COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

WINA

 

Maire   MOLGOM (DOUGOUM)

Tél.     +237 679 38 91 48

Créée en 1983

Superficie 215 km2

 

Nombre de conseillers municipaux 25 

Localisation de la Commune de Wina

Créée en 1983, la commune de Wina est située dans le département du Mayo-Danay,

Arrondissement de Wina. Elle est limitée :

- au nord par la commune de Yagoua,

- au sud respectivement par la commune de Datchekga et le Tchad voisin

- à l’est par la commune de Guéré

- à l’ouest respectivement par les communes de Datchegka et de Kar-Hay.

Elle s'étend de10°00'886’’ à 10°12'312’’ latitude Nord et 15° 08'12’’ à 15° 21’08’'de longitude Est. La commune a une superficie de 215 km2, abritant 22 villages avec une population estimée à environ 30 000 habitants selon les résultats du recensement général de la population et de l’habitat. WINA possède une façade sur le Lac Fianga d'une longueur de 79 km (Onana, 1995; Donfack, 1998 et Amougou, 1998).

Milieu physique

Climat

Le climat qui règne dans la commune est de type soudano-sahélien. Il est caractérisé par deux saisons distinctes plus ou moins contrastées. Une saison sèche allant de 4 à 5 mois de mi-Octobre à mi-Mai ; une saison de pluie qui s’étend sur 6 à 7 mois partant de la deuxième moitié du mois de Mai à la première moitié du mois d’octobre.

Le pic pluviométrique est observé entre les mois d’août et septembre. Les données collectées aux postes pluviométriques de Yagoua entre 2006 et 2010 confirment cette caractéristique. Les fluctuations pluviométriques interannuelles sont de plus en plus marquées dans la dernière décennie. On constate qu’entre 1995 à 2010, la pluviométrie moyenne est passée de 1200 mm à 1050 mm.

Concernant les températures, la moyenne est située autour de 25°C pour les mois les plus frais et 35°C pour les mois les plus chauds. Cependant, certaines zones les plus proches du lac Wina présente une nuance microclimatique due au vent frais émaneant du Lac. Cette variation fait descendre la température parfois à moins de 23°C (cas de Karmargui, Souaye, Bosgoye).

Dans l’ensemble, il faut relever que les mois les plus chauds sont les mois de Mars et Avril et les plus froids sont est ceux de Novembre et Janvier.

Par ailleurs, la zone est influencée par deux types de vent dont l’harmattan et la mousson. Le premier est un vent chaud sec soufflant du Nord au Sud tandis que le second chargé d’air humide, balaie la zone de l’Est à l’Ouest.

Les rapports des communautés locales laissent apparaître les mêmes observations à savoir que la pluviosité a baissé de manière générale ces dernières années. Les populations font aussi allusion à l’irrégularité pluviométrique qui perturbe le calendrier agricole et affirment que les retenues qui se formaient jadis dans les mayos et mares deviennent de plus en plus rares ou de courte durée. Ces mutations climatiques provoquent les mouvements involontaires de certaines localités à la recherche de points d’eau pour la consommation humaine et animale.

Sol

Les caractéristiques géomorphologiques de l’espace communal de Wina font apparaître d’énormes potentialités en termes de fertilité des sols.

On y distingue trois grands types de sols dont les sols ferralitiques, les planosols à horizons épais et les sols argileux des bas-fonds.

Un problème en termes de fertilité se pose au niveau des sols ferralitiques et planosols à cause de fortes érosions qui entrainent lea charriage des éléments minéraux et organiques de ces sols.

Par ailleurs, sur les 215 km2 de superficie de la commune, seulement 50 km2 regorgent des caractéristiques agricoles. Compte tenu du grossissement démographique galopant la disponibilité des sols agricoles deviendra un problème majeur.

Relief

La zone de Wina est une pénéplaine sans accident morpho géologique majeur. Les variations en altitudes se contrent entre les intervalles de 335 à 344. Les plus basses altitudes sont observées au niveau des bas-fonds qui occupent plus de 40% de la superficie de l’espace communal tandis que les hautes altitudes sont constituées des zones d’habitations plus ou moins à l’abri des inondations récurrentes. Ainsi, certains villages font l’objet fréquent des inondations souvent catastrophiques ravageant cultures et habitats.

Hydrographie

Le réseau hydrographique est représenté par le lac Wina qui est une branche morte du lac Tchad. Le lac s’étend sur 800 m de large sur 79 km de long si on ne considère que la portion appartenant à la commune. Cette portion Est du Lac fait limite avec celle de la commune de Guéré, de Fianga. C’est un lac très poissonneux qui attire les pêcheurs venant de divers pays dont le Tchad, le Mali et le Cameroun.

Le lac collecte pour son alimentation des eaux des différents ruisseaux, rivières et rigoles dont les plus importants sont : le Mayo-Danay, le ruisseau Tilalé, le Ruisseau Way.

Concernant la gestion, il est à craindre une baisse du niveau des eaux du lac à cause de plusieurs facteurs. En effet, la dégradation de l’environnement (déforestation) accentue l’érosion qui entraine le charriage des masses de sable contribuant à l’ensablement progressif du lit du lac. Les exploitations agricoles sur ses bords et l’envahissement par l’herbe Ipomea prescape s’ajoutent pour rendre la situation plus alarmante.

Des tentatives de gestion sont initiées pour inverser les tendances. Ainsi, un réseau des communes riveraines vient d’être mis en place qui doit travailler avec des experts internationaux.

Flore et faune

Flore et végétation

Selon la flore Forestière du Cameroun, l’espace communal de Wina peut être classé dans le domaine soudano-sahélien à nuance sahélo-soudanienne. La diversité floristique de cette pénéplaine est caractérisée par une richesse spécifique des herbacées et une pauvreté relative en essences ligneuses.

Aucune investigation sérieuse n’a été effectuée localement pour évaluer la distribution phytogéographique. Cependant, les parcelles balayées par nos transects lors du présent travail laissent apparaître les grandes familles de Légumineuses au côté des Poacées particulièrement dominantes. Les principales familles rencontrées sont majoritairement des Caesalpiniaceae, Fabaceae et Mimosaceae. Les Mimosaceae occupent le premier rang en termes de richesse spécifique selon l’Indice de Shannon. Les Herbacées sont quant à elles, dominées par les Andropogonées ; ce qui a valu d’ailleurs à la zone sa classification comme savane herbeuse/Steppe.

Considérant l’aspect des formations végétales, la zone de Wina est constituée des savanes arbustives, steppes, de savanes boisées et par endroits des bosquets de savanes arborées (forêt Goulourgou). Cette végétation appartient au domaine floristique soudano-sahélien décrit par Letouzey (1972) et Aubreville (1985). Les informations les plus récentes portant sur la diversité floristique de cette zone sont celles de Toupka(1998) et Donfack(1999). Aucun des deux auteurs n’a abordé l’aspect floristique fondamental. En revanche, ils ont pu ressortir les impacts des actions anthropiques dans l’évolution de la végétation locale.

Dans les savanes arbustives de ce cordon dunaire, paléo-forme sableuse de l’ancien rivage du lac Tchad, on rencontre des espèces végétales caractéristiques dominantes telles que : Guiera senegalensis, Ficus platyphylla, Balanites aegyptiaca, Ficus ingens, Zyzyphus mauritaniaca, Faidherbia albida, Tamarindus indica.

Sur le bord du lac Wina, la végétation est dominée par les espèces dont Kigelia africana, Mytragyna inermis, Ficus platyphylla. Les espèces végétales du milieu lacustre sont représentées par Nymphea lotus, Aristasia sp, Ichinochloa sp, Ipomea aquatica, Phragmites pyramidalis.

Concernant la gestion, aucune mesure précise n’est prise pour une action concrète. La déforestation s’accentue suite à l’installation régulière de nouvelles défriches agricoles renforcées par l’action des feux de brousse récurrents. Les savanes boisées sont aujourd’hui en net recul face aux avancées des fronts agricoles destructeurs de la végétation. Ce sont souvent les zones de sols argileux alluvial ou détritique, soit des sols sablo-argileux des bas-fonds et pente. Les défriches sont semées de céréales ou d’autres cultures annuelles. Après cette récolte, les chaumes résiduels sont accessibles aux troupeaux. Les jeunes jachères sont colonisées par les herbes annuelles puis progressivement reconquises par les graminées de savane et des jeunes ligneux.

Les populations rapportent que les plantes qui se récoltaient derrière les habitations leur coûtent maintenant une demi-journée de marche.

Les plantes rentrent dans plusieurs types de besoins exprimés par l’homme. Ainsi, on distingue les plantes alimentaires, cosmétiques, médicinales.

Les produits végétaux alimentaires sont constitués principalement des fruits, feuilles, racines et quelquefois des écorces. On cite dans ce cas le jujubier (jujube= fruit), tamarinier (fruit), les ignames sauvages (tubercules), Corchorus lanceolata (feuilles).

Les plantes médicinales sont nombreuses. Les plus utilisées sont comptées parmi : Tamarindus indica, Detarium microcarpun, Zyzyphus op, Piliosthigma thonningii, Guiera senegalensis, Khaya senegalensis, Strychnos inocna, Tribulus terrestris, momordica charantia.

Les parties utilisées varient selon la plante ou la maladie traitée et vont des racines, feuilles, écorces, fruits au gui.

Les maladies soignées varient des plus courantes aux plus compliquées. On peut citer les diarrhées, la fièvre, les dermatoses diverses, les maladies sexuellement transmissibles, la stérilité, la faiblesse sexuelle, le paludisme, la fièvre typhoïde, la jaunisse, les gastro-entérites. Cependant, les méthodes d’administration ne respectent pas les voies classiques conventionnelles de la médecine moderne. Elles font appel à des incantations mystico-religieuses et ne sont pas l’apanage de tout individu. Les vrais guérisseurs sont les héritiers des connaissances traditionnelles transmises de génération en génération. Certaines espèces médicinales telles Waltheria indica, Hexalobus monopetalus, Momordicas balsamina, Piliosthigma thonningii etc. se font de plus en plus rares à cause de la pression anthropique.

Facteurs de dégradation environnementale

Les populations de WINA sont essentiellement tributaires des ressources végétales qui les entourent. Cette pression anthropique est liée aux exploitations agricoles itinérantes sur brulis et le surpâturage. A cela, il faut ajouter les prélèvements des produits forestiers non ligneux pour l’alimentation humaine ou animale, bois d’oeuvre, produits médicaux etc.

Le milieu naturel local est soumis à nombre de ces facteurs perturbateurs dont :

  La déforestation. C’est l’un des plus graves problèmes de l’érosion génétique. La destruction de la forêt, par l’exploitation abusive et les activités agropastorales anarchiques, contribue à la destruction de l’habitat des plantes ;

  Les feux de brousse. Tous les ans, les feux de brousse parcourent les savanes et contribuent à la destruction des habitats ;

  La sécheresse. C’est une des menaces les plus importantes. Les premiers Champignons sont récoltés dès les premières pluies, après la saison sèche. Le manque d’eau représente une menace pour la conservation in situ et l’utilisation durable des espèces ;

  Les pesticides. Lorsque ces produits sont utilisés sans précaution, ils altèrent de nombreux écosystèmes.

En revanche, des domaines restent encore perceptibles et on peut les classés en trois grands ensembles sur l’importance de l’impact. On distingue ainsi :

  La végétation naturelle, peu exploitée par l’homme, soit à cause de son éloignement par rapport aux agglomérations, soit à cause d’une relative mesure de protection mise en place. Geerling qualifie ce type de végétation de pyro-climatique. Il s’agit dans ce contexte de la savane boisée de Goulourgou que la commune compte reclasser en forêt communale.

  La végétation dite perturbée ou transformée, reconnaissable par la structure du couvert ligneux irrégulièrement dégradé. C’est le cas de la savane arbustive exploitée pour des fins diverses (cultures, pâturages, coupe de bois de chauffe, feux de brousse).

  La végétation dite très dégradée caractérisée par la disparition plus ou moins complète de la strate ligneuse. Elle est observée sur les sols « hardé » et semble liée aux modes d’exploitation des terres et non à des conditions écologiques. Cette description s’applique aux bas-fonds, zones de karal (cultures contre saison) et aux terres agricoles proches des agglomérations.

Faune

La faune locale a subi d’importantes réductions du fait de la forte densité humaine et des facteurs anthropiques perturbateurs. Cependant, quelques effectifs plus ou moins importants de certaines espèces animales se retrouvent encore dans certaines zones d’accès difficile. Quelques secteurs dont la forêt Goulourgou et certaines zones reculées des villages regorgent encore les représentants habituels de la faune. Les représentants les plus connus dans l’espace communal à l’état actuel sont les carnivores encore nombreux par les individus tels les hyènes (tachetées et rayées), les chats et le chacal. On rencontre également dans cette zone soudano-sahélienne beaucoup d'oiseaux (pintade, ganga, serpentaire, vautours, canards, hérons, hiboux, rossignols), des reptiles (couleuvres, vipères heurtantes, cobras, varans, tortues, etc.) et insectes dont les ravageurs phytophages particulièrement dangereux pour les cultures comme les criquets migrateurs (Locusta migratoria) et des criquets non migrateurs (Oedaleus, Aïlopus, Acrotylus, Pockilocerus).

L’espace communal étant cerné par d’autres communes plus rapprochées, la niche écologieque animale s’en trouve affectée. Ainsi, on observe une faible richesse spécifique animale.

En milieu aquatique, la faune est dominée par les hippopotames, les grenouilles Goliath, les crapauds, les multiples espèces des poissons d’eau douce (tilapia, silure, carpe, capitaine, etc.).

Milieu humain

Aperçu historique et dynamique de la population

Créée en 1983, la commune de Wina est l’une des nouvelles collectivités territoriales de base, qui ont vu jour avec les ambitions de la mouvance de la décentralisation.

Selon le chef coutumier du village, Wina est le nom d’un fétiche qui signifie «Voisins ou Venus d’ailleurs». Selon lui, cet homme avait un pouvoir de création mystérieuse des hommes artificiels pour combattre les ennemis en période de guerre. Le village est fondé par l’agriculteur forgeron DORE et était autrefois situé sur la plaine au bas de la colline du même nom « DORE ». Mais pendant les attaques tribales, les habitants se sont positionnés sur la colline pour apercevoir les adversaires de loin car c’était un peuple purement animiste et passait par tous les moyens pour résister à la pénétration islamique. Après les guerres, on a assisté au retour remarqué des habitants sur la plaine à cause des conditions de vie difficiles sur la colline (problèmes d’eau, de bois de chauffe, de montée des personnes âgées). Cependant, les grands événements marquant la vie des hommes (naissance, mariage, funérailles, fêtes de fin de récoltes) se font toujours sur une colline rocheuse, symbole du génie protecteur.

Installé, il y a près de 300 ans par DORE, WINA a connu des périodes très mouvementées du fait de son contact direct avec les massas, peuple autochtone de la zone. En effet, les massa conquis par les porteurs de la religion islamique d’Ousman Dan Fodio, ont adopté pour la plus part l’islam comme religion d’alors. Ce statut leur a valu une grande considération auprès des maîtres conquérants. Ce qui a porté un musulman à la tête de ce Lamida malgré leur minorité notoire. En revanche, les villages satellites de ces lamida sont dirigés par des animistes Toupouris alors retissants à l’invasion musulmane.

Données démographiques

La taille et la densité de la population sont très variables d’un village à un autre. La densité moyenne est de 139,5 habitants au km2. Djondong, Hougno, kamargui et Karmaye ont les densités les plus élevées (respectivement 141, 132, 128 et 124 habitants au km2) contrairement à Rouane, Doufaya qui sont les faibles en terme de densité avec des valeurs inférieures à 50 habitants au km2.

Les principales ethnies de la commune sont les Toupouri et les Massa. A côté, on dénombre des ethnies minoritaires tels les Foulbé (Peuls), les Kera, les Kotoko.

Le trait caractéristique de l’installation Toupouri et Massa est la disponibilité des bas-fonds à potentiels agricoles, la proximité des cours d’eau et le caractère agricole de l’économie des Toupouri et Massa.

La croissance démographique tend à deux chiffres compromettant ainsi l’avenir de la zone en termes de disponibilité des terres agricoles.

Organisation sociale

L’organisation sociétale traditionnelle est basée sur des entités traditionnelles des relations interethniques et leurs structures sociales.

Entités traditionnelles vers une urbanisation

La division en unités traditionnelles de la commune donne 25 villages à la tête desquels se trouvent des Lawan ou Ardo. Les 25 villages forment un lamidat dont le chef suprême est un musulman. Il faut noter ici que malgré l’énorme population kirdi composée des Toupouri et Massa, ethnies majoritaires, le commandement de la commune est concentré entre les mains d’un musulman.

La plus grande partie de la population est rurale mais la tendance actuelle est caractérisée par une expansion rapide de la population urbaine. Cette tendance a préféré occuper l’espace. Elle constitue une menace sérieuse vis-à-vis des ressources naturelles en termes d’approvisionnement et de pression anthropique sur le potentiel existant. En effet, l’un des principaux impacts de l’urbanisation est la demande croissante en PFNL alimentaires. Ceci est d’autant plus vrai que l’essentiel des PFNL alimentaires est orienté vers les marchés urbains de plus en plus structurés.

Analyse générale de l’économie locale

La population de la commune de WINA dans son ensemble pratique une économie de subsistance basée essentiellement sur la quête permanente et quotidienne à la satisfaction des besoins physiologiques (se loger, se nourrir, se vêtir, se soigner et se former) et à l’accès aux services de bases. L’économie locale dans la commune peut se résumer dans trois secteurs à savoir le secteur primaire, secondaire et tertiaire.

Secteur primaire

Il est dominé par :

-La pratique des activités agricoles dans les zones rurales,

-La pratique du petit élevage domestique et de l’élevage du gros bétail dans les zones de pâturage,

-Les activités d’exploitation forestière tant dans la zone péri urbaine qu’en zone rurale restent la coupe de bois de chauffe dans la savane, la coupe des Nimier pour les besoins de construction,

-L’exploitation artisanale des ressources naturelles en occurrence carrière de sables, carrière de pierres, carrière d’argile, feuilles du rônier (chapeau, nattes, tamis, chaume de case), Phragmités.

La pratique de ces activités constitue pour les habitants dans la commune une source génératrice des revenus.

Le secteur primaire dans la commune de WINA est constitué d’un ensemble d’activités informelles puisque basé sur les initiatives personnelles. Toute fois, il fait survivre l’économie locale puisque génère des revenus à travers la vente des produits d’agriculture, d’élevage, d’exploitation des produits forestiers non ligneux et d’exploitation forestière tant dans le centre urbain que dans d’autres métropoles du Cameroun.

Secteur secondaire

Il n’existe pas sur le territoire de la commune une activité industrielle. En revanche, on peut noter de part et d’autres des activités de référence telle la forgerie, fonderie artisanale, de soudure, poterie, transformation des feuilles de rônier en plusieurs articles très prisés, de la menuiserie, de la couture et de la transformation avec des moulins à maïs, Fabrication du Bil-Bil ou bière locale, Arky ou alcool éthylique . Ces unités de fabriques et autres ateliers de montage et de transformation représentent pour l’essentiel le tissu où naîtraient un jour les activités industrielles à proprement parler si l’économie locale venait à sortir de son stade léthargique actuel.

Secteur tertiaire

Le secteur tertiaire est fortement observé dans l’espace urbain de WINA avec notamment la présence :

  des services (bureautique pour saisi et traitement de textes et photocopies, garages de dépannage des engins à deux roues, des salons de coiffure hommes et dames, cabines téléphoniques (Call box),

  le commerce de gros et de détails,

  les chantiers de constructions,

  le transport des biens et des personnes.

Ces services contribuent de façon significative à l’économie familiale et partant, au développement économique de la ville avec notamment la création des emplois et le paiement des impôts et taxes qui contribuent à la mise en oeuvre des actions de développement sur le territoire.

 Le commerce :

Il existe09 marchés hebdomadaire dans la commune dont seul un de grande envergure. Il n’y vend des produits vivriers et manufacturés tous les samedis. C’est l’un des plus grands marchés connus dans le département du Mayo-Danay. Sur ce marché, quelques boutiques et 03 débits de boisson alimentent en permanence les consommateurs. Le commerce informel (vendeuses de nourriture, des beignets, restaurations, boucherie) n’est pas développé. Les habitants ont développé un espace d’échanges commerciaux très bénéfiques avec les voisins tchadien. Les produits faisant l’objet de transaction vont des articles manufacturés aux matières premières brutes(les boissons, les pièces auto et moto, pois de terre, glaçons d’eau, les animaux ( petits et gros ou de la volaille .

 Les activités de transport : La commune est complètement enclavée. La circulation y devient impossible en saison de pluie. Le transport urbain ( Djondong-Hougno) est assuré par les motos ou à pieds. C’est un frein aux échanges commerciaux avec les autres communes soeurs et le Tchad voisin.

 les services : il existe quelques services déconcentrés de l’Etat à savoir : une délégation d’arrondissement de l’agriculture et du développement rural, une inspection d’arrondissement de l’Education de base, un poste d’élevage, une sous préfecture, un CMA, une brigade de gendarmerie, deux CES, un Lycée, deux CSI etc .

Agriculture

Le milieu et les activités agricoles sont assez diversifiés. En moyenne 60 000 hectares sont cultivés dans la commune de Wina (rapport de la Délégation d’Agriculture pour l’Extrême-Nord, 1988). Cependant, en raison des caprices du climat et de la baisse de fertilité des sols, une forte proportion de terres reste non cultivée chaque année.

Les principales cultures sont les céréales (sorgho, mil, maïs) et les légumineuses (niébé, pois de terre, arachide, voandzou). Les autres cultures vivrières sont le sésame, la patate douce, le riz et les cultures maraîchères (tabac, tomate, aubergine). Le coton constitue la principale culture de rente. Les principales cultures fruitières sont : le goyavier, le manguier, le citronnier. Les cultures sont pour la plupart localisées dans les bas-fonds (sorgho, contre saison) ou sur les surfaces relevées (maïs, mil).