COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

MBOUDA

 

Maire Dr. NGOULLA KENLLAC Roger

Tél  +237 695 55 49 51

      +237 677 30 89 30

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 Superficie 437 Km2

Population 140 000 habitants soit 320 habitants au Km2

Nombre de Conseillers 41

MONOGRAPHIE DE LA COMMUNE DE MBOUDA

La Commune de Mbouda, Chef-lieu du Département des Bamboutos, s’étend sur les parties Centrale et Sud-Est de ce Département qui compte 04 Arrondissements. Elle a une superficie de 437 km2 et se situe globalement sur les hauteurs dont le point culminant est localisé sur les Monts Bamboutos avec une altitude de plus de 2 300 mètres.
Elle est limitée :
-    au Nord par la Commune de Wabane (Région du Sud-Ouet) ;
-    au Sud par les Communes de Bamougoum et de Baleng ;
-    à l’Ouest par la Commune de Batcham ;
-    et à l’Est par les Communes de Galim et de Babadjou.

Faisant partie de la Région de l’Ouest, la Commune de Mbouda est située respectivement à 330  kms, 313 kms, 27 kms et 50 kms de Yaoundé, Douala, Bafoussam et Bamenda sur l’axe Bafoussam-Bamenda qui est un tronçon de la route Nationale N°6 reliant les Régions du Centre, de l’Ouest et du Nord-Ouest.

DESCRIPTION DU MILIEU BIOPHYSIQUE.

Climat
Le climat des hautes terres de l’Ouest est un climat de type subéquatorial modifié par l’altitude, ou climat pseudo-tropical. Ce climat comporte globalement deux saisons :

  • Une courte saison sèche de novembre à février.
  • Une longue saison de pluies de mars à octobre.

La température moyenne annuelle est d’environ 20°C, pouvant descendre jusqu’à moins de 10°C au sommet des massifs montagneux. La pluviométrie est de l’ordre de 1700 à 2000 mm d’eau par an atteignant 2500 mm d’eau au sommet des massifs. En plus du relief, Il faut noter l’influence des vents humides venant de l’océan qui modifient parfois considérablement la longueur des saisons, de même que les volumes pluviométriques, selon qu’on se trouve face au vent ou sous le vent.

 Le climat de Mbouda est très influencé par:
-    la chaine des Monts Bamboutos qui culminent à 2740m ;
-    les étendues d’eau du barrage hydroélectrique de Bamendjing ;
-    et,  le  confluent  des  cours  d’eau  du  Noun  et  de  la  Mifi  aux  confins  du Groupement Bamenkombo.

Il en résulte des microclimats avec une pluviométrie moyenne avoisinant 1800 mm d’eau par an. Les influences ci-dessus relevées sont à l’origine d’un climat tempéré avec des températures de l’ordre de 20°C d’avril  à juin,  28°C de février  à mars,  28°C d’août  à septembre et 15°C en octobre (mois à forte pluviométrie).


     Sols

Les sols de la Commune de Mbouda et particulièrement ceux de la région de Ngoaya sont d’origine volcanique et comptent parmi les plus fertiles du pays. Toutefois, la pratique de l’agriculture intensive à fort potentiel d’utilisation d’engrais chimique ne cadre pas avec la politique volontariste actuelle de gestion durable des terres.

Les sols ferralitiques de nature basaltique couvrent la presque totalité du territoire de l’arrondissement de Mbouda. Cependant, il existe des sols hydromorphes dans les bas- fonds couverts de raphia. Ces sols sont propices aux cultures maraichères, autre activité à succès de l’arrondissement de Mbouda.

Le long des cours d’eaux situés dans les bas-fonds marécageux, la forêt de raphia est abondante. Mais elle est aujourd’hui envahie par les cultures maraichères. En outre, les eucalyptus sont à l’origine de l’assèchement des marécages et constituent de ce fait une source non négligeable d’appauvrissement des sols.

Il convient toutefois de relever que les populations locales extraient à partir du raphia un vin naturel très apprécié des consommateurs.


 Relief

Le relief de la commune de Mbouda est varié sur toute son étendue. Il comprend des plaines, des plateaux, des collines et des vallées.

L’arrondissement de Mbouda, à l’image de l’ensemble des hautes terres de l’Ouest- Cameroun, est une région très accidentée, et plusieurs types de modelés peuvent y être observés. Il s’agit principalement : des plateaux tabulaires, des buttes à sommet tabulaire ou sub-aplani et les croupes surbaissées.


 Hydrographie

L’hydrographie de l’arrondissement de Mbouda est caractérisée par l’existence de petits cours d’eau et ruisseaux qui prennent leur source au pied des Monts Bamboutos pour la plupart.

Ces ruisseaux deviennent en aval d’importants affluents pour la rivière Mifi et le fleuve Noun qui bordent la Commune respectivement dans ses limites Nord et Sud. Cette rareté en cours d’eau limite les potentialités de l’agriculture locale ; on enregistre également des pénuries d’eau potable. Toutefois, la ville de Mbouda dispose d’un réseau de distribution d’eau courante (Réseau CAMWATER) et il existe quelques points d’eau aménagés dont l’entretien est mitigé dans certains villages.


     Flore et Végétation

L’arrondissement de Mbouda est constitué de formations montagnardes et semi- montagnardes. Celles-ci sont associées à des savanes arbustives et herbacées sur les sommets et à des raphias dans les bas-fonds. Parmi les formations à caractère montagnard, les espèces les plus courantes sont : Daniella, Ficus dracaena, Eucalyptus grandis, tandis que Loudetia simplex et Imperata sont fréquents sur les sommets.
Toutefois, on note une forte anthropisation, surtout sur les versants des interfluves, ainsi que la présence de quelques forêts galeries autour des lieux sacrés tels que les chefferies traditionnelles. Cette végétation laisse place en majeure partie à des cultures telles que le maïs, le manioc, le macabo, le taro, le haricot, la banane plantain, la pomme de terre.

Les cultures de rente et pérennes, avec notamment le café, les arbres fruitiers et le kolatier, viennent enrichir cette végétation. Les cultures maraîchères viennent également s’ajouter à ce décor.


     Faune

Les ressources fauniques sont devenues très rares en raison entre autres de la forte poussée démographique. Toutefois dans la zone de Ngoaya à Bamenkombo, il  existe encore quelques hippopotames et rhinocéros logés dans le Noun et ses affluents.


     Ressources Halieutiques

Les ruisseaux et les cours d’eau contiennent des espèces variées de poissons (silures, carpes). La pêche artisanale pratiquée par  les résidents  n’est  pas développée compte tenu de la rareté et du caractère saisonnier de la plupart des cours d’eau.


     Sources énergétiques naturelles

Les chutes constituent un important  potentiel pour  le développement de l’hydro- électricité et font déjà l’objet du projet Noun-Wouri logé au MINEE et dont les études de faisabilité sont en cours.  Peut également être envisagé,  le développement  de l’énergie éolienne dans la localité de Balatchi où le relief est très élevé laissant place à d’importants vents.


     Ressources minières

Des recherches approfondies sont fondamentalement nécessaires pour circonscrire avec exactitude le potentiel minier de la Commune. Toutefois, il existe dans la Commune des sites potentiels représentés par des carrières de latérites et de pierres.

     DESCRIPTION DU MILIEU SOCIO-ECONOMIQUE

     Histoire de la Commune

L’appellation Mbouda résulte du mot Mbouda’a qui signifie en langue locale Peuple Nda’a. Ce peuple a occupé la partie centrale de l’actuel Département des Bamboutos au 14ème siècle à la suite des mouvements migratoires qui ont marqué cette époque. En effet, d’origine soudanaise, les populations bamboutos ont franchi :
-    pour d’aucuns, le fleuve Noun,  pourchassés par le Roi des Bamoun ;
-    et, pour d’autres, les rives de la Mezam par Ndop ainsi que la zone de Santa dans l’actuelle Région du Nord-Ouest.


     Origine des NDA'A

Se fondant sur les données iconographiques (études explicatives du passé par les monuments figurés d'un peuple) et linguistiques, certaines émettent l'éventualité d'une origine égypto-pharaonique des NDA'A. En effet, la tradition orale nous dit que le peuple occupe le site actuel depuis le 17ème siècle, à la suite des migrations Bantous. Selon cette tradition orale, ils auraient quitté les rives du Nil et seraient descendus jusqu'au Lac Tchad puis progressés jusqu'à la plaine du HAUT-MBAM (NDOBO), dans la plaine de TIKAR plus précisément en passant par la région de Ngaoundéré. Ils fuyaient derrière eux des guerriers musulmans qui soumettaient tous les peuples qu'ils rencontraient sur leur chemin. Avant leur pénétration dans la plaine TIKAR, ils étaient dirigés par un chef FO RIFUM. A la mort de leur chef Fo Rifum, chef Tikar de Bankim, ses enfants se disputent la succession. Les princes évincés vont alors partir avec leurs partisans en direction du Sud. Cette migration commence par petits groupes en direction de l'actuel pays Bamoun.

L'un des fils va donc descendre s'installer dans la plaine du Noun. Plus tard, l'autre nommé Scharé, dirigeant de l'un des groupes et fondateur de la dynastie Bamoun, va se battre sur la rive gauche du Mvi contre les Ndobo qui occupaient la région. Quelques-uns se soumettent et renforcent l'armée de Scharé. Mais, la plupart vont préférer l'émigration à la soumission et reculer vers l'ouest. Parmi eux, certains franchissent le Noun et pénètrent dans l’actuel pays Bamiléké.

Les groupes qui constituaient l'actuelle NDA'A vont résister à cette soumission sous la houlette de leur chef MBOUGONG. Ils seront pourchassés avec les autres « rebelles » par les Bamoun et doivent traverser le NOUN pour pénétrer dans les hautes terres bamiléké. C'est le cas aussi des Baleng et des Bafoussam qui montèrent sur le plateau déjà organisé en chefferies.

Les NDA'A plus connus sur le nom des BANSO doivent traverser le Noun du fait des rudes assauts pour s'installer à MVEN. En effet, les Banso dont le chef très courageux eu l'ingénieuse idée de faire face à la pression de l'armée de Mboèm-Mboué (20ème roi de la dynastie Bamoun) va lancer deux longues cordes au bout desquelles se trouvaient des morceaux de bois. Ceux-ci vont aller s'accrocher à l'intersection de deux branches d'arbres. A partir de la première rive, il va tisser un pont de singes, sur lequel il va faire traverser son peuple ainsi que d'autres peuples qui refusaient aussi la soumission. C'est à la suite des conquêtes territoriales que MBOUGONG, le dirigeant du groupe BANSO, étendra ses frontières jusqu'aux limites de l'actuelle NDA'A. Avec cet exploit et suite à la faiblesse de leur artillerie, les Banso deviennent des hommes pacifiques bien  que conservant jalousement leur identité par la ruse. Ils vont créer un grand royaume nommé NDA'A (C'est- à-dire Paix).

Suite aux petites tentatives d'invasion menées par les Bafoussam, les Bagam et les Baleng et à la mort du chef Mbougong; une fraction des Banso va se déplacer en direction du Nord-Ouest. Il est à noter que la fuite des peuples BANSO devant l'ennemi était motivée par la recherche d'un rocher, représentation symbolique de leur puissance que le chef MBOUGONG avait vu en rêve avant sa mort. C'est ainsi qu'ils trouveront ce rocher près de l'actuel village BANSO, où il va s'installer. La seconde fraction, désormais appelée NDA’A va mener une résistance pacifique et se réorganiser sur place.

     Naissance des Chefferies Nda'a

Le chef MBOUGONG qui, grâce à son dynamisme, a conduit le peuple NDA'A du pays Bamoun à l'actuel NDA'A, était polygame et père de six (06) enfants: Ngoup,Pimela, Matchio, Djouté, Mopat et Tatsifo. A la mort de leur père, NGOUP, l'aîné, va prendre la direction du groupe. Mais, il ne tardera pas à recevoir les menaces de ses frères. Ainsi, les
querelles successorales vont aboutir au partage du territoire patrimonial. NGOUP va se retirer  à  Tousso  dans  l'actuel  village  Bamenkombou  puis  au  confluent  des  rivières
« MOGOTIEU » et « MOKIFE » créant ainsi l’actuelle chefferie Bamesso (Ngoup) laissant
place aux autres fils de se partager le territoire en 5 villages : Babeté (Mopat), Bamenkombo (Matchio), Bafounda (Tatsifo), Bamendjo (Pimela) et Bamendjida (Djouté). Cela se passe au début du XIXè siècle juste avant l'invasion Bali.

Sources : Esquisse de l’h ist oir e des NDA ’A : Département des Bamboutos. Du  Professeur Michel TCHOTSOUA HDR de Géographie/Géomatique Directeur du   Laboratoire  de Géomatique Université de Ngaoundéré ; avec la collaboration de :  FOKOU Pierre., SOB Samuel., WAMBA Charles Marie.

     Origine des Balatchi

Au départ partie intégrante du Groupement Bangang, l’histoire de Balatchi commence à la fin du 19è siècle sous le règne de FOUO TANEMO de Bangang. Le cours du temps, aidant, le destin du peuple de Balatchi allait se dessiner en rapport aux accointances des faits et situations. Son autonomie acquise au prix d’intenses revendications a longtemps laissé planer le spectre d’une paix salutaire perpétuellement menacée. Fort heureusement, la sagesse du dialogue a toujours nourri de part et d’autres la crainte du pire.

En effet, à la mort de FOUO TSOPBENG de Bafou, son fils BOUMANANG pressenti héritier ne put accéder au trône. Ainsi évincé, ce prince déchu s’exila. Il demanda asile aux autorités de Bangang. Ces dernières le reçurent à bras ouvert et lui offrirent hospitalité et sécurité. Agréablement surpris et satisfait, BOUMANANG en retour se fit hôte docile et dévoué vis-à-vis de sa Majesté FOUO TAMENO de Bangang.

Chasseur de son état, BOUMANANG fut installé dans la brousse giboyeuse au Nord de Bangang. Il y fut rejoint par (06) compagnons avec qui ils formèrent un hameau et firent le serment de fidélité dans l’amour réciproque en enterrant un chien noir.

Surpris par l’émergence d’un campement dans la brousse, les Bangang s’interrogèrent et pour calmer leur inquiétude, le Chef Bangang répondit : « épala’tsué », c'est-à-dire « ce sont les gens de la brousse ». Ce fut donc la transcription de l’expression
« épala’tsué » qui donne « Balatou » sous la colonisation allemande et plus tard « Balatchi » sous la colonisation française.

Généreux, BOUMANANG offrait régulièrement du gibier à son protecteur, le chef TAMENO de Bangang qui  ne tarda pas à lui  en être reconnaissant.  Ce fut ainsi que BOUMANANG a été élevé au rang de Sous-Chef par le Chef Bangang et introduit sous le nom FOUOTSOP LA TSUE (en souvenir du nom de son père FOUO TSOPBENG de Bafou). Cependant, la Sous-Chefferie Balatchi dut connaître à partir de 1902 de profondes crises dont la conséquence directe fut la scission de Balatchi de la tutelle de Bangang.

L’histoire retient que les aspirations de Balatchi à la souveraineté avaient engendré d’énormes incidents politiques et diplomatiques au point où en dernier ressort, l’Etat Camerounais s’est senti obligé d’intervenir et d’arbitrer.

Ainsi, par Arrêté N° 275 du 22 Novembre 1962, le Secrétaire d’Etat à l’intérieur, Monsieur MOHAMANE LAMINE, érige Balatchi en Groupement autonome. Ledit territoire de Balatchi est celui déterminé par la Sous Chefferie du même nom. Un (01) mois plus tard, l’Arrêté N°286 du 18 Décembre 1962 « homologue la désignation faite selon les règles coutumières » de TANGA FOUOTSOP Samuel comme Chef du Groupement Balatchi, Arrondissement de Mbouda. Cette autonomie sera formellement reconnue par sa Majesté le Chef Supérieur Bangang, MOMO Jean Norbert dans une correspondance datée du 02 Janvier 1974 adressée au MINAT où il est écrit «Que le Chef Bangang reconnaissait l’acte du Gouvernement dont il respecte les institutions en Arrêté N°275/SEC/INT/SQD/1 du 22 Novembre 1962 consacrant l’autonomie de la Sous Chefferie Balatchi… » ( Cf : l’Abbé NGOUANE T. Michel dans l’aperçu historique du peuple Nguiemba).

Ajoutons que Balatchi est après Batcham, Balessing, Bamougong le dernier village détaché de Bagang.
Dynastie des Chefs supérieurs Balatchi

1.    FOUO BOUMANANG
2.    FOUO WAGOUG
3.    FOUO MELIOTCHOU
4.    FOUO YEMELONG
5.    FOUO SOUALA
6.    FOUO LONTSIE
7.    FOUO DOUANLA
8.    FOUO TSINDA
9.    FOUO DOUNGMO 1929-1931
10.  FOUO YEMELONG 1931-1956
11.  FOUO TANGA Samuel 1957-2000
12. FOUO Patrice KENFACK TANGA II FOUOTSOP depuis Décembre 2003

Source : Extrait de regards sur les Chefferies Bamiléké  de Olivier    DJIMELI ; Extraits de Balatchi, Petit Groupement au grand destin de FOKOU J., FOKWO P., FOUO TOULA N P., DEKEMLEKOUE K.J.

    Origine des Bamessingué

Contrairement aux Groupement Balatchi, les investigations menées à la Chefferie Supérieure (King-place), auprès des patriarches et des notables, l’équipe des planificateurs affectée au Groupement Bamessingué n’a pas obtenue des informations fiables relatives au profil historique de cette localité.

 

Démographie

 

     Taille et structure de la population

 

Sur la base des résultats du Recensement Général de la Population et de l’habitat de 2006 et au regard du taux d’accroissement moyen de la population nationale évalué à 2.9%, la population de la Commune de Mbouda se situerait aujourd’hui autour de 140 000 habitants pour une superficie de 437 km2, soit une densité de 320habitants au km2. Par sexe, cette population est repartie ainsi qu’il suit :
–    64 488 personnes de sexe masculin soit 45.92% ;
–    et, 75 712 personnes de sexe féminin soit 54.08%.

 

Les femmes, majoritaires, s’investissent surtout dans les activités agricoles et dans une moindre mesure dans le petit commerce. Quant aux hommes, ils pratiquent l’agriculture de rente (café), vivrière, maraichère et des agrumes. Ils pratiquent également l’élevage des porcins, des caprins et de la volaille, ainsi que l’artisanat et le commerce. Les Bororos sont tributaires de l’élevage des bovins alors que les Haoussa font un commerce embryonnaire et la vente à la sauvette.

 

     Groupes ethniques et relations inter-ethniques

 

Le caractère cosmopolite de la population de Mbouda se traduit par l’existence de 06 grands ensembles, à savoir :
-    Les Nda’a (les plus nombreux) qui occupent les parties Sud, Est et Nord-est de la Commune. Ils sont établis dans les Groupements Babété, Bamendjinda, Bamenkombo, Bamesso, Bamendjo et Bafounda.
-    Les Ngombalé qui peuplent le Nord de la Commune. Ils occupent le Groupement Bamessingué.
-    Les Nguiemba qui sont surtout localisés dans le Groupement Balatchi situé à l’Ouest de la Commune. Ils étaient auparavant rattachés à la Communauté Batcham.
-    Les Mégaka qui peuplent l’Arrondissement de Galim et la ville de Mbouda.
-    Les Bororos qui occupent les versants des Monts Bamboutos. Ils sont regroupés au sein d’un village à la tête duquel se trouve un Chef de 3ème degré.
-    Les Haoussa qui sont localisés dans le Quartier Haoussa à Mbouda.

 

Les quatre premiers groupes, majoritaires, sont de coutume Bamiléké. A ces grands ensembles viennent s’ajouter les ressortissants des autres localités de la Région de l’Ouest ainsi que des Régions riveraines (Nord-Ouest notamment).
 

Religion

 

Les religions pratiquées sont dans l’ordre :
     le protestantisme avec à sa tête l’Eglise Evangélique Camerounaise (EEC) avec environ 62% de la population ;
     le catholicisme (30%) ;
     et l’islam (8%).

 

Les non pratiquants de ces trois religions sont marginaux.
PRINCIPALES ACTIVITES ECONOMIQUES

 

     Agriculture.

 

L’agriculture est l’un des domaines d’activité de prédilection des populations de la commune de Mbouda. Elle intègre les cultures vivrières, les cultures maraîchères, les cultures de rente et les cultures pérennes.

 

En matière de culture maraîchère, c’est le domaine des grandes productions de tomate, chou, piment, laitue, morelle noire, …). Elles se pratiquent toute l’année avec la présence de grands bas-fonds fertiles.

 

Les cultures vivrières portent sur la banane plantain, le macabo, le taro, l’igname, l’arachide, la patate douce, le haricot, le manioc, le maïs, …). La culture de la pomme de terre est essentiellement pratiquée dans les zones des montagnes que dans les bas-fonds irrigués. Balatchi en est la zone de grande production.

 

Les cultures pérennes concernent la culture des arbres fruitiers (safout, mangue, orange, pamplemousse, papaye, mandarine, kolatier …) et le raphia ;

 

Les produits de rente portent sur le café. La production du café est en baisse à cause de la mévente sur les marchés.

 

Sur la base des données collectées, l’agriculture occupe près de 70% de la population active de la Commune et nourrit plus de 95% de la population totale.

 

  Élevage

 

L’élevage intensif est presque inexistant. L’élevage extensif de porc, poulets et chèvres est pratiqué dans les ménages.  Les éleveurs sont  encadrés par  la délégation d’arrondissement du MINEPIA dont le rôle est de promouvoir l’élevage dans la commune à travers l’amélioration de la santé des animaux et la vulgarisation des techniques de production animale. Cette faible pratique de l’élevage est due entre autres aux difficultés d’accès aux financements et aux intrants. Notons également que l’insuffisance de personnel, de structures d’encadrement et d’équipements adaptés ne permet pas une optimisation de la production. Il est cependant à noter que l’élevage Bovin est l’œuvre des Bororos dans les hauteurs des Monts Bamboutos.

 

L’élevage somme tout offre quelques opportunités notamment dans :
     Le développement de l’élevage non conventionnel (Lapin, Miel etc…).
     L’amélioration des volailles et des porcs.
     La transformation des produits de l’élevage notamment la charcuterie et le saucisson.
     Pour atteindre ces objectifs il y a lieu de cerner pour y apporter des solutions certaines menaces au nombre desquelles :
     La peste porcine.
     La peste des petits ruminants.
     La vente illicite des produits vétérinaires.
     L’entré illégal dans l’espace communal des produits de l’élevage.
     Et, le contrôle des bêtes en transit.

 

  Sylviculture.
En l’absence de forêt à proprement parler, les activités sylvicoles portent sur l’entretien et l’exploitation des ressources forestières constituées pour la plupart des eucalyptus.

 

Toutefois, la Commune de Mbouda a entamé en 2010 un vaste projet de reboisement dans le Groupement Balatchi. La première phase de 3,5 Ha située dans le versant adjacent à la forêt sacrée de Balatchi a déjà été entièrement plantée et réceptionné par le maître d’ouvrage. Les espèces utilisées sont composées de 3000 plants de pin et 500 plants de pygeum

 

 

 

  Pêche

 

La pêche est artisanale compte tenu de la rareté et du caractère saisonnier de la plupart des cours d’eau.

 

  Chasse

 

En raison de la rareté des ressources fauniques dues entre autres à la forte poussée démographique, les activités liées à la chasse sont presque inexistantes.

 

  Médecine traditionnelle

 

Source de revenus pour ceux qui la pratiquent, la médecine traditionnelle s’appuie sur les plantes médicinales variées dont regorgent la plupart des forêts sacrées.

 

  Artisanat

 

Seul, l’artisanat de production destinée à la couverture des besoins locaux existe. Cet artisanat produit des matelas en paille, des tabourets en bambous, des lits en bambous, des cajous pour le conditionnement des produits, etc.

 

 Tourisme

 

Bien que présentant des potentialités dont la proximité de la Route Nationale N°6 et l’attrait des revendeurs des produits primaires très variés, le tourisme est embryonnaire. On note toutefois la présence de chûtes, grottes, lacs et montagnes dont l’aménagement contribuerait significativement à une plus grande valorisation de ce secteur.

 

Il importe de souligner que la Chefferie Supérieure du Groupement Bamendjinda abrite en son sein un musée d’art et d’exposition.

 

     Transport

 

Parallèlement au transport par taxis de brousse très limité se développe le transport par motos taxis qui facilitent les déplacements intra urbain et inter villages. La réglementation en vigueur pour ce mode de transport est à peine respectée.  Il  existe  également   un réseau de transport interurbain.

 

L’organisation du transport reste une préoccupation majeure en raison du mauvais état des routes à l’origine des difficultés de mobilité des personnes et des produits agricoles.

 

Toutefois, le transport interurbain est l’œuvre de trois agences de voyage :
     Le polyglote.
     Général Express et,
     Amour Mezam Express..

 

     Commerce

 

Le commerce en milieu rural est caractérisé par la présence des marchés spontanés des vivres et des étals domestiques dans les villages pour la vente informelle des produits de première nécessité.

 

L’absence  d’un  fichier  des  contribuables  ne  permet  pas  d’évaluer  de  manière objective les recettes municipales issues du secteur du commerce.

 


     Vente de carburant

 

La vente de carburant est assurée par deux (02) marqueteurs ; il s’agit de :
     MRS propriétaire de deux (02) stations-services.
     TOTAL avec une station-service.

 

Ces trois stations-services couvrent largement les besoins en carburant et du gaz domestique de la Commune de Mbouda. Notons cependant qu’il existe dans L’espace urbain communal des points de vente parallèle du gaz domestique. Il existe dans la presque totalité des villages des points de vente de carburant (bouteilles de 1litre).
Il y a lieu de relever pour le déplorer la problématique des coupures intempestives qui pénalisent tous les acteurs de la vie économique :

 

     administration publique ;
     secteur privé ;
     corps de métiers
     ménages.

 

Cette situation est en partie responsable de l’absence de l’industrie et des PMI/PME dans l’espace Communal.

 

COUVERTURE EN SERVICES SOCIAUX DE BASE ET INFRASTRUCTURES PAR SECTEUR

 

    Education

 

La Commune de Mbouda compte :
-    Une cinquantaine d’écoles publiques et maternelles en milieu rural auxquelles il faudrait ajouter les établissements confessionnelles, une quarantaine d’écoles publiques et maternelles en milieu urbain ;
-    Une vingtaine d’établissements d’enseignement secondaire dans l’espace communal.

 

Santé/VIH/SIDA et Infections sexuellement Transmissibles
La fiche clinique de la Commune de Mbouda présente les    caractéristiques ci-après:

 

     Une insuffisance de médecins (12727 habitants pour 01 médecin)
     Au niveau des infrastructures sanitaires (bâtiments…) : sur les 136 villages que compte  la  Commune  de  Mbouda,  on  dénombre  19  Formations  Sanitaires composées de 22 bâtiments dont 04 en bon état, 15 relativement passables et 03 en mauvais état.
     Au niveau Urbain, cette tendance s’équilibre. En effet, sur les 24 formations sanitaires de l’espace urbain communal, 12 sont en bon état de fonctionnement, 08 sont relativement passables et 04 sont en mauvais état.
     Appeler à administrer les soins de santé primaire, les centres de santé intégré manquent cruellement :
·    De personnel
·    Des équipements socio-environnementaux
·    Des équipements sanitaires
·    Des infrastructures sanitaires
     S’agissant des couvertures sanitaires on constate : une moyenne de taux vaccinal des enfants de 0 à 11 mois et enfants de moins de 5 ans estimée à 78,55%.
     Un taux de mortalité infantile et maternelle proche de 0.
     Une offre de services sanitaires relativement variée (33).

 

Les problèmes récurrents concernent essentiellement :
     La rareté de l’eau potable (absence de points d’eau).
     La difficulté d’accès à l’énergie électrique et les coupures intempestives
     L’insuffisance de médicaments essentiels, insécurité
     L’insuffisance voir quasi absence de latrines aménagées et fosses à incinération
     L’absence des propharmacies dans les formations sanitaires du milieu rural.

 

L’absence de statistiques fiables ne permet pas d’estimer le taux de prévalence du VIH/SIDA et des maladies sexuellement transmissibles.

 

     Hydraulique

 

La problématique de l’hydraulique dans l’espace rural de la Commune de Mbouda au regard du tableau ci-dessus reste très préoccupante. Exception faite des puits où on dénote 63% des puits aménagés, les indicateurs des infrastructures aménagées ne dépassent guère 17%.

 

     Electrification

 

La faible capacité installée du courant électrique ne permet pas l’extension du réseau. L’alimentation connaît des longues coupures et des baisses de tension récurrentes. Ce qui pousse les particuliers à acheter des groupes électrogènes pour pallier ces insuffisances.

 

Réseau routier
les populations rurales éprouvent d’énormes problèmes de déplacement dans l’intervalle 15 mars-15 novembre correspondant à la saison des pluies, période pendant laquelle les routes sont peu praticables.

 

Bien qu’elles soient relativement praticables en saison sèche, 15 novembre-15mars, les populations rurales doivent encore faire face à des routes excessivement poussiéreuses.

 

     Marchés
Les marchés dans l’espace communal de Mbouda sont essentiellement caractérisés par leur inorganisation, tant en milieu rural qu’en milieu urbain. Cette inorganisation se caractérise par :
     L’absence d’un plan cadastral des marchés à l’origine des installations anarchiques.
     La non-spécialisation des rayons par secteur d’activité dans les marchés.
     L’absence des toilettes publiques.
     L’absence des points d’eau aménagés et des bouches d’incendies.
     L’approvisionnement discontinue en eau potable.

 

Au niveau de l’espace urbain communal, la nécessité de créer un mini marché de gros capable de centraliser au niveau urbain les produits en provenance des villages en vue d’une ventilation vers les grands centres de consommation d’une part et d’autre part la maîtrise des flux commerciaux à des fins statistiques.

 

     Equipements sportifs et de loisir

 

     Equipements sportifs

 

     Au niveau scolaire

 

Les statistiques recueillies lors des différents diagnostics (DIC, DEUC, DSV) montrent un important déficit en matière d’infrastructures sportives tant  au niveau scolaire qu’au niveau civil.

 

Il n’est pas superflu de rappeler que le milieu scolaire voire estudiantin est par excellence le véritable terreau, zone d’incubation privilégiée des jeunes talents sportif.

 

     Au niveau civil

 

Au niveau civil, le diagnostic de l’espace urbain communal (DEUC) a recensé, s’agissant des infrastructures sportives :
     Le stade municipal de Mbouda, uniquement réservé à la pratique du football.
     Un mini gymnase du MINJEUN où les équipements sont en état de vétusté avancé et qui ne répondent plus aux normes internationales.
      Un terrain de tennis abandonné.

 

     Au niveau des handicapés.
L’exclusion sociale tant décriée plus haut se confirme au niveau sportif. En effet, la Commune de Mbouda ne dispose d’aucun environnement propice à l’éclosion moral de cette couche. Il y va des handicapés comme des vieillards.

 

Compte tenu de ce qui précède, la Commune de Mbouda gagnerait à multiplier et à diversifier les infrastructures sportives pour éviter de tuer dans l’œuf le génie créateur de la jeunesse sportive de sa localité et, empêcher la composante sociale des handicapés à prendre part aux différentes manifestations sportives organisées dans l’espace national et international en leur faveur.

 

     Loisirs

 

Afin de nous éviter des querelles de sémantique, il nous a paru nécessaire de définir le concept de loisir. Les sept dictionnaires utiles définissent le loisir en tant que temps disponible en dehors du travail et espace de temps nécessaire pour faire une chose à son aise.

 

Vue sous cet angle, le loisir apparaît comme l’environnement nécessaire à tout être humain pour son épanouissement moral, intellectuel, culturel en l’absence de toute contrainte professionnelle.
Pour atteindre ces objectifs d’oxygénation et de remobilisation de ses ressources physiques et mentales, l’homme a besoin de certains supports au nombre desquels :
     Parcs d’attraction.
     Sites touristiques.
     Foires culturelles.
     Sport.
     Musique.
     Théâtre.
     Cinéma.
     Excursions.
     Distractions de tous genres etc…

 

Au regard du panel des supports sus énumérés, la Commune de Mbouda n’est pas la meilleure destination.

 

     Etablissements touristiques

 

L’analyse de la carte hôtelière de l’Arrondissement de Mbouda présente les caractéristiques suivantes :

 

Au plan administratif, on constate un fort taux d’incivisme. En effet, sur les 24 infrastructures hôtelières de la place, 08 seulement possèdent un arrêté les autorisant à exercer la profession d’hôtelier. Les 14 autres exercent en marge de la réglementation en vigueur.

 

Au plan structurel, on dénote :
     04 hôtels d’une étoile ;
     02 hôtels du groupe II ;
     Et, 16 infrastructures hôtelières non classées.

 

Au plan de la capacité installée, on dénombre :
     Environ 208 Lits et,
     550 Couverts

 


     Banques Micro finances et Assurances.
Il y a lieu de citer :
    Banque de premier ordre : Société Générale de Banques au Cameroun (SGBC).
    Etablissements de micro-finances :
·    Express Union.
·    First Investment for Financial Assistance (FIFFA).
·    BATOCCUL.
·    Express Exchange.
·    COMECI.
·    Général des Caisses pour l’Epargne et le Financement au Cameroun (GECEFIC).
·    Mutuelle pour la Promotion de l’Epargne et du Crédit d’Investissement (MUPECI).
·    Crédit Communautaire d’Afrique (CCA).
·    Coopérative d’Epargne et de Crédit (CAPCOL).
    Assurances :
·    Britania Assurance Assistance.
·    SAMIRIS S.A.
·    Compagnie d’Assurance et de Réassurance.
·    Assurance et Réassurance Africaine.
·    ALPHA Assurance.
·    Compagnie Professionnelle d’Assurance du Cameroun (CPA).
·    La Financière des Monts Bamboutos.
·    SAMARITAN Insurance INC.

 

Au regard de la géographie des établissements financiers de la Commune de Mbouda, il y a lieu de constater que le service de l’épargne et du crédit est essentiellement adossé sur les établissements de micro-finances.

 

     Hygiène et salubrité

 

La voirie municipale, faute de ressources humaines et de moyens logistiques est quasiment inopérante. Cette situation est responsable de nombreux immondices que l’on observe çà et là dans l’espace urbain communal.

 

Au  niveau  rural,  la  notion  d’hygiène  et  de  salubrité  peut  se  résumée  dans  la composante sociologique des villages caractérisés par :
    L’absence de latrine.
    La cohabitation entre les hommes et les bêtes domestiques avec pour corolaire la recrudescence des Chics et des puces, parasites d’un autre âge.
    L’absence quasi-totale de l’hygiène corporelle.

 

     Gestion des déchets/ nuisances diverses

 

     Gestion des déchets

 

L’inorganisation de la voirie municipale est entièrement responsable des problèmes environnementaux que connaît l’espace urbain de la Commune de Mbouda

 

    L’ignorance des pratiques de traitement des déchets. En effet, le recyclage des ordures ménagères pour en faire du compost apparaît comme une activité onéreuse, en  même temps qu’elle  constitue  une  alternative  aux  problèmes  des  intrants agricoles.

 

    L’un des cours d’eau qui traverse de bout en bout la ville de Mbouda s’est transformé en dépotoir des déchets provenant de l’abattoir municipal du fait de la vétusté des installations.
    Au niveau du marché, on remarque des abattoirs spontanés (porcs, petits ruminants, volailles) dont les pratiques échappent à tout contrôle phytosanitaire et dont les déchets sont purement et simplement rejetés dans la nature occasionnant de ce fait une pollution environnementale.

 

    L’absence d’un profil de canalisation dans l’espace urbain communal est responsable des grandes rigoles que l’on observe çà et là et dont les eaux de ruissellement creusent parfois les sols jusqu’à atteindre parfois les fondations des maisons surtout dans les habitats construits en pente.

 

     Nuisances diverses

 

A titre d’illustration, il existe deux petites unités d’ondulation des tôles dans la ville de Mbouda (SOTRADIPAL Sarl et SICTRAL Sarl) dont les activités nocturnes ont entrainées la banqueroute d’un hôtel de la place du fait du bruit issu des machines.

 

En milieu rural, l’impact de la pratique de l’écobuage est en partie responsable de la pollution atmosphérique   avec dégagement des gaz à effet de serre.

 

Au niveau urbain, l’absence d’incinérateurs dans les hôpitaux d’une part et la pratique des brûlages des déchets à ciel ouvert présentent un grave danger pour les populations du fait du degré de toxicité des objets brûlés.