COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

KAR-HAY

 

Maire     WAGA Alphonse

Tél.   +237 699 80 90 87

Créée par l’ordonnance N° 61/16 du 24 juin 1961

Superficie 230 km2.  

Localisation de la commune

La commune de KAR HAY est située dans le département du Mayo Danay, région de l’extrême nord. Elle est limitée au sud par la commune de TCHATIBALI, au nord par la commune de KALFOU, à l’Est par les communes de DATCHEKA et de WINA et à l’Ouest par la commune de TOULOUM. Elle couvre une superficie d’environ 230 km2.

La commune de KAR HAY compte une population estimée à environ 42 963 personnes selon le dernier recensement général de la population (en tenant compte du taux d’accroissement de la population de 2,6, on pourrait estimer la population de Kar Hay à 55 000 soit une densité moyenne de 240 habitants au Km2 !!! dont près de 40% constitue la population de l’espace urbain).

Cette population est répartie dans 25 lawanats. Elle est en majorité constituée de l’ethnie Toupouri (environ 94%), des Foulbés (environs 2%), des Kanouris (environs 1%), des Massa (environs 1%), des Moundans (environs 1%) et les autres ethnies représentées pour la plus part par des fonctionnaires en poste dans la commune et leur famille. Malgré l’ultra majorité des Toupouris, toutes ces ethnies vivent en parfaite symbiose.

KAR HAY se trouve à 54 km de Yagoua son chef-lieu de département et à 170 km de Maroua, chef-lieu de la région de l’Extrême Nord.

Description du milieu biophysique

Climat

La commune de Kar-Hay appartient au domaine du climat soudano sahélien, caractérisé par une longue saison sèche allant d’Octobre à Mai, et une courte saison pluvieuse allant de Juin à Septembre. Les précipitations moyennes se situent autour 723 mm/an.

La température moyenne de la région oscille entre 28 et 30°C. Les températures mensuelles les plus basses sont relevées au mois de Décembre (entre 18 et 20°C) et les plus élevées au mois de Mars (45°C).

Les vents dominants sont l’harmattan qui souffle du nord au sud et l’alizée qui souffle du sud vers le nord.

De plus en plus, on constate des perturbations importantes de ce cycle où il ya alternance des plus ou moins longues saisons sèches ou des pluies très abondantes qui provoquent des inondations.

Relief

Le relief de la commune est contenu dans un ensemble faisant partie de la dépression du lac Tchad, immense bassin continental peu à peu remblayé ayant une altitude moyenne de 285 m. zone d’une grande platitude formée d’alluvions quaternaires.

Sols

Une étude pédologique fait ressortir quatre types de formations :

- Les sols sableux conséquences de l’influence et /ou du prolongement du cordon dunaire dont la bande occupe la région de l’extrême nord dans le sens Nord-Ouest Sud-est (Vers la zone de Guissia).

- Les sols limoneux riches en alluvions propices à la culture de coton et des autres spéculations (Vers la zone de Mogom).

- Les vertisols qui sont de types hydromorphes. Ils sont essentiellement argileux et sont propice à la culture du sorgho de saison sèche (on les rencontre dans presque tous les villages).

- Les sols sodiques ingrats encore appelé ‘’hardé’’ qui sont généralement des sols incultes.

Ces sols ont une coloration noire et sont généralement sujettes aux inondations. Assez fertiles, elles constituent le support d’une intense activité agricole. Malheureusement, compte tenu de la forte densité, ces sols sont surexploités et perdent leur fertilité.

DESCRIPTION DU MILIEU SOCIO-ECONOMIQUE

Histoire de la Commune

La commune de KAR HAY existe depuis 1961 en tant qu’unité administrative. Elle a été créée par l’ordonnance N° 61/16 du 24 juin 1961. Son histoire est rattachée à celle de la ville de Doukoula qui aurait été créée par DJONGA GNOWA, il serait venu de DEHANRE au soudan avec sa nombreuse famille (il avait 40 femmes et des centaines d’enfants) à la recherche de terres fertile. Il s’installa tout d’abord à Dadjamka où un espace lui avait été donné par le chef. Face à la forte pression sur les terres, le chef de Dadjamka proposa à son hôte un terrain vide pour s’y installer avec sa famille. DJONGA s’installa donc sur le site actuel où existait une mare qui était ravitaillée par un couloir d’eau. D’où l’expression ‘’kihay kiboun’’ qui a donné plus tard Kar Hay.

Démographie

Taille et structure de la population

La commune de KAR-HAY compte 24 villages et un espace urbain constitué de vingt-quatre quartiers. Ils sont traditionnellement dirigés par 01 chefferie de 1er degré et par plusieurs lawans de 3e degré.

Groupes ethniques et relations inter-ethniques

La commune de KAR HAY compte une population estimée à environ 53 848 personnes réparties dans 25 lawanats. Elle est en majorité constituée de l’ethnie Toupouri (environ 96%), des Foulbés

(environs 2%), des Kanouris, des Massa, des Moundangs et les autres ethnies représentées pour la plus part par des fonctionnaires en poste dans la commune et leur famille environs 2%. Malgré l’ultra majorité des Toupouris, toutes ces ethnies vivent en parfaite harmonie.

Religion

A KAR-HAY, le christianisme est la religion majoritaire. Près de 65% de la population est chrétienne. Il existe plusieurs groupes : les catholiques, les protestants (EELC, EPC, EEC,…), les pentecôtistes, les témoins de Jéhovah. A côté du christianisme, se pratique aussi l’islam. Près de 5% de la population y est concerné. Le reste de la population, c'est-à-dire 30%, est animiste et affectionne la fête du ‘’Coq’’.

Mobilité de la population

La carte de mobilité des populations de Kar Hay indique que les plus grands mouvements effectués par les populations se font vers Kaélé, Lara, Guidiguis, Kalfou, Zouaye, Yagoua, Tchatchibali, Datchéka, Mindif, Maroua etc. pour la commercialisation des produits agricoles et de première nécessité, les loisirs, les problèmes de justice, la religion, les visites, la recherche d’emplois rémunérés, l’éducation scolaire et universitaire, etc.

Organisation sociale

L’organisation sociale à Kar Hay est bâtie autour du lamida de Doukoula. Celui-ci est une chefferie de 1er degré. L’autorité dans les villages est régie par les lawans qui sont des chefs de 3e degré et des chefs de quartiers appelé Djaouro. A côté de cette organisation classique, on rencontre des chefs traditionnels appelés ‘’WANG SOUNG’’ qui sont des chefs des forêts sacrées très écoutés par les populations. Ils sont chargés des cérémonies traditionnelles et des rites. Ils sont les garants de la coutume Toupouri. Tout ce beau monde est sous l’autorité du lamido.

Outre cette organisation traditionnelle, il existe dans la commune plusieurs organisations de la société civile notamment les GIC, les GIE, les associations de développement, et des partis politiques qui cohabitent et vivent en paix.

Habitats

A Kar Hay, se développent deux types d’habitats, les habitats modernes caractérisés par des grandes maisons avec des clôtures. Ce type d’habitat se rencontre beaucoup plus à Doukoula. A côté de ces grandes bâtisses et dans les villages, se développent des constructions anarchiques. Généralement, les cases sont construites en groupe, celle du père de famille à l’entrée, les autres de façon aléatoire. Dans la communauté musulmane (qui se retrouve en ville), les cases sont entourées des clôtures en terre, en séko ou en dur. La particularité de ces constructions est qu’elles sont pour la plus part précaire.

Par ailleurs, Il est difficile de distinguer les différentes zones d’exploitation. Car il n’existe aucun plan d’occupation des sols.

Les enquêtes ont permis de classer les habitats en plusieurs catégories : les maisons en matériaux définitifs, semi-définitifs ou provisoires avec ou sans latrines. Il est à noter que le problème de latrine est crucial pour les communautés rurales qui n’en ont pratiquement pas. Les principaux matériaux de construction utilisés sont la terre (potopoto), les parpaings, le ciment, la paille et les tôles ondulées en aluminium. La mentalité des populations rurales ne les stimulent pas à construire des habitats décents. Pour preuve, 90% des maisons de KAR-HAY sont construites en matériaux provisoires. Le type de matériel utilisé n’influence en rien le plan de construction des maisons qui ont des formes rondes, rectangulaires ou carrés.

Système foncier

Les terres appartiennent aux premiers occupants, généralement à ceux qui les premiers les ont mis en valeur. Le titre foncier n’est pas l’apanage de toutes les populations de KAR-HAY. La possession du terrain se fait par héritage du père à l’enfant, par don, et par achat de gré à gré. Ces derniers temps, il s’est développé un phénomène de vente anarchique de terrains qui prive les ayants droits de leurs terres. Les terrains sont généralement délimités par des bornes naturelles à savoir : arbres, routes et pistes. Il faut signaler que les conflits fonciers sont très nombreux du fait de l’étroitesse de la superficie.

Acteurs du Développement local

Il existe plusieurs acteurs de développement local à KAR-HAY. Il s’agit :

- Des comités de développement : presque tous les villages de KAR-HAY disposent d’un comité de développement encadrés par le comité de développement du ‘’Grand Kar Hay’’

- Les programmes gouvernementaux à l’instar du PNDP, du PDR, du PACA … ;

- Les instituts de coopération et les ONG à l’instar de la SNV, de la GIZ, Sana logone…

Activités économiques

Les principales activités économiques sont : l’agriculture, l’élevage, le commerce

Agriculture

Les principales spéculations pratiquées dans la commune de KAR HAY sont :

- Les céréales : le sorgho pluvial, le muskuwari

- Les légumineuses : l’arachide, le niébé, le sésame

- Les cultures de rente : le coton.

A côté de ses principales cultures se développent la culture de légumes et de maraichers dans les bas-fonds et à travers les jardins de maisons. De plus en plus, on note une attirance des populations vers la culture de riz.

Les produits de ces spéculations sont destinés en partie à la commercialisation et l’autre partie à la consommation des ménages.

Sylviculture

Dans la commune de Kar Hay, la sylviculture est une nécessité car les conditions climatiques sont très rudes. L’activité de l’homme a détruit près de 80% du potentiel floristique originel. Aujourd’hui à Kar Hay, l’homme est en train de réparer ce qu’il a détruit. D’où l’action du gouvernement à travers l’opération ‘’sahel vert’’ qui a mis en terre 80 000 plants sur 500 hectares. A part cette action, au quotidien, les populations font un effort de reboiser quand elles le peuvent et de préserver ce qu’elles peuvent. Il existe deux pépinières publiques : une à la Mairie et l’autre au poste forestier qui donnent les plants aux populations en vue du reboisement.

Les essences les plus mis en terre sont :

Le Neem : pour sa facilité d’adaptation au climat, son bois et l’ombrage qu’elle procure.

Toutes les variétés d’acacias: pour leur facilité d’adaptation au climat, la nutrition du petit bétail et le bois. À côté de ces espèces, se développent plusieurs vergers constitués de manguiers, citronniers, les zuzyphus, les anacardiers… Ces produits sont destinés à la vente ou à la consommation individuelle.

Elevage et pêche

Elevage :

L’élevage est une activité importante dans la commune, elle porte essentiellement sur l’élevage des bovins,, des petits ruminants (ovins et caprins), des porcins et de la volaille. La production de certaines espèces comme la volaille a fait la renommée de KAR HAY dans toute la sous région.

Le niveau des échanges dans les marchés à bétail démontre de l’importance de cette activité dans la zone. L’élevage constitue une sorte d’épargne pour les populations locales et une source de

revenu potentiel pour la mairie si les mécanismes de collecte sont bien organisés. L’animal constitue pour les populations locales, une sorte d’épargne. Certaines cérémonies traditionnelles accordent beaucoup d’importance à l’animal, à l’instar de la fête du coq, la dot et les funérailles. Tout cela amène les populations de Kar Hay à traiter les animaux avec plus d’attention.

Pêche :

L’inexistence des mayos rend l’activité de pêche presque marginale. Elle se pratique dans les mares qui retiennent de l’eau pendant la saison des pluies. Elle est réservée aux enfants. Mais la population s’approvisionne en produits halieutiques à partir de Fianga.

Chasse

L’absence d’une forêt éloigne de plus en plus les animaux. Cela implique que l’activité de chasse est une activité marginale. D’ailleurs, la faune n’est constituée que de petits rongeurs.

Les populations se plaignent de la raréfaction du gibier qui a tendance à s’éloigner de leurs terres.

Exploitation forestière

Il n’existe aucune zone forestière à Kar Hay. Ceci implique que l’exploitation forestière ne peut exister.

Collecte des Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL)

Dans la commune de Kar Hay, les PNFL sont constitués de fruits issus du rônier et de quelques espèces traditionnelles pas très fréquents. La zone est de plus en plus colonisée par le Neem et le Faiderbia.

Artisanat

Les types d’artisanats développés à KAR-HAY sont : la poterie, le tissage et la forge. Les artisans fabriquent les pots de différentes tailles très appréciés dans la distillation et le service des boisons locales, ou dans la conservation de l’eau à boire, des nattes et des toitures en pailles, des instruments de champ comme les machettes traditionnelles, les houes, …

Ces produits sont destinés à la vente ou à l’utilisation personnelle (barrières des maisons, travaux champêtres, …)

Commerce

La commune de KAR HAY dispose d’un grand marché, celui de DOUKOULA. Ce marché se développe rapidement en infrastructures grâce aux efforts conjoints de la commune, des partenaires au développement et des privés. On compte 02 grands hangars de près 400 m2, 149 boutiques (dont 20 nouvelles boutiques), un abattoir et une boucherie archaïques et délaissés des bouchers.

Le marché à bétail quant à lui a été délocalisé vers l’entrée nord-ouest de la ville. Il souffre d’un manque criard d’infrastructures.

Ce marché est un haut lieu des échanges compte tenu du fait que KAR HAY constitue un grand bassin de production en agriculture et en élevage.

Services

Les différents services rencontrés à KAR-HAY sont les services déconcentrés de l’Etat : MINEPIA, MINADER, MINEDUB, MINSANTE, MINESEC, MINFOF, MINJEC, MINFI ; le service de transfert d’argent à travers le Crédit du Sahel et la CAMPOST.

Autres activités économiques

Exploitation du sable, de l’argile et des pierres :

Le sable à Kar Hay n’est pas de bonne qualité. Les populations préfèrent recueillir le tout-venant. En ce qui concerne les pierres, le potentiel n’est pas très important et ne peut constituer une activité importante. Pour l’argile, il n’est utilisé que par les femmes pour les besoins de la poterie et la construction des greniers.

Transformation des produits :

Il existe plusieurs types de transformation des produits dans la commune. La plus vulgaire est la transformation du mil en boisson alcoolisée très appréciée des populations. Dans le même ordre d’idée, il faut signaler la distillation du mil pour donner ‘’l’arki’’. Il existe aussi la transformation du niébé en farine ou en pâte utilisée pour la préparation du ‘’kôki’’. On signale la transformation du soja en bouilli, la transformation des arachides en huile. Toutes ces transformations se font de manière artisanale.