COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

BAMENDJOU

  Maire KAMDOUM René

Commune créée par Ordonnance n° 59-63 du 21/11/1959

Superficie 250 Km2

Population 91 600 habitants ( densité 366 habitants au Km2)

 

Aspects Bio-hysiques
Climat

Le climat de la Commune de Bamendjou est comme celui de l’ensemble de la Province de l’Ouest c'est-à-dire du type camerounien d’altitude caractérisé par une longue saison pluvieuse qui va de mi-mars à mi–novembre et une courte saison sèche allant de mi-novembre à mi-mars. La pluviométrie moyenne annuelle est d’environ 1600 mm.
La température moyenne annuelle oscille autour de 20°c avec des maxima de 32° à 34° et des minima de 9 à 11°c.
La Commune de Bamendjou est soumise à des vents qui changent de direction et de force suivant les saisons. Ces vents sont à l’origine des dommages causés aux plantes fragiles telles que les bananiers sans tuteurs et les pieds de maïs. Ils sont aussi la cause de l’érosion éolienne surtout sur les parcelles nues et sur celles qui viennent d’être retournées et semées. L’humidité relative est d’environ 70% avec des maxima relevés en août et septembre. Cette période qui coïncide avec les périodes de récoltes pose des problèmes de stockage et de conservation des produits tels que le maïs, haricot et arachide.

Relief
La Commune de Bamendjou est située sur le prolongement de la chaîne montagneuse de l'Ouest. On y retrouve des sommets élevés du côté du groupement Bangam (1757 à 1761m d'altitude). Ces altitudes sont de 1595 mètres dans le groupement Baméka et de 1520 m dans le groupement  Bahouan ;
Le relief est ainsi constitué d'une succession de plateaux, de montagnes aux  pentes abruptes et de vallées ;

Sols
Les sols à prédominance ferralitique présentent par endroits de petits gisements de roches basaltiques vers le sommet des collines. Les bas fonds marécageux sont les domaines des terres hydro morphes.

Hydrographie

La commune de Bamendjou est arrosée par plusieurs cours d’eau et marigots dont les plus importants sont :
-    Mekang dans le groupement Bamendjou ;
-    Nkeuntatet à la frontière Bansoa – Bamendjou – Bameka ;
-    Che Ngwen qui coule entre Batié et Bamendjou vers l'Ouest ;
-    Tsetuo, Vac vac et Nveh dans le groupement Bahouan ;
-    Metchue, Chouo nket, la mifi sud dans le groupement Bameka ;
-  Tchouno dans le groupement Bangam où l'on trouve aussi un lac saisonnier appelé Leton.

Cours d’eau et pont de CHE MENA’AH (Batounta) et son bas fond aménageable à des fins agropastorales et/ou touristiques
 
Végétation et flore
La végétation est essentiellement constituée de savanes arbustives et arborées, avec de nombreux arbres fruitiers (goyaviers, manguiers, avocatiers, safoutiers..) et quelques arbres sauvages ; On note en outre la présence des petites galeries (forêts sacrées) autour des chefferies traditionnelles. La Commune de Bamendjou dispose de quelques champs en jachère. Des forêts de raphia entourent les sources et longent les ruisseaux, et des parcelles d’eucalyptus colonisent les sommets

 
 Parcelles d’eucalyptus sur les sommets de collines
 
 colonisation des collines par les eucalyptus

Faune
La Commune de Bamendjou ne disposant pas de forêt naturelle, la faune ici est très pauvre et constituée pour l’essentiel des rongeurs (rats, hérissons…), des reptiles (serpents et autres), quelques singes, biches, perdrix et chauves-souris. Les forêts sacrées autour des chefferies traditionnelles abriteraient selon la légende quelques grands animaux sauvages. Les criquets migrateurs parcourent habituellement les villages chaque année au mois de décembre.
 
Milieu  humain
Histoire et culture de la Commune de Bamendjou
La commune de Bamendjou couvrant l’Arrondissement de même nom, son histoire et sa culture se confondent à celles des quatre groupements qui composent l’Arrondissement. Les habitants qui peuplent la commune dépendent en effet des autorités de chacune des quatre chefferies supérieures qui dirigent les quatre groupements constitutifs à savoir Bamendjou, Bameka, Bahouan et Bangam.
Les quatre groupements se sont mis en place tel que présenté ci-dessous avant d’être plus tard rassemblés au sein de la commune. La culture qui caractérise chacun d’eux représente donc un aspect culturel de la commune de Bamendjou.

Histoire de la Commune de Bamendjou

Histoire du groupement Bamendjou
Selon les informations collectées auprès du Chef Supérieur actuel des BAMENDJOU, Sa Majesté Fo’o SOKOUDJOU Rameau Jean Philippe, Bamendjou serait fondé vers 1680, et s’appelait à l’époque « Chepang » sous la dynastie de NZOGATCHA le leader autochtone du milieu. Le siège de la chefferie se trouvait alors à Batchang.
Le premier Chef de la dynastie actuelle est venu de  Bansoa de chez son frère le Chef Supérieur Bansoa et s’appelait LEUBAH. Il partit de Bansoa traité comme rebelle pour s’installer à Bakouokeug (Bamendjou) où il renversera NZOGATCHA. Une fois installé au trône, il devait régulièrement obtenir des informations sur Bansoa pour mieux organiser sa nouvelle colonie. C’est ainsi que tout Baham en transit sur son territoire, et notamment le sieur TANESSA, prince Baham, à chaque retour de Bansoa était obligé de livrer à LEUBAH les informations
concernant Bansoa. Chaque fois le prince s’indignait en traitant LEUBAH de « petit malheur » sur son chemin, traduction de « Mundjouo » en sa dialecte. De ce néologisme découlera le nom « Bamendjou » avec la colonialisation.
Une fois la nouvelle dynastie installée et le nom du village formulé, tous les chefs ont toujours développé de grandes ambitions. Le plus célèbre d’entre eux  fut
« CHENDJOU I » qui était déterminé à conquérir tous les villages voisins de Bamendjou.
Le groupement BAMENDJOU est subdivisé en 23 villages à la tête desquels se trouvent des chefs de village. Les villages répondent à une décentralisation du pouvoir. Chaque Chef de village représente le Chef Supérieur dans sa circonscription. Les Chefs de villages sont révocables et descendent généralement de la famille royale. Ils reçoivent la délégation de pouvoir dans l'exercice de leur fonction. Sur le plan purement administratif, certains Chefs desdits villages sont classés chefs de 3è degré par actes des pouvoirs publics.
 
Façade principale de la chefferie supérieure des Bamendjou


Histoire du groupement Bameka
Le premier Chef fondateur du groupement BAMEKA est issu d’une famille de chasseurs. Quatre frères chasseurs sont partis de Fongo Tongo dans l’actuel département de la Menoua vers 1700 pour la chasse au gibier. Ils ont trouvé une étendue de terres non occupées et ils ont décidé de s’en faire propriétaires. Leurs noms étaient : NKA, SAA, NGOUM et NDJOU. C’est à NKA-NDE qu’avait eu lieu leur séparation. SAA avait décidé de rester sur place alors que NKA avait choisi l’autre côté, et c’est de son nom que naquît le mot Bameka qui reste et demeure le nom du groupement BAMEKA. Il s’était installé pour la première fois à KOUOKOUO puis à DJUT et ensuite là où la chefferie se trouve actuellement.
BAMEKA est l’un des plus petits groupements de la commune de Bamendjou à cause des guerres tribales qui ont réduit considérablement sa superficie, surtout pendant l’incarcération de Feu FO’O TAKOUKAM à YAOUNDE de Juillet 1918 à Juillet 1924.
Le Groupement est aujourd’hui à sa 19ème dynastie avec à sa tête Sa Majesté Jean Raymond TAKOUKAM, qui a été précédé sur le trône par les feux TCHINDA, POKAM, TAMBO, BRUKO, MBE TENE, TAKOUKAM, FONGANG, FOTSING,
FEUKAM,  NOUGOURE,  KAMDJOU,  NTENE,  TAGATCHA    et  autres.  Le groupement  compte environ 23 000 âmes vivant de l’agriculture et du petit élevage.
Le  groupement  BAMEKA  est  composé  de  sept  villages  organisés  en  cinq regroupements dénommées Unités de Planification Participative.

 
Entrée chefferie supérieure des Bameka

Histoire du groupement Bahouan
Le groupement BAHOUAN situé dans le département des Hauts Plateaux (à 22 Km de BAFOUSSAM sur l’axe BAFOUSSAM - DOUALA), fait partie des 04 groupements que compte l’arrondissement de Bamendjou. Ce groupement est composé de sept villages organisés en quatre grands blocs qui constituent les unités de planification participative de TCHAVE, HIALA, MOHIE, et DJEUGHO.
Le groupement a été fondé entre le 16è et le 17è siècle par KENMOGNE, le cadet des jumeaux KAMMEGNE et FOHOM dit FOHOMTCHUENG, fondateurs respectifs de BAHAM et de BAYANGAM. Tous trois venaient de NDOP après un transit à BAGAM dans les Bamboutos.
Le Groupement est aujourd’hui à sa 17ème dynastie avec à sa tête Sa Majesté NDASSI NENKAM Jean Faustin. Le groupement compte environ 8 000 âmes vivant de l’agriculture, du petit élevage et de l’artisanat.
 
Entrée de la Chefferie Supérieure des Bahouan

Histoire du groupement Bangam
Les Bangam viennent du Haut-Nkam dans les voisinages de Babouaté où ils étaient installés. Suite aux migrations, ils se retrouvent à Fotouni au lieu dit Famgham. Un des habitants ; chasseur et colporteur du nom de dzeudie zeulang au cours de ses expéditions de chasse vers Mbouda a découvert le plateau qui était très pittoresque. De retour de l’expédition, il a orienté la population qui est venue s’installer sur le site actuel. Une fois installés, ils ont constaté qu’il faisait un froid glacial qui englourdissait les membres. Engloutissement en leur langue signifie « Gham » c'est de là qu’est venu le nom du village Bangam.
Bangam dans le temps était le village le plus vaste de la région. Mais l’un des chefs du nom de kuepoue très orgueilleux opprimait tous les voisins, suscitant leur haine, ce qui les ont amenés à former une coalition de 9 villages avec le soutien des colons allemands pour réduire et anéantir le village. Tout au tour du village, on peut encore apercevoir les tranchées qui ont servi lors de cette guerre par le premier chef feu Ivou.
Depuis la fondation du village, 13 rois se sont succédés sur le trône. L’actuel chef du nom de Tchendje Papensi Alain règne sur le trône depuis 06 ans.
 
Chefferie supérieure de Bangam

Culture la Commune de Bamendjou

Comme dans la plupart des traditions de l’Ouest Cameroun, les funérailles et les cultes de crânes constituent des valeurs qui restent appliquées dans les villages de la commune. Les populations restent très unies dans leurs groupements. Des associations et groupes de danses secrètes assurent la cohésion et l’unité de chaque groupement, sous la coordination et la supervision de sa Chefferie Supérieure, à l’exemple d’une association secrète du nom de « Dankoum » créée sous les auspices de Miafeu Tiemeu, un prince qui a assuré l’intérim pendant la déportation du roi Tchendje à Yoko, assure la cohésion et l’unité du village Bangam.

De nombreux autres groupes de danses font la fierté des groupements :
-Bamendjou : sanmeli,  pomedjong,  kouodjang, djumassa muteuh  etc.
-Bameka : Tsu, kengna, sanmeli, pomedjong, mewouop, kouodjang etc.
-Bahouan : Kengna, Tsu,sanmeli, pomedjong, mewouop, kouodjang etc.

La forme cônique généralement donnée à plusieurs pointes des toitures des cases des notabilités constitue une curiosité culturelle partout dans la commune, comme sur les photos ci-avant des chefferies supérieures.
Les hommes sont les chefs de leurs familles respectives selon la tradition.

Les différentes langues parlées sont :
-    Le Nguemba pour les groupements Bamendjou et Baméka
-    Le Ghomala central pour les Bahouan,
-    Le Féfé - Nord pour les Bangam.
-    Le Fulfuldé pour les Bororos


Principales obédiences politiques des populations
-    Le RDPC (Majoritaire)
-    Le SDF
-    L’UNDP
-    L’UPC
 

Religions pratiquées
Les  religions  les  plus  pratiquées  dans  la  commune  de  Bamendjou  sont  le christianisme (catholique, protestante) et l’animisme. Quelques musulmans et Témoins de Jéhovah sont également rencontrés.

Population
La population totale de la commune est estimée à 91 600 habitants repartie sur une superficie de 250 Km2 , soit une densité moyenne de 366 habitants au km². Les 04 groupements (Bamendjou, Bahouan, Bameka, et Bangam) qui composent la commune de Bamendjou comptent en tout 41 villages répartis comme suit :
Groupement Bamendjou : 23 villages (Bahiala, Batchang, Bagheu, Badang, Batoké, Badjoupa, Bakouokeu, Batounta I, Batounta II, Baboum I, Baboum II, Batougouong, Batchukang, Batoumi, Bameya I, Bameya II, Batchum I, Batchoum II, Bakang I, Bakang II, Balatsit I, Balatsit II, Balatsit III).
Groupement Bameka : 07 villages (Djut, Bamessing, Bamedji, Bakougoum, Ngouang, Latsit, Bapeng)
Groupement Bangam : 05 villages (Batidong, Bahiala, Batchit, Batchouno, Bateufang)
Groupement Bahouan : 06 villages (Badentcha, Batogheu, Batchave, Bamohie, Bahiala, Bambou).

Catégorisation économique de la population
La population en majorité vit de l’agriculture et de l’élevage, puis dans une moindre mesure du petit commerce des produits agricoles (bayam sellam), du commerce des produits manufacturés, des activités artisanales (sur bambou de raphia), de la prestation de services (moto taxi, transport en commun, maçonnerie, les activités de transport clandestin,…)
La classe des populations la plus nantie est constituée des éleveurs - agriculteurs et commerçants.
Le revenu moyen de la population tourne autour de 1000 F CFA /jour. Son utilisation concerne l’alimentation, les dépenses de santé, les dépenses scolaires, l’habillement et le loisir. L’épargne est faible au sein des familles à cause des multiples problèmes économiques.

Relations intercommunales
Il existe un très grand flux d’échange entre les populations la Commune de Bamendjou et celles des communes voisines (BATIE, BAHAM, BANGOU, BANDJOUN, PENKA MICHEL, BANDJA, BAFOUSSAM  I, II et III) et même plus éloignées.
 
Façade principale de la Mairie (Hôtel de ville) de Bamendjou

Groupes ethniques et relations interethniques

Plusieurs ethnies habitent la commune de Bamendjou. On distingue les Bamiléké majoritaires (et précisément des autochtones des quatre groupements), les originaires de toutes les autres provinces du Cameroun et quelques Foulbés Bororo qui assurent le gardiennage des concessions des élites vivant hors du village, tout en pratiquant accessoirement l’élevage des bovins.
Toutes les ethnies représentées vivent en harmonie et entretiennent des relations multiformes individuellement ou collectivement.

Mobilité des populations
On note un fort taux d’exode rural des jeunes vers les centres urbains : Douala, Yaoundé, Bafoussam. Le manque d’emploi, le goût de la facilité et de l’aventure, justifieraient et motiveraient ces départs, au-delà de ceux des enfants devant poursuivre leurs études hors de l’espace communal (dans les Institutions universitaires notamment).
La population se déplace également et en grand nombre à la recherche des terres agricoles fertiles dans les Départements du Noun et des Bamboutos. Elle bouge fréquemment aussi pour se soigner dans les grands centres de santé en ville et pour des raisons de famille (visites lors des cérémonies de naissances, mariages, deuils…)


Habitat
L’habitat  dans  la  commune  de  Bamendjou  est  du  type  dispersé  dans  les concessions séparées d’arbres qui forment un paysage de bocage (haies vives).

Une partie des populations vit au centre urbain de Bamendjou depuis leur départ de leurs exploitations en fuite devant les rebelles des années 50 et 60. Les habitations sont en majorité faites de briques de terre jointoyées au mortier de terre ou de ciment, avec des toitures coniques ou ordinaires couvertes de tôles.

Des cases traditionnelles aux murs et plafonds faits de Bambous de raphia et aux toitures faites de pailles se retrouvent encore dans les concessions de certains notables et dans des chefferies supérieures.
De plus en plus, des constructions modernes se retrouvent dans différents quartiers des groupements, appartenant en général aux élites extérieures et intérieures.
L’architecture même pour les maisons dites en «semi-dur» est de plus en plus affinée à travers la commune.

La forme cônique généralement donnée à plusieurs pointes des toitures des cases des notabilités de la Commune de Bamendjou constitue une curiosité culturelle, comme partout dans le groupement BAMENDJOU.
 

  Grande case à la chefferie Tounta

Gestion foncière
La terre appartient au premier occupant. Les terres sont à priori la propriété des chefs de famille. Toutefois, chaque personne (homme ou femme) a la possibilité d’en acquérir un titre de propriété par achat ou par héritage à la succession.
L’accès à la propriété foncière se fait donc surtout par héritage, dons ou legs. Les femmes ont droit à la propriété foncière. Les Chefs supérieurs des groupements de la Commune de Bamendjou restent cependant les gardiens principaux du patrimoine foncier.