COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

MOULVOUDAYE

 

Maire  WANGMENE KAÏSSALA

Tél. +237 691 62 31 78
      +237 675 31 82 86

  

Localisation de la commune

La commune de MOULVOUDAYE est située au Nord du département du Mayo –Kani.. Elle est limitée au Nord par les communes de Bogo, Dargala, au Sud par celles de Guidiguis, Touloum et Kalfou, à l’Ouest par les communes de Kaélé et Mindif, à l’Est par les communes de Guémé, Yagoua et Kaïkaï. Sa superficie est d’environ 1257 km2 (source : DAADER de Moulvoudaye)

Les données du recensement général de la population de 2005 indiquent une population de 82 368 habitants. si l’on tient compte du taux d’accroissement de 2,6%, cette population peut être estimée en 2013 à 101 872 âmes.

Cette population est répartie dans 8 chefferies de 2e degré ou cantons que sont :

Le canton de MOULVOUDAYE constitué de Goumlaye, Kataré, Kafta, Yola, Teinreing, Goumzouma, Ouro Biri, Agoyo Foulbé,

Le canton de Korré constitué de Korré, Kaya, Baknaï, Doukka ;

Le canton de Kolara constitué de Kolaré garré, Djindjinringué, Soulkandou kolara, Sarman Gouloum ;

Le canton de Daram constitué de Daram Garré, Soulkandou Daram, Ribahou, Guidoua, Ndoumga, Bitcharé, Forlomé, Guirling, Gadjia ;

Le canton de Goudoum Goudoum constitué de : Goudoum Goudoum, Gadamayo, Miba, Korho, Guildif ;

Le canton de Kadaye constitué de Kadaye garré, Hourkoum, Djajel ;

Le canton de Horlong constitué de Horlong garé, Yola Horlong, Padala ;

Le canton de Kobo constitué de Kobo garré et Yaméda.

Sur le plan humain, les principales composantes sociologiques présentes dans la commune de MOULVOUDAYE sont : les Toupouris 60%, les Foulbés 30%, les Massas, les Kanouris, les Mousgoums, les Djabarmas, les Mouseis, les Arabes choas et les autres tribus des régions méridionales du Cameroun constitués essentiellement des fonctionnaires et travailleurs affectés dans la commune qui sont estimés à 10%. Dans la commune, il y a aussi quelques Tchadiens.

MOULVOUDAYE se trouve à 75 km de KAELE son chef lieu de département et à 85 km de Maroua (en passant par Dargala), chef lieu de la région de l’Extrême Nord.

Description du milieu biophysique

Climat

Le climat qui règne dans la commune de MOULVOUDAYE est du type Soudano Sahélien avec une courte saison de pluies allant de juin à septembre et une longue saison sèche allant d’octobre à mai. La température moyenne tourne autour de 30°C avec des fortes températures de 45°C observées en mars avril. Les vents dominants sont l’harmattan et l’alizée qui soufflent en direction du Nord au Sud et vice versa. Les précipitations enrégistrées dans la commune sur 45 jours aucours de l’année 2013 sont de 798,8 mm.

Relief

Le relief de la Commune de MOULVOUDAYE est constitué d’une vaste plaine inondable. avec quelques dépressions du côté de Goudoum Goudoum. Dans l’ensemble l’altitude moyenne est de 340 m.

Sols

Les différents types de sols que l’on rencontre dans la commune de Moulvoudaye sont :

- Les sols argileux (vers les localités de Korho, Guildif, Kadaye) ;

- Les sols sableux (vers la zone de Goudoum Goudoum, Agoyo, Teinreing);

- Les sols argilo sableux (dans presque tous les villages de la commune)

- Les sols limoneux (vers les villages qui bordent les mayos : Teinreing, Gadamayo, Goudoum Goudoum…) ;

- Les hardés ou sols incultes impropres aux cultures (répartis en ilôts dans plusieurs villages).

Hydrographie

L’hydrographie dans la Commune de MOULVOUDAYE est constituée de plusieurs mayos dont le plus important est le mayo Boula. à ceux-ci est venu s’ajouter le lac résultant de la digue réalisée par la SEMRY et qui constitue l’unique endroit où les populations s’approvisionnent en produits halieutiques pendant une bonne période de l’année. Tous ces cours d’eau tarissent en saison sèche.

Il existe des zones inondables appelées ‘’Yaérés’’ propices aux cultures maraichères (Oignon, tomate, et autres légumes).

Flore et végétation

La végétation est le domaine de la savane arbustive et herbeuse. Le paysage est vert en saison des pluies et gris en saison sèche.

Faune

La faune sauvage de la commune de MOULVOUDAYE est constituée de biches, antiloppes, renards, hyènes, sangliers, et depuis un certain temps, les populations signalent la présence de quatre lions.

. En saison de pluies, on observe une incursion d’éléphants en provenance du Parc National de Waza dans certains villages de la commune, occasionant d’importants dégâts sur les cultures et sur les habitations.

En ce qui concerne la faune domestique, elle est constituée de chiens et chats, de volailles, de chevaux, des porcins, des ânes, des bovins, caprins et des ovins.

Ressources minières

Les principales ressources minières rencontrées dans la commune sont : le sable, l’argile, et quelques pierres de couleur blanche que l’on rencontre surtout vers la zone de Kolara et dans les cours d’eau alentours, une étude sérieuse sur le potentiel minier du sous sol n’ayant jamais été effectuée.

DESCRIPTION DU MILIEU SOCIO-ECONOMIQUE

Histoire de la Commune

La commune a été créée en 1992 après éclatement de la commune mère de MINDIF par décret N° 02/27 du 26 juin 1992 portant création des communes. Le nom de la commune vient de celui de la ville de Moulvoudaye qui en est le chef lieu et qui a été fondée par un groupe de Mousgoum venu du Tchad sous la houlette de Djidda Bazari. Ce groupe s’installa sur une terre vierge auprès d’une mare ou croissait avec intermittence une grenouille. Ce qui amena l’un d’eux à se poser la question en langue Mousgoum ‘’moulboung kitai’’ ce qui signifie y’a-t-il qu’une seule grenouille qui croisse dans cette mare ? D’ou le nom du village MOULVOUDAYE.

Démographie

Taille et structure de la population

La commune de MOULVOUDAYE est constituée de 08 chefferies traditionnelles de second dégré (lawanat) subdivisés en 39 villages à la tête desquels se trouvent les Djaouros (chef de 3e degré).

Groupes ethniques et relations inter-ethniques

Sur le plan humain, les principales composantes sociologiques présentent dans la commune de MOULVOUDAYE sont : les Toupouris 60%, les Foulbés 30%, les Massas, les Kanouris, les Mousgoums, les Djabarmas, les Mouseis, les Arabes choas et les autres tribus des régions méridionales du Cameroun constitués essentiellement des fonctionnaires et travailleurs affectés dans la commune sont estimés à 10%. Dans la commune, il y a aussi quelques Tchadiens. Toutes ces populations vivent en parfaite harmonie dans les 8 cantons cités précédemment.

Religion

A Moulvoudaye, trois religions se côtoient : animisme, christianisme et islam. Les pratiquants de ces réligions cohabitent et vivent en parfaite harmonie. Les chrétiens sont les plus nombreux et les plus diversifiés, on y rencontre par ordre d’importance les catholiques, les protestants (EEC, EELC,…) et les pentecôtistes plus nombreux dans la ville de Moulvoudaye.

Mobilité de la population

La carte de mobilité des populations à MOULVOUDAYE indique que les plus grands mouvements effectués par les populations se font vers Kaélé, Lara, Guidiguis, Kalfou, Kar Hay, Yagoua, Kay Kay, Dargala, Mindif, Maroua etc. pour la commercialisation des produits agricoles et de première nécessité, les loisirs, les problèmes de justice, la religion, les visites, la recherche d’emplois rémunérés, l’éducation scolaire et universitaire, etc.

Organisation sociale

L’organisation sociale est bâtie autour de 08 cantons de 2e degré indépendant les uns des autres. Ces cantons sont dirigés par des lawans : auxiliaires du lamido de Mindif à qui ils font allégeance.. Chaque canton est constitué de plusieurs villages qui ont chacun à leur tête des Djaouros. Ceux-ci administrent les villages et rendent compte au lawans. Les villages quant à eux sont constitués de quartiers qui sont dirigés par des chefs de quartier. De plus en plus, les chefs des communautés Toupouris s’éloignent de la ligne tracée par les lawans. Cette situation constitue une menace pour la cohabitation pacifique entre les Toupouris et les Peuls.

Outre cette organisation traditionnelle, il existe dans la commune plusieurs organisations de la société civile notemment les Groupements d’Initiatives Communes les GIE, les associations de développement, et des partis politiques qui cohabitent et vivent en paix.

Habitats

Les maisons sont anarchiquement construites le long des principaux axes routiers avec un taux de promiscuité très élevé. Comme la plupart des sociétés africaines, les concessions familiales sont groupées autour d’un noyau central qui est soit le chef de famille ou le patriarche. On distingue 02 types d’habitats qui caractérisent les principaux groupes ethniques existant que sont les Toupouris et les Peuls.

Chez les Peuls, L’habitat est caractérisé par des concessions dont de grandes barrières bordent les routes. A l’intérieur, on y rencontre des maisons ou cases dont l’accès ressemble à des labyrinthes tant il existe des murs de contournement (dépend du niveau social de l’individu). Généralement la maison du chef de famille est la principale que l’on rencontre à l’entrée, derrière, sont réparties les maisons des femmes alignées par ordre d’arrivée de la gauche vers la droite.

L’habitat chez les Toupouris dépend du niveau social ; les plus riches construisent de grandes maisons avec ou sans clôtures. Les pauvres se contentent de construire de façon anarchique des cases en éparses sans véritable plan d’occupation d’espace..

Les enquêtes ont permis de classer ces habitats en plusieurs catégories : les habitats en matériaux définitifs, semi-définitifs ou provisoires avec ou sans latrines. Il est à noter que le problème de latrine est crucial pour les communautés rurales qui n’en construisent pratiquement pas. Les principaux matériaux de construction utilisés sont la terre (potopoto), les parpaings, le ciment, les planches, la paille et les tôles ondulées en aluminium. La mentalité des populations rurales ne les encouragent pas à construire des habitats décents, d’où la précarité de ceux-ci. À titre d’illustration, 95% des maisons de MOULVOUDAYE sont construites en matériaux provisoires. Le type de matériel utilisé n’influence en rien le plan de construction des maisons qui ont des formes rondes, rectangulaires ou carrés.

Système foncier

Les terres appartiennent aux premiers occupants, généralement à ceux qui les premiers les ont mis en valeur. Le titre foncier n’est pas l’apanage de toutes les populations de MOULVOUDAYE. L’acquisition d’u terrain se fait par héritage du père à l’enfant, par don, et par achat de gré à gré. Ces derniers temps, il s’est développé un phénomène de vente anarchique de terrains qui prive les ayants droits de leurs terres. Les terrains sont généralement délimités par des bornes naturelles à savoir : mayos, arbres, routes et pistes.

Activités économiques

Les populations de MOULVOUDAYE mènent plusieurs activités économiques. on y pratique par ordre d’importance l’agriculture, l’élevage, le commerce.

Agriculture

Elle est la principale activité pratiquée dans la zone. Les terres cultivées représentent les ¾ de la superficie totale soit 942 km2. Les principales spéculations pratiquées dans la commune sont :

Les céréales (Sorgho, Maïs, Pénicillaire, Riz)

Les légumineuses (Arachide, Niébé, Voandzou, Soja, Sésame)

Les cultures maraichères (Oignon, Tomate, Légumes)

Les fruitiers (Manguiers, Goyavier, Citronnier, Anacardier, Papayer, …)

Les cultures de rente : le Coton

Les produits de cette activité sont destinés soit à l’autoconsommation, soit à la vente sur les marchés locaux et environnants.

Sylviculture

La sylviculture est une réalité dans la commune de MOULVOUDAYE. Le climat aride favorise la pratique de cette activitée. Bien que le poste forestier et la mairie ne soient pas dotés de pépinière, il existe plusieurs pépinières privées dont les propriétaires mettent à la disposition des populations des plants à hauteur de 150 FCFA pour le neem et de 500 FCFA pour les fruitiers.

Tout ceci se fait anarchiquement du fait de l’absence d’un plan de reboisement. Il est urgent de penser à un plan de reboisement, sinon les besoins des populations étant croissants, elles vont se déverser sur les deux grandes bandes forestières.

Les essences les plus mis en terre sont :

L’Eucaliptus : très appréciées par les populations pour les besoins d’installation électrique.

Le Neem : pour sa facilité d’adaptation au climat, son bois et l’ombrage qu’elle procure.

Toutes les variétés d’acacias: pour leur facilté d’adaptation au climat, la nutrition du petit bétail et le bois. à côté de ces espèces, se développent plusieurs vergers constitués de manguiers, citroniers, les zuzyphus, les anarcardiers… Ces produits sont destinés à la vente.ou à la consommation individuelle.

Élevage et pêche

Élevage :

L’élevage constitue aussi un pôle très important dans les activités des populations de MOULVOUDAYE. Les principales espèces élèvées sont par ordre d’importance: les bovins, les caprins et les ovins, la volaille, les porcins, les équins etc.

L’essentiel des produits de l’élevage est destiné à la commercialisation et à la consommation.

Le marché à bétail de la ville de Moulvoudaye est l’un des plus grands de la sous région et génère des revenus assez importants aux populations et à la Mairie.

L’animal constitue pour les populations locales, une sorte d’épargne. Certaines cérémonies traditionnelles accordent beaucoup d’importance à l’animal, à l’instar de la fête du coq, la dot et les funérailles. Tout cela amène les populations de Moulvoudaye à traiter les animaux avec plus d’attention.

Photo : Une vue du marché à Bétail de Moulvoudaye

Pêche :

La commune de MOULVOUDAYE n’est pas assez fournie en cours d’eau. Le faible écoulement annuel des cours d’eau entraine la rareté du poisson. Mais les activités de la SEMRY ont permis de construire une digue qui retient de l’eau pendant une bonne période de l’année et constitue le principal point d’approvisionnement de la zone en produits halieutiques.

La pêche se fait de façon traditionnelle avec des instruments rudimentaires. En période de décrue, les pêcheurs ont tendance à capturer les poissons avec des filets de petites mailles. Ce qui constitue un danger pour la pérennisation de cette activité. Les principales espèces sont : les carpes, les silures. Ces produits sont destinés à la vente ou à l’autoconsommation.

Chasse

La chasse n’est pas très développée compte tenu de son interdiction par le services des eaux et fôrets. Néanmoins, elle se pratique de façon clandestine. Les méthodes utilisées sont : la chasse à courre, la chasse à la lance, au fusil et les battues.

Les populations se plaignent de la raréfaction du gibier qui a tendance à s’éloigner de leurs terres.

Collecte des Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL)

Les populations prélèvent pour leurs besoins le bois d’oeuvre pour les constructions et le bois d’usage pour les travaux divers.

La savane de MOULVOUDAYE abrite quelques produits forestiers non ligneux (PFNL) tel que les plantes médicinales et écorces. Ces produits sont destinés à près de 90% à l’autoconsommation et sont utilisés par les populations locales dans la pharmacopée traditionnelle et l’alimentation. D’une manière générale, ces produits restent sous valorisés dans la zone malgré l’importance du potentiel existant et l’opportunité qu’ils présentent pour la création des richesses et d’emplois. La collecte de ces PFNL est plus pratiquée par les femmes.

Artisanat

Les types d’artisanats développés à MOULVOUDAYE sont : la pôterie, le tissage et la forge. Les artisans fabriquent les pots de différentes tailles très appréciés dans la distillation et le service des boisons locales, ou dans la conservation de l’eau de boisson, des nattes et des toitures en pailles, des instruments de champ comme les machettes traditionnelles, les houes, …

Ces produits sont destinés à la vente ou à l’utilisation personnelle (barrières des maisons, travaux champêtres, …)

Commerce

Le commerce à MOULVOUDAYE est assez développé dans la mesure où, MOULVOUDAYE constitue un important lieu d’échanges grâce à la diversité des produits agricoles et pastoraux qui attirent de nombreux spéculateurs. Tous les vendredis, autour du marché de MOULVOUDAYE, se rencontrent plusieurs acteurs entre autres les marchands, les intermédiaires, les transporteurs, les restaurateurs… Des transactions se passent en ce lieu où les millions et les biens changent de mains en un clin d’oeil !

Les commerçants et les acheteurs viennent des horizons divers. Certains viennent des villages de la commune, et d’autres des communes voisinnes, du TCHAD et même du NIGERIA. C’est ce qui positionne le service de transfert d’argent au centre de ces transactions.

Services publics

Les différents services rencontrés à MOULVOUDAYE sont les services déconcentrés de l’État : MINEPIA, MINADER, MINEDUB, MINSANTE, MINESEC, MINFOF, MINJEUN, MINFI ; le service de transfert d’argent à travers Express union et la CAMPOST.

Autres activités économiques

Exploitation du sable, de l’argile et des pierres :

Le sable, l’argile et les pierres font partie des ressources naturelles présentes dans la zone et exploitées par les populations de la commune de MOULVOUDAYE. Toutefois, le sable exploité en termes de quantité reste encore limité par rapport au potentiel existant. Les difficultés au développement de cette activité sont l’indisponibilité des camions et l’enclavement.

En ce qui concerne les pierres, le potentiel n’est pas très important et ne peut constituer une activité importante. Pour l’argile, il n’est utilisé que pour la fabrication des briques de terre, la construction des greniers et en pôterie.

Transformation des produits :

Il existe plusieurs types de transformation des produits à Moulvoudaye. La plus vulgaire est la transformation du mil en boisson alcoolisée très appréciée des populations. Dans le même ordre d’idée, il faut signaler la distillation du mil pour donner ‘’l’arki’’. Il existe aussi la transformation du niébé en farine ou en pâte utilisée pour la préparation du ‘’kôki’’. On signale la transformation du soja en bouilli, la transformation des arachides en huile. Toutes ces transformations se font de manière artisanale. .