COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

FOUMBAN

  Maire ADAMOU NDAM NJOYA

 Commune créée par décret le 7 juin 1955

Superficie  418 km²

Population 152 728 habitants

Localisation de la commune

La commune de Foumban se trouve à l’Ouest du Cameroun, dans le Département du  Noun, Arrondissement de Foumban. Elle à pour limite à :
    l’Est la commune de Malantouen
    l’Ouest la commune de Koutaba
    Nord la commune de Njimom
    Sud la commune de Massagam
D’après la nouvelle configuration administrative de la Commune de Foumban, son territoire couvre une superficie d’environ 418 km² pour une population de 152 728 habitants (97 904 en zone urbaine et 54 824 en zone rurale : source : rapport du 3ème recensement démographique). Foumban compte 08 groupements et 03 villages autonomes (Njissé, Njimbam I et Njimbam II).
Description du milieu biophysique
Climat
Le climat dans la commune de Foumban est de type soudano guinéen avec deux saisons : une saison de pluie qui va de mi mars à mi novembre et une saison sèche qui va de mi novembre à mi mars. La hauteur des précipitations annuelles dépassent parfois les 1700 mm malgré les dysfonctionnements dus aux changements climatiques. Les températures varient entre 18 et 23°c. Dans l’ensemble on a un climat qui est favorable pour la pratique des activités agricoles et pastorales en permanence dans l’année.
Sol
Le sol est de texture variée et assez pauvre dans l’ensemble du territoire pour la pratique des activités agricoles ce qui nécessite des amendements considérables. Par contre c’est un sol pratique pour la fabrication des briques de terre, principal matériel utilisé dans les constructions des maisons d’habitation dans l’espace géographique de la commune.
La dynamique d’occupation des sols dans la ville de Foumban se caractérise par : une domination des activités commerciales en plein centre urbain repoussant en périphéries les activités résidentielles, une extension linéaire des activités commerciales le long des grands axes routiers de transit.
En zone urbaine, tous les quartiers sont résidentiels mais la fonction résidentielle est secondaire au quartier administratif, au centre commercial et au quartier artisanal.
L’occupation du sol est rationnelle dans une perspective de développement puisque tous les membres de la famille sont supposés s’y installer. Dans la portion de terre ou l’espace qu’occupe une famille, on retrouve : Maisons d’habitation avec cuisine et toilettes en arrière, cimetière familial, parcelle agricole autour de la maison.
Relief
Le relief sur l’ensemble du territoire de la commune de Foumban est dominé par trois types à savoir : les plaines, les plateaux et les montagnes ou collines. Il est assez accidenté et on observe par endroit des pentes abruptes qui favorisent l’érosion des sols et dans les vallées ce qui crée les tranchées qui sont à l’origine des effondrements et glissements de terrains par endroit dans la zone urbaine.
Hydrographie
L’espace géographique de la commune de Foumban est arrosé par plusieurs cours d’eau dont les plus importants sont le Nshi et le Mfû, qui sont les affluents du fleuve Mbam et qui prennent leurs sources au pied du mont Nkôgham. Ces cours d’eau circulent dans les sens respectifs Nord - Est vers Sud et Nord – Ouest vers le Sud Ouest et arrosent plusieurs villages et quartiers environnants. Le Nshi est exploité par des barrages d’eaux qui alimentent l’abattoir municipal, le centre aquacole du Centre National de Formation Zootechnique et Vétérinaire de Foumban, de même que la station de pompage Camwater (SNEC) dans la partie Nord de la ville.
Il existe d’autres cours d’eau non négligeables tels le Chiémbùh qui irrigue les quartiers Mambain, Machinbain, Mambouo, Njikwet, et le Manoun, le Ngouolam, le Nchoutlue, le Zonkpara qui arrosent le village Koupa Matapit pour ne citer que ceux là.
Signalons aussi un réseau de tout petit ruisseau circulant dans les vallées à l’instar du Meziè, du Tachouo, du Melèn, du Kenzime, de Njimenke etc.…
Les eaux souterraines sont constituées par une nappe phréatique dont la profondeur moyenne oscille entre 4 et 5 m dans les bas-fonds et de 25 à 30 m dans les flancs de collines.
Flore et Végétation
La végétation dans l’espace géographique de la commune de Foumban est dominée par la savane arbustive avec récurrence de conifères (Sapins, Pinus, etc.), des « Eucalyptus Saligna », et des galeries forestières le long des cours d’eaux.
On observe une savane arbustive dans les périphéries du périmètre urbain et ces endroits constituent des zones par excellence pour l’élevage du gros bétail (bovins).
La majeure partie de la végétation dans le périmètre urbain est aujourd’hui faite des plantes d’arbres cultivés (voir la réserve forestière occupant une partie du coté Nord –Est du périmètre urbain jouxtant le cours d’eau Mfû, la forêt communale dans les villages de Koupa Matapit, Koundoum, Njiketnkie et Machinbain). La réserve forestière couvre une superficie de 2100 ha et la forêt communale une superficie de 97 ha.
On constate une déforestation rapide du fait de la recherche du bois de chauffe et pour la production du charbon de bois très utilisé dans les unités artisanales de fonderie.
A cause de la poussée démographique et de l’extension des terres pour la pratique des activités agricoles, la savane naturelle jadis observée dans le périmètre urbain recule progressivement sous l’action de l’homme pour laisser place à des zones complètement urbanisées.
Faune
La faune sauvage est constituée des biches, lièvres et des petits rongeurs tels les aulacodes, les rats de Gambie, des céphalophes les hérissons et aussi souvent des oiseaux.
Aires protégées
On retrouve dans l’espace géographique de la commune de Foumban des réserves telles que la réserve plantation de Koutaba de 400 ha, la réserve forestière de Melap 1705 ha et la forêt communale installée sur 4 sites pour une superficie de 97 ha.
Les réserves plantation de Koutaba et de Melap font aujourd’hui l’objet d’une attaque par des scieurs de planches qui dévastent progressivement ces forêts.
Ressources minières
L’espace géographique de la commune de Foumban regorge un potentiel considérable des ressources minières identifiés et composé des carrières de sable, de pierres, d’argile et de latérites. Ces ressources naturelles ne sont pas suffisamment valorisées pour être mieux exploités et produire des richesses qui serviraient à la réalisation des projets de développement dans l’espace géographique de la commune de Foumban. On assiste ici et là à une exploitation anarchique, mal contrôler et sans aucune prise en compte des aspects socio environnementaux.
 Milieu humain : Description du milieu socio économique
 Histoire de la commune
Histoire de la commune en tant que espace géographique : Foumban naît sous le règne du premier souverain NCHARE YEN venu de l’actuel Adamaoua dans le royaume de Rifùm chez le peuple Tikar. Ayant vaincu tour à tour les roitelets sur son itinéraire vers Foumban, son lieu d’établissement, il choisira de s’installer sur le site actuel en chassant à coup de machettes et des flèches, les autochtones appelés les
« Mbèn » et en donnant à cette ville le nom de « Fom Pa Mbèn » c'est-à-dire « Fombèn » ou ruine des Mbèn. Par la suite, tous les rois conquis dans l’arrière pays lui feront désormais allégeance et des chefs de communauté seront désignés et installés en plus des chefs vaincus qui vont conserver leurs sites, leurs us et coutumes et leurs traditions.
Créée en 1394 par le fondateur du Royaume Bamoun, NCHARE YEN, Foumban ou « Fombèn » littéralement  «Ruine des Mbèn » est située sur une chaîne montagneuse à l’Ouest du Cameroun. Elle prendra  les atours d’une ville organisée et structurée avec l’avènement de NJOYA,  17e roi  de la dynastie. On pouvait alors voir et admirer des rues spacieuses et propres, bordées de nattes de raphia et bien tracées, portant des noms de baptême.
Histoire de la commune en tant que Institution communale
La commune mixte rurale de Foumban a été créée par le décret le 07 juin 1955. Son ressort territorial couvrait un ensemble de quartiers dont la liste est précisée. Le Cameroun est alors sous le régime de la tutelle et tous ces actes sont pris par le colonisateur français.
Le 27 novembre 1959, une ordonnance fait fondre Foumban en deux communes : une commune de plein exercice, territorialement limitée au périmètre urbain et en une commune de moyen exercice pour la zone rurale de Foumban.
Par le décret N°74/23 du 05 décembre 1974 portant organisation communale au Cameroun, la commune de plein exercice de Foumban devient la commune urbaine de Foumban et la Commune de moyen exercice de Foumban la commune rurale de Foumban.
Les lois N°2004/017 et N°2004/018 du 22 juillet 2004 portant respectivement loi d’orientation de la décentralisation et loi fixant les règles communes applicables aux communes vont dissoudre les qualificatifs « Urbaine et Rurale » des Communes pour ne parler que des communes de ville.
Et c’est par un décret d’application N° 2007/117du 24 avril 2007 portant création des communes que la Commune Urbaine de Foumban devient Commune de Foumban avec comme particularité une zone urbaine en voie d’urbanisation et une zone rurale à laquelle se voit rattacher les villages de Koupa Gagnou, Koupa Matapit et Koundoum. La commune rurale de Foumban ayant disparue pour donner naissance à la Commune de Njimom.
Démographie
Taille et structure de la population
D’après la nouvelle configuration administrative de la Commune de Foumban, son territoire couvre une superficie d’environ 134.04 km² pour une population de 152 728 habitants (97 904 en zone urbaine et 54 824 en zone rurale : source : rapport du 3ème recensement démographique). Ces populations se retrouvent dans 08 groupements et 03 villages autonomes qui sont des chefferies classées en 2e et 3e degré coiffés par un roi qui fait lieu de chefferie de 1er degré.
Zone d’hospitalité et de fraternité par excellence, Foumban ville de transit vers le grand nord du Cameroun abrite en plus des populations autochtones des allogènes et des étrangers.
Caractéristiques des ménages
Dans l’espace géographique de la commune de Foumban, les diagnostics ont permis de constater au sein des familles :
    Un fort taux de polygamie dans les ménages,
    Une présence de nombreux enfants,
    La pratique des petites activités génératrices de revenus pour subvenir aux besoins
    La persistance du chômage au sein des jeunes
    La persistance de la pauvreté
Dans  les  familles,  c’est  la  quête  quotidienne  pour  la  survie,  notamment  la  satisfaction  des  besoins
physiologiques primaires. Les conditions de vies sont rudes et la femme jadis personnage qui devait rester dans la maison attendre tout de l’époux s’est engagée dans la pratique des activités génératrices de revenus pour contribuer à la survie de la famille. Elle se trouve parfois être dans certains cas le chef de famille du fait de son pouvoir d’achat supérieur à celui de l’époux.
Revenu des ménages
Les revenus sont généralement issus des activités agricoles, d’élevage ou d’artisanat, et parfois de la pratique des activités du secteur tertiaire. Les revenus sont faibles et ne concourent qu’à la survie au quotidien.
Dans l’ensemble, les femmes qui ont constamment pratiqué les cultures vivrières s’en sortent mieux, avec les revenus provenant de la vente de ces produits. Elles sont devenues pour bon nombre, les chefs de ménages en raison de leur pouvoir d’achat.
Quant aux jeunes, ils sont en perpétuelle conquête d’emploi, ils vivotent en pratiquant des petits métiers temporaires notamment dans l’artisanat et la vente des objets d’arts, la moto taxi, etc. Les hommes quant à eux ont vu leur pouvoir d’achat baissé considérablement avec la chute des prix d’achat de café, ils se reconvertissent progressivement dans une diversification d’activité agricole et la pratique de l’artisanat.
Groupes ethniques et relations inter ethniques
On rencontre dans la commune de Foumban des groupes ethniques qui se subdivisent en deux sous- groupes : Les Bantou ou Semi-Bantou et Les Soudanais
Les Bantou et Semi-Bantou
Ils sont constitués de plusieurs groupes à savoir, les Bamouns (majoritaires), les Bamilékés et les Anglophones.
Les Soudanais
Constitués des Haoussas, des Foulbés et des Bororos.
On rencontre aussi dans l’espace géographique de la commune de Foumban des étrangers venus d’autres pays à l’instar des Nigérians, des Nigériens, des Arabes, des Maliens, etc. qui vivent dans une harmonie avec les populations locales
Les relations inter ethniques.
Les différents groupes ethniques vivent de manière pacifique. Cependant, il y a lieu de signaliser de petits conflits isolés entre les agriculteurs (Semi Bantou) et les éleveurs (Soudanais) en cas de destruction des cultures par le bétail en pâture.
Religion
La religion est tout aussi variée comme les groupes ethniques dans l’espace géographique  de la commune de Foumban. En effet on distingue deux  principales religions qui sont l’islam et le christianisme. Foumban est à 90% constituée des musulmans, 10% de chrétiens et d’animistes. Les populations chrétiennes sont en majeure partie les protestants de l’Eglise Evangélique du Cameroun. On rencontre également quelques catholiques et pentecôtistes.
Mobilité de la population
Dans l’espace géographique de la commune de Foumban, pour des raisons diverses on assiste à une mobilité de la population qui peut se distinguer de deux catégories : la mobilité ponctuelle et la mobilité saisonnière.
La mobilité ponctuelle.
Elle concerne particulièrement
     Les commerçants et  autres artisans quittent leurs domiciles le matin pour les centres commerciaux afin  de  vendre  leurs  produits,  et  parfois  se  déplacent  en  fonction  des  jours  de  marché  des différentes localités et ne rentrent que le soir.
     Les agriculteurs quittent le matin leurs domiciles, se rendent dans leurs plantations et ne rentrent qu’en fin d’après-midi.
     Certains  des  artisans  (tailleurs,  forgerons,  fondeurs,  tisserands…)  qui  n’ont  pas  d’ateliers  se déplacent le matin vers les centres artisanaux et ne regagnent leurs domiciles que le soir,
     Les éleveurs Bororos sortent de leurs campements le matin avec les troupeaux de bœuf à la recherche des pâturages pour ne revenir que le soir.
     Les fonctionnaires et autres agents de services publics vaquent à leurs bureaux le matin et ne rentrent qu’à la fin de la journée.
     Les élèves qui vont à l’école tous les matins et ne reviennent à la maison qu’à la fin des cours
La mobilité saisonnière
Chaque année, à la rentrée des pluies (mi-mars) les commerçants, les artisans abandonnent momentanément leurs activités et vont à la périphérie pour cultiver la terre et entretenir leurs plantations.
Pendant la période de récolte (Juillet Août) le même phénomène est observable mais les marchés sont achalandés en divers produits vivriers et maraîchers.
Les éleveurs des bovins pendant la saison sèche quittent la savane pour les bas-fonds à la recherche de pâturage.
Les moyens utilisés pour se déplacer dans l’espace géographique de la commune de Foumban sont entre autres : la marche à pieds, les motocyclettes, les véhicules de transport public et les véhicules personnels pour les plus nantis.

Caractérisation des populations vulnérables
Cas des peuples autochtones
Les peuples autochtones peuvent être définis comme les originaires de l’espace géographique de la commune de Foumban. Ils se distinguent des autres par leur identité culturelle à savoir :
    La langue
    Le régime alimentaire,
    Le mode vestimentaire
    L’organisation sociale
    L’attitude et les comportements (hospitalité observée)
    Les activités économiques pratiquées (le Bamoun est de nature noble)

Autres populations vulnérables (Handicapés, Vieillards, Enfants de la rue)
Organisation sociale
L’espace géographique de la commune de Foumban est une unité administrative composé de 8 groupements, 3 villages autonomes pour un ensemble de 33 villages dont 1 sans territoire (le village du Palais). A la tête de chaque groupement on rencontre un chef de groupement et dans les villages un chef de village qui soit du 2ème ou de 3ème degré. L’ensemble des villages et tout le département du Noun en général est placé sous l’autorité traditionnel d’un roi qui est le Roi des Bamouns détenteur du pouvoir traditionnel.


Avec l’avènement du multipartisme et de la démocratie, l’autorité traditionnel dans la commune de Foumban s’est vue dans certains cas marginalisée par la population surtout quand le chef ne se trouve pas du même bord politique que l’immense majorité de sa population situation qui constitue une entrave à la mise en œuvre des actions de développement local durable sur le territoire.
Une nécessité s’impose pour ce qui est de la formation et de l’éducation populaire de tous les acteurs sur le territoire en ce qui concerne le rôle, la place et les tâches de chacun dans la mise en œuvre du processus de développement local durable dans l’ensemble du territoire. Des valeurs traditionnelles jugées facteurs favorables à l’émergence d’une dynamique concertée pour le développement du territoire doivent être promues au détriment des valeurs qui constitueraient plutôt un frein. Nous pouvons dire sans risque de nous tromper que la mise en place d’un cadre formel d’échanges que les acteurs rendront dynamique permettra de briser les barrières et d’asseoir les bases solides pour la mise en œuvre du processus de planification participative.
La vie associative est en plein essor dans l’espace géographique de la commune de Foumban avec l’existence de plusieurs groupes d’initiatives communes, d’associations de Poakone et d’un réseau d’association des femmes qui œuvrent pour les entraides sociales et économiques.
Sur le plan des activités économiques (agriculture, élevage et artisanat), l’esprit de groupe d’initiative commune tarde encore à être intégrer et on assiste à un individualisme poussé qui ne permet pas toujours aux agriculteurs, aux éleveurs et aux artisans de bénéficier des opportunités qu’offrent les services techniques déconcentrés de l’Etat en termes d’encadrement, de mise à disposition et d’appui techniques et financiers aux activités de production.
Par rapport à la prise de décision, le pouvoir appartient aux hommes qui peuvent s’ils le veulent consultés et associés les jeunes et les femmes. Toutefois à terme, les femmes et les jeunes sont informés des décisions qui sont prises et régulièrement impliqués dans la mise en œuvre des décisions.
 Habitat
La majorité d’habitats est faite de brique de terre non stabilisée ; on distingue deux types d’habitations : L’habitat traditionnel et l’habitat moderne.
L’habitat traditionnel
Ce sont des maisons en banco. Les matériaux utilisés pour la construction sont dites provisoires : briques de terre avec du ciment ou de la terre rouge pétrie comme liant pour les murs, du bois scié à l’artisanal, des perches ou eucalyptus sont utilisés pour la charpente et de tôles ondulés pour la couverture des toitures. Dans les campements Bororos, on rencontre des huttes au toit de chaume en paille sèche avec des murs soutenus par des perches ou piquets et parfois entièrement couverts de la paille sèche et de bambous.
L’habitat moderne
Ce type d’habitat se caractérise par l’utilisation des matériaux définitifs et la solidité de sa structure. Les maisons en dur sont disséminées dans toute la ville et les plus fortes densités de construction se retrouvent le long de l’axe principal du vieux tissu urbain dans les quartiers Nkounga, Njinka, Njintout, Manka, Fontain, Njindare, Njiyouom, Njimbam, centre administratif, le reste constituant une succession de quartiers spontanés d’accès très difficile, où la notion de « concession familiale » reste très ancrée dans les mœurs. D’où les difficultés d’accès par une route faute de servitudes.
On y construit en priorité par une exigence coutumière et sacrée qui veut que la première maison d’un jeune homme soit toujours bâtie dans la concession familiale.
Dans l’ensemble, les deux types d’habitats se jouxtent de part et d’autres dans la ville et l’architecture varie suivant le pouvoir d’achat et le goût des propriétaires. Il faut néanmoins relever que ces constructions n’obéissent pas très souvent aux règles d’urbanisation, d’où la forte proportion d’habitats spontanés dans le vieux tissu urbain de la ville de Foumban.
Zonage de l’espace communal
La dynamique d’occupation des sols dans la ville de Foumban se caractérise par : une domination des activités commerciales en plein centre urbain repoussant en périphéries les activités résidentielles, une extension linéaire des activités commerciales le long des grands axes routiers de transit.
On observe toutefois une répartition dans l’occupation de l’espace urbain avec des zones administratives (Koukwet Maloum), des zones commerciales (au centre commercial), les zones résidentielles. Certes tous les quartiers sont résidentiels mais la fonction résidentielle est secondaire au quartier administratif, au centre commercial et au quartier artisanal.
L’espace de terrain reste la propriété des familles et on observe un attachement de tous les membres de la famille au lopin de terre qui les appartient.
Culturellement on se détache difficilement des terres ancestrales pour aller s’installer ailleurs. Les quartiers sont pour la plus part résidentiels connaissant pour certains un début du processus d’urbanisation, on observe une occupation dense du sol avec des maisons d’habitation.
Système foncier
Dans  la commune de Foumban, les terres se retrouvent dans trois domaines à savoir :
     Le domaine public de l’Etat
     Le domaine privé de l’Etat
     Le domaine public communal
 Le  domaine Publ ic  de l ’E tat
La gestion foncière dans ce domaine est de la compétence de l’autorité administrative. Toutefois l’avis du Maire est tout de même requis lorsque le terrain est situé en agglomération.
Le domaine public communal
L’utilisation privative de l’espace dans ce domaine est soumise à une autorisation préalable et au paiement d’une redevance à cet effet. C’est au Maire qu’il revient de délivrer les autorisations sur les dépendances de ce domaine.
Le domaine public communal est protégé par trois règles générales :

     Il  est  inaliénable :  il  ne  peut  être  ni  transféré  à  un  autre  propriétaire,  ni  grevé d’hypothèques ou de servitudes.
     Il est imprescriptible : les droits de la commune sur son domaine ne peuvent être éteints par prescription.
     Il est insaisissable : la justice ne peut retirer à la commune ou à toute collectivité publique l’usage ou le droit de disposer d’un bien du domaine public.
Ainsi, les autorisations requises avant toute occupation de l’espace public participent de cette protection.
Le domaine privé communal
Il comprend tous les biens appartenant à la commune et dont leur affectation et leur nature ne rentrent pas dans le domaine public.
De plus, la loi du 20 février 1994 portant régime des forêts, de la faune et de la pêche reconnaît aux communes la possibilité de disposer des forêts communales dans leur domaine privé. La forêt communale y étant définie comme, toute forêt ayant fait l’objet d’un acte de classement pour la commune concernée ou qui a été plantée par celle-ci.
Activités économiques
Agriculture
L’agriculture constitue la principale source de revenus des populations sur le territoire de la commune de Foumban. Les cultures pratiquées sont principalement les vivriers (maïs, haricots, banane plantain, banane douce, manioc, pommes de terre, etc.) et du maraîchage (carottes, choux, laitue, haricot vert, morelle noire, etc.).
La culture d’exportation qu’est le café a connu un sérieux recul dans l’espace géographique de la commune de Foumban du fait de la baisse de son cours sur les marchés, du vieillissement des planteurs et de la réduction de l’espace de production par la pression démographique. On rencontre encore quelques plantations dans les villages de Koupa-Matapit, Koundoum et Njinka-Njimognawou. L’institution communale pour ce qui la concerne œuvre pour la relance et la promotion de la culture du café dans l’espace géographique avec la particularité d’impliquer plus de femmes dans la pratique. La fête du café a d’ailleurs été organisée dans la  commune avec la participation  de tous les acteurs impliqués dans le processus (producteurs, chercheurs, Etat, Institution communale, exportateurs, consommateurs, etc.)
Les cultures vivrières (maïs, haricots, banane plantain, banane douce, manioc, pommes de terre, etc.) et du maraîchage (carottes, choux, laitue, haricot vert, morelle noire, etc.) servent en partie à la consommation dans les familles et à la vente sur les marchés locaux.
A cause de la forte pauvreté du sol, les rendements agricoles sont très faibles ce qui oblige les producteurs à faire usage des engrais. En raison du coût très élève de ces engrais sur le marché local, ces derniers font usage des déchets de porcherie, du poulailler et de déchets de cuisines.
Sur le plan technique nous avons constaté dans l’espace géographique de la commune de Foumban une faible maîtrise des techniques culturales par les producteurs et une faible organisation des producteurs en GIC.
Le secteur agricole dans la commune souffre non seulement du fait des coûts des intrants trop élevé, mais aussi du faible encadrement des producteurs et du mauvais état des voies de communication pour l’évacuation des récoltes.
Sylviculture
La pratique de la sylviculture est entrain de rentrer progressivement dans les habitudes de la population de la commune de Foumban.
Il existe une réserve forestière sur deux sites pour une superficie de 2100 ha environ et de plus en plus, l’institution communale œuvre dans la création de la forêt communale. A ce jour, 97 ha sont déjà mis en place dans 4 sites (Koupa Matapit, Njiketnkie, Koundoum et Machinbain). On observe également autour des maisons d’habitations la mise en place des plants d’arbres fruitiers pour en constituer les jardins de case.
Elevage et pêche
En matière d’élevage, les populations dans l’espace géographique de la commune de Foumban pratiquent quotidiennement de l’élevage traditionnel de la volaille, et des petits ruminants. L’élevage du porc est très peu pratiqué et ce par les allogènes du fait de la croyance religieuse dans la commune qui est dominée par l’islam. Il faut cependant noter que, quelques personnes s’intéressent de plus en plus à l’élevage moderne de la volaille et à la pisciculture.
L’élevage du gros bétail est assez présent dans l’espace géographique de la commune avec la présence d’une savane qui offre beaucoup de pâturage. Il existe par ailleurs un marché de gros bétail qui demande que des études d’impacts environnementaux y soient réalisées et que des aménagements soient faits pour générer plus de revenus à l’institution communale.
On a noté également durant les diagnostics la pratique de l’élevage des petits ruminants, mais par contre la pratique de l’élevage non conventionnel (l’élevage des aulacodes) est presque inexistante.
Il n’existe pas dans l’espace géographique de la commune de Foumban de cours d’eaux propices aux activités de pêche. L’activité de pisciculture plus ou moins développée permet aux pratiquants qui en font pour la plus part comme activité secondaire de se faire des revenus qui contribuent à la survie au quotidien dans les familles. Les espèces rencontrées sur les différents marchés sont : les carpes, les silures, les tilapias qui proviennent des communes voisines de Bangourain et Magba. Les produits de pêches sont vendus sur le marché local.
Comme les agriculteurs, les éleveurs connaissent un problème de faible maîtrise des techniques d’élevage et de coûts élevés des intrants. La structure d’encadrement est également peu présente sur le terrain et il ya une nécessité de subventionner tant les activités d’élevage que d’agriculture.
Chasse
La chasse se limite sur le territoire à la capture des oiseaux (perdrix) et à la trappe des rongeurs (rats, hérisson, porc épic). L’activité est presque inexistante du fait de la disparition de la forêt au profit des champs de production et de la construction des maisons d’habitation.
Exploitation forestière
Les activités d’exploitation forestière restent la coupe de bois de chauffe dans la savane, la coupe des eucalyptus pour les besoins de construction. Le bois est également coupé pour la production du charbon de bois très prisé dans les ateliers de fonderie. L’exploitation  forestière met en  péril  la  zone de savane observée dans l’espace géographique de la commune.
Les diagnostics ont permis de constater une forte coupe des arbres dans les réserves forestière de Melap et de Koutaba.
Collecte des produits forestiers non ligneux
On note qu’à même l’existence de quelques produits forestiers non ligneux tels que la Kola, le Geysen, le Voacanga africana, etc., exploités dans la savane. Dans les zones de bas fonds marécageux, il se passe une exploitation des produits forestiers non ligneux notamment les raphias avec la coupe de bambous, la cueillette du vin, le ramassage des raisins et des hannetons. La pratique de ces activités constitue pour les habitants une source génératrice des revenus.
Artisanat
Foumban, est la capitale de l’artisanat du département voir du Cameroun par la densité des produits en la matière, Foumban est et demeure un centre de recherche et de créativité où les synergies sont en perpétuelle réflexion. C’est le lieu par excellence de la fonderie, la sculpture sur bois, la broderie, le tissage, la vannerie et la fabrication des meubles en bambou.
Commerce
Le commerce dans l’espace géographique de la commune de Foumban est caractérisé par  :
    Un fort potentiel de marchés mixtes sur lesquels se vendent des produits alimentaires, des produits manufacturés et des produits d’élevage
    Une absence sur le marché central d’un réseau de grossistes
    Un fort potentiel des consommateurs
     Quelques structures et équipements marchands construits
     Un fort potentiel du secteur informel.
Les marchés notamment dans les zones rurales ne sont pas construits ce qui fait que les populations dans les villages environnants du centre urbain fréquentent le marché central de Foumban qui a deux jours de marché par semaine (les mercredis et les samedis).
Le problème qui se pose le plus dans ce secteur est l’insuffisance des infrastructures et équipements marchands et l’absence des grossistes dans l’espace géographique de la commune.
La commune devra faire une étude de faisabilité pour équiper ces marchés afin de pouvoir y vendre les tickets de marché : source non négligeable de recettes communales.
 Industrie
Il n’existe pas sur le territoire de la commune de véritable industrie encore moins une zone industrielle. On peut noter de part et d’autres des activités industrielles dans le domaine de la forge ou fonderie artisanale, de la soudure métallique, de la menuiserie avec machine de transformation du bois, de la couture et de la transformation des produits agricoles avec des moulins à maïs. Ces unités de fabriques et autres ateliers de montage et de transformation,  représentent pour l’essentiel le tissu industriel dans la ville de Foumban.
Il est important de remarquer que, la production artisanale fait entrer des fonds dans l’économie de la ville puisque les produits finis pour la plus part sont vendus aux étrangers (touristes) et même en dehors du pays.
Services
Les services sur le plan économique font partie du secteur tertiaire et sont fortement représentés dans
l’espace géographique de la commune de Foumban avec notamment :
     Les secrétariats pour saisie, traitement des textes et photocopie
     Les garages pour dépannage des véhicules at autres engins à 2 roues,
     Les salons de coiffures dames et hommes,
     Les cabines téléphoniques,
     Le transport public (taxis, cars et auto bus, motos taxis)
     Les instituions de micro finance,
     Les chantiers de construction,
     Les activités de tourisme,
     Le commerce de détail
Ces services contribuent de façon significative au développement économique de la commune avec notamment la création des emplois et le paiement des impôts et taxes qui contribuent à la mise en œuvre des actions de développement sur le territoire.