COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

MINDIF

 

Maire   SADJO HAMAWA

Tél.    +237 699 32 19 95

  

Localisation de la Commune

La Commune de Mindif se situe dans la Région de l’Extrême-Nord, Département du Mayo-kani. Elle partage ses limites avec les Communes de Dargala et Moulvoudaye à l’Est, la Commune de Moutourwa à l’Ouest, la Commune de Maroua 1er au Nord et la Commune de Kaélé au Sud. La commune compte une population de 67 426 habitants. Elle s’étend sur une superficie de 2450 km2.

Description du milieu physique

Le Climat

Le climat est tropical du type sahélien. Il pleut en moyenne 900 millimètres de pluies par an. Les précipitations se concentrent entre les mois de juin et septembre. La saison des pluies dure 4 mois. La saison sèche s’étale sur 8 mois. Elle est rude et sèche. Les températures sont variables. Les températures les plus basses sont en dessous de 20° et celles des plus chaudes dépassent souvent 45°.

Sols

De par leur nature, les sols sont du type argilosableux, Karal peu profonds et pauvres. Dans les zones de dépression ou vertisols sols fortement argileux réservés à la culture du muskuwaari. Ceux-ci nécessitent un aménagement constant pour garantir une meilleure productivité.

Le relief

Le relief est le prolongement de la plaine du Diamaré, dominé par la dent de Mindif qui culmine à 700 mètres. Il est relativement plat. La topographie fine de cette commune laisserait apprécier quelques étendues nettement basses et constamment inondées en saison pluvieuse. C’est l’ensemble des vertisols et des argiles. En outre les variations d’altitude sont importantes dues à la formation montagneuse autour de la dent de Mindif. Les variations entre le point le plus bas et le sommet culminent autour de 500 mètres.

L’hydrographie

Le Mayo Boula, cours d’eau le plus important, traverse cette Commune en amont les gros villages tels que Djapay, Loubour, Matfay et Mogom. C’est un cours d’eau saisonnier. Il contribue au rechargement de la nappe phréatique en période de crue réduisant d’autant les contraintes liées au manque d’eau. Par ailleurs, des activités de pêche y sont menées essentiellement pendant les périodes d’inondations. Cette activité n’est pas assez développée au point d’influencer l’économie locale.

Forêt et végétation

La végétation est du type sahélien. Elle est peuplée d’arbuste mesurant en moyenne 10 mètres de haut. La végétation est en nette dégradation du fait d’une explosion démographique. Les populations locales exercent une forte pression sur les ressources naturelles. Ne disposant pas de produit de substitution du bois, la forte exploitation des végétaux accélère la raréfaction de certaines essences. C’est le cas des: « Buski » ou Combretom glutinisum, Galbije ou Vitex simplicifolia et les Acacia ssp. La Commune de Mindif dispose d’une importante réserve foncière mise en valeur sous forme de pâturages. Ces espaces concentrent des ressources végétales importantes qui, ravitaillent les zones urbaines alentour en bois de chauffe. L’espace foncier a été morcelé pour une exploitation agricole. Autour des villages, les arbres reboisés qui servent d’ombrage sont sans cesse coupés.

Faune

La faune sauvage est constituée de petits rongeurs, des reptiles et des lézards. De temps à autres, des troupeaux de biches et de phacochères migrant de leurs lieux de refuge, y viennent, attirés par la culture du muskuwaari.

A partir des périodes des indépendances, la fréquence des disettes et le déficit alimentaire sont autant de raisons qui ont poussé la population locale à compléter les rations alimentaires par de la viande de brousse. La démographie galopante, conjuguée aux contraintes naturelles (raretés des pluies) ont longtemps constitués une menace pour les espèces fauniques. La faune sauvage a fortement subit ces différentes pressions. C’est ce qui fait que, les gibiers tels que les grandes antilopes, les gazelles, les phacochères ont pratiquement disparus. Aucun effort de restauration de la population animale n’a été entamé. Tout au contraire, le petit gibier tels que les lièvres, les rats sont constamment prisés.

Aires protégées

Il n’existe pas d’aires protégées à Mindif. La pression humaine est assez forte. L’espace se trouve peu disponible et soumise à une rude compétition. D’un côté, la demande en extension des terres cultivables est forte. De l’autre, le développement des exploitations pastorales nécessite d’avantage de terrain à valoriser en pâturage. L’idée d’une mise en défend d’une portion de terre avait toujours été évoqué, cependant, elle butait à un manque de cadre favorable et à une réticence des habitants.

Ressources minières

La Commune de Mindif dispose de carrières de sables dans les lits de Mayo boula. Le pourtour de la dent de Mindif est riche en moellons et graviers, matériaux essentiels dans la construction des bâtiments.

MILIEU HUMAIN

Histoire de la commune

Le Lamidat de Mindif fut fondé vers 1788. Il s’étalait de Goudoum-Goudoum à Salak avant 1890, et Salak fut cédé à Maroua vers 1895 un peu avant la période coloniale. Il a été érigé en Commune en 1975.

La démographie

Les données démographiques émanant du dernier recensement dénombrent la population de la commune de Mindif à 50 4 66 habitants. Elle se répartit à 8 218 habitants au sein de la zone urbaine et à 42 248 habitants pour les populations des villages.

Taille et structure de la population

Les groupes ethniques dominants restent les foulbés et les Guiziga. Ils constituent respectivement 40% et 35% de la population globale. Les autres ethnies représentent 25%.

Groupes ethniques et relation interethniques

Les différents groupes ethniques réalisent des échanges économiques. Les marchés locaux regroupent ces différents acteurs.

La société a une organisation pyramidale au sommet duquel siège le Lamido. Ce dernier siège au dessus des Lawan et Djaoros. En dessous viennent les Lawan qui supervisent des Djaoros.

Système foncier

La Commune dispose d’une réserve foncière importante. Celui-ci reste à la gestion de la Commune et du pouvoir coutumier. Pour des espaces peu importants, l’autorité traditionnelle en assure la gestion. La Commune réalise également des lotissements quand il s’agit des espaces importants.

Dans les domaines familiaux, le chef de ménage reste le seul gérant du domaine familial. Il le lègue à sa descendance selon les règles successorales coutumières. Par ailleurs, depuis récemment ; la vente de terre est courante.

Les activités économiques

L’agriculture rurale et périurbaine

Elle concerne une population estimée à près de 25 000 actifs agricoles. Les emblavures sont de l’ordre 16 800 ha (source DAMINADER). de Les différentes spéculations cultivées restent le sorgho, le muskuwaari, le coton et le niébé et un peu d’arachides. Les rendements par spéculation sont autour de 1,5 tonne à l’hectare pour le sorgho, 0,8 tonne à l’hectare pour le coton, et 0,7 tonne à l’hectare pour l’arachide et le niébé. Ces productions alimentent les marchés locaux, et les excédents sont achalandés au niveau du centre urbain de Maroua. La contrainte majeure dans ce domaine reste le manque d’outils permettant de réduire le temps de travail et rehausser les rendements. La charrue vulgarisée par la SODECOTON s’obtient à un coût qui grève le pouvoir d’achat du paysan. Malgré les conditions d’attribution qui nécessitent un payement échelonné sur deux ans, les producteurs n’arrivent pas en s’en acquérir. Moins de cent familles pratiquent la culture attelée. Par ailleurs, Il se pose cruellement un problème de déficit de fertilité. La forte exploitation des espaces cultivables en monoculture, et le manque de jachères sont autant de facteurs qui contribuent à une baisse cruelle de fertilité.

La sylviculture

L’arbre n’est pas rentré dans le quotidien des acteurs locaux. Cependant, les fortes variations climatiques et la raréfaction des ressources naturelles renouvelables ont conduit certains à investir dans ce domaines. Des exploitations en fruitiers existent autour des bas fonds et des abords de rivières.

L’élevage

Les peulhs autour de Mindif, sont essentiellement des agropasteurs. L’activité d’élevage est fortement encrée dans leur culture et influence considérablement leur mode de vie. Elle concerne près de 70% des élevages. D’autres groupes ethniques vivant à leur proximité adoptent peu à peu cette activité.. Les espèces bovines ovines caprines et la volaille sont élevées selon un mode extensif, dont le rendement reste à améliorer. Selon les statistiques fournies par les responsables locaux, les cheptels se comptent 2 340 têtes de bovins, 3 238 ovins, 4 276 caprins et 8 000 volailles, élevées en divagation dont une statistique est difficilement capitalisable (source DAMINEPIA).

La chasse

La pression humaine et l’excès de prélèvement des espèces fauniques a considérablement réduit la population d’animaux sauvages. Certaine espèces notamment les antilopes et les grands herbivores ont migrées vers des réserves. La pratique de chasse se résume à traquer les rongeurs, lièvres et rats autour des exploitations agricoles.

Exploitation forestière

La raréfaction des ressources naturelles est un fait qui interpelle les acteurs locaux. La forte pression que les individus exercent sur les végétaux conduit à l’extinction de certaines espèces végétales. C’est le cas des Daaleeje ou Khaya sénégalensis, Ibbi ou Ficus gnaphalocarpa, Ganki ou Celtis integrifolia. Ce constat est le même s’agissant des sols. L’occupation des sols constitue une menace. Sous les effets conjugués de l’explosion démographique et de la recherche des revenus facile, l’exploitation des végétaux pour la production du bois de chauffe intègre la catégorie des petits métiers. L’accès à cette ressource n’est pas suffisamment contrôlé à cause de non implication des autorités locales. Seuls, les agents des eaux et forêts ne sont pas à mesure d’en assurer le contrôle. En revanche, l’accès au sol reste sous l’emprise des chefs coutumiers qui en délivrent l’autorisation et conditionnent l’accès.

Collectes des produits forestiers non ligneux

Outre l’exploitation du bois, l’exploitation d’autres produits forestiers n’est pas développée. Les populations locales n’ont pas encore expérimenté la collecte de la gomme arabique qui ailleurs complète conséquemment les revenus des exploitants. D’autres formes d’exploitations des produits forestiers n’ont pas encore été identifiées.

Artisanat

L’artisanat n’est pas développé. Seuls quelques produits ont été sauvegardés pour véhiculer un savoir-faire puisé dans la richesse culturelle locale. A Djapay, Hoppo, Dir, quelques personnes continuent à fabriquer des lits traditionnels à l’aide des feuilles de rôniers. Ces produits sont vendus dans un rayon peu étendu. Quelques vieilles femmes fabriquent du Godon (Tissus traditionnel) qu’elles écoulent à Maroua. Depuis peu, les jeunes filles se spécialisent dans la fabrication du bonnet.

Le commerce

Longtemps considéré comme prospère en commerce, en fait, cette zone rencontre quelques contraintes Ce qui reste à remarquer est que les commerçants les plus nantis, quittent tout simplement ce village pour aller s’installer à Maroua où cette activité a toute son importance. Au sein du marché de Mindif, le commerce connaît un certain ralentissement. Ceux qui restent au village ont développé le commerce des vivres et des biens de consommations courantes disposant un capital maigre.

Les échanges opérés au sein de cette Commune seule ne sont pas à mesure de soutenir l’économie locale. C’est ce qui a permis un rayonnement des activités économiques autour des zones voisines notamment, Kaélé, Salak…

L’industrie

Le système industriel n’est pas développé. La commune a gardé une physionomie rurale. Une expertise locale en matière de transformation des produits agricoles brassage et extraction d’huile est encore à l’état artisanal.