COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

OULI

 

Maire           ABAH Lévy

Tél.  +237 696 94 08 22
       +237 677 79 01 34

Superficie d’environ 2 548 km2 

Nombre de Conseillers 25

Localisation géographique de la Commune

La Commune de OULI est constituée de 21 villages et trois (03) espaces urbains (Ouli, Tocktoyo, Bengue-tiko) regroupés en 12 Unités de planification. La Commune d’Ouli couvre l’Arrondissement de MBOTORO, Département de la Kadey, Région de l’Est Cameroun. Elle est limitée au Nord et à l’Est par la République centrafricaine, au Sud par l’Arrondissement de Kétté, à l’Ouest par les arrondissements de Ngoura et de Betare-oya ; elle s’étend sur une distance de 53 Km de long, pour une superficie d’environ 2 548 km2. Elle est accessible par deux routes carrossables.

- La première à partir de Ouli en provenance de Batouri dont elle est distante de 115 km est départementale.

- La seconde (piste communale) à partir de Malewa en provenance de Ngoura avec une traversée par pirogue sur la Kadey dont elle est distante de 15 Kilomètres en passant par le village Zoungabona. Mais en saison pluvieuse ces deux accès comme les autres deviennent parfois impraticables par endroit.

Aspects biophysiques

C’est une zone à pluviométrie bimodale et, à climat subéquatorial de type guinéen à quatre (04) saisons dont deux (02) pluvieuses (une grande saison des pluies de mi-août à mi-novembre et une petite saison des pluies de mi-mars à mai), et deux (02) saisons sèches (Novembre à mi-mars et Juin mi-août) ce qui permet de réaliser deux cycles de cultures par an. La pluviométrie oscille entre 17mm aux mois d’Avril et Mai à 242 mm en Octobre. La température moyenne est de 24°C avec un pic de 35°C aux mois de Mai et Février. Les pluies sont abondantes, assez régulières et l’humidité relative moins élevée. Cependant, la localité n’est pas épargnée par les impacts du réchauffement climatique et l’équilibre pluviométrique connaît parfois de sérieuses perturbations.

Le relief de cette zone est une plaine accidentée dans laquelle on note la présence de quelques collines. L’altitude moyenne varie entre 730 m et 1360 m. son réseau hydrographique est relativement bien reparti avec un régime fortement influencé par le rythme des précipitations.

Les sols sont pour la plupart ferralitiques et latéritiques par endroit, bruns, à horizons très différenciés. On distingue généralement du haut vers le bas :

- L’horizon superficiel (sombre) ;

- L’horizon brun plus ou moins appauvri à cause du lessivage.

- Des collines vers les plaines, nous avons deux grands types de sols :

- Les sols fermes (non marécageux) ;

- Les sols hydro morphes (gorgés d’eau) dans les zones marécageuses;

La localité de Ouliest arrosée par de nombreux cours d’eau dont les plus importants sont : La Kadey, Ndambi, Wa’ a, Mboumbè, Tocktoyo, Mbotoro. Son réseau hydrographique est relativement bien reparti avec un régime fortement influencé par le rythme des précipitations. Ces fleuves ont une grande influence dans la vie des peuples, car ils déterminent le type de végétation de la localité et imposent aux populations riveraines un style de vie qui fait d’elles non seulement des orpailleurs, mais aussi des agriculteurs et pêcheurs.

La végétation dans cette Commune présente des alternances de savane herbeuse, de savane arbustive et arborescente par endroit dans les plaines et de nombreuses forêts de galerie le long des cours d’eau et des marécages. Les espèces herbeuses dominantes sont Pennisetumpurpureum, Hyparhényarufa, Chromolaenaodorata (Bocassa), Mimosa sp et de nombreuses graminées. Les principales formations sont :

- La plaine herbacée parsemée d’arbustes ;

- La forêt marécageuse (zones périodiquement inondées dans le voisinage des cours d’eau, les bas-fonds et les vallées) ;

- La raphide marécageuse (raphia) zones marécageuses.

- Les jachères autour des maisons.

- Les galeries forestières

On note néanmoins la présence d’espèces ligneuse (Iroko, etc.) dans une poche de forêt. Le Rônier lui couvre de vastes étendus offrant un bon spectacle de triomphe et de résistance aux multiples feux de brousse et aux agressions de l’élevage des bovins. Le tableau 1 présente les différentes essences forestières qu’on retrouve dans la commune d’Ouli.

La commune d’Ouli ne dispose pas de site protégé (UFA, parcs nationaux, forets communales, réserves de faunes.

Ouli à l’instar de son voisin Kette est une zone minière. On y retrouve de nombreux puits d’or et de zones diamantifères à exploitation artisanale. Notons en passant que l’attraction des populations par l’exploitation minière bien qu’artisanale est tellement forte qu’elle est à l’origine de la déperdition scolaire des jeunes de la localité et la faible production agricole par les populations.

La faune est diversifiée mais très pauvre. On y recense quelques espèces de mammifères, espèces d’oiseaux et espèces de poissons.

Milieu humain

L’installation des premiers habitants de cette Commune s’est faite de manière diversifiée et progressive. Les villages ne se sont pas implantés au même moment; la plus ancienne implantation remonte vers les années 1909 et gravite autour de trois causes profondes à savoir (Des espaces pour faire la chasse et la pêche, La conquête des terres neuves, Le besoin de désenclavement). Les habitants de Ouli s’installent près d’une rivière qu’ils appellent « Nguirma » autour de laquelle se trouvaient des grottes dans lesquelles ils habitaient, c’est pour cela qu’on les appelait « ngoan » c’est-à-dire « habitants de la grotte » avec à leur tête le chef HAMADOU, en arrivant sur les lieux actuels on les appelait le peuple « wé-ri » car reconnu comme des bons guerriers comparés aux Fourmies magnans. C’est après l’arrivée des colons que ceux-ci vont changer le nom « wi-ri » en « Ouli » d’où le nom de Ouli. Le nom de l’arrondissement « MBOTORO » tire son origine d’un acte de correction administré à un chien par son maître. En effet « Mbotoro » veut dire « dresser le chien » car l’histoire raconte qu’un chien aurait tué et mangé le gibier à l’insu de son maître lors d’une partie de chasse. Ce dernier décida de lui donner une bonne correction pour le dresser et parla en Gbaya que « mi mbôtôrô » c’est-à-dire « j’ai dressé le chien » d’où le nom « MBOTORO ». Le district de Mbotoro voit le jour en 1996 et est érigé en arrondissement en 2008 suite au décret N° 2008/376 du 12 novembre 2008 portant organisation administrative de la république du Cameroun.

La population totale d’Ouli s’élève à 17 415 âmes. Les hommes représentent plus de la population totale. Le tableau 3 présente les données du recensement des populations par tranches d’âge et par village. La population d’Ouli est constituée majoritairement de deux (02) ethnies à savoir les GBAYA et les Bororos. Nous notons la présence de deux (02) grands groupes religieux.

                                                  

Le christianisme regroupe en son sein des dénominations telles que : Eglise Evangélique Luthérienne au Cameroun (EELC), La foi BAHAIE, Adventiste du 7ème jour, Catholique, Eglise Presbytérienne du Cameroun (EPC).

Parmi les populations d’Ouli, on recense en milieu urbain et rural des couches vulnérables constituées des réfugiés centrafricains, des handicapés, des orphelins, des personnes du 3ème âge.

La plus part des ménages dans la Commune de OULI sont en situation de vulnérabilité alimentaire. Cette situation est très sévère chez les enfants et les femmes enceintes. La pauvreté alimentaire est imputable, à la monotonie alimentaire, à l’insuffisance de la production (agricole et pastorale) causée par la faible production agricole, l’ignorance des techniques agro Sylvio pastorales améliorées, l’utilisation des techniques agricoles rudimentaires (peu mécanisées), etc. ce qui entraine l’inflation des prix des denrées alimentaires sur le marché, accentuant ainsi la pauvreté alimentaire dans la Commune.

La vulnérabilité socio-économique est due au taux élevé de sous scolarisation et d’analphabétisme, la déperdition scolaires, justifié par le faible intérêt des parents à l’éducation et le coût élevé d’accès à l’école. Mal dotés en capital physique et financier, les populations pauvres ne peuvent s’insérer que dans des branches d’activités qui nécessitent peu d’investissement, mais qui sont aussi moins performantes

Les femmes enceintes, les orphelins, les jeunes de 0-5 ans et les personnes de plus de 60 ans constituent les couches les plus vulnérables sur le plan de la santé de part les conditions où la santé de la mère et de l’enfant demeure jusqu’ici précaires. Ceci est causé par les grossesses multiples et rapprochées, les accouchements dans des conditions défectueuses, à l’insuffisance des mesures d’assainissement. Le paludisme est la principale cause de mortalité et de morbidité au sein des couches les plus vulnérables. En ce qui concerne le VIH/SIDA, plusieurs barrières continuent à entraver la lutte contre ce fléau dans la Commune de Ouli, notamment : l’ignorance de leur statut sérologique par les populations, le poids des us, traditions et coutumes, l’alcoolisme, l’analphabétisme, la polygamie et l’infidélité, les rapports sexuels non protégés, la prostitution dans les chantiers miniers, l’irresponsabilité des parents, la sexualité précoce.

Organisation sociale

L’Arrondissement de OULI est composé d’un (01) canton à savoir le Canton de Bengue-tiko (DOKA), constitué d’une chefferie 2e degré et des 3 e degrés, L’institution traditionnelle se compose des organes suivants : un chef du village, un conseil de notable ou des sages, le chef de famille, un représentant légal choisit par le chef. La succession au trône est héréditaire. Toutefois le conseil de sage peut choisir en cas de non désignation du successeur du chef décédé.

Habitat

Dans l’arrondissement d’Ouli l’on retrouve pour la plus part des cas une prédominance d’habitat en brique de terre et le toit en paille ou en tôles ondulées. Le faible pouvoir économique des populations est la principale cause de cette précarité des habitats constatés au niveau de la commune. Zonage de l’espace communal. La commune d’Ouli ne dispose pas encore d’un Plan Sommaire d’Urbanisation (PSU), ni d’un plan d’occupation des sols (POS) pour la description du zonage de l’espace communal.

Système foncier

Le système foncier dominant est traditionnel à cause de l’ignorance par les populations des procédures administratives d’obtention des titres fonciers. Les populations et la commune occupent et exploitent ainsi des terres non sécurisées.

Acteurs du développement local

Dans le cadre du développement local, un certain nombre d’acteurs interviennent dans la commune d’Ouli. Les institutions internes identifiées sont réparties en plusieurs grands groupes :

- L’autorité traditionnelle ;

- Les associations de développement (APEE, COSA, COGE, etc.) ;

- Les Groupes d’Initiatives Communes ou GIC

- Les organisations religieuses (église catholique et protestante) ;

- Les organisations politiques ;

- Les groupes d’entraide (Tontines).

- Le Comité de développement de l’Arrondissement de Ouli.

De manière générale, les acteurs de développement local sont caractérisés par une diversité d’actions concourant à l’éducation, la santé, la protection de l’environnement, la sécurité alimentaire et l’épanouissement des populations locales. A côté des organisations communautaires de base, des acteurs externes intervenant dans la commune d’Ouli ont été recensés au cours des différents diagnostics. Il s’agit des organisations de la société civile et de certains partenaires au développement.

Principales activités économiques

Le sous-sol de la commune d’Ouli contient un potentiel important en ressources minières mais qui demeure peu exploité à cause de l’ignorance des techniques d’exploitation et d’exploration de ces ressources. L’exploitation minières est illégale car les artisans miniers ignorent pour la plus part la réglementation régissant l’activité minière artisanale, ce qui rend ce secteur informel. Les acteurs de ce secteur d’activité nécessitent d’être organisés et structurés afin d’évoluer vers le secteur formel et d’améliorer leur condition de vie. L’exploitation minière est prépondérante dans les villages Tapata, Ounsounou, Tamonagueze, Zimbi, et Boden.

Les grandes zones d’élevage des bovins sont le secteur de Toctoyo, Ndambi II, Bengue-Tiko, Tamonegueze et Boumbenasse. L’élevage est pratiqué en majorité par les Bororos et les Fulfulde. L’élevage de la volaille, des porcs et des petits ruminants (chèvres, moutons, aulacaudes) est très peu développé. Les contraintes au développement de l’élevage sont :

actions d’appuis nécessaires à apporter aux éleveurs pour améliorer leur productivité et la rentabilité de leurs activités sont entre autres :

- L’encadrement adéquat des éleveurs ;

- L’appui matériel en produits vétérinaires et en équipements de production appropriés ;

- La mise en place des installations hydrauliques et de traitement

- L’introduction des cultures fourragères et la lutte contre les mauvaises herbes

- Le renforcement des capacités organisationnelles des éleveurs.

            

La pêche est très peu développée dans l’arrondissement de MBOTORO. Les populations pratiquent pour la plupart la petite pêche de subsistance et utilisent des techniques peu mécanisées (pêche à la ligne, pêche à la nasse…). La pêche s’effectue sur le fleuve KADEY et les rivières WA’A, BOUMBE. Les espèces rencontrées sont entre autre, le capitaine, les silures, les Tilapias, les crevettes et les crabes. Il est important de noté que cette activité est pratiquée de manière archaïque par certains pécheurs qui opèrent par empoisonnement des cours d’eau, ce qui cause des risques de toxicité grave et aigue sur l’homme et son environnement. La pisciculture est encore très faiblement pratiquée malgré les grandes potentialités pour le développement de cette activité (présence des petits cours d’eau). Les principales contraintes pour la pisciculture sont la non maîtrise des techniques améliorées de production et le manque des alevins de qualité.

Les principales cultures pratiquées par les populations sont : le manioc, l’igname, l’arachide, le maïs. Une part des produits agricoles est utilisée pour la consommation et une partie est commercialisée pour générer des revenus aux ménages. Pour le moment, la culture de production des populations de la Commune est encore prioritairement orientée vers la satisfaction des besoins de subsistance et seulement de manière progressive vers les besoins de marché. L’agriculture est de type extensif, pratiquée avec des techniques rudimentaires sur des petites superficies variant entre ¼ et 1,5 hectare à proximité du village. La durée moyenne de jachère est de 02 ans. Les distances de champs varient entre 2 Km et 10 km. Le développement de l’agriculture est freiné par :

- la faible capacité technique des paysans (outillage rudimentaire et techniques culturales archaïques, insuffisance du matériel végétal amélioré tel que les boutures de manioc, les semences de maïs),

- la destruction des cultures à cause du système d’élevage en divagation (conflits agro-pastoraux),

- les difficultés de commercialisation (mauvaise organisation des producteurs, accessibilité difficile, difficulté de conservation des produits) ;

- les techniques de conservation et de stockage non appropriées ;

- le faible niveau organisationnel et structurel des organisations des producteurs existantes.

La majorité des paysans restent impuissant face à ces contraintes qui nécessitent des grands investissements et des moyens d’accompagnement importants.

Les échanges commerciaux sont basés pour la plupart sur les produits agropastoraux et de première nécessité. La Commune de Ouli ne possède qu’un seul marché frontalier périodique (marché de Tocktoyo) qui mobilise plusieurs commerçants camerounais et ceux venus de la RCA. Il serait important de construire de nouveau marché équipés afin de développé ce secteur d’activité en pleine extension.

Principales infrastructures par secteur dans la Commune

  • Les Infrastructures socioéducative
  • Eau et Energie
  • Travaux publics

La commune dispose de plusieurs infrastructures socioéducatives notamment dans le

Secteur de l’éducation. La scolarisation des enfants dans les villages est confrontée à un déficit et à l’absence des structures et des personnels enseignants (cas de l’école publique de Boden abandonnée). Les parents expriment un faible intérêt à l’éducation des enfants et surtout de la jeunes fille (indice de parité Filles/garçons = 0,61). Une sensibilisation des parents seraient un atout pour baisser le taux de sous-scolarisation dans cet arrondissement. Du côté de la santé en général, l'accessibilité aux soins sanitaires de qualité est limitée par l'insuffisance de l'effectif du personnel soignant, le faible niveau du plateau technique au niveau de ces structures et la faible capacité financière de la majorité de populations à s'offrir des soins de santé de qualité. Le recours à la pharmacopée traditionnelle et à l'automédication (vendeur ambulant de médicament) est prépondérant pour la majorité de la population.

Sur le plan de l’hydraulique, la commune compte : des forages; des puits équipés de pompe à motricité humaine, des adductions d’eau Scan water non fonctionnelles. Sur le plan énergétique, la commune d’Ouli ne dispose pas de réseau d’électrification rurale. Les populations s’équipent individuellement en groupes électrogènes. Les besoins d’électrification rurale se ressentent dans cette commune notamment en groupe électrogènes ou plaques solaires.

La commune de OULI est encore très enclavée, elle est constituée de 53 km de route départementale (tronçon Kette – Tocktoyo) et de 64 km de pistes communales (tronçon Ouli – Zongabona, Jeriko – Tamonegueze, Zimbi – Boden et Tamonegueze – Boumbenasse). La dégradation de ces routes et pistes rendent difficile le déplacement des populations et des biens tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la commune et freine par conséquent le développement de l’économie locale. Il est donc important de désenclaver cette commune afin de permettre le décollage de l’économie locale.