COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

BANA

 

Maire KADJI DEFOSSO Joseph

Tél.  699 51 26 30 

 Date creation 1962

Superficie 131 km²

Population 14 684 habitants soit 112 habitants au km²

Nombre de Conseillers 25

Localisation de la Commune

La commune de BANA est situé dans l’arrondissement de Bana, département du Haut Nkam, Region de l’Ouest. L’arrondissement est situé à 11Km de Bafang sur la nationale N°15 Bafang-Banganté. La principale activité de la population de cet arrondissement est l’agriculture. Bana regorge d’énormes potentialités naturelles et touristiques qui ne sont pas exploitées du fait de l’enclavement de la riche plaine de Bakassa qui est inexploitée.

La commune de Bana est limitée :
    L’Est par Batchingou, Balengou et Bazou ;
    A l’ouest par Babone, Baboutcheu Ngaleu et Fondjanti ;
    Au Nord par Babouantou, Banka et Balembo ;
    Au Nord-Ouest par Bafeko et Bassap ;
    Au Nord-Est par Bangou ;
    Au Sud par l’arrondissement du Nord Makombé, département du Nkam.

Le milieu biophysique


De façon générale, le climat qui règne à Bana est un climat camerounien d’altitude caractérisé par deux grandes saisons :
•    Une saison sèche qui dure quatre mois et va de novembre à fin février ; et
 
•    Une saison des pluies qui va de mars à septembre avec une petite interruption en juillet.

La pluviométrie est d’environ 1600mm tandis que la température oscille entre 18 et 26°C. Il faudrait cependant noter que le climat de la zone connaît de nombreuses perturbations qui ont d’importants effets négatifs sur les producteurs. Les données concernant la pluviométrie à Bana sont récapitulées dans le tableau ci-dessous.

Les températures les plus basses s’observent dans les collines tandis que les températures les plus élevées s’observent dans les zones de plaines où le climat est un climat de transition entre le climat tempéré des zones de montagnes et le climat équatorial de la partie littorale du pays.

Relief

Bana présente un aspect physique accidenté et diversifié comme dans les autres régions de l’Ouest. On y rencontre entres autres :
-    Une chaîne montagneuse qui s’étend du Nord-ouest au Nord de Bana, de Badoumla à Bakotcha et culmine au col de Bana situé à 1700m d’altitude. Cette chaîne montagneuse se poursuit dans la zone de Batcha où elle atteint par endroit 1800m d’altitude ;
-    Des collines très escarpées en aval desquelles des vallées et des plaines parmi lesquelles la plaine de Bakotcha qui concentre l’essentiel des surfaces cultivables.

Sols

Trois principaux types de sols s’observent à Bana:
•    Les sols ferralitiques rouges qui occupent les versants des collines et constituent la majorité des terres de Bana. Ces sols sont très pauvres ;
•    Les sols alluvionnaires qui occupent  les plaines et les vallées. Ce sont des sols de couleur noirâtre qui sont fertiles ;
•    Les sols hydromorphes qui occupent le long des cours d’eau de la zone. Ce sont des sols fertiles, riches en matière organique.

Hydrographie

De nombreux cours d’eau arrosent l’arrondissement de Bana. Cependant, la majorité d’entre eux tarissent au cours de l’année. Parmi les cours d’eau à régime permanent, l’on peut citer : le Chimedeu, le Pa’achi, la chute Fibi de Batcha.

La faune et la flore

Six principaux types de végétation s’observent dans la commune de Bana : la savane herbeuse, la savane arbustive, la forêt galerie, la forêt dense et la forêt anthropique (eucalyptus) et les anciennes jachères forestières.

La savane herbeuse occupe les sommets et les versants des collines de la région. C’est la végétation la plus rencontrée dans la zone. Les types d’herbes rencontrées dans cette savane varient d’une zone à l’autre. Dans les zones exploitées par les hommes, les herbes de grande taille sont rencontrées. Il s’agit notamment des herbes telles que Panicum maximum, le Penisetum purpurum qui sont des herbes indicatrices de la fertilité des sols. On y rencontre également surtout les herbes telles que Imprerata cylindrica et les fougères qui indiquent la pauvreté des sols. Ces herbes sont les plus observées sur les versants des collines, ce qui s’explique car les sols ferralitiques qui s’y trouvent sont pauvres en raison notamment de l’érosion qui transporte vers les vallées les couches de terre fertile.  Les collines situées aux altitudes très élevées sont  occupées par des herbes de petite taille. La savane située au sommet des montagnes comme à Batcha servent de pâturage au bétail. Cette savane et menacée par les feux de brousse.

La savane arbustive occupe les versants des collines. Elle est dominée par des arbustes issus principalement de la famille des Anonacées.

Les forêts galeries sont observées dans les vallées le long des cours d’eau. Ces forêts galerie sont dominées par les raphias et par des arbres de petits diamètres au port très effilé. Dans l’ensemble, les raphiales sont également exploités pour les cultures de contre-saison et comme combustibles et matières premières pour l’artisanat.   Les cultures de contre-saison menacent cette végétation.

Les forêts anthropiques constituent également une part importante de la végétation. En effet, de certains versants de collines ont été afforestés d’Eucalyptus par les particuliers et par l’Etat. Le plus vaste espace de ce type de végétation est le périmètre de reboisement de Bapouh vaste de 360 hectares et qui est menacée par l’exploitation anarchique et les feux de brousse récurrents dans la zone.

La forêt dense qui est rencontrée dans la partie Sud de Bana qui est située dans la zone de transition entre la végétation des savanes et la forêt dense de la zone équatoriale. Cette forêt qui est le commencement de la forêt dense est riche des essences telles que l’iroko, le padduk, le pachiloba, le fraké pour ne citer que ceux- ci. Cette forêt est peu inexploitée faute de voies d’accès. Toutefois, l’agriculture itinérante qui y est pratiquée constitue une menace pour cette forêt dont les arbres sont de plus abattus pour la création des grandes cacaoyères.

 Bref  historique

L’arrondissement de Bana porte en fait le nom de l’un des quatre groupements qui le constitue à savoir le groupement Bana qui est le plus grand. Parler de l’histoire de Bana reviendrait à dire un mot de l’origine et l’histoire de tous les quatre groupements.

Les trois fondateurs des groupements Bakassa, Bandoumkassa et Bana ont un même ancêtre. En effet, Vers le 15ème siècle, un chasseur dénommé Nzatchokogoué venant de l’actuel département de la Menoua s’installa sur le territoire de Bandoumkassa et prit femme parmi les autochtones. Il donna naissance à trois frères à savoir Sialeu, Na’aga et Halieu qui s’émancipèrent et créèrent chacun son royaume en dominant les chefs autochtones. Sialeu l’aîné créa le groupement Bakassa, Na’aga le second créa Bandoumkassa et Halieu le dernier créa Bana. L groupement Batcha quant à lui fut créé vers le seizième siècle par un chasseur issu des villages voisins qui fut attiré dans la zone par sa richesse en gibier. Il combattit et vainquit  les autochtones avant de s’imposer comme chef incontesté.

Le groupement Bana est issu du mot « Pa Nee » qui est le nom que les voisins des Bana leur donnaient en raison de leur caractère belliqueux. En effet, le fondateur du groupement Bana était un grand guerrier qui multipliait les campagnes guerrières afin de s’accaparer des terres et des biens de ses voisins. C’est pour cette raison que son peuple et furent baptisés les « Pa Nee », c’est-à-dire les gens qui forcent, qui arrachent.

Le groupement Bandoumkassa tire son nom de sa position géographique qui est en hauteur et surplombe notamment Bakassa. En effet, Bandoumkassa signifie « le village au-dessus ». Bakassa est issu du mot « Ka’sua » qui signifie « Quelle magie ». Le groupement fut ainsi baptisé en raison de la présence en son sein d’un grand guérisseur dont les prouesses à l’endroit de ses congénères que des étrangers venus vers lui amenaient ces derniers en s’exclamer à la suite de ses prouesses « Quelle magie !! ».

Batcha est issu du mot « Tcha » qui signifie « visiter ». C’est la réponse que donnait le fondateur du groupement Bana dans sa famille d’origine lorsqu’il revenait de la chasse dans la zone de l’actuel Batcha d’où il revenait chargé de gibier après la visite de ses pièges.

De cette période de création des différents groupements jusqu’aux indépendances, l’arrondissement de Bana fut secoué par de nombreux par de nombreuses guerres notamment celles menées par le groupement Bana contre ses voisins afin d’élargir son territoire. Des alliances furent d’ailleurs nouées avec les colons successifs (allemands et français) afin de mieux asseoir son autorité. Puis vint la période des indépendances avec la période trouble du maquis qui provoqua le départe de la plus grande partie de la population des différents groupements vers les métropoles et les zones moins touchées par les troubles.

Sur le plan administratif, la commune rurale de Bana fut crée en 1962 suite à l’éclatement de la commune mixte rurale de Bafang. Toutefois, la commune ne commença à effectivement fonctionner qu’en 1978 sous l’administration du sous-préfet de l’époque. Les sous-préfets vont d’ailleurs assurer l’administration de la commune jusqu’en 1996, année au cours de laquelle un maire issu de la population fut élu.
 
Parmi les évènements importants de Bana figurent en bonne place la réalisation des grands projets tels que les écoles primaires, les établissements d’enseignement secondaire, les formations sanitaires, le bitumage de la voie Bafang-Banganté passant par Bana.

Populations de la Commune de Bana

Démographie et peuplement

 La population de la commune de Bana est constituée de plusieurs ethnies qui cohabitent très pacifiquement. L’ethnie majoritaire est constituée des autochtones qui comprennent les populations des groupements Bana, Bandoumkassa, Batcha et Bakassa. Ce groupe représente plus de 90% de la population. L’autre partie de la population est constituée des ethnies Bansoh, Bororo, Béti dans une très moindre mesure des populations originaires de diverses tribus de la partie septentrionale du pays. Les Bororo ont pour principale activité l’élevage des bovins, les Beti exercent dans divers services publics tandis que les Bansoh et les autres ethnies effectuent diverses activités saisonnières et l’agriculture.

 
Culture et tradition

Les activités culturelles sont organisées autour des deuils, des funérailles, du mariage, des naissances. Les rites relatifs à ces manifestations sont semblables à celles que l’on peut trouver dans toutes les coutumes Bamiléké. L’on peut ainsi signaler l’existence des rites de veuvage par les femmes à la mort de leurs maris de même que la pratique du lévirat qui est un comportement favorable à la propagation des IST/SIDA.

Plusieurs danses traditionnelles sont recensées dans les quatre groupements de l’arrondissement à savoir Bana, Bakassa, Bandoumkassa et Batcha. Bien que les danses varient d’un groupement à l’autre, certaines de ces danses leur sont communes même si la prononciation varie d’un village à l’autre. Les plus commues de ces danses sont :
-    Zen : c’est la royale exécutée par les grands notables du village à l’occasion des funérailles du chef.
-    Le Kounga : c’est une danse exécutée par les hommes et les femmes  descendants des familles de grands tradipraticiens du village. Au cours de cette danse, les tradipraticiens d’autres villages  peuvent  être  invités.  Cette  danse  est  exécutée  à  l’occasion  des  funérailles  d’un tradipraticien ou lors de grandes manifestations au village.
-    Le kwah : C’est une danse traditionnelle exécutée tant par les hommes que les femmes lors du décès ou les funérailles d’une femme. Cette danse est également exécutée lors de grandes manifestations.
-    Le Megni : C’est la danse des megni qui sont les mères de jumeaux. Elle est exécutée par les femmes pour l’animation des manifestations au village.
-    Madjonlali : C’est la danse des jeunes qui sont rassemblées au sein du groupe Madjonlali.
Cette danse est exécutée pour l’animation des manifestations du village ;

Comme dans toutes les traditions Bamiléké, la semaine dans les groupements de l’arrondissement compte huit jours dont un jour du marché et un jour de rencontre de la principale société secrète qui est généralement un jour sans travail.

Un autre aspect essentiel de la culture des groupements de l’arrondissement que l’on retrouve dans la majorité des villages de l’Ouest Cameroun, c’est le culte des ancêtres, le culte des crânes. Les populations croient fermement que les ancêtres qui les ont précédé dans l’au-delà ont le pouvoir d’influencer leur vie. A cet effet, leurs crânes sont déterrés et conservées dans des lieux où des sacrifices sont offerts. De nombreux autres rites sont recensés dans les différents groupements de  l’arrondissement et varie d’un groupement à l’autre. Ces rites ont en général pour but d’invoquer les ancêtres en vue de demander leur aide.

Dans les différents groupements, le roi a le rang d’un Dieu au milieu des hommes. Il est le dépositaire des savoirs et pouvoirs coutumiers. Il est presque adoré par ses sujets. C’est lui qui règle les conflits qui naissent entre ses sujets. Ce n’est que lorsqu’il est dépassé qu’il envoie le litige au niveau de la brigade de gendarmerie à Bana. Toutefois, l’on constate que le pouvoir des chefs a tendance à s’effriter quelque peu avec le temps emporté par le modernisme.

Les sociétés des différentes groupements de l’arrondissement sont stratifiées avec comme principales classes par ordre d’importance: le Chef, les notables, les hommes et les femmes.

Les populations dans l’arrondissement de Bana sont animistes, catholiques ou protestantes.

 
La gestion foncière

La gestion foncière reste en majorité sous le pouvoir traditionnel. La terre s’acquiert par héritage, par legs, par achat. Les femmes ont accès aux terres mais n’en ont pas le contrôle, les femmes utilisent la terre sans être propriétaire. La pression sur la terre semble forte dans l’arrondissement car les litiges fonciers sont les plus nombreux dans l’arrondissement