COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

MOZOGO

 

Maire  Yama Gilbert

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Localisation

La commune de Mozogo est située dans l’Arrondissement de Mayo Moskota, le Département du Mayo Tsanaga et la Région de l’extrême nord. Elle se trouve sur l’axe routier Mora-Koza- Mokolo. Elle est limitée :

Au Nord par l’arrondissement de Kolofata

Au Sud par l’arrondissement de Mokolo

Au Sud Ouest par l’arrondissement de Koza

A l’Est par l’arrondissement de Mora

A l’Ouest par la République Fédérale du Nigeria

Les données physiques

Climat

Le climat de la région est de type sahélo soudanien, caractérisé par deux saisons : une saison de pluie et une saison sèche. La saison de pluie dure quatre mois soit de juin à septembre. Quant à la saison sèche, elle s’étend d’octobre à mai soit huit mois. Les précipitations moyennes annuelles dans l’arrondissement sont d’environ 735mm.

La température moyenne annuelle est de 25°c en montagne et de 28°c en plaine ; avec un minimum de 17°c et un maximum de 40°c. Les mois les plus chauds sont ceux de mars, avril et mai, tandis que les mois les plus froids sont ceux de décembre, janvier et février.

Les vents dominants dans la région sont :

La Mousson : de direction Ouest-Est, il souffle de mai à septembre

L’Harmattan : vent chaud et sec, il souffle du nord vers le sud à partir du mois d’octobre jusqu’à avril.

Relief

Le relief de la région est caractérisé par un ensemble de plateaux, de plaines et de montagnes. En effet, 45% du territoire de la commune de Mozogo est constitué de montagnes, 50% de plaine et 5 % de plateau. Le canton de Mozogo est entièrement situé sur la plaine. Son relief est donc moins accidenté que celui du canton de Moskota qui est à 75% constitué de montagnes.

Sols

Les sols de la région sont très diversifiés. On note :

- Les sols nus, à texture argilo sableux qui se trouvent dans les montagnes. Ils n’ont pas connu une évolution particulière. Ils sont soumis à un lessivage régulier.

- Les sols à texture sablo argileux, dominé par les pierres grossières, qui se trouvent dans les hauts plateaux au pied des montagnes et résultent de l’évolution du granite.

-Les sols alluvionnaires à texture sablo limoneux, qui se trouvent dans les plaines et surtout sur les abords des mayos et qui constituent le support d’une intense activité agricole.

Hydrographie

La commune de Mozogo est arrosée par deux mayo, le mayo Moskota qui prend sa source au sommet des monts Mandara et le mayo Mawa. Ces cours d’eau sont irréguliers et à sec pendant une bonne partie de l’année. Leur écoulement de surface ne dure que trois à quatre mois : juillet, août, septembre et octobre (saison de pluie). Ils traversent toute la commune et sont approvisionnés par des affluents tels : le mayo Ldourva, le mayo Vouzi, etc. Compte tenu du relief accidenté, les courants d’eau sont assez forts.

Végétation

La formation végétale dominante dans la zone est la savane arborée. La flore est très diversifiée surtout dans la réserve que constitue le parc national. On y rencontre les espèces comme Faidherbia albida, Ziziphus mauritiana, Tamarindus indica, Azadirachta indica, Acacia seyal etc. Certaines de ces plantes sont utilisées dans la pharmacopée traditionnelle. PLAN DE DEVELOPPEMENT COMMUNAL DE MOZOGO PNDP-EN

Il est à signaler que l’espèce Azadirachta indica gagne du terrain dans toute la zone et s’impose comme la formation végétale la plus présente dans la commune. Ceci est favorisé par le phénomène de reboisement qui a court dans la commune.

Cette végétation subit une forte détérioration suite à la poussée démographique, à la création des nouvelles plantations et à la coupe abusive du bois de chauffe et de service.

Faune

A Mozogo, il convient de noter que la faune n’est pas très diversifiée. Elle est même modestement représentée malgré la présence du Parc national de Mozogo-Gokoro.

Unités écologiques

La commune de Mozogo est parsemée de plusieurs unités écologiques à l’instar de la savane, des montagnes, des mayos, des hardés et le parc national de Mozogo.

-La savane : Elle est de type arborée. Les populations y prélèvent le bois de chauffe et de service. Celle-ci connaît une dégradation rapide du fait de l’action de l’homme. Le principal problème qu’on y rencontre c’est le déboisement.

-Les montagnes : elles représentent près d’un quart du territoire de la commune. Elles sont utilisées comme lieux d’habitation pour certaines populations en l’occurrence les Mafa. Elles servent comme des zones de pâturages et on y pratique aussi de l’agriculture en utilisant les techniques de cultures en terrasse.

-Les mayos : ils sont la plus part des temps asséchés et constituent un important potentiel en ressources naturelles telle le sable. Avec les alluvions qui se déposent sur les berges lors des inondations, les alentours des mayos sont très prisés pour le développement du maraîcher.

-Les hardés : Ce sont les zones incultes abandonnées par les populations. Ces zones peuvent être récupérées et constituées des réserves forestières qui à termes pourraient être bénéfiques non seulement à la commune, mais à toutes les populations et contribueraient à stopper l’avancée du désert.

-Le parc national de Mozogo-Gokoro : à lui seule, ce parc constitue plusieurs unités de paysage. Il a une superficie de près de 1400 hectares. Ce parc a été classé comme réserve forestière par arrêté n°165 du 12 juin 1932, il a été érigé en parc national par arrêté N°120 du 05 décembre 1968. Cet intérêt porté par les pouvoirs publics dénote de l’importance de ce parc en tant qu’unité écologique. D’ailleurs, la commune de Mozogo bénéficie d’un micro climat qu’on ne trouve nulle part dans tout le grand nord. On y rencontre une flore et une faune assez diversifiées. C’est une véritable mine d’or, car malgré les multiples intrusions de l’homme, ce parc a encore un couvert végétal fermé où circuler n’est pas chose facile à cause de la densité de la flore.

Milieu humain

Histoire

L’histoire des peuples de la région n’est plus très présente dans les esprits surtout en terme de date. Mais la quintessence de ce qui ressort des différentes investigations, laisse ressortir que : l’arrondissement du Mayo Moskota qui a pour chef lieux Mozogo, est très cosmopolite. C’est un ensemble de plusieurs ethnies venues d’horizons divers. Il est subdivisé en deux cantons : le canton Mozogo qui est constitué des ethnies Mandara, Mafa, Sirata, Glavda, Minéo, foulbés et le canton Moskota qui est constitué des Mafa et des Glavda. Les groupes dominants sont les Mandara et les Mafa. Les Mafa seraient venus du Soudan ; à la suite de plusieurs migrations et à cause des guerres et de l’esclave, ils se sont réfugiés (dispersés) sur les montagnes pour échapper à leurs poursuivants qui étaient les hommes de Rabat le Négus. Pour ce qui est des Mandara, ils seraient venus de Kérawa (frontière nord avec le Nigéria) fuyant les guerres menées par les hommes du ‘’Négus’’. Ils se seraient tout d’abord rassemblés vers Mora, puis une partie a migré au pied de la montagne de Mawa (non loin du site actuel) et se seraient installés sur le site actuel à cause du manque d’eau.

Plusieurs significations sont attribuées à Mozogo. Mais il ressort des propos du Lamidot que Mozogo signifie ‘’un espace qui a une verdure luxuriante’’

Pour ce qui est de l’institution communale, son histoire est assez récente. Depuis 1983, Mozogo dépendait de l’unité administrative de l’arrondissement de Koza. La taille, le dynamisme de la population, les potentialités agricoles et l’atout majeur qui est le parc national de Mozogo ont attiré les étrangers à s’installer dans cette localité. Cette migration a entraîné l’explosion démographique de la communauté. Pour rapprocher les administrés des administrateurs, le gouvernement de la république du Cameroun a crée l’unité administrative de l’arrondissement de Mayo Moskota, ayant pour chef lieu Mozogo par le biais du décret présidentiel No 93/321 du 25 Novembre 1993. Cette unité étant créée en cours d’un mandat municipal, il a fallu attendre 1997 pour le fonctionnement effectif de la mairie de Mozogo.

Culture

Le nombre élevé d’ethnie entraîne une diversité culturelle. Mais généralement, la culture dans la commune s’articule autour des rites, des cérémonies de naissance, des mariages, des décès et des fêtes traditionnelles etc. En effet compte tenu de la forte influence de l’animisme, les populations ont recours à plusieurs rites d’initiations dont quelques uns sont : les rites de bénédictions lors de la naissance et les rites d’initiation des jeunes garçons lorsqu’ils atteignent l’âge adulte. Il est vrai que l’avancé des religions traditionnelles va sérieusement entamer plusieurs de ces rites.

La polygamie est à la mode et les mariages inter claniques sont permis (restriction faites des musulmans qui refusent d’épouser des filles non musulmanes). Les hommes n’ont pas trop de considération pour leurs épouses.

Il n’existe pas de festival officiel dans tout l’arrondissement du Mayo Moskota, mais une pléthore de fêtes traditionnelles dont quelques unes sont :

- Le « MARAY », c’est la fête du taureau, célébrée en février. C’est un moment de réjouissance, de partage et de valorisation de l’organisation sociale.

- Le « OUDOCK », qui est une danse des jeunes filles et garçons. Généralement, il est célébré le 26 décembre de chaque année et représente la ‘’noël’’ de ces populations. Cette danse a été interdite par l’autorité administrative à cause de plusieurs travers qui auraient pu perturber l’ordre social.

Il existe dans cette commune plusieurs interdits comme l’interdiction de contourner la concession d’autrui en poussant des cris ; de plus il est également interdit de s’asseoir ou de camper dans les lieux sacrés ; de traverser la maison du Lamidot ou une mosquée avec des babouches surtout pour les femmes.

Le pouvoir traditionnel se transmet par voix orale. La succession se fait de père en fils. L’autorité de la famille est patriarcale.

Le couscous de mil est le met principal, il est le plus souvent accompagné de sauces très épicées ou de légumes. Ces populations ont un attrait très poussé pour les protéines animales.

Données Démographiques

La commune de Mozogo couvre une superficie de 371 km2 et a une population estimée à 105 000 habitants, soit une densité de 283 hbts/Km2. Elle compte deux cantons à savoir le canton de Mozogo et celui de Moskota. Chacun de ces cantons est dirigé par une chefferie de 2éme degré. Il existe 50 villages repartis sur l’étendue de l’unité territoriale, soit 31 dans le canton Moskota et 19 dans celui de Mozogo

Sur le plan ethnique ; A Moskota il y a : les Mafa (95 %), Glavda (5 %) et à Mozogo : les Mandara (60 %), Mafa (35 %), Peuls (1 %), Guilavda (2 %), les Kanauri (1 %) et les Arabes choas (1%).

Activités économiques

Les populations de la commune de Mozogo sont essentiellement agricoles. Cependant, elles pratiquent le petit élevage, l’artisanat et le petit commerce. Ces dernières années, on remarque la sédentarisation des bergers peuls venus à la recherche des pâturages.

Les secteurs productifs

L’agriculture

L’agriculture est la principale activité économique et porte essentiellement sur les cultures vivrières (mil, arachides, sésame, niébé, etc.), et les cultures de rentes (oignons, maïs, coton). Les techniques culturales sont archaïques, et pratiquées avec du matériel rudimentaire. Cette agriculture est sujette la plupart de temps aux conditions naturelles défavorables et aux intempéries. Les ressources humaines sont abondantes mais non qualifiées. Le poids de certaines traditions jugées rétrogrades et très discriminatoires à l’endroit des femmes les privent des terres cultivables car la terre est soumise au régime foncier traditionnel, où seuls les hommes héritent des terres. En plus, il faut ajouter le manque de maîtrise de l’eau, la non délimitation des terres en zone de culture et de pâturage, et les problèmes d’enclavement. Les produits de cette activité sont destinés à l’autoconsommation et à la commercialisation

L’élevage

L’élevage n’est pas très développé dans la région, il est généralement pratiqué de manière mixte par les populations. Les cheptels sont de petite taille. Chaque famille dispose de plusieurs bêtes qu’elle élève pour des raisons économiques (les bêtes constituent une épargne), sentimentale et de prestige (la taille du cheptel est un signe de respect). De plus en plus, on remarque des bergers peuls qui se spécialisent dans l’élevage surtout dans les zones islamisées (Assighassia, Chérif Moussari, etc.). Il est à préciser que les populations de la localité ont un attrait très poussé pour la viande. Les éleveurs bénéficient de l’assistance technique de trois centres zootechniques et vétérinaires ; cependant le personnel y affecté est insuffisant.

La pêche

L’écoulement de surface des cours d’eau ne dure que trois à quatre mois au cours d’une année, cette contrainte naturelle ajoutée aux radiers qui ont été construits un peu partout, ne permet pas à l’activité de pêche de se développer. Les espèces rencontrées sont : les silures, les carpes. Ils sont de petite taille et ne sont destinées qu’à la consommation.

L’exploitation des ressources naturelles

La commune repose sur d’importantes ressources naturelles que sont : la latérite, les pierres, le sable, le bois des neems (Azadirachta indica) qui a des propriétés formidables pour les populations de Mozogo. Celles-ci restent inexploitées et ne sont prélevées par les populations que pour des besoins ponctuels.

1.7.1.5. La chasse

Cette activité n’est pas assez développée dans la zone à cause de la rareté du gibier en dehors du parc (car la chasse est interdite dans le parc). Les populations organisent des parties de chasse groupées. Le matériel de chasse utilisé est les bâtons et quelquefois des pièges. Les produits de cette activité sont destinés à l’autoconsommation.

1.7.1.6. La transformation

Il n’existe aucune unité de transformation industrielle dans toute la commune de Mozogo. Seulement les populations transforment de manière artisanale les arachides et les grains de neems en huile végétale très prisée dans certains coins. On peut aussi signaler la transformation du mil en ‘’Billi-Billi’’ une sorte de boisson traditionnelle.

1.7.1.7. Le commerce et les équipements marchands

Le commerce dans la commune est généralement de type ambulant. La proximité avec le Nigeria laisse entrevoir un important trafic en carburant et en produits de première nécessité. Mais celui-ci se fait dans l’informel. Il n’existe aucun chiffre sur le nombre réel de commerçants.

Le cadre infrastructurel est presque nul. En dehors des quatre hangars dans les marchés de Mozogo (a été transformé en bâtiments pour salle de classe à l’école publique groupe II), de Mawa, de Moskota, d’Ouzal, la commune ne dispose pas de boutique qu’elle peut faire louer. Chez les privés, le fichier communal recense six boutiques dans tout l’arrondissement ! Ce qui est aberrant, compte tenu du nombre de petits revendeurs qui sont installés un peu partout dans l’espace communal avec des étalages sommaires.

L’artisanat, le Tourisme

L’artisanat est très peu développé. On y rencontre tout au moins des forgerons qui fabriquent des haches, des couteaux, des faucilles, etc. ; des potiers qui fabriquent des canaris et des instruments décoratifs ; les tisserands qui filent le coton et confectionnent des vêtements aux motifs attrayants. Par ailleurs, on y rencontre aussi des apprentis menuisier et maçons. Le marché de l’artisanat manque de débouchés, ce qui explique le désintéressement des populations.

La commune compte quelques sites touristiques : le site archéologique de Kouva, le parc national de Mozogo ; Mais aucun de ces sites n’est valorisé. Il manque des structures d’accueils des touristes, une politique de marketing du potentiel touristique qui pourrait permettre de faire connaître les sites. Il est temps pour que les autorités communales se bousculent sur ce ‘’trésor’’ que la nature a bien voulu placé à Mozogo.

Grenier

Les populations village stockent leurs récoltes dans les greniers construits dans les concessions (greniers traditionnelles). Ces greniers sont de forme arrondie et surmontés par des pierres pour éviter la destruction des produits par les termites et autres ennemies. Il existe une autre forme de greniers traditionnels qui sont fait de tiges de mils. Ils ont la forme arrondie. Les produits stockés sont : maïs, mil, niébé, sésame et fonio. Ils sont généralement fait en matériaux provisoires (terre cuite, ou en tige de mil).

Il existe tout de même des magasins de stockages qui ont été construits par des organisations privés comme le CDD (comité de développement diocésain), la SODECOTON, etc. L’accès à ces magasins est subordonné au prélèvement préalable d’un franc symbolique représentant les frais d’entretien et d’emmagasinage.

Machinisme

Le machinisme n’est pas très avancé dans la commune. On signale tout de même la présence des moulins à écraser, des motos des groupes électrogènes et des motos pompes qui font office de machinisme dans la communauté.

Les activités génératrices de revenu

Les activités génératrice de revenus portent sont le commerce et les activités temporaires comme le transport par ‘’moto taxi’’, la vente d’eau à travers des portes tout, les « call box », etc. Ce qu’il faut noter est que tous ceux qui pratiquent ces activités sont d’abord des agriculteurs. Leur revenu n’est pas facilement estimable du fait du caractère informel de l’activité. Mais ceux qui s’y engagent trouvent leur compte malgré la rareté des clients. Le secteur alimentaire (tourne dos) est très lucratif dans la commune, surtout pendant la saison sèche.