COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

MANDJOU

 

Maire         SIDE Salomon

Tél.     +237 677 47 77 95

Superficie de 8 500 km²

Nombre de Conseillers 31

Localisation de la Commune

Anciennement appelée commune de Bertoua rurale, Mandjou a été érigée en commune autonome en avril 2007. Il s’agit donc d’une jeune commune pour qui la planification est une activité primordiale. Commune en plein essor, elle pose pour ainsi dire les jalons d’un développement futur. Mandjou se situe dans la partie Nord du département du Lom et Djérem. Elle est située entre 13°78’4’’ et 13°80’5’’ de latitude Nord et 13°62’5’’ et 14°08’5’’ de longitude Est. La commune s’étale sur 109 km du Nord au Sud et d’Est. Elle s’étale sur 53 km d’Est en Ouest. Elle couvre une superficie de 8 500 km². Dans le département du Lom et Djerem, Mandjou est située à proximité des communes de Bertoua I et II. Elle est constituée de 25 villages/ quartiers comme on peut le voir sur le tableau qui suit. Sur le plan démographique, trois sources de données peuvent être évoquées :

- les chiffres fournis par la commune font état d’une population 50 000 habitants, soit

Une densité d’environ 6 habitants au km². Cette densité est relativement faible ;

- les chiffres de la carte sanitaire font état de 40 000 habitants répartis en quatre aires

de santé ;

- les données collectées sur le terrain font état d’une population de 47 350 habitants

Inégalement répartis en vingt- cinq villages. Pour ce qui est de la répartition spatiale, il faut relever que, comme la Région de l’Est, la commune connaît une faible densité de la population. Ce qui laisse davantage de terres aux activités agricoles.

Milieu biophysique                    

Sur le plan physique, le relief est essentiellement constitué de plaines, avec quelques élévations dont les points culminants ne dépassent guère 1000m. L’altitude moyenne y est

de 700 mètres. Ce relief de plaines est parsemé de vallées peu profondes (15 mètres en

moyenne) où coule un abondant réseau hydrographique.

  • Climat
  • Les Sols
  • Le relief

Le climat y est chaud et humide et comporte quatre saisons dont deux de pluie et deux

Sèches. La pluviométrie annuelle cumulée est de 1 555 mm1. Dix mois sur 12 sont pluvieux.

Les températures sont chaudes avec une moyenne de 17°C, avec une faible amplitude

thermique (4,8°C). Le diagramme ombrothermique ci-dessous illustre les relevés météorologiques de la station de l’aéroport pour l’année 2010.

Les sols sont essentiellement argileux de couleur noire. Ils sont profonds et rocailleux

par endroit. En effet, certains villages tels que Toungou, Sambi, Ndanga Ndengue et dans

une certaine mesure Adinkol comportent de vastes étendues de cuirasses ou de vastes étendues rocailleuses. Les bas -fonds sont alluvionneux ou sablonneux. Il s’agit d’anciennes étendues lacustres ou des vallées des cours d’eau saisonnièrement asséchées.

Le relief est constitué de plaines vallonnées dans la quasi-totalité de l’espace communal. La partie Nord par contre connaît d’importantes élévations et des vallées profondes. L’altitude moyenne dépasse rarement les 100m.

  • Hydrographie
  • Faune et flore

Le réseau hydrographique ne comporte pas de grands cours d’eau. Il est constitué d’un ensemble de ruisseaux dont peu sont pérennes. Ils constituent d’importants affluents pour de grands cours d’eau (le Lom ou encore la Sanaga).

Le couvert végétal est constitué de savanes arborées. Une importante galerie forestière serpente les vallées des cours d’eau. Par endroit on trouve des forêts denses, primaires et sempervirentes. Une analyse des images satellitaires (Landsat) dévoile des poches forestières denses qui permettent l’exploitation forestière. Les noms commerciaux des essences suivantes peuvent être évoqués ‘’bossé’’, ‘’doucier’’, ‘’makoré’’ ‘’moabi’’ ou encore le ‘’Sapeli’’.

Une partie de la commune est contiguë à la réserve de Ndeng Ndeng et de la zone forestière de Dimako et Nguélebock. Ceci explique la présence de nombreuses espèces fauniques telles que les grands primates (gorilles, chimpanzé), les buffles et autres antilopes, les rongeurs.

Milieu humain

  • Historique de la commune
  • Taille et structure de la population

Comme mentionné plus haut, la localité de Mandjou a été érigée en commune autonome en Avril 2007. Mais auparavant, elle appartenait à la commune de Bertoua rurale. Le passage de la route Bertoua – Batouri et le bitumage de l’axe Bertoua - Garoua–Boulaï ont résolument ouvert Mandjou et renforcé la position de périphérie urbaine de Bertoua qu’elle occupe aujourd’hui. L’électrification de la commune dès 2000 a accentué le peuplement de son espace urbain.

La commune de Mandjou nait après le RGPH de 2005. Il n’existe donc pas de données sur la taille et la structure de sa population dans les rapports du RGPH3 et encore moins dans le rapport de mise à jour de 2010. Néanmoins, trois sources de données peuvent être évoquées :

- les chiffres fournis par la commune font état d’une population 50 000 habitants, soit une densité d’environ 6 habitants au km². Cette densité est relativement faible ;

- les chiffres de la carte sanitaire font état de 40 000 habitants répartis en quatre aires de santé

- les données collectées sur le terrain font état d’une population de 47 350 habitants inégalement répartis en vingt- cinq villages/quartiers. Du point de vue de sa structure, le ratio homme-femme est quasiment nul. Population jeune représentant 46,4%, elle nécessite des infrastructures sociales adaptées aux besoins de la jeunesse.

Sur le plan ethnique, il faut relever que trois ethnies peuplent la commune de Mandjou :

(les Gbaya, les Kako).nCes deux premières ethnies parlent une langue de type soudanien. Leurs us et coutumes sont apparentés. Ce qui fait conclure de leur origine soudanienne. Ils sont agriculteurs pour la plupart, les Mbororos d’origine sahélienne. Ils sont essentiellement éleveurs. A ceux-ci se sont ajoutés de nombre groupes de Mbororos de RCA. A ces ethnies s’ajoutent de nombreux allogènes issus de l’urbanisation ou attirés par les atouts économiques de la commune. Des conflits répétés entre les Gbaya et Mbororos ont été notés. En effet, les conflits agro pastoraux ainsi que les différences de religion entre les deux communautés expliquent ces conflits. Les deux communautés vivent tout de même ensemble, se partagent les mêmes terroirs pour mener leurs activités différenciées même si de temps en temps certains conflits se transforment parfois en émeutes.

Deux principales religions sont pratiquées ici :

- l’islam ; pratiquée par le Mbororos (ainsi que par quelques Gbayas islamisés). Toutes les obédiences sont présentes (sunnites, shiites, etc) ;

- le christianisme surtout pratiqué par les Gbayas/ Kakos et les autres allogènes. On y trouve les catholiques, les protestants et pentecôtistes.

Chacune de ces religions dispose de lieux de culte qui sont respectés de tous même en temps de conflit.

Deux types de mouvements migratoires sont relevés :

- l’exode rural des jeunes qui vont vers les centres urbains à la recherche des emplois rémunérés ;

- les migrations agricoles qui sont saisonnières : au cours de celles-ci les populations se déplacent des villages voire de Bertoua vers les zones de culture. On relève également des transhumances chez les éleveurs bovins surtout en saison sèche (décembre, janvier février, voire mars).

La majeur partie des villages de la commune sont des villages rue. L’habitat y est aligné le long des axes routiers. Il s’agit pour la plupart de l’habitat spontané, fait de cases carrées et assez souvent en matériaux locaux (brique pétrie, toit de chaume ou de nattes de raphia).

-Populations Vulnérables : Les groupes vulnérables ci-dessous ont été identifiés dans l’espace communal. Il s’agit des (réfugiés centrafricains, enfants de la rue, orphelins et autres enfants vulnérables du fait du VIH (connus sous le vocable d’OEV), handicapés, les personnes du troisième âge, les personnes vivant avec le VIH).

-Les réfugiés centrafricains : estimés à 4 398 âmes, les réfugiés centrafricains sont installés dans la commune de Mandjou depuis à peu près l’année 2005. Ils sont pris en charge par l’UNHCR et ses organismes partenaires. Cette population est disséminée principalement dans 06 villages où elles occupent assez souvent un site différent du reste de la communauté. Le tableau qui suit présente la répartition spatiale de la population des réfugiés. Il ressort des données collectées que ces populations ont accès à l’éducation, aux soins de santé, aux infrastructures marchandes, hydrauliques et d’élevage. Mais de nombreux conflits agro-pastoraux ont émergé çà et là à cause du mode d’élevage traditionnel pratiqué. Ces populations pratiquent essentiellement le commerce et l’élevage. Les femmes vendent les produits laitiers, tandis que les hommes commercialisent la viande. Dans la plupart des cas, les activités pratiquées sont rentables. Il n’existe pas de difficulté particulière liée à leur vulnérabilité, car ils ont accès à la propriété foncière ; du moins à l’exploitation des terres à des fins agricoles et pastorales et même au logement. Leur présence dans l’espace communal constitue également une opportunité pour la commune. En effet, l’appui aux réfugiés a apporté par l’UNHCR et ses organismes partenaires est un plus pour les populations. En guise d’exemple, les deux forages publics de la petite agglomération de Mandjou sont un don d’International Relief and Development (IRD). Par ailleurs les écoles, centres de santé offerts ou aménagés par Première Urgence, ou encore les champs expérimentaux en leur faveur sont des atouts indéniables pour les populations locales.

L’indentification des enfants de la rue n’étant pas aisées, il a été difficile de travailler avec eux. En outre, il n’existe pas au Ministère des Affaires Sociales des données sur l’effectif de ces derniers. Toutefois, le phénomène d’enfant de la rue demeure un problème réel.

La détérioration du tissu social et la paupérisation aggravées par la crise économique et les plans d’austérité adoptés par l’Etat, ont résulté en une accentuation du phénomène d’enfants de la rue dans la commune. Ceci a également été exacerbé plus tard pas l’afflux des réfugiés centrafricains.

Lancé dès l’année 2005 par le Comité National de Lutte contre le Sida (CNLS), le programme de prise en charge des orphelins et enfants vulnérables du fait du VIH a permis d’identifier plus de 7000 OEV et d’en d’appuyer plus de 1000 dans la région de l’Est de 2005-2008.

Cet appui multiforme (scolaire, nutritionnel, sanitaire, psychosocial et juridique) a été repris grâce aux fonds UNICEF depuis 2009. Il est mis en œuvre par le Ministère des Affaires Sociales à travers les OAL.

Il ressort des bases de données disponibles que des 467 OEV ont été identifiés dans la commune de Mandjou. Seuls 150 d’entre eux ont pu bénéficier d’un financement. Beaucoup reste donc à faire au regard du nombre identifié.

Les diagnostics participatifs niveau village ont permis de dénombrer 28 handicapés dont 18 handicapés moteurs et 10 visuels. Pour ce qui est des équipements, on peut relever :

Des (chaises roulantes, Béquille, Aucune cannette blanche),

Compte tenu de l’espérance de vie assez faible en zone rurale en général, et dans la région de l’Est en particulier, le nombre de personnes de troisième âge s’avère réduit. Environ 112 ont été dénombrés.

La saisie de cette variable n’est pas une sinécure tant la stigmatisation relative à cette affection morbide est entrée dans la population. Il existe par conséquent une sous -évaluation du nombre de PVVIH dans les villages. 03 PVVIH ont été signalées. Ce qui est évidemment peu, comparé à la séroprévalence connue de la région de l’Est.

Activités économiques

L’agriculture est la principale source de revenus. Il n’existe pas de cultures de rente à grande échelle. La principale activité agricole est vivrière. On y trouve les racines et tubercules (manioc, igname, patate, macabo), les céréales (maïs surtout), les fruits et légumes et des oléagineux (arachides, soja) qui prennent davantage de l’ampleur.

                                                              

L’activité minière, essentiellement constituée de l’exploitation des produits de carrières tels que le sable et la cuirasse à des fins de construction n’est menée qu’à une échelle artisanale.

Zone de prédilection d’élevage, la Commune est à cheval entre deux zones agro écologiques :

- zone V constituées de forêts humides et caractérisée par une pluviométrie bimodale. Les localités forestière de Kandara, Adinkol, Kouba et Gounté, illustrent fort bien cette appartenance à la zone V ;

- zone II appelée zone des hautes savanes guinéennes caractérisée par la présence de savanes arborées. L’appartenance à cette dernière zone fait de Mandjou un espace d’élevage de bovins rendu possible grâce à la présence de pâturages et de faibles densités de population.

L’exploitation forestière y est également pratiquée. Quatre forêts communautaires ont été identifiées dans les villages suivants : (Kandara, Ngamboula, Mboulaye I, Daïguéné).

La pêche et la pisciculture sont des activités faites de manière artisanale et saisonnière. Quelques étangs piscicoles ont été dénombrés çà et là. Mais la production halieutique demeure faible comparée aux potentialités offertes par la commune. La pêche est pratiquée dans les cours d’eau et étangs surtout en période d’étiage (saison sèche). La production est essentiellement destinée à la consommation locale.

Contrairement à certaines communes reconnues pour leur activité artisanale, la commune de Mandjou n’est pas très impliquée dans ce type d’activité. L’art ici se limite à la fabrication de quelques objets usuels (panier, nasse de pêche, tabourets de rotin, etc).

L’activité commerciale concerne essentiellement la vente et l’achat des produits du secteur primaire. Il s’agit :

- la vente des produits agricoles ;

- la vente des produits de l’élevage (bovins, ovins, caprin, volaille, produits laitiers, etc) ;

- la vente des produits forestiers ligneux (bois d’œuvre) et non ligneux (champignons, chenilles, rotin), d’une manière globale, la commune ne dispose pas de marché d’envergure, en dehors des marchés à bétail de Bazzama II et Letta qui attirent et rassemblent des acheteurs venus d’autres régions.

Elle est limitée aux produits agricoles. Parmi ceux-ci, la transformation du manioc en farine constitue une place de choix. On y trouve également la transformation des produits laitiers. Mais toute cette activité de transformation demeure artisanale, peu durable et orientée vers la consommation locale.

En dépit de nombreuses potentialités touristiques (grottes, bois, étendues lacustres, etc) la commune connaît très peu d’activités touristiques. En effet l’absence de structures d’accueil, l’insuffisance d’aménagement des sites, et l’absence d’évènement culturel explique la faible importance du tourisme pour cette commune.

Facteur de développement de l’activité économique dans l’espace communal l’épargne et le crédit à travers les structures de micro finance mérite d’être étudié ici. Il existe en effet quelques structures de micro finance dans la ville de Mandjou. Mais le mode d’épargne reste traditionnel. Il s’agit des tontines et autre mode d’épargne et de crédit local. L’accès aux micros crédits reste faible. Ceci est une entrave à l’essor de l’activité économique.

Principales infrastructures par secteur

Cette section est consacrée à l’analyse de l’offre en infrastructures sociales telles que les écoles et centre de formation, les infrastructures hydrauliques, routières, marchandes.

La commune dispose de plusieurs infrastructures socioéducatives notamment dans le

Secteur de la santé et de l’éducation.

L’accès à l’eau potable varie d’un village à l’autre. Certains villages sont bien lotis, tandis que d’autres ne disposent pas de la moindre infrastructure adéquate. Les infrastructures hydrauliques sont de trois types :(les sources, les puits, les forages).

D’une manière globale, la commune reste mal desservie en électricité. Seuls 06 villages sur les 25 que compte la commune sont électrifiés. Il s’agit de :(Mandjou I (7 km), Mandjou II (3 km), Ngamboula (2 km), Bazzama II (1,5 km), Adinkol (3 km), Gounté (1,5). Il sera donc question d’étendre le réseau dans les autres villages soit environ 150 km à couvrir.

Tous les villages et quartiers sont accessibles à toutes les saisons. Cependant, on peut regrouper les villages en trois groupes :

- les villages accessibles grâce à une voie bitumée (72 km) ;

- les villages accessibles par une voie non bitumée mais à toutes les saisons (90 km),

- les villages/ quartiers dont les activités sont entravées par les points critiques ou l’absence d’ouvrages d’art (2 soit Adinkol et Mandjou I).

De nombreux villages, de part leurs populations et la relative intensité économique, abritent des marchés hebdomadaires ou journaliers (Mandjou et Bindia). De ceux-ci, seuls les villages de Bazzama II et Grand Mboulaye disposent d’un hangar de marché en matériaux définitifs. Cependant, certaines commodités (eau, latrines et dispositifs de traitement des ordures par exemple) sont à construire. Dans les autres villages il est préconisé la construction d’au moins un hangar de marché ; soit 09 hangars dont un par village (Daiguene, Boulembe, Letta, Ndanga Ndengue, Ndoumbe, Ngamboula, Bindia, et Mandjou).

La commune de Mandjou connaît une forte activité d’élevage. On y élève essentiellement des bovins, des ovins et des caprins. Comme infrastructures on y trouve, 02 des parcs à bétails (Bazzama II et Letta), 02 des marchés à bétails (Bazzama II et Letta), 01 station zootechnique (Ngamboula), 02 abattoirs (Mandjou I et Bazzama II).

Contrairement à certaines communes, Mandjou ne dispose pas d’un télé-centre communautaire ; sans doute à cause de sa contigüité à Bertoua II. Toutefois il convient de relever que quasiment tous les villages sont couverts par les réseaux GSM (MTN, Orange et dans une certaine mesure CAMTEL). Seul Kandara connaît des problèmes de couvertures GSM.

La commune de Mandjou compte deux centres multifonctionnels notamment à Ngamboula et à Letta. Construits et mis à disposition par Plan International, ils comportent chacun deux salles de réunion et du matériel de démonstration nutritionnel. Ces centres servent aux réunions de la communauté et parfois de lieux de culte pour la communauté. Du point de vue culturel, 03 foyers culturels ont été répertoriés notamment à Daïguéné, Gounté et à Boulembé. Ils ont été construits par la mairie.

Il existe très peu d’infrastructures sportives dans la commune. Un seul stade plus ou moins réglementaire avec une tribune dans la localité de Letta a été mis à disposition par un particulier. Dans la plupart des villages, la cours de l’école est régulièrement investie et transformée en aire de jeu. La commune ne dispose pas d’un stade municipal.