COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

KALFOU

 

Maire   DJONSE DJONWANG

Tél.       +237 696 84 00 53

Créée en 1996 

Superficie de 615 km²

Nombre de conseillers municipaux 25

Localisation de la Commune

La Commune de Kalfou créée en 1996 est située dans le Département du Mayo Danay dont elle est la porte d’entrée à 42 kilomètres de la ville de Yagoua. Elle compte 21 Lawanats/villages avec une population totale de 26 203 habitants répartie sur une superficie de 615 km² ; Elle est limitrophe au nord de l’Arrondissement de Moulvoudaye, au sud par l’arrondissement de Tchatibali, à l’est par l’arrondissement de Yagoua et à l’ouest par la municipalité et l’arrondissement de Touloum dans le Mayo Kani.

Milieu biophysique

Climat

Le climat ici est tropical de type soudano- sahélien à longue saison sèche, l’harmattan souffle d’octobre à mars. Les vents du sud apparaissent timidement en juin avant d’apporter la pluie en août et surtout en septembre. La pluviométrie moyenne varie entre 500 mm et 800 mm et les précipitations annuelles sont concentrées pour l’essentiel sur 3 mois (d’Août à octobre). Les températures moyennes sont voisines de 30°C, avec des écarts thermiques très importants (7,7°C moyenne annuelle). Par ailleurs, les risques liés à la pluviométrie concernent la grande variabilité de la pluviométrie dans l’espace et dans le temps et l’agressivité des pluies. Ces contraintes climatiques contribuent, pour beaucoup, à l’exacerbation du processus de désertification dans cette zone. Ce climat est favorable à la culture du coton et des céréales. En fonction des saisons, le paysage est caractérisé par la savane arborée et herbeuse et des petites steppes à épineux par endroit.

Relief

Le relief de la commune est d’une absolue platitude inondable pendant les pluies à cause de la structure argilo sableuse du sol.

Sols

La zone sahélo-soudanienne dans laquelle se trouve la commune est caractérisée par une mosaïque de sols et de formations édaphiques variés. Ces sols sont généralement très sensibles à l'érosion hydrique et éolienne, accentuée par la disparition du couvert végétal. Sous la pression humaine et les précipitations, ces sols subissent une forte érosion hydrique. L’écosystème se retrouve ainsi fragilisé par une forte densité des populations et une forte pression foncière. Il est soumis aux effets néfastes de la sécheresse exacerbée notamment par les pâturages et l’érosion des sols.

Hydrographie

Le réseau hydrographique communal est essentiellement constitué de petites mares d’eau artificielles pour l’abreuvage du bétail. Il n’existe pratiquement pas de cours d’eau important.

Végétation et flore

La végétation de Kalfou présente un couvert végétal assez varié. En fonction des saisons, le paysage est caractérisé par la savane arborée, herbeuse et de petites steppes à épineux sur des parcelles non occupées par des habitations et les champs. Les espèces herbeuses dominantes sont : Pennisetum purpureum, andopogon ssp, Hyparhénya rufa, Chromolaena odorata, Mimosa sp et de nombreuses graminées. Les bas fonds marécageux situés à la lisière de certains quartiers sont surtout colonisés par les Maranthacées et les Zynziberacées. D’autres espèces sont recensées dans la réserve forestière de la commune classée aire protégée. On y retrouve une forêt claire et une savane herbeuse. La forêt claire est composé de ligneux essentiellement constitués de balanites aegyptiaca, sclérocarya birrea, kigelia africana et sterculia setigera.

Faune

Faune sauvage terrestre

La Commune de Kalfou abrite une faune sauvage très diversifiée et abondante. Cette faune sauvage se retrouve principalement dans la réserve forestière de Kalfou qui couvre une superficie de 4000 ha créée en 1933. Les principales espèces que l’on rencontre sont : les éléphants, les hyènes, les damalisques, de nombreux oiseaux.

Faune sauvage aquatique

La faune sauvage aquatique est presque inexistante à cause de l’absence de cours d’eau d’envergure dans la Commune et nécessaire à son développement.

La faune domestique terrestre

Elle est très riche et diversifiée. Elle est constituée d’un cheptel constitué de volaille, porcins, ovins, caprins et bovins, écains, azins et d’animaux de compagnie (chiens, chat).

Milieu humain

Population

Selon les récents résultats du dernier recensement de la population au Cameroun, c’est au total, à plus de 26 203 habitants qu’il faut estimer la population de l’arrondissement soient 12 685 hommes et 13 518 femmes. Les femmes sont légèrement plus nombreuses que les hommes. Le recensement dénombre 3669 habitants qui vivent dans la zone urbaine de Kalfou : soient 1914 hommes et 1755 femmes. Les hommes sont donc les plus urbanisés tandis que les femmes habitent majoritairement la zone rurale où 22 534 personnes vivent à savoir 10 771 hommes et 11 763 femmes. La population de Kalfou est donc en définitive fortement rurale pour plus des ¾.

Organisation sociale et traditionnelle

L’organisation sociale diffère d’une ethnie à l’autre (Peulh, Toupouri, Massa, Mouzoï, etc.) même s’il existe des similitudes parce que partageant le même espace. Le Lamido, sa majesté TAMBOUTOU est le chef traditionnel de premier degré. Il est assisté dans sa tâche par des « Kaïgama » qui sont ses notables. Ceux-ci jouent auprès du lamido, le rôle de conseillers. Les quartiers quant à eux sont dirigés par des « Djaouro ». L’accession à la chefferie de 1er degré est héréditaire. Dans les lawanats, le lawane hérite son pouvoir d’un parent ayant occupé cette fonction. Mais il est aussi possible qu’il y’ai plusieurs aspirants à la succession du chef défunt ou grabataire, à ce moment, la population est sollicitée pour aider à la désignation du nouveau chef par le vote. C’est après ce choix que le Lamido puis l’autorité administrative entérinent le choix de la communauté en intronisant officiellement le préposé.

Les conflits récurrents sont généralement liés à l’occupation des terres, à la divagation des bêtes, aux querelles politiques et à divers problèmes claniques. Pour les résoudre, les plaignants font recours au djaouro ou au Kaïgama. Si le litige n’est pas résolu, il est porté au niveau du Lamido. Ce n’est qu’après ces étapes que l’on peut recourir à la brigade de gendarmerie ou au bureau du BIR présent dans la ville.

Religion

Deux principaux groupes religieux sont répertoriés dans la commune : les chrétiens avec leurs nombreux démembrements (catholiques, protestants, évangéliques, pentecôtistes, témoins de Jéhovah, la communauté Missionnaire Chrétienne Internationale, etc.) et les musulmans qui sont presqu’entièrement de l’ethnie peulh.

Us et Coutumes

Les communautés de Kalfou ont presque la même façon de s’habiller. Malgré l’intrusion du mode vestimentaire occidental chez les chrétiens, les femmes peulh et toupouri continuent à arborer le pagne et le foulard, bien plus la femme peulh se voile la tête. L’homme peulh lui est toujours fidèle au boubou traditionnel. Les habitudes alimentaires sont à base de couscous de mil ou de riz, du niébé ou du poulet.

Habitat

L’habitat est de manière générale constitué de cases rondes ou rectangulaires. Il est dispersé et disposé en agglomérés de famille ou ethnie dans les différents quartiers et villages de la commune. L’enquête sur le terrain a permis de constater que les habitats sont anarchiquement construis avec un taux de promiscuité très élevé que ce soit en zone urbaine ou en zone rurale. On peut aussi les classer en plusieurs catégories : les maisons en matériaux définitifs, semi-définitifs ou provisoires (en tôles) avec ou sans latrines. Il est à noter que le problème de latrine est crucial pour les communautés rurales qui n’en ont pratiquement pas. Les principaux matériaux de construction utilisés sont la terre (poto poto), les briques d’argile ou de terre cuite, les parpaings, le ciment, la paille et les tôles ondulées en aluminium pour certaines constructions dans la zone urbaine.

Le mode de construction ici consiste en la réalisation d’une case principale, celle du chef de famille et des cases des épouses car ici la majorité des hommes sont polygames. Chaque épouse a sa cuisine et les concessions sont presque toujours clôturées en dur (espace urbain), en briques de terre cuite ou en nattes de sekho (zones urbaine et rurale).

La gestion des terres ici est l’exclusivité du Lamido qui en est le propriétaire. La sécurité foncière est inconnue et seule une poignée d’individus dispose d’un titre foncier.

Sur le plan administratif, on retrouve à Kalfou, une bonne frange des services de l’Etat au niveau de l’arrondissement, à savoir:

La délégation de l’agriculture et du développement rural ;

La délégation de l’élevage

La délégation de la promotion de la femme et de la famille

Un poste de contrôle forestier non bâti

La délégation de la jeunesse

La brigade de gendarmerie

L’inspection de l’enseignement primaire et maternelle

Le poste du BIR

La sous préfecture

La mairie

Economie locale

Le tissu économique de la commune est en partie concentré dans le secteur informel ; à côté des commerçants des denrées alimentaires, du carburant et autres médicaments de la rue, on note aussi la présence des motos taximen, des call boxeurs, des restaurateurs, des chargeurs, des guérisseurs traditionnels, des garagistes. L’élevage et l’agriculture constituent l’autre composante majeure du tissu économique de la commune de Kalfou.

L’agriculture

L’agriculture est le secteur d’activité, sur le plan économique, le plus important de la Commune car elle occupe la majeure partie de la population. C’est la première activité génératrice de revenus. Deux types d’agriculture y sont pratiqués : l’agriculture vivrière et l’agriculture de rente.

i) Agriculture vivrière

Les cultures vivrières les plus importantes sont le mil, le sorgho, le manioc, l’arachide, le Maïs et le haricot. Les produits tels la patate, l’igname sont également cultivés sur des surfaces de moindre importance. En ce qui concerne les cultures maraîchères, on cultive la tomate, le gombo, l’oignon, le piment, les condiments et les légumes divers (niébé). Parmi toutes ces cultures, celles qui sont les plus porteuses de la localité sont le mil, le sorgho, le niébé, le maïs, l’arachide et le haricot qui sont cultivées sur des surfaces moyennes.

Du fait de la forte pression démographique sur les terres, la pratique de la jachère a presque disparue. Les quantités produites sont faibles du fait de la non utilisation des semences améliorées et des techniques culturales archaïques avec un matériel tout aussi désuet et inadapté. Une autre contrainte majeure au bon rendement de la production des cultures vivrières reste la pluviométrie qui pour l’année 2010 a été de 866mm pour 46 jours de pluie. Tout à côté, on observe une présentation des différents postes agricoles de la commune. Leur positionnement géographique est fonction de l’importance relative des activités agricoles de la zone qu’elle couvre. Mais l’administration de l’agriculture a également tenu à ce que ces postes soient répartis de façon équilibrée sur l’ensemble du territoire communal. Cependant ces postes sont dépourvus de personnel et sont par conséquent non opérationnel.

L’écoulement des produits vivriers se fait sur le principal marché périodique de la commune tous les lundis ainsi que sur les autres marchés périodiques des villages. L’approvisionnement de ces marchés est assuré directement par les agriculteurs qui se déplacent à pieds pour certains, à moto, en charrette pour d’autres et en voiture lorsqu’il faut aller dans les marchés en dehors de l’arrondissement.

ii) Agriculture de rente

Le coton constitue la principale culture de rente dans la zone. Malheureusement, la production et la commercialisation de cette spéculation ne sont à proprement parler pas organisées et sont gérées entre la Sodecoton et les cultivateurs.

Il existe dans la commune de Kalfou des structures susceptibles d’aider les agriculteurs à l’amélioration de la qualité et des quantités produites : la délégation d’arrondissement d’agriculture par exemple ainsi que la construction par la Sodecoton des magasins de stockage. Cette société subventionne au moyen des semences, engrais et pesticides la culture du coton qu’elle est seule et de manière exclusive l’unique acheteur. Il est important de mentionner que vu les cours bas sur le marché camerounais une bonne partie de la production est vendue en contre bande vers le marché nigérian voisin.

Comme la plupart des communes camerounaises, l’arrondissement de Kalfou dispose d’un fort potentiel agricole (Terres arables, bas-fonds riches et main d’oeuvre disponible). Il a bénéficié de l’appui de nombreux programmes et projets. L’action de ces programmes a consisté le plus souvent à renforcer les capacités des producteurs à la base notamment par la tenue des sessions de formation sur les techniques de production semi intensive, sur les techniques de conservation des productions, l’organisation des ventes et parfois par la distribution des semences améliorées. Pour autant, les résultats restes mitigés. Les raisons avancées par les agriculteurs sont que les formations dispensées sont souvent courtes et très denses pour des gens le plus souvent âgés. Par ailleurs, l’enclavement de la commune rend l’évacuation des productions onéreuse et la méconnaissance des marchés porteurs ne permet pas de cibler des partenaires crédibles.

L’élevage

L’élevage fait partie des domaines d’activités porteurs dans la commune. Mais c’est un élevage sous valorisée : il s’agit d’un élevage extensif caractérisé par des cheptels très faibles. Parmi les espèces couramment rencontrées, on note les porcins, la volaille, les caprins, les ovins et les bovins, les lapins, équins, azins et canins. Il existe un marché de bétail à Kalfou mais qui manque fortement de dynamisme. Il existe aussi celui de Bougaye qui concerne uniquement les petits ruminants.

Chasse

La chasse est quasi inexistante dans la commune. La réserve forestière est protégée par l’état et le poste de contrôle forestier de la commune veille à la non violation de cette protection. Même lorsqu’il arrive fréquemment que les éléphants sortent de cette réserve et détruisent les champs, les populations ne sont pas autorisées à les abattre.

Pêche

La pêche ici est très artisanale car l’absence de cours d’eau d’envergure limite l’expansion de ce secteur d’activité. Elle es généralement pratiquée par les femmes de l’ethnie toupouri ; les produits de cette pêche sont constitués de petits poissons qui sont par la suite séchés pour être consommés pour la grande partie et pour le reste vendu sur les marchés périodiques de la commune.

Petit commerce

Le petit commerce à Kalfou se résume à la commercialisation des produits de premières nécessités dans les boutiques tenues généralement des peulh. L’on compte également quelques débits de boisson tenus eux par les toupouri.

L’enquête sur le terrain a permis de relever les différents corps de métiers suivants : les commerçants, les motos taximen, des call boxeurs, des restaurateurs, des vendeurs de carburants, des chargeurs, des bouchers, des guérisseurs traditionnels et des garagistes

L’artisanat

Les artisans fabriquent des objets généralement sur commande. Cette activité n’est pas très présente et ne génère que très peu de revenus pour les populations. Les objets fabriqués sont les nattes appelées « sékho », les canaris en terre cuite pour contenir soit de l’eau ou du Bil-bil la bière locale, les lits en roseau, les nasses. On trouve également très peu de personnes (03) qui exercent dans la couture ou la coiffure

Il ressort de l’analyse socioéconomique de la commune que celle-ci dispose d’énormes potentialités notamment la multitude de marchés périodiques. Par ailleurs les populations marquent plus d’intérêt pour des spéculations dont les critères de choix portent sur les besoins alimentaires, les possibilités de transformation locale, la facilité de manutention des productions et leur facilité d’écoulement.