COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

MAGA

 

Maire       IBRAHIM BOUKAR

Tél.         +237 696 22 60 99

Nombre de conseillers 41

Localisation de la Commune

La Commune de Maga est située dans le département du Mayo-Danay (Région de l’Extrême Nord du Cameroun). Elle est limitée au Tchad par le fleuve logone comme le montre la carte de localisation ci-dessous :

Il est divisé en deux (02) cantons : Pouss et Guirvidig. Les deux cantons comptent en tout 47 villages. La ville de Maga, chef-lieu de l’arrondissement, est comprise dans le canton de Pouss. Sa situation géographique la place à cheval entre les autres deux grands centres urbains (Pouss et Guirvidig). Elle abrite la Sous-préfecture, l’Hôtel de Ville et les services déconcentrés de l’Etat.

Milieu biophysique

Climat

Le climat de l’arrondissement de Maga s’arrime à celui de la région de l’Extrême-Nord ; il est du type soudano-sahélien. La température moyenne en journée est comprise entre 33°C et 45°C. La pluviométrie moyenne annuelle est inférieure à 900 mm. Elle varie de 400 à 900 mm par an, avec des moyennes se situant entre 750 et 800 mm.

La saison des pluies dure trois à quatre mois. Elle débute en général à partir du mois de juin et s’achève en septembre. On observe une abondance des pluies au mois d’août. La saison sèche est comprise entre octobre et mai. Elle atteint son paroxysme au cours des mois de mars et avril.

Sols

Les sols sont majoritairement du type argilo sableux. Aux alentours des rizières et des mayos, ils prennent une nuance argilo-limoneuse. A cause de l’érosion due à l’écoulement incontrôlé des eaux et des inondations, le sol est fissuré sur pratiquement tout le territoire.

Relief

Le relief est accidenté par endroits. Mais il est plat sur la quasi-totalité du territoire. L’arrondissement est une immense vallée ; on n’y dénombre aucune colline ni aucun plateau.

Hydrographie

L’hydrographie locale est fortement marquée par le lac artificiel de Maga. Il couvre une superficie de 375km2. De ce fait, la quasi-totalité des villages de l’arrondissement y ont accès. Les villages limitrophes du département du Logone et Chari sont arrosés par le fleuve Logone. La présence du Lac et du Logone contribue à faire de Maga une zone de pêche par excellence. Les autres cours d’eau sont essentiellement des mayos ; ils s’assèchent complètement au plu fort de la saison sèche. Les principaux mayos sont le Goromo, le Moholom (à Gamak), le Kombo (à Zingah) et le Mayo Falaye (à Pouss).

Flore et faune

Flore

Les formations végétales visibles sont la savane herbacée, la savane arbustive et la steppe. La végétation est principalement caractérisée par les buissons. Les arbres sont relativement rares. Diverses actions de reboisement menées ou en cours de réalisation dans les villages permettent de conserver la présence d’arbres. Les espèces caractéristiques du milieu sont en majorité le nimier et le rônier dont les vertus médicinales sont appréciées. On y retrouve aussi les acacias, les eucalyptus et des arbres fruitiers (en particulier le manguier).

A Pouss (quartier Dougraye), Zingah (quartier Balia), Guirvidig (quartier Altinéré), Yangah (périphérie Ouest), on retrouve des forêts artificielles. Elles ont été créées par la SEMRY. La forêt artificielle de ZIAM I a été créée par l’ANAFOR. Les espèces prédominantes sont le nimier et le rônier.

Faune

Malgré la proximité relative du parc de Waza, on ne retrouve pas de mammifères sauvages caractéristiques de la savane (lions, hyènes, éléphants, girafes, zèbres, gazelles, etc.). Seuls quelques écureuils sont visibles mais assez rarement. Par contre, les reptiles (surtout différentes espèces de serpents) sont particulièrement nombreux. Ils sont mêmes visibles autour et au sein des habitations. Certaines espèces venimeuses attaquent souvent des chèvres et la volaille. Autre animal venimeux : le scorpion. On en trouve dans les villages éloignés des trois (03) centres urbains. Le mammifère sauvage présent dans l’arrondissement est l’hippopotame ; un grand nombre d’hippopotames se prélassent en permanence dans le Lac. La faune du Lac est complétée par différentes espèces d’oiseaux pêcheurs. D’autres oiseaux visibles dans les airs de l’arrondissement sont les vautours et le coucou. La chair du coucou est particulièrement appréciée : il fait l’objet d’une chasse permanente. On en trouve en très grands nombres.

Le reste des animaux est constitué d’animaux domestiques, pour la plupart le produit d’un élevage. Il s’agit des boeufs, des chèvres, des moutons, des chevaux et de la volaille.

Ressources naturelles

La principale ressource minière identifiée dans la zone est le sable. Il est exploité dans le lac de Maga, le Logone et les grands mayos (surtout à Boko et Kayam). Une carrière est aménagée pour l’exploitation de cette ressource dans le canton de Pouss. Le sable est utilisé pour la construction des maisons. La présence de ces cours d’eau est aussi source de richesses ; ils sont abondants en poissons et autres ressources halieutiques.

Milieu humain

Histoire de la Commune

Certains villages existent depuis plus de 400 ans. Pendant les périodes anciennes, il n’existait pas de chefferies. Et les villages étaient dirigés par des clans tels les Matakay, les Borno du Nigéria, les SIAKOU, les Guiziga, les Moundang, les Mafay, les Gazbala. C’est avec la colonisation que les clans ont été détruits et les chefferies ont été créées au sein des villages. Près du tiers des villages ont été créés à la fin des années 1970 avec la création de la SEMRY. En effet, la SEMRY a déplacé les populations qui ont laissé leurs villages d’origines pour venir s’installer dans la Commune de Maga afin de pratiquer la riziculture. Depuis lors, la population s’agrandit et les zones de culture deviennent même progressivement insuffisantes. La création du lac artificiel de Maga, toujours au cours de cette période (1978), a permis le développement de la pêche pratiquée par une bonne partie des habitants. Depuis, les moments historiques les plus mémorables sont relatifs à des catastrophes, notamment la sécheresse (1993), l’épidémie de peste porcine (années 2000), les inondations (2010) et l’épidémie de choléra (2010).

Démographie

Taille et structure de la population

Selon le dernier recensement général de la population (2005), la population de l’arrondissement de Maga est estimée à environ 85 100 âmes, dont 41 371 hommes et 43 729 femmes. La population du principal espace urbain (ville de Maga, chef-lieu de l’arrondissement) est estimée à 15 701 âmes, dont 7862 hommes et 7839 femmes. Le reste de l’espace physique communal est suffisamment peuplé (69399 habitants, dont 33509 hommes et 35890 femmes), car il comprend deux (02) zones présentant des particularités urbaines au même titre que la ville de Maga ; il s’agit de Guirvidig et Pouss, chefs-lieux respectifs des cantons du même nom. Au regard de ces statistiques, on observe que les femmes sont plus nombreuses que les hommes. Les hommes constituent 48,61% de la population totale et les femmes 51,39%. Les jeunes de moins de 18 ans en constituent la frange la plus importante (environ 60[I2]%).

Groupes ethniques et relations interethniques

L’espace humain est cosmopolite. Les principales ethnies représentées sont les Sirata, les Massa, les Mousgoum, les Toupouri, les Peuls, les Moundang, les Arabes shoas, les Haoussa. Mis à part quelques conflits d’ordre foncier entre Mousgoum et Toupouri autour des terres arables, les relations interethniques et intercommunautaires sont en général pacifiques. Les villages sont en général assez uniformes en matière d’origine des habitants. Les zones de culture (surtout les zones rizicoles) sont les principaux points de contacts entre communautés ethniques. De même, les trois centres urbains (Guirvidig, Maga, Pouss) sont particulièrement cosmopolites.

Religion

Les religions pratiquées sont essentiellement, et par ordre d’importance, l’Islam et le Christianisme. La prédominance de la religion musulmane se fait ressentir par le grand nombre de mosquées (132) dans l’espace communal. Toutes tendances confondues (Eglise Fraternelle Luthérienne du Cameroun, Congrégation Missionnaire Chrétienne, Eglise Pentecôtiste, Vraie église de Dieu, Eglise Vie profonde), les églises protestantes associées à l’Eglise catholique comptent 73 lieux de culte. Les partisans de toutes ces religions vivent en harmonie et dans une tolérance permanente. Ces institutions religieuses (surtout les institutions islamiques locales) sont des maillons clés de la mobilisation et de l’éducation des masses.

Mobilité de la population

Les déplacements des villages de la Commune vers les trois (03) centres urbains (Guirvidig, Maga et pouss) et entre ces centres urbains constituent un flux extrêmement important. Les trois marchés urbains attirent la population locale (marchands et acheteurs) et des commerçants venant d’autres régions. Ainsi, le mardi, le vendredi et le dimanche sont des jours de déplacement privilégiés pour les habitants. Ils prennent d’assaut les motos taxis et l’Agence de voyages Djama’aré pour se diriger vers le marché hebdomadaire du jour. C’est aussi le commerce qui attire les habitants de la Commune vers Bogo (ville du département du Diamaré) tous les jeudis. L’agence de voyages et les transporteurs clandestins considèrent ce jour comme très lucratif. Maroua (la capitale régionale) est aussi une destination prisée. L’agence Djama’aré, qui relie la Commune à Maroua, connaît chaque jour une série d’au moins cinq (05) à sept (07) voyages entre les deux villes. Les jeunes y vont pour les études et les loisirs. Les commerçants s’y approvisionnent en marchandises difficiles à trouver ou onéreux au niveau des marchés hebdomadaires locaux, notamment les produits de première nécessité. On y va aussi pour des questions administratives (travail, signature de dossiers, etc.) et pour le traitement de maladies difficiles à soigner au niveau communal. Les commerçants et les conducteurs de motos taxis sont les plus concernés par les déplacements vers Kousséri et les villes les plus proches de la frontière partagée entre la Région de l’Extrême-Nord et le Nigéria. La ville la plus prisée est Banki. On y trouve un marché très couru par les commerçants locaux.

Organisation sociale

L’administration traditionnelle du territoire est stratifiée. Les deux (02) cantons, Guirvidig et Pouss, sont placés respectivement sous l’autorité d’un Lamido et d’un Sultan. Ils sont des chefs supérieurs à la tête de tous les villages du canton. Les chefs de village sont les Lawans. Ils se font aider dans l’administration du territoire par des chefs de quartiers : les Djaoros.

Toutes ces autorités traditionnelles jouissent d’un immense respect auprès de la population. Les cas de refus de l’autorité traditionnelle sont extrêmement rares. Le reste des habitants obéissent scrupuleusement à leurs ordres. Cependant, d’autres personnes tirent une certaine considération populaire de leurs professions, de leur statut politique ou de leur réussite dans les affaires. C’est le cas des Imams, des hauts cadres de la fonction publique à la retraite ou en activité ou encore des grands commerçants.

En général, autant dans les villages que les centres urbains, les femmes ne jouissent pas des mêmes droits que les hommes. Elles sont un accès limité à l’éducation et sont très vite mariées, souvent avant leur majorité. Elles sont confinées aux tâches ménagères et au petit commerce. Elles acquièrent une considération sociale au fil des ans, généralement dans le troisième âge. Elles peuvent alors parler dans les assemblées avec l’assurance d’être écoutées et de ne pas faire l’objet d’une réprimande.

Habitat

L’habitat traditionnel est un atout touristique indéniable pour la Commune. Les habitations concernées sont principalement faites en briques de terre avec un toit de chaume. De nombreuses habitations sont faites essentiellement de paille tressée. Les constructions sont regroupées en plusieurs cases dont une principale et les autres secondaires. Le nombre de cases est parfois fonction du nombre d’épouses du chef de famille. Une habitude extrêmement partagée est l’absence de latrines ; une grande majorité des habitants dans les villages se livrent à la défécation à l’air libre. La durabilité de ces Sarés est également remise en cause. On dénombre des écroulements réguliers suite aux vents violents et aux inondations, ce qui cause parfois des pertes matérielles et même des pertes en vies humaines.

Dans les centres urbains, on retrouve plus de maisons modernes construites en matériaux définitifs. Elles appartiennent en général à de grands commerçants ou à des hauts cadres de la fonction publique en activité ou à la retraite.

Dans le processus de construction des maisons locales, les hommes sont chargés de la recherche des matériaux de construction (bois, paille tissée et autres cordes) et de la construction. Les femmes quant à elles sont chargées du crépissage. Pour donner de la couleur et de l’éclat au crépissage des maisons, les femmes utilisent de la boue qui est un mélange de terre et de bourses de vache.

Système foncier

Dans les villages, il existe trois (03) principaux modes d’accès à la propriété foncière : l’héritage, la cession par le chef, le don. La vente des terrains est un phénomène encore rarissime. Au sein de chaque village, le chef du village est le gardien de toutes les terres du village et assure leur intégrité.