COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

LEMBE YEZOUM

 

Maire  :   NKODO Albert

Tel      : +237 699 22 55 63

            +237 242 11 00 00

 

Créée par décret n° 95/082 du 24 avril 1995

Superficie       2800 km

Densité     5,35 hbts/km²

Nombre de conseillers municipaux 25 

Localisation de la Commune

 la Commune de Lembe-Yezoum est située dans la Région du Centre, Département de la Haute Sanaga, à 180 km de Yaoundé. Les Communes de Nkoteng, Nanga Eboko et Mbandjock lui sont limitrophes. Elle s’étend sur une superficie de 2800 km² et compte une chefferie de 1er degré, trois chefferies de 2ème degré, trente- trois chefferies de 3ème degré soit trente -trois villages et plus de soixante -dix hameaux. Lembe Yezoum est l’un des sept (07) Arrondissements que compte le Département de la Haute Sanaga. La Commune de Lembe-Yezoum épouse les limites de l’Arrondissement du même nom.

MILIEU BIOPHYSIQUE

  • Le climat
  • Les sols
  • Le relief
  • L’hydrographie
  • La faune
  • La Flore et végétation
  • Les repères historiques
  • La population
  • L’agriculture
  • La pêche
  • La chasse
  • Le petit commerce
  • Le transport
  • L’exploitation forestière

L’arrondissement de Lembe Yezoum est soumis à un climat équatorial de type guinéen à quatre saisons d’inégale importance avec deux maxima bien marqués. Le second maximum est toujours le plus élevé .Il correspond à la grande saison de pluie de septembre à novembre. Octobre est le mois le plus pluvieux. La saison sèche la plus longue va de décembre à mars. La petite saison des pluies s’étend d’avril à juin, et la petite saison sèche de juillet à août. La hauteur moyenne annuelle des précipitations est de 2000 mm, tandis que la température moyenne annuelle est de 25°C environ. Ce qui permet sur le plan de la pratique de l’agriculture d’envisager deux cycles de culture par an.

Les sols les plus rencontrés à basse altitude sont des sols hydro-morphes organiques et ferralitiques. Les premiers se localisent à proximité des lits des principaux cours d’eau et dans certains bas-fonds étendus, tandis que les seconds occupent de petits talwegs entre les collines. Sur le plan agricole, les cultures de contre saison seront pratiquées en basse altitude et les cultures de rentes et vivrières sur les sols hydro morphes organiques et ferralitiques.

La Commune de Lembe Yezoum appartient au plateau Sud Camerounais qui se présente comme une vaste pénéplaine mollement ondulée. Les interfluves ont des altitudes comprises entre 500 et 700 mètres. Les principaux se retrouvent à Meza’a, Messessa, Ebolboumou, Meyete et Zoa. Ils laissent apparaitre les vallées qui constituent des zones où on rencontre des sources et des points d’eau nécessaires à l’alimentation en eau des ménages.

La Commune de Lembe Yezoum est arrosée par un dense réseau hydrographique dont l’ensemble des cours d’eau fait partie du bassin de la Sanaga. L’on y rencontre entre autres la Sele, le Nya et bien d’autres cours d’eau de moyenne importance qui se jettent tous dans la Sanaga qui coule vers l’Océan atlantique (cf carte hydrographique). Il faut aussi noter la présence de part et d’autres de plusieurs sources d’eau naturelles non aménagées et très souvent intarissables. Tous ces cours d’eau constituent les sites de pêche artisanale pour tous les riverains qui y habitent.

Les ressources fauniques sont assez importantes, malgré les pratiques traditionnelles de la chasse par les populations. L'on y rencontre les espèces fauniques les plus récurrentes en zone de forêt tropicale dense humide telles que les céphalophes et les athérures (chimpanzés, gorilles, buffles, antilopes…). On note également dans la savane et aux alentours des plantations, la présence de quelques espèces de rongeurs tels que les rats palmistes, les porcs-épics et les hérissons. La faune domestique quoique négligeable, est constituée par le petit élevage traditionnel qui comporte de la volaille, des moutons et des porcs.

La Commune de Lembe-Yezoum appartient au domaine de la forêt dense équatoriale. L’écologie de cette forêt dépend essentiellement des influences climatiques, altitudinales et anthropiques. Les influences édaphiques (substratum, sol, topographie) ne jouent qu’un rôle secondaire. La savane herbacée et la forêt sont les principaux éléments de la flore de la Commune. Pendant que la savane est exploitée pour les cultures vivrières et la Sosucam, la forêt sert au développement des cultures de rentes telles le cacao, le palmier à huile et à l’exploitation du bois de chauffe et du bois d’oeuvre. La forêt que l'on y trouve est de type secondaire, l'exploitation forestière quoique négligeable y a lieu. Néanmoins celle-ci regorge encore des espèces ligneuses telles que le Moabi, l’Iroko, l’Acajou, l’Ebène, l’Azobé ; et non ligneuses à l’exemple du jong, d’Okok, du Ndjangsang. Les bambous de Chine sont communément observés dans les bas-fonds. Les paras soliers abondent dans les zones antérieurement défrichées.

MILIEU HUMAIN

Lembe en Yezoum signifie « guetter » en français. Il a été dénommé par le Chef Traditionnel ANGOULA ANGOULA (Si Meko’o), 24è chef installé au village Ebol-Boumou, le 1er siège. Ne voulant pas qu’il y ait un autre chef dans ce village, il chassa les Yebekolo vers le Nyong et Mfoumou et s’installa sur le sommet de la colline la plus élevée du village avec une vue à l’horizon. Il surnomma ce sommet « Lembe ». Il fallait guetter les Yebekolo chassés dans le cas où ils reviendraient. C’est depuis ce jour que le siège de la chefferie supérieure des Yezoum est à Lembe. Pour éviter une invasion de l’ennemi, il installe ses fils à toutes les entrées de Lembe entrée des Yebekolo, l’entrée des Babouté, l’entrée des Mvele.

Démographie

Evaluée à près de 15 000 habitants d’après le Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) de 2005, la population de la Commune est composée des Yezoum. Le tableau ci-dessus montre que la population de la Commune de Lembe est essentiellement jeune, avec une forte représentation féminine. Sa densité est de 5, 6 habitants au kilomètre carré. La faible densité de cette population s’explique par l’exode rural et du taux de mortalité très élevé.

Groupes ethniques et relations inter ethniques

La population de la Commune est constituée à près de 100% par l’ethnie YEZOUM. Elle est repartie en trois groupements (chefferie de 2e degré dont LEMBE, ZOA, SIMBANECes trois groupements comptent 33 villages représentés par les chefferies de 3e degré. Dans l’ensemble, les relations interethniques sont bonnes et le climat social entre les différents groupes est jugé satisfaisant.

Religion

On rencontre au sein de la Commune plusieurs religions. Parmi lesquelles on peut citer :

- La religion catholique qui est majoritaire, soit 75% de la population ;

- Les églises pentecôtistes (église réveillées), soit 5% de la population ;

- Les églises protestantes, soit 20% de la population.

Mobilité de la population

La carte de mobilité de la population de la Commune montre que les populations ont trois principales destinations, la ville de Nanga Eboko, chef-lieu du département où les services administratifs sont sollicités notamment, la justice, la préfecture ; La ville de Nkoteng pour la commercialisation des produits agricoles l’approvisionnement en produits de première nécessité, l’éducation, la santé et les loisirs, La ville de Yaoundé, pour la commercialisation des produits agricoles ; l’approvisionnement en produits de première nécessité et autres biens de luxe, Les soins médicaux, les loisirs et l’enseignement Supérieur.

Caractéristiques des populations vulnérables

On distingue 05 principales catégories de personnes vulnérables au sein de la Commune. Il s’agit des : vieillards, handicapés, orphelins, jeunes filles mères, veuves/veufs.

Organisation sociale

L’organisation sociale des populations de la Commune de Lembé Yezoum est faite autour de la chefferie qui représente un ensemble de familles ayant un lien de parenté. Au sein d’une famille, qui est constituée de ménages, on retrouve un chef de famille, généralement le doyen d’âge de cette famille. L’homme est le chef de la famille. Dans l’ensemble de la Commune c’est le système patrilinéaire qui prévaut. Cependant, certaines familles monoparentales ont à leur tête des femmes pour chef de famille. On rencontre des femmes chef de village, cas du village Lembé I.

Habitat

Dans l’ensemble de la Commune, l’habitat des populations se fait autour du chef de famille. Il reste clairsemé et se retrouve généralement le long des pistes rurales et/ou des routes en terres aménagées ou non aménagées. On note à travers les villages les nattes de raphia couvrent toujours une bonne partie des toitures de maisons. Au centre urbain, les habitations sont reparties en quartier. On note cependant l’absence de lotissements pour les habitations au centre de la ville de Bikok. L’installation des familles semble encore se faire en désordre.

Les principales activités économiques

Dans la Commune de Lembe-Yezoum, l’activité économique dominante est l’agriculture avec une prépondérance des cultures de rentes : le cacao, suivi du palmier à huile. Ces deux cultures sont l’apanage des hommes. Les cultures vivrières et maraîchères (manioc, macabo, plantain, l’arachide, le maïs, le taro, gombo, tomate, piment…) sont principalement pratiquées par les femmes.

Elle reste une activité assez marginale au sein de la Commune. La pêche artisanale pratiquée ici par les hommes et les femmes dans une moindre mesure est principalement destinée à la consommation domestique et une source de revenus pour ceux qui le pratiquent. Les principales espèces de poissons qu’on rencontre dans les rivières de la Commune et du fleuve Sanaga sont :

- Les Besola (tilapia milotica) ;

- Les Mvam, Mvong (silures) ;

- Les apkekois (poissons vipères) ;

- Les Ngols (carpes) ;

- Le Kanga.

Dans la Sanaga et la Sele, on rencontre, en plus de ces espèces :

- Les Nkomngane (crocodile) ;

- Les Melats (canards sauvages) ;

- Les Mvom (boas) ;

- Les Kara (crabes) ;

- Les minwoas (crevettes).

Les différents types de pêche pratiqués au sein de la Commune sont :

- La pêche de l’hameçon ;

- La pêche de la nasse ;

- La pêche Au barrage.

La chasse est une activité assez marginale au sein de la Commune. En dépit de la présence des forêts et de la savane dans les villages, on y rencontre très peu de chasseurs professionnels. Pour ceux qui la pratiquent, les produits de la chasse sont destinés à l’autoconsommation des familles (80%) et à la commercialisation (20%). Les villes de Nkoteng, Akonolinga et Yaoundé reste les principales destinations des produits de chasse de la Commune. Les principales techniques de chasse utilisées sont :

- La chasse au piège ;

- La chasse au fusil ;

- La chasse à courre ;

- La chasse aux assommoirs.

Les principaux animaux chassés sont :

- Le porc-épic (Ngom) ;

- L’aula code (Mvep) ;

- Le lièvre (Okpweng) ;

- La biche (So’o) ;

- L’antilope (Emvul) ;

- La civette (Zoé’é) ;

- Le chat tigre (Mvak) ;

- Le varan (Nka’a) ;

- Le pangolin (Okeka) ;

- Le rat palmiste (Koéssi) ;

- L’écureuil (Ossen, Mvog).

Le petit commerce (restauration, petit commerce des vivres, etc.) est pratiqué par les femmes et les jeunes.

Le transport clandestin (motos) quant à lui est pratiqué essentiellement par les jeunes.

L’exploitation forestière porte principalement sur l’exploitation du bois. On rencontre au sein de la Commune, les petits exploitants généralement des clandestins ou abatteurs individuels qui écument les différents villages. Leurs produits sont destinés à la vente clandestine auprès des revendeurs de Yaoundé. Concernant l’exploitation autorisée, quelques sociétés ont bénéficié dans les années 2000-2005, des autorisations de coupe autorisée au sein de la Commune. Parmi les essences de bois rencontrées au sein de la Commune, on peut citer :

- L’abang (Chlorophora excela) ;

- L’asseng (Musanga cecroprioides) ;

- L’ayous (Triplochiton scléroxylon) ;

- L’adjab (Baillonella toxisjerma) ;

L'akom (Terminalia siyerba) ;

- L’assié (Entandro phragma cylindricum) ;

- Le Doum (ceiba pentandra)

  • Collecte de produit forestiers non ligneux.

La collecte des produits non ligneux des forêts de la Commune se fait généralement par le ramassage et la cueillette. Les produits non ligneux rencontrés se présentent sous diverses formes. On peut citer : les fruits, les écorces, les feuilles, les insectes.

Parmi les produits les plus rependus on note :

- Les mangues sauvages, (Ndog afam) ;

- L’ezezang (fruit du ricinodeudron) ;

- Le komé (fruit du coulas edulis) ;

- Le Mvout (fruit du trichucypha arborea) ;

- Les escargots ;

- Les écorces d’essok ;

- Le bitter cola ;

- Le ndong ;

- Les champignons ;

- Les chenilles ;

- L’adjom (plante aromatique) ;

- Le woé (miel sauvage) ;

- Le komé (noisette) ;

- Les verres blancs du raphia.

En définitive, on peut affirmer que les forêts de la Commune sont riches en produits forestiers non ligneux, qui sont destinés non seulement à l’auto consommation, mais aussi à la commercialisation et à la pharmacopée traditionnelle. L’urbanisation des groupements périphériques à la ville de Yaoundé constitue une réelle contrainte pour l’exploitation de toutes ces ressources.