur personnel est très restreint ; il dépasse rarement 05 personnes. Il est majoritairement composé de femmes. Dans tout l’arrondissement, il y a 01 hôtel (à Souza) et 04 auberges, dont 02 à Souza et 02 à Penda Mboko Village. Ces 02 dernières auberges sont en planches et servent à accueillir pour de courtes durées les employés de la CDC en mission. L’hôtel de Souza (Hôtel Berclotel) est de très bonne facture et de bonne réputation.

Autres activités économiques

L’enclavement de nombreux villages a conduit à l’installation d’un métier : la conduite des motos taxis. Les motos taxis parcourent tout l’espace communal mais les zones d’embarquement sont Penda Mboko Carrefour, Kompina Village et Souza. C’est une activité de jeunes essentiellement. Autour de cette activité, p