COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

BATCHAM

 

Maire    KENNE Paul

Tél   +237 697 03 50 11
       +237 677 34 59 33

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Commune créée par Décret N°62/DF/338du17/9/1962.

Superficie 185 Km2
160 000 habitants soit environ 865 habitants par Km2

Nombre de Conseillers: 41

Localisation

La commune de BATCHAM est située à environ 08 Km de MBOUDA, chef lieu du département des BAMBOUTOS ; elle est traversée par la régionale reliant MBOUDA à DSCHANG en passant les groupements Batcham et Bangang Elle est l’une des quatre communes que compte le Département des BAMBOUTOS, dans la Région de l’Ouest Cameroun.
La commune de BATCHAM s’étend Du 10°12’’au 10° 15’’ longitude Est et du  5° 30’’ au 5° 35’’ de latitude nord. Elle est limitée :
-Au nord par la Commune de Mbouda (groupement Balatchi)
-A l’est par la Commune de Mbouda (groupements Babété et Bamedjo);
-A  l’ouest par la commune de Nkong-zem (Département de la Menoua);
-Au Sud par la commune de Penka Michel (département de la Menoua )

Les données physiques

Climat
Le climat de BATCHAM est comme celui de l’ensemble de la province de l’ouest
c'est-à-dire du type camerounien d’altitude caractérisé par une longue saison pluvieuse qui va de mi-mars à mi–novembre et une courte saison sèche allant de mi-novembre à mi-mars. La pluviométrie moyenne annuelle est comprise entre 1500 et 1800 mm.

La température moyenne annuelle oscille autour de 20°C avec des maxima de 29 à 31,1en février et des minima de 12 à 13 entre Décembre et février.

L’espace communale de BATCHAM est soumise à des vents qui changent de direction et de force suivant les saisons (moussons et alizés). Ces vents sont à l’origine de certains dommages causés sur les plantes, comme les tornades de 2008 qui ont particulièrement touché les cultures maraîchères ; d’où l’intervention de la commune pour venir en aide aux sinistrés. Ils sont aussi la cause de l’érosion éolienne surtout sur les parcelles nues et sur celles qui viennent d’être retournées et semées. L’humidité relative oscille entre 50% et 70% avec des maxima relevés en août et septembre. Cette période qui coïncide avec les activités de récoltes pose des problèmes de stockage et de conservation des produits tels que le maïs, le haricot et l’arachide.

Relief
Le relief de BATCHAM est accidenté par endroit, on note l’existence des vallées, des  terrains  plats,  des  collines  et  des  montagnes.  Les  trois unités  de  paysage  qui  se distinguent sont donc :

    Les nombreuses collines aux pentes plus ou moins fortes comme NZINDONG (zone des Monts Bamboutos), TSUELEKOUET, l’UPP de MEGOUO où des collines rocheuses sont rencontrés (voir photo cidessous)
    Les vallées étroites et abondantes avec le raphia comme végétation abondante (TSINTCHUET, MEPIBEA )
    Les basses terres (plaines et bas-fonds) rares et plus ou moins marécageuses : exemple BAZIMBAP, BANKUI… dans l’UPP de MENAPNA et le bas-fond de BATSIET dans le groupement  Bangang

De manière générale La topographie globale est traduite par une succession de collines et vallées s’abaissant en pente douce du groupement Bangang (dont la plus haute altitude est de 2700 mètres dans les monts BAMBOUTOS) en direction de l’Est vers le groupement et Batcham où l’altitude, l’une des plus basse de la commune à la limite avec l’arrondissement de Penka Michel au niveau du  pont Toum’ Mekou (à créer) vers Bansoa est de 1435 Mètres.


Sols

Les sols sont  diversifiés :
    Zone des monts Bamboutos (NZINDONG): sols volcaniques,  noirs,  friables  et fertiles ; Domaines de la culture des pommes de terre, mais avec de nombreux conflits agropastoraux avec les éleveurs de la communauté Bororo ;
    Les reste de la commune des BATCHAM a des sols ferralitiques ou latéritiques plus ou moins gravillonnaires,   sablo-argileux : carrière de sable de NDIOMETOUONG   ;
    Multitude de carrières de pierres basaltiques, comme celle de BATSINLA

Hydrographie

BATCHAM a de fortes potentialités hydrographiques. Elle est faite des cours d’eau non  tarissables  comme  ZUAC-ZUAC, TOUMGOUANG,  GOUAGOUA,  TOUMEFONG,  TCHELEPI  qui  sont  en  fait  le même cours d’eau qui change de dénomination d’amont en aval et du cours d’eau MELABEU’EU prenant leur sources dans les monts Bamboutos et circulant dans le sens d’Ouest à l’Est pour se jeter dans le cours d’eau Mifi. Environ 78  sources tarissables ou non en saison sèche  dont plusieurs sont exploitées par système gravitaire.

Végétation

La végétation est essentiellement constituée de savanes arbustives et arborées, avec :
    de nombreux arbres fruitiers (goyaviers, orangers, kolatiers, manguiers, avocatiers, safoutiers, canarium...), des bananiers ;
    des eucalyptus pour le bois d’œuvre sont parsemés et quelques arbres sauvages sont rencontrés
    Des parcelles de raphia entourent les sources, longent les ruisseaux et parfois sont associées aux autres cultures au sein même des plantations.
    La végétation dominante reste celle faite de cultures vivrières et maraîchères, les terrains n’ayant pas subit l’action de l’Homme étant rares avec l’explosion démographique

Faune

D’une manière générale, la faune de la commune de BATCHAM est peu fournie du fait de la pression des activités humaines (champs et habitations) sur toute l’étendue de la surface de communale. On peut cependant  rencontrer quelques :
    Gibiers : hérissons,   rats palmistes, porcs-épics, quelques singes, lapins et écureuils. Ces bêtes détruisent certaines cultures et fruits d’arbres. Les cultivateurs se servent d’épouvantails pour les éloigner.
    Oiseaux : perdrix, éperviers, corbeaux, hiboux, chauves-souris, moineaux…
    Reptiles : serpents, lézards, margouillats, caméléons
    insectes : abeilles,  criquets et sauteriaux

Unités écologiques

On distingue : La savane d’altitude colonisée presque entièrement par l’homme environ au 4/5 avec les eucalyptus, plusieurs cultures vivrières et maraîchères ; la flore sauvage couvrant le reste et représente soit les zone accidentées ou d’accès difficile soit les zones très éloignées (zone de pâturage) .


Milieu humain

Histoire de la commune de BATCHAM

La commune de BATCHAM est constituée de trois groupements qui sont, le groupement Bamougong, le groupement Batcham-chefferie  et le groupement Bangang parlant la même langue : le « Ngiemboon ». Bangang est la mère des Groupements de ce  groupe linguistique, c’est-à-dire  les trois groupements auxquels ont ajoute le groupement Balatchi et le groupement Balessing dans la Menoua  . Parler de l’histoire de la Commune de BATCHAM  revient à retracer l’histoire du peuple Ngyemba.
En effet ceux-ci seraient originaires de l’Adamaoua, l’arrière région Tikar. Sous la pression de Adama, les ancêtres Ngyemba vont quitter leur terre d’origine (Ngangtsing), refusant de se
convertir à l’Islam pour descendre vers le Sud au environ du XIII siècle.  Le nom Bangang qui veut dire ceux qui disent ‘’non’’, est donc venu de ce refus. Après avoir erré longtemps ils atteindront Kougang en passant par « Mbe » (Mbam). Mais ils se heurtèrent au troupes de Kuatau ( 7e roi de la dynastie Bamoun ) qui voulait faire d’eux des peuples vassaux. Après plusieurs mois de rudes et sanglantes batailles, les Ngyemba durent quitter la région et descendirent vers le Sud. Ils traversèrent le fleuve et s’installèrent à Tougang près de Bafoussam. C’est ici qu’ils se divisèrent en quatre :
-    Les « Mediumba » qui descendirent vers le sud-est et constituèrent les Banganté actuels ;
-    Certains qui se dirigèrent vers Baham et constituèrent Bangang Fokam actuels ;
-    Les autres qui se dirigèrent vers Bandjoun et constituèrent les Bangang-Fondji (Moudjo) actuels ;
-    Les Ngyemba qui prirent la marche vers l’Ouest sous la direction d’un vaillant soldat
« Fouopatouo » se frayèrent un passage à travers les royaumes de Bafoussam, Bamekobo, Bafouda, et Bamedjida pour enfin atteindre « NZIE » c’est-à-dire le commencement.

Fouopatouo enflammait tout à son passage, attitude qui donna aux Ngyemba le nom de « Betouo » ; ce qui signifie les brûleurs. C’est à « NZIE » que le village Bangang s’enracina pour donner par la suite naissance aux 04 Groupements cités  ci-dessus.
La ville de Batcham est née avec les troubles liés à l’indépendance du Cameroun . En effet, les maquisards qui sévissaient dans la région ont amener les autorités coloniales à obliger les populations à s’agglomérer dans des endroits bien précis pour mieux contrôler leur sécurité. C’est ainsi que le lieu appelé KOUOKA (lieu des cérémonies de la paix) situé à l’intersection des groupements Batcham, Bamougong et Bangang a été choisi. Les populations s’y regroupèrent pour constituer des groupes d’autodéfense. La partie du groupement Batcham regroupant les quartiers Batoumock 1 et 2 était très organisée si bien que pour s’y rendre il fallait montrer un laissez-passer appelé « je suis sorti de la brousse » cette partie de l’agglomération était appelé « auto ville ». Ce nom fut finalement donné à toute l’agglomération. Au lendemain des indépendances, un  district regroupant les trois groupements ci-dessus est créé avec pour chef lieu auto-ville. En 1962 le district fut érigé en Arrondissement mais en adoptant plutôt la dénomination ‘’Arrondissement de Batcham’’. La Commune Rurale de BATCHAM fut créée par décret n° 62/COR/17 du 26 décembre 1962.


La Commune de BATCHAM comprend, comme nous l’avons déjà dit trois groupements qui sont Bangang et Batcham (1er degré) et le groupement Bamougong (2ème degré) ces trois groupements sont subdivisés en150 villages/quartiers à la tête desquels se trouvent des Chefs de villages/quartiers qui sur le plan administratif sont des chefs de 3ème degré. Ces villages répondent à une décentralisation du pouvoir et chaque chef de village/quartier représente le chef supérieur du groupement concerné dans sa circonscription.

Culture

La culture qui caractérise la commune de BATCHAM et ses habitants est celle de la culture du peuple Ngyemba qui vit dans les trois groupements cités ci-dessus, mais aussi dans le groupement Balatchi de l’arrondissement de Mbouda et le groupement Balessing dans le département de la Menoua . Sur le plan traditionnel chaque Chef Supérieur est aidé dans sa mission par le clan des sept et des neuf notables qui assurent au sein d’un conseil l’orthodoxie des coutumes et veillent au bon fonctionnement des instructions la chefferie.
Chaque groupement est subdivisé en quartiers/Village à la tête desquels se trouve un chef de village/quartier qui a rang de chef de 3eme degré et qui est sur le plan traditionnel soumis au Chef Supérieur du Groupement concerné. Parmi ces chefs certains ont rang de Sous-Chef (titre attribué par le Chef Supérieur). Les sous-chefferies bénéficient d’une certaine autonomie ; c’est ainsi qu’elles ont leurs clans des sept et des neuf et des jours interdits propres à leur zone de compétence. Les sous-chefs sont irrévocables contrairement aux chefs de quartier sans titre de notabilité.
La commune de BATCHAM est sous l’influence de la culture Bamiléké. On remarque ici un attachement de la population au respect des traditions et des coutumes par la pratique du culte des crânes, les funérailles, la sortie des jumeaux, la fréquentation des lieux sacrés à la recherche de la bénédiction des dieux à travers des sacrifices d’animaux etc…Les danses traditionnelles y sont
pratiquées et sont de deux ordres à savoir, les danses ordinaires pratiquées par le commun de mortel et les danses mystiques réservées aux initiés. Comme danse ordinaire on peut citer le « Samali » le « Mazon » le clan d’âge etc…

La semaine compte 8 jours selon le calendrier traditionnel : Nkouotchia, Ngahan’ha, Cheazeme, Nzemezeme, Njyonzse, Metuazse, Cheatchie Tcheaze’a. Les jours interdits, variant d’un groupement à l’autre et même d’un quartier à l’autre sont établis et respectés. Au niveau de la Chefferie Supérieure de Bangang par exemple, ces jours sont le « Ngahan’ha »et « Njyonzè », jours au cours desquels les travaux champêtres sont interdits et le « Nkouotchia », jour où il est interdit de faire des bruits (crier, pleurer à haute voix, chanter, danser, battre le tamtam). Deux jours de marché sont tenus  par semaine:Nzemezeme à Bangang et Njgonzse à Batcham



Les activités économiques (caractérisation économique de la population)

Les populations du territoire communal de BATCHAM sont pour la plupart des agriculteurs, mais aussi très actifs dans le petit commerce, Ils pratiquent à une échelle moindre le petit élevage et l’artisanat. On peut signaler par ailleurs les activités ci-après :

    Pêche
Seule la pêche artisanale de loisir est   faite à la ligne par les enfants dans quelques rivières.


    Chasse
Presque inexistante, car la faune est pauvre et les espèces animales sont rares.


    Petits emplois temporaires
BATCHAM ne dispose d’aucune structure pouvant offrir des emplois permanents. Seuls quelques  petits  chantiers  de  construction  offrent  de  temps  en  temps  des  possibilités  aux  jeunes chômeurs de s’occuper, en dehors des travaux payés à la tâche pour le labour des champs et quelques autres travaux agricoles.

Les principaux acteurs du développement de la Commune
    L’administration (Préfet, Sous Préfet)
    L’Institution communale avec son staff (Conseillers municipaux, Exécutif communal et Agents communaux)
    Les Services Déconcentrés de l’Etat (SDE)
    Les organisations de producteurs agricoles et pastorales
    Les organisations traditionnelles (chefferies)
    Les tontines
    Les IMF (MC² Batcham-chefferie et Bangang)
    Opérateurs économiques (transporteurs, producteurs agricoles, pastoraux et artisanaux, commerçants, etc.)
    Les comités de développement (CDV)
    Les médias (Radio Batcham FM, Batcham Télévision (BTV), CRTV, Journaux écrits,.)
    Les Elites intérieures et extérieures
    Les ministres de cultes (Prêtres, pasteurs,)
    Les OAL (GAID, Etc.)
    Les projets et programmes (PNDP, PNUD, GTZ, etc.)
    La Brigade de Gendarmerie de BATCHAM  (sécurisation des hommes et des biens)


Les secteurs productifs

L’agriculture
Cette activité qui est pratiquée essentiellement de manière traditionnelle occupe la
majeure partie de la population et représente la source principale du revenu familial.   Les cultures les plus pratiquées sont :
§    Les vivrières (maïs, haricot, pomme de terre, taro, manioc, macabo, igname, patate, arachide, soja, gombo…),
§    Quelques cultures maraîchères : le piment, la tomate, le chou, la laitue, le poivron, le poireau, l’oignon, l’ail, la morelle noire, les courges, le concombre, les aubergines, les le haricot vert, le persil, le céléri, les carottes…
§    les bananiers (plantain et banane douce) ;
§    Les fruits (avocatiers, safoutiers, manguiers, goyaviers, orangers, papayers, kolatiers, canarium, …) ;
§    De nombreuses parcelles de caféiers existent dans la Commune de BATCHAM, mais leur entretien est quelque peu relâché à cause des baisses drastiques des prix sur le marché mondial qui avaient découragé les producteurs et actuellement les coûts très élevés des engrais et pesticides. Cependant on note un regain d’intérêt accordé à cette culture avec les encouragements du Programme de Relance de la filière Café-Cacao.

    La culture du palmier raphia : est bien répandue la commune de BATCHAM.  Le vin recueilli est consommé ou commercialisé quotidiennement sur les marchés locaux ou exportés par des collecteurs vers les grandes villes du pays , principalement Douala et Yaoundé

L’encadrement  technique  agricole est  lâche  et  peu  efficient  selon  les  agriculteurs, malgré les infrastructures et structures publiques et privées disponibles :

    Une  Délégation  d’Arrondissement  de  l’Agriculture  et  du  Développement  Rural (DAADER) qui coordonne les activités de 15 Postes agricoles ( Baleghang, Bapepa, Tsintchuet,  Bangang-chefferie,  Bamougong,  Nzindong,  Balena,  Bassoh,  Batcham- chefferie, Balafotio, Bambi, Bamefouo, Bametim, Tchouelekouet et Bamboué) avec 19 cadres techniques fonctionnaires qui assurent l’encadrement technique des producteurs
    Près de 250 GIC   ;
    L’intervention  de  Programmes  et  Projets :  PNVRA,  PSSA,  PRBP,  BAS  FONDS, PDFM, PAJA, PSCC, PPVCC…
    Des unités coopératives de la CAPLABAM à Bagang Batcham Chefferie…;
    HEIFFER PROJECT INTERNATIONAL
    Etc.

Des agriculteurs se sont constitués en GIC, mais ces derniers se complaisent dans l’attentisme, et leurs effets sont peu perceptibles. Ils gagneraient à être redynamisés et leurs capacités renforcées afin de mieux tirer profit de toutes les opportunités existantes dans leur environnement, notamment les divers appuis octroyés par des Projets et Programmes tels ceux mis en œuvre par le MINADER, le MINEPIA, le MINJEUN… (Programme Plantain, maïs, etc.). Ils devraient également être formés sur les techniques d’achats et de ventes groupée afin d’améliorer leur productivité.


L’élevage

L’élevage est essentiellement du type traditionnel. Des populations de la commune élèvent autour de leurs cases de la volaille (des milliers de poules de race locale, canards, dindons, oies…), des chèvres et moutons qui sont attachés dans les parcelles en jachère ou laissés en divagation alors que les porcs sont élevés dans des enclos et les cochons d’Inde et lapins dans des clapiers ou sur sol avec litière.



Quelques apiculteurs et amateurs d’élevages non conventionnels opèrent également dans la commune, à côté de quelques Foulbés qui élèvent des bovins on note quelques GIC spécialisés dans l’élevage des porcs appuyés dans leurs activités en porcelets par Heiffer Project International notamment dans l’UPP de LEGAPGOUONG on note également des petits apiculteurs et quelques fermes avicoles intensives
Les populations élèvent pour des buts culturels, d’autoconsommation et de temps en temps, des bêtes sont vendues par leurs propriétaires pour faire face à certains besoins urgents.

Les principaux facteurs limitants de l’élevage sont : la peste porcine, la non maîtrise des techniques modernes d’élevage, l’insuffisance d’encadrement des producteurs, les coûts élevés des intrants, l’accès limité des producteurs au crédit. BATCHAM dispose d’une Délégation d’Arrondissement de l’Elevage, Pêche et Industries Animales (DAEPIA) et d’un seul centre zootechnique et vétérinaire à Bangang pour l’encadrement technique de tous les éleveurs disséminés à travers le territoire communal, raison pour laquelle l’action de cette structure  reste peu perceptible de la part des producteurs.

Quelques problèmes liés à la divagation des bêtes sont signalés dans la localité. Certains paysans réalisent des haies vives autour de leurs concessions pour entre autres éviter lesdites bêtes. De très fréquents vols d’animaux sont également déplorés.

La pêche

Seule la pêche artisanale de loisir est faite à la ligne par les enfants le long des rivières.



Sols

Les sols sont en général surexploités par les pratiques agricoles. De nombreux signes d’érosion par les torrents sont visibles à plusieurs endroits. Le phénomène mérite une attention particulière.

Les agriculteurs manipulent avec peu de prudence les engrais chimiques et les pesticides agricoles qui constituent des sources de pollution des sols notamment au niveau des bas fonds et des rivières. Ces pratiques ont pour conséquence l’acidification des sols.

Les agriculteurs sont très peu soucieux de la défense et restauration des sols. Toute la biomasse végétale est brûlée du fait des défrichages par le feu ou de l’écobuage. Presqu’aucune restitution n’est donc faite au sol et la fertilité de celui-ci diminue sensiblement au fil des années. Par ailleurs, de nombreuses parcelles labourées perpendiculairement aux courbes de niveaux sont rencontrées sur l’espace communal, ce qui favorise l’érosion des sols sur les pentes.


    La flore

La végétation qui est celle de la savane et d’anciennes forêts de montagne est fortement dégradée par les pratiques de déboisement abusif (bois de chauffage ou d’œuvre) et les feux de brousse intempestifs. La pratique du brûlis et de l’écobuage est généralisée. Elle constitue un véritable danger pour la fertilité du sol dans la mesure où le feu détruit en plus sa micro flore et sa micro faune.

La commune de BATCHAM dispose de raphias exploités de manière intensive pour la récolte des bambous utilisés surtout dans l’artisanat (paniers d’emballage de la tomate, tabourets, lits vannerie…). L’abattage des arbres et autres éléments de la flore pour la conquête des terres agricoles constitue une menace grave pour le potentiel hydrique des bas fonds et surtout des réserves naturelles d’eau de la zone des monts Bamboutos où les eucalyptus plantés à l’origine pour coloniser les terres, poussent actuellement de manière sauvage avec la dissémination des graines par le vent.

    Eau

L’insuffisance d’eau potable malgré l’important programme d’adduction d’eau potable de Batcham (PHRAB) contraint les populations à consommer de l’eau des sources et des puits de qualité douteuse et même des rivières, ce qui les expose aux maladies diverses. Plus grave, la vaisselle et les vêtements sont lavés en amont des rivières et cours d’eau et la population puise la même eau en aval pour des besoins domestiques. Pourtant de nombreux points d’eau et sources non améliorés existent dans la commune. Il suffirait donc d’aménager lesdites potentialités pour alimenter en eau toute la population de la commune de BATCHAM.
    Faune

La Commune de BATCHAM ne disposant pas de forêt naturelle. La faune ici est très pauvre et constituée pour l’essentiel des rongeurs (rats, hérissons…), des reptiles (serpents et autres), quelques singes, biches, perdrix et chauves-souris. Les forêts sacrées autour des chefferies traditionnelles abriteraient selon la légende quelques grands animaux sauvages. Les criquets migrateurs (verts) parcourent habituellement les villages chaque année au mois de décembre.

La destruction anarchique des forêts galeries et des savanes par les agriculteurs, les incendies provoqués par des chasseurs et autres pyromanes sont de tristes méfaits pour la survie de la faune.


    Les carrières de pierres et sables

Elles sont exploitées très artisanalement par des particuliers et la Commune n’en tire pas grand-chose. Le sable est ramassé dans les rivières et transporté par des camions qui en plus défoncent les routes et pistes du fait de leurs lourdes charges. Les pierres sont creusées/déterrées, cassées et vendues dans les quartiers. La municipalité gagnerait à rentabiliser le secteur, en aménageant par exemple les voies d’accès et instituant des taxes d’exploitation.


La chasse

Presque inexistante pour les raisons déjà évoquées, notamment la pauvreté en gibiers due à l’absence de forêts et de savanes naturelles importantes.

La transformation

Activité peu répandue sur le territoire communal. On note néanmoins :
    La transformation du bois (Eucalyptus ) en planches et lattes pour les constructions ;
    La transformation très courante du manioc en gari /Tapioca, foufou et bâtons de manioc. Etc.



Le commerce et les équipements marchands

C'est la vente des produits agricoles, pastoraux, surtout artisanaux  et  quelques produits manufacturés issus des grandes métropoles comme Bamenda, Douala et Bafoussam qui constitue l’activité commerciale de la commune de BATCHAM


Les produits industriels vendus dans la commune sont :
-    Les conserves (tomate, sardine, lait, …)
-    Les produits alimentaires de première nécessité (savon, huile, sel, cube, riz,…)
-    Les produits de quincaillerie (tôle, ciment, fer à béton,…)
-    Les intrants agricoles et pastoraux
-    Les chaussures et les tissus de toutes sortes
-    Les produits des brasseries
-    Etc.

Les Services vendus  dans la Commune de BATCHAM sont :
-    Le Transport (moto-taxi, porte-tout, transport en commun…)
-    Les ateliers de dépannage automobile et motocyclette,
-    Les cabines téléphoniques, salon de coiffure,
-    Les MC2 de Batcham-chefferie et BANGANG (Établissement de micro finance)
-    Les activités liées aux bâtiments et travaux publics : maçonnerie, menuiserie, charpente, électricité…

Des échoppes et comptoirs de vente à emporter existent ça et là à travers la commune et ravitaillent la localité en denrées de première nécessité (Boissons, gazeuses, vins, pétrole, savons …). Des établissements commerciaux plus ou moins importants existent au niveau de grands carrefours tels que le marché de BATSEPOU MADA avec le super marché LA COLOMBE , à Batcham-centre Urbain  avec le super marché FAUSTINO …

Les marchés fréquentés pour les approvisionnements et/ou écoulements des produits agropastoraux ou manufacturés sont les marchés périodiques de Batcham Centre urbain, Batcham -chefferie, Bangang, Mbouda et même les marchés de Bafoussam et Bamenda.


L’artisanat et le Tourisme

L’artisanat se résume à la fabrication de mortiers, des chaises en bambou et en rotin, des paniers, corbeilles et sacs en fibre de raphia, la sculpture sur bois très pratiquée à BALENA ; . La confection de vêtements (couture) ainsi que la broderie sont aussi pratiquées. Des menuisiers, ferrailleurs, maçons, charpentiers, photographes, des mécaniciens, des coiffeurs sont également rencontrés.

Le secteur du tourisme est vraiment embryonnaire. Comme infrastructures hôtelières, on ne  peut à proprement parler que de l’auberge MAYOUKA  de Bamougong II
. Les activités de la restauration publique sont rares, surtout dans le centre urbain où on est obligé de passer la commande à une dame au foyer pour manger un plat cuisiné si on n’est pas habitué de repas froids.

Un projet de développement du tourisme est en cours de gestation et pourrait revitaliser ce secteur, surtout l’écotourisme visant les paysages pittoresques des monts Bamboutos éléments : les sites sacrés comme la forêt sacré de la chefferie Bangang, la chefferie Bangang elle-même, la chefferie Batcham, la chefferie Bamougong, le chutte d’eau de Balatcheutsa, les cérémonies de funérailles.


Greniers

La  plupart  des  concessions  possèdent  des  greniers.  On  y  stocke  les  denrées
alimentaires pour les périodes de soudure et pour avoir certaines semences. Les greniers sont généralement constitués par les intérieurs des plafonds des cuisines conséquemment aménagés dans lesquels les agriculteurs sèchent et/ou conservent des denrées.

Des besoins en magasins appropriés de stockage ont été exprimés par certaines communautés de BATCHAM notamment à Nzindong dans Bangang et dans les deux autres groupement de Batcham-chefferie et Bamougong.

Machinisme

L’agriculture de la Commune de BATCHAM est non/peu mécanisée. Seul le petit outillage agricole est généralisé. De nombreux petits moulins à céréales fonctionnent dans les quatre coins de la commune. Quelques motopompes et groupes électrogènes existent également.
Quelques nantis possèdent des motos et véhicules automobiles pour faciliter leurs déplacements. la Commune de BATCHAM manque donc cruellement d’engins et machines pour rentabiliser l’exploitation d’un bon nombre de ressources de son patrimoine naturel (sols fertiles, carrières…).

Les activités génératrices de revenu

La valeur d’une journée de travail dans la commune de BATCHAM tourne autour de 1000 F CFA. Son emploi concerne l’alimentation, les dépenses de santé, les dépenses scolaires, l’habillement et le loisir. L’épargne est faible au sein des familles à cause des multiples problèmes socio-économiques.

Les activités économiques tournant autour de l'agriculture, de l'élevage, de l'artisanat, du transport et du petit commerce, c’est dans ces cadres que la population en général s’auto emploie. Mais la commune de BATCHAM compte également les salariés des secteurs public (fonctionnaires et assimilés), privé (enseignants et autres personnels des structures scolaires et sanitaires missionnaires ou laïques), et commercial (boulangeries, auberge , l’établissement de micro finance MC2, …).

En général, les emplois salariés sont rares, l’accès à la ressource terre est limitatif (la demande étant de loin supérieure à l’offre) et pour toutes ces raisons, les jeunes de la commune de Babadjou vivent dans une situation généralement précaire. La faiblesse générale des revenus par rapport aux besoins élémentaires pousse un bon nombre à la délinquance et l’exode vers les centres urbains.


Education et formation
Le secteur éducatif (éducation de base et enseignement secondaire) de la commune de BATCHAM est en général déficitaire, en termes de nombre de structures de formation disponibles, qualité des structures/infrastructures disponibles, types d’enseignements dispensés (spécialités), matériels didactiques utilisés, nombre et qualité des enseignants/animateurs en service dans les établissements…


Transports et routes

Se déplacer dans la commune de BATCHAM n’est aisé pourtant de nombreuses pistes rurales existent, mais elles sont dans un mauvais état parce que non entretenues ou ayant des infrastructures peu adéquates (ponts de singes). Il y a lieu de déplorer en plus le fait que les routes existantes sont très souvent encombrées par les billons de cultures faites par des femmes sous prétexte de nettoyer les abords des routes mais en bouchant les canaux d’évacuation et exutoires.


Assainissement

Il n’existe pas de système formel de collecte et de traitement des ordures ménagères dans la commune de BATCHAM. Une tentative avait été essayée dans les marchés mais elle s’est soldé par un échec car les bacs à ordures placés par la commune, faute d’enlèvement ont créés des tas d’immondices devant le boutiques et les population ont dégagé tous les bacs pour les entasser loin des marchés et lieux publics où ils ont été placés Les ordures sont heureusement versées dans les champs comme source de matières organiques, mais d’autres sont entassées anarchiquement au niveau des agglomérations. Plus grave, on note la prolifération des déchets plastiques non biodégradables, surtout les sachets plastiques utilisés comme emballages par les marchands divers.
Un service d’hygiène fonctionne à la Mairie de BATCHAM et constitue un atout pour la lutte contre la pollution de l’environnement.

Energie

Les sources d’énergie utilisées dans la commune de BATCHAM sont le bois de chauffage, les produits pétroliers, l’électricité et le gaz domestique dans une faible proportion. Les autres sources d’énergie telles que le biogaz ou l’énergie solaire sont peu connues.

Le souci des autorités municipales est d’étendre le réseau de fourniture de l’électricité dans la plupart des localités de la commune. La couverture actuelle du territoire par l’électricité domestique reste très faible. Seuls quelques quartiers sont raccordés au réseau AES/SONEL et même partiellement. Le réseau existant dans les quartiers raccordés est souvent monophasé, ce qui entraîne des baisses de tension fréquentes et très préjudiciables pour les petits opérateurs économiques et les utilisateurs de machines diverses. Le souci est donc généralement d’étendre le réseau vers les zones non couvertes pour réduire la prolifération des ‘’toiles d’arraignées’’ et renforcer la puissance offerte là où l’énergie électrique existe.


Environnement physique et humain

Au vu de la description faite ci-dessus traitant de l’exploitation des ressources naturelles, on peut affirmer que le milieu humain ne connait aucun problème sérieux de dégradation. Il fait en général bon vivre dans la commune de BATCHAM. La qualité de l’habitat n’a rien à reprocher pour une commune du milieu rural. Il suffirait d’étendre le réseau d’électricité et d’améliorer

Services sociaux de base et autres services

Les services sociaux de base fonctionnels dans la commune de BATCHAM sont ceux relevant des ministères de l’éducation de base, des enseignements secondaires, de la santé, de l’agriculture, de l’Élevage et autres déjà décrits plus haut.

Les autres services fonctionnels sur l’espace communal sont :
    La Sous préfecture ;
    Les institutions religieuses : Eglise catholique et protestante, des  organisations  de Témoins de Jehova, d’autres protestants tels les Baptistes et les Apostoliques ; des musulmans rencontrés dans les localités des monts Bamboutos  comme Nzindong.
    La brigade de gendarmerie
    Des centres spéciaux d’état civil dans certains quartiers éloignés de la Mairie ;

Protection sociale

Un centre social d’arrondissement existe dans la commune. Malgré sa dotation budgétaire modique par l’Etat, ce centre rend des services notables aux groupes spécifiques et surtout aux indigents qui se manifestent.

Moyens d’information et de communication

La commune de BATCHAM est couverte par les réseaux CAMTEL, MTN et Orange, dont certains disposent d’antennes de relais implantées sur l’espace communal (pylône MTN et Orange au centre urbain de Batcham ) ou dans les communes voisines.
Les téléphones mobiles sont donc de plus en plus utilisés à travers la commune de BATCHAM, rendant des services énormes à la population même des localités très reculées.


La commune est desservie par la plupart des média audio-visuels qui couvrent la province de l’Ouest Cameroun. La station BTV (Batcham Télévision) émet à partir de la commune de BATCHAM des programmes en langue locale de 19heures à 22 heures. Cette initiative de quelques élites avec l’appui inconditionnel de la commune est à soutenir pour permettre à la commune de jouer pleinement le rôle qui est le sien dans le processus de décentralisation.

Organisation sociale traditionnelle

La population vivant sur le territoire communal est sous l’autorité de 03 Chefs supérieurs des trois groupements autonomes qui sont Bangang, Batcham-chefferie et Bamougong. Ils assurent chacun l’autorité traditionnelle suprême dans son territoire de commandement. Ils sont soutenus dans l’ordre décroissant par :
    Les notables de la classe des neuf ;
    Les notables de la classe des sept ;
    Les chefs des principautés ou sous-chefferies et des quartiers ;
    Les serviteurs ;
    Les chefs des familles

La société est en plus structurée en :
    Comités ou associations de développement
    Cercles des groupes de danses (plus d’une centaine) ;
    Groupes de tontines ;
    GIC
    Groupes politiques (RDPC, SDF UDC, …) ;
    Organisations   religieuses   (chrétiens   catholiques   et   protestants,   musulmans,   les animistes…)
    Groupes spécifiques tels les BORORO et autres immigrants.