COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

KOLOFATA

 

Maire   SEINY BOUKAR LAMINE

Tél.           +237 699 52 90 00

                        674 30 08 08

Date de création : 1982

Superficie Totale : 544 Km²

Nombre de villages : 117

Nombre de conseillers municipaux 41

Localisation de la commune

La Commune de Kolofafa est l’une des 3 communes du Département du Mayo Sava, Région de l’Extême- Nord. Elle est limitée :

- Au Nord et à l’Ouest par la République fédérale du Nigeria et la Commune de Mora ;

- Au Sud par la Commune de Mozogo dans le Mayo Tsanaga ;

- A l’Est par la Commune de Mora

Milieu biophysique

Climat : Type soudano sahélien avec une longue saison sèche de 7 à 9 mois d’octobre/ Novembre à Avril / Mai ; une courte saison de pluies de 3 à 4 mois allant de Mai / Juin à Septembre / Octobre.

Vents dominants et direction : Harmattan soufflant du Nord au Sud

Relief : 90 % des plaines, 9 % plateaux, 1% montagne

Végétation : Steppe à dominance arbustes épineux au Centre et au Nord plus menacée par la désertification.

Paysage : (couleur, aspect) : Couleur de paille en saison sèche et verdoyant en saison de pluies.

Existence de lac : Pas de lac, à l’exception de quelques mares artificielles (EX : Gancé, Dougdjé, Kerawa,Wawouli, etc)

Zones inondées ou inondables : Toutes les Zones qui sont situées le long des mayos dans le ressort territorial communal et qui peuvent être estimées à ¼ de la surface de l’Arrondissement, soit environs 136 Km².

Hydrographie : Elle est constituée des cours d’eau saisonniers qui sont en crue en saison pluvieuse causant ainsi des inondations et secs en saison sèche.

Ressources naturelles : les autres ressources naturelles rencontrées sont :

- Le sable : il se trouve en abondance dans les mayo. Ce sable est sous exploité à cause du manque des camions Benne pour le transporter du mayo vers les villes et villages où il est utilisé. Ceci constitue un manque à gagner économique pour la commune.

- Les carrières de terre latéritique : Localisée à Kolofata Guidi et au pied mont de Gréa, cette ressource connait les mêmes difficultés que le sable et le gravier ;

- Le gravier : on trouve le gravier au piedmont Gréa et le long de la bande de champ de Karal quittant de Gancé jusqu’à Kidji Kerawa. Le gravier est aussi sous exploité.

- d- De vastes bandes de terres propices aux cultures fruitières et maraichères le long du mayo Nguétchéwé qui traversent la commune du Sud au Nord. Ces terres permettent la mise en place des cultures vivrières et de contre saison durant toute l’année.

- Les Vertisols dans la grande partie de la commune favorables à la culture du sorgho de contre saison (Mouskouari) et qui permettent non seulement d’assurer la sécurité alimentaire malgré les aléas climatiques, mais aussi de générer des revenus aux paysans ;

Les sols à l’intérieur de la commune de Kolofata sont majoritairement des vertisols et des hardés.

Ressources touristiques :

Le tourisme reste peu développé dans l’espace géographique de la commune. Cependant la commune dispose de quelques ressources telles que le mont Gréa, quelques auberges à Kolofata et Amchidé, la ville historique de Kerawa, certaines activités culturelles telles que les danses, les tresses, etc… qui peuvent être valorisées.

Milieu humain

Repères historiques de la Commune

La commune de Kolofata est issue de l’éclatement de l’ancienne commune de Mora. En effet, Kolofata avait été érigé en District à la faveur d’un décret présidentiel. Une semaine plus tard, un autre décret érigea le District de Kolofata en Arrondissement de Kolofata. C’est ainsi que nait donc l’Arrondissement de Kolofata. La commune de Kolofata proprement dite a été quant à elle créée par Décret Présidentiel N°082/455 du 20 Septembre 1982. Elle fut dirigée comme toutes les autres communes d’entant par un Sous-préfet /Maire qui était MR DJOUBOUNGUE VALAMSIA de 1982 à1985.

En Août 1985, MR MADI GALDA est nommé comme Administrateur municipal de la commune de Kolofata. Son premier mandat court de 1985 à 1987. A la faveur des élections qui sont organisées en 1987, il est élu comme le tout premier Maire élu. Il dirigea ainsi la commune de 1987 jusqu’en 1995, après avoir été démis de ses fonctions par un arrêté ministériel. Il a été remplacé en 1995 par MR TALBA DOUNGOUS, nommé également par arrêté ministériel.

Milieu humain

Population totale

La population totale de la Commune de Kolofata est de 77 857 habitants, suivant les résultats du 3ème recensement général de la population et de l’habitat au Cameroun. Elle est composée de 39 414 hommes (Soit 50,62%) contre 38 443 femmes (soit 49,38%). Ceci donne un rapport de masculinité de 102,53.

La population de Kolofata est une population donc essentiellement rurale car 86,37% d’habitants vivent dans la zone rurale contre 13,62% seulement en ville. Il faut relever tout de même que l’exode rural étant de plus en plus fréquent, la population urbaine est en forte augmentation.

Groupes ethniques et relations interethniques :

Les ethnies précitées se trouvant dans la Commune de Kolofata malgré leur diversité religieuses (chrétiens, musulmans, animistes) et culturelles, cohabitent bien, chacune respectant les us et coutumes des autres. Ils associent toujours leurs efforts pour les activités de développement.

En dehors des convictions religieuses et politiques des uns et des autres, ces ethnies fréquentent les marchés communs, mènent ensemble les mêmes activités et s’assistent lors des événements heureux et malheureux tels que les mariages, les fêtes, les cérémonies de baptême, les deuils.

Les religions

Les principales religions pratiquées dans la commune de Kolofata sont :

- l’islam, pratiqué principalement par les premières ethnies à s’installer dans la zone telles que les Bornouans, les Mandara et les Gamergous, les Arabes Chouas et les peuls ;

- le christianisme, pratiqué par les ethnies descendues des Massifs de Mont Mandara tels que les Mafas, les Mouktélé, les Podoko, les Zoulgo, les Bananas, les Moura etc.

- l’animisme, pratiqué par une partie des différentes ethnies issues des Monts Mandara.

Mobilité de la population :

Les populations de la commune de Kolofata sont dans l’ensemble stables. Toutefois, on peut relever :

- les déplacements massifs que certaines familles avaient effectués les années précédentes dans le Grand Nord du pays (zone de Lagdo, Touboro, etc), à la recherche des terres fertiles ;

- l’exode rural de plus en plus régulier des jeunes vers le Nigeria et le Sud du pays, attirés par les mirages des villes, fuyant le travail de la terre et le poids de la tradition.

A l’intérieur de la commune, on note des déplacements inter villages pour des raisons familiales (mariages, marchés, funérailles, travaux agropastorales, etc).

Organisation sociale :

La commune de Kolofata comprend deux cantons : le canton de Kolofata et celui de Kerawa. A la tête de chaque canton se trouve un chef de canton de 2ème degré. Le canton de Kolofata compte 21 Lawanats tandis que celui de Kerawa en compte 11, soit en tout 32 Lawanats pour l’ensemble de la Commune.

A la tête de chaque Lawanat, on trouve un Lawan qui est un chef de 3ème degré.

Le Lawanat quant à lui est subdivisé en villages ou en quartiers. Chaque village ou quartier est dirgé par des chefs traditionnels appelé Blama. Au bas de l’échelle sociale se trouve des chefs de ménage / famille.

Habitat

L’habitat dans la commune de Kolofata varie selon qu’on est en zone urbaine ou en milieu rural d’une part, ou selon les ethnies. En zone urbaine, les maisons sont pour la plupart en matériaux définitifs (mur en dur, toit en tôle) tandis qu’en zone rurale, les habitations sont en matériaux provisoires (mur en terre battue ou en cheko, toit en paille). Chez les éleveurs (Arabes choas et autres), les habitats sont faits en paille ayant la forme d’une hutte plus vaste à l’intérieur avec des compartiments pour les personnes et pour le bétail.

Système foncier

L’accès à la terre se fait uniquement par héritage, par achat, par la mise en gage ou location auprès des tiers. Mais d’une manière globale les chefs traditionnels ont droit de gestion de toutes les terres chacun de son ressort d’autorité surtout celles conflictuelles, sous la supervision de l’administration territoriale (Sous -Préfet).

Du point de vu héritage, seuls les hommes ont droit à la terre.

Les terres appartiennent à une minorité d’autochtones. Les allogènes sont obligés de louer les terres auprès de ces dernières pour y pratiquer l’agriculture.

Les locataires terriens n’ont pas droit de planter les arbres dans les champs loués. De même lorsqu’un propriétaire terrien constate qu’un locataire a bien aménagé sa parcelle (épandage de la fumure organique, construction des diguettes etc.), il monte les enchères ou la récupère.

Pour restaurer la fertilité des terres qui se dégrade de plus en plus , les agriculteurs sont obligés de construire les diguettes et d’aménager les terrasses.

Principales activités économiques

Les principales activités économiques menées au sein de la commune sont l’agriculture ; l’élevage, le commerce et l’artisanat.

Agriculture :

Les principales cultures pratiquées par ordre de grandeur décroissant en termes de superficies moyennes emblavées par campagne sont les suivantes pour les trois dernières campagnes agricoles (2008-2010) :

- Sorgho de saison de pluie ;

- Sorgho de saison sèche ;

- Niébé ;

- Maïs ;

- Oignon de saison sèche et de saison de pluies ;

- Gombo ;

- Ail ;

- Tabac ;

- Riz pluvial ;

- Arachide ;

- Voandzou ;

- Sésame ;

- Coton

Si la diversité culturale et la présence de vastes bandes de terres fertiles et très propices au maraichage ainsi qu’aux cultures fruitières constituent de grands atouts pour l’agriculture, levier de l’économie locale de la commune, les aléas climatiques, la pauvreté des sols par endroits et l’accès très limité aux intrants agricoles et à la mécanisation constituent des contraintes au développement agricole de la commune.

Elevage :

La pêche est inexistante dans la commune faute de cours d’eau. Par contre en matière de l’élevage, plusieurs espèces sont élevées telles que les bovins, les caprins, les ovins, les volailles, les équins, les canins, les porcins. Si le cheptel est varié, il est confronté au problème de la pauvreté du pâturage, d’insuffisance d’eau pour abreuvement du bétail, de l’étroitesse des pistes à bétail, de l’épizootie et de vol de bétail à main armé .Voici à la suite la situation du cheptel dans la commune.

Commerce :

Le commerce est la 3ème activité menée par les populations. IL se fait localement sous forme de petit commerce dans les villages, de commerce de gros et détail des produits manufacturés de provenance du Cameroun ou du Nigeria dans des boutiques des villes et les grands villages.

C’est un commerce qui se fait beaucoup dans l’informel, d’où la difficulté pour la commune de maitriser le potentiel des marchés, le nombre exact et le lieu d’activités des différents opérateurs économiques.

D’une manière générale, les activités commerciales portent sur :

- l’achat et la revente des produits manufacturés ;

- la commercialisation des produits et sous-produits agro pastoraux / artisanaux ;

Il est à relever que dans le domaine commercial, malgré le nombre élevé des marchés, la commune dispose très peu d’infrastructures marchandes telles que les boutiques, les magasins ; les aires d’abattage, les hangars, etc, ce qui constitue un manque à gagner pour la commune.

De nombreux corps de métiers existent dans les grandes agglomérations mais exercent dans l’informel. Il s’agit entre autres des tailleurs, des bouchers, des motos taximen, des restaurateurs, des brasseurs de la bière de mil et de maïs, des vendeurs de carburant, etc. Ce secteur qui emploie une bonne partie de la population jeune et féminine mérite d’être organisé et développé.

Artisanat:

Les activités artisanales portent essentiellement sur : la poterie, la forge, la confection des nattes et cheko en paille, a maroquinerie, etc. cette activité souffre d’une manière générale du problème de manque de matière première et du caractère très traditionnel des processus de production.