COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

KETTE

 

Maire GBANGA Emmanuel

Tél.   +237 699 43 99 41

Créée le 20 septembre 1982 par décret n° 82/455 du Président de la République

Superficie de 2 500 km²  

Localisation de la Commune

La Commune de Ketté est l’une des sept Communes que compte le département de la Kadey dans la région de l’Est. Située au Sud-Est Cameroun, le long des bassins de la Kadey et du cours d’eau Mboumbé, entre le 14ème et le 16ème parallèle, la Commune de Ketté est limitée au nord par la Commune d’Ouli, à l’Est par la RCA, à l’Ouest par la Commune de Ngoura et au Sud par la Commune de Batouri. La carte 1 ci-dessous présente la position de la Commune de Ketté sur le plan national et dans la région de l’Est. Collectivité publique locale, la Commune a été créée le 20 septembre 1982 par décret n° 82/455 du Président de la Républiques. Elle est passée de Commune Rurale de Ketté de 1982 à 2004 à Commune de Ketté de 2004 à nos jours. La Commune s’étale sur une superficie de 2.500 km² et compte 40 villages.

ASPECTS BIO-PHYSIQUES

La Commune de Ketté est une vaste plaine dominée par la savane arbustive. Elle s’étend sur une superficie de 2500 km².

Le climat de Ketté est de type équatorial et caractérisé par quatre saisons : une grande saison de pluies de septembre à mi-novembre, une grande saison sèche de décembre à mi-avril, une petite saison sèche en juillet-aout et une petite saison de pluie d’avril à juin. Les températures et amplitudes thermiques moyennes varient selon le rapport de la Délégation d’Arrondissement d’Agriculture et du Développement Rural de 23,8°C à 29°C. La hauteur moyenne des précipitations est de 1600 populations locales. Le Climat est favorable plusieurs activités de production, notamment l’agriculture et l’élevage.

La Commune de Ketté est caractérisée par un relief peu accidenté et varié (présence de plaines, de collines et de vallées) avec des faibles pentes. L’altitude moyenne est de 450 m. Deux principaux types de sols se rencontrent dans cette localité à savoir les sols ferralitiques et les sols hydro-morphes. Les sols hydro-morphes se rencontrent essentiellement dans les zones marécageuses et aux abords des cours d’eau. Le matériel parental est essentiellement composé de quartzites et de granites. La Commune est une réserve des terres fertiles exploitables. Le sous -sol est riche en ressources extractives (or, diamant, pierre, sable) dont le potentiel n’est pas encore maîtrisé. La zone connaît une forte destruction de l’environnement du fait de l’exploitation minière anarchique et artisanale (bouleversement/détournement du lit des cours d’eau, création et abandon de multiples trous dans les espaces agropastoraux).

La Commune de Ketté est arrosée par les fleuves Kadey, Mboumbé, Mama, Ndambi, Béké et la Molé. Ces fleuves ont une grande influence dans la vie des populations locales, car ils déterminent le type de végétation de la localité et imposent aux populations riveraines un style de vie qui fait d’elles non seulement des orpailleurs, mais aussi des agriculteurs et pêcheurs.

La zone de Ketté présente des alternances de savanes herbeuses et arborées parsemées d’innombrables rôniers et quelques galeries forestières. Les espèces herbeuses dominantes sont Pennisetum purpureum, Hyparhénya rufa, Chromolaena odorata (Bocassa), Mimosa sp et de nombreuses graminées. Les prairies marécageuses sont surtout colonisées par les Marantacées. La zone a une grande réserve de pâturages menacés par l’envahissement du Chromolaena odorata (Bocassa) est une mauvaise herbe non consommé par les bêtes. On note la destruction du couvert végétal par les feux de brousse et la coupe sauvage de bois de chauffe.

La Commune de Ketté est pauvre en faune sauvage. Les rares espèces rencontrées sont entre autres les aulacodes, les céphalophes, les serpents boa, les cricétomes, les athérures et quelques hippopotames dans la zone de Lala. Il n’existe pas d’aire protégée ; toutefois dans le village Lala, on note la présence d’une mare à hippopotames en cours d’aménagement comme site touristique.

MILIEU HUMAIN      

Le Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 2005 estime la population de Ketté à 31 129 âmes. D’après le Diagnostic de l’Espace Urbain réalisé par la commune en 2010, il ressort que 43,92% des populations vivent dans les 03 principaux agglomérations que sont Ketté centre, Gbiti et Boubara et 69,4% de ces populations sont constituées de jeunes et des femmes. La taille de ménage est en moyenne de 6 à 8 membres. Cette taille est relativement élevée pour des ménages pauvres à plus de 80%, qui éprouvent d’énormes difficultés à surmonter les charges alimentaires et non alimentaires. Parmi cette population, on recense un grand nombre de population vulnérable.

Caractéristiques des populations vulnérables de Ketté

Ainsi donc, les populations vulnérables représentent 30,34% de la population de Ketté. Leur vulnérabilité est perceptible sur le plan alimentaire, sur le plan socioéconomique et sur le plan de la santé

-Vulnérabilité alimentaire des populations

Plus de 2/3 des ménages dans la Commune de Ketté sont en situation de vulnérabilité alimentaire et ne satisfont pas aux critères de sécurité alimentaire fixés selon la FAO à 2400 kilocalories par jour. Cette situation est très sévère chez les enfants et les femmes enceintes. La pauvreté alimentaire est imputable, à la monotonie alimentaire, à l’insuffisance de la production et de l’offre des produits alimentaires sur les marchés de la Commune. En plus, les prix de certaines denrées alimentaires sont élevés, accentuant la pauvreté alimentaire dans la Commune.

-Vulnérabilité socio-économique

Plus de 65% de la population de Ketté sont sous scolarisés et analphabètes. En considérant les données de l’ECAM3 au niveau de la région de l’Est, le taux net de scolarisation global (6-14ans) est 75,3 Cette faiblesse de l’alphabétisation est plus critique chez les femmes que chez les hommes, la scolarisation étant privilégiée chez le garçon que chez la fille qui subit le mariage précoce et le poids de la culture. La sous scolarisation et l’analphabétisme se justifient également par l’attrait du secteur minier sur les enfants, le manque d’intérêt des parents pour l’école et le coût élevé d’accès à l’école. Beaucoup de ménages ont des difficultés liées au développement de leur activité principale ou mieux à leur activité de survie. Mal dotés en capital physique et financier, les populations pauvres ne peuvent s’insérer que dans des branches d’activités qui nécessitent peu d’investissement, mais qui sont aussi moins performantes. En conséquence, le développement de la micro-finance et la facilitation des procédures d’accès au crédit sont nécessaires pour appuyer les pauvres dans leurs activités économiques. Les ménages dirigés par les femmes sont moins nombreuses (moins de 10%) que ceux dirigés par les hommes. L'autonomisation des femmes à travers des Activités Génératrices des Revenus (AGR) permettrait d'augmenter leur capacité à prendre en charge leur famille.

-Vulnérabilité des populations sur le plan de la santé

Les femmes enceintes, les jeunes de 0-5 ans et les personnes de plus de 50 ans constituent les couches plus vulnérables sur le plan de la santé de part les conditions où la santé de la mère et de l’enfant sont les plus précaires, liées aux grossesses multiples et rapprochées, aux accouchements dans des conditions défectueuses, à l’insuffisance des mesures d’assainissement. Le paludisme est la principale cause de mortalité et de morbidité au sein des couches les plus vulnérables. La Commune de Ketté est frontalière avec la RCA et cette position est à la base d’un mouvement important et au brassage des populations. Par ailleurs, l’activité minière prépondérante attire des populations dans la zone de Ketté. Le risque de contamination au VIH est très élevé et au vue de la grande vulnérabilité socio-économique ambiante. Plusieurs barrières continues à entraver la lutte contre le VIH/SIDA dans la Commune de Ketté, notamment : les us et les coutumes, l’alcoolisme, l’ignorance, l’analphabétisme, la polygamie et l’infidélité, les rapports sexuels non protégés, la prostitution dans les chantiers miniers, l’irresponsabilité des parents, la sexualité précoce, le manque de loisirs sains, le brassage des populations.

La population pratique principalement deux grandes religions notamment l’Islam et le Christianisme. Les musulmans sont presque tous de la confrérie des Tidjanias tandis que le christianisme s’éclate en plusieurs dénominations dont les principales sont les Adventiste, les Evangéliques Luthériens, les Presbytériens, les Catholiques et les Brahnamistes (très faiblement représentés). La Commune de Ketté à une population cosmopolite. On y retrouve les Gbaya, foulbés, bororos en grand nombre. Les kako, les bamiléké et les Bamouns en petit nombre. Chaque groupe a un apport sur le plan culturel mais également économique.

                     

Principales activités économiques

De manière générale, les activités économiques des populations de Ketté par ordre d’importance sont représentées dans la figure ci-dessous :

Le sous-sol de la Commune de Ketté est riche en ressources minières, notamment en or et diamant. Malheureusement, l’exploitation de ces minerais demeure artisanale dans les chantiers ouverts à Gbiti, Béké chantier, Kana, Bedobo, Nandongkoundo. Les produits extraits prennent des destinations inconnues. L’activité minière occupe une frange importante de la population, elle rythme la vie économique de la Commune. En l’absence d’une exploitation industrielle, les retombés économiques pour la Commune restent très faibles. La Commune bénéficie cependant de manière indirecte, des retombées des activités de ce secteur à travers un important secteur informel établi grâce aux transactions dans le domaine des mines : vente de boisson, habillement, transport, etc. Les travaux de prospection sont en cours par une firme Sud-Africaine en vue d’une exploitation industrielle dans la zone de Gogazi. La Commune compte près de 6 500 artisans miniers et plus de 200 collecteurs évoluant à plus de 90% dans l’informel. Il n’existe pas encore de bureau d’achat dans la Commune.

Située au nord du département de la Kadey, Ketté a une végétation dominée par la savane ; ce qui la prédispose à une zone de pâturage. C’est ce qui explique la présence dans la Commune des grands éleveurs de caprins et bovins dont le cheptel se chiffre en dizaine de milliers de têtes de bétail. Il est cependant à souligner que cette activité est pratiquée sans une réelle participation des autochtones qui pensent que ce domaine n’est réservé qu’au fulbé et éleveurs Bororos. L’élevage de la volaille, des porcs et des petits ruminants est très peu développé dans la Commune du fait d’une part de la faible capacité organisationnelle et financière des populations et d’autre part du fait d’un déficit d’encadrement des producteurs. Les contraintes au développement de l’élevage dans la Commune de Ketté sont :

-Le faible encadrement technique des producteurs qui justifie la faible productivité. La technique d’élevage n’est pas bien maîtrisée par les producteurs ;

-Les matériels et les équipements de production existant ne sont pas appropriés ;

-L’envahissement des pâturages par les mauvaises herbes ;

-L’accès limité des populations aux financements pour initier ou développer les activités d’élevage. La grande majorité des éleveurs sont analphabètes et n’ont des garanties pour accéder aux crédits des institutions bancaires.

Les actions d’appuis nécessaires à apporter aux éleveurs pour améliorer leur productivité et la rentabilité de leurs activités sont entre autres :

- L’encadrement adéquat des éleveurs ;

- L’appui matériels, produits vétérinaires et en équipements de production appropriés ;

-Mise en place des installations hydrauliques et de traitement

- L’introduction des cultures fourragères et la lutte contre les mauvaises herbes

-Le renforcement des capacités organisationnelles des éleveurs.

L’agriculture concerne beaucoup plus les cultures vivrières. La principale culture de rente qui est le tabac connaît une chute et une tendance à l’abandon. Les cultures pratiquées par les populations sont : le manioc, l’igname, l’arachide, le maïs, la patate, la banane douce. Une part 75%) des produits agricoles est utilisée pour l’autoconsommation et une partie (25%) est commercialisée pour générer des revenus aux ménages. Pour le moment, la culture de production des populations de la Commune est encore prioritairement orientée vers la satisfaction des besoins de subsistances ; et seulement de manière progressive vers les besoins de marché. L’agriculture est du type extensif, pratiquée avec des techniques rudimentaires sur des petites superficies variant entre ¼ et 2 hectares à proximité du village. La durée moyenne de jachère est de 2 ans. Les distances de champs varient entre 1,5 Km et 15 km. Les périodes de grande intensité agricoles se situent entre janvier à mars et entre juin à août. Les principales cultures vivrières sont le manioc, le maïs, les arachides. Le développement de l’agriculture est freiné par :

-la faible capacité technique des paysans (outillage rudimentaire et technique culturale archaïque, insuffisance de matériels végétal amélioré tel que les bouture de manioc, les semences de maïs),

-la destruction des cultures à cause du système d’élevage en divagation (conflits agro-pastoraux),

-les difficultés de commercialisation (mauvaise organisation des producteurs, accessibilité difficile, difficulté de conservation des produits) ;

-technique de conservation et de stockage non appropriées ;

-le faible niveau organisationnel et structuration des organisations des producteurs existants.

Il existe une Délégation d’Arrondissement d’Agriculture implantée à Ketté centre. En plus de cette Délégation, quatre postes agricoles sont créés dans les villages Gbiti, Boubara, Ndambi 1 et Timangolo. Ces postes ne fonctionnent pas en raison de l’absence d’infrastructures et de personnel. Cette situation implique et explique en partie un déficit d’encadrement des populations en matière de production agricole. La majorité des paysans rencontrés restent impuissant face à ces contraintes qui nécessitent des grands investissements et des moyens d’accompagnement importants. Il existe plus de 100 organisations de producteurs dans la Commune dont le niveau de structuration et de fonctionnement demeurent relativement très faible.

Les échanges commerciaux sont basés pour la plupart sur les produits agropastoraux et de première nécessité. Certains opérateurs économiques fréquentent beaucoup les artisans miniers dans le cadre de la collecte des produits (or et diamant). Les marchés existants ne sont pas aménagés ; les commerçants ne sont ni organisés ni structurés. La Commune est très mal lotie en infrastructures marchandes.

PRINCIPALES INFRASTRUCTURES PAR SECTEUR

                                                                                                                    

Le secteur de l’Administration Territoriale, Décentralisation y compris le Maintien de l’Ordre a pour principales infrastructures (le bâtiment de la Sous-Préfecture qui abrite également la Perception de Finance, le logement d’astreint du Sous-Préfet, la Brigade de Gendarmerie de Ketté et celle de Boubara dans des bâtiments communaux, le Commissariat Spécial abrité par un bâtiment communal, l’Hôtel de ville).

La commune dispose de plusieurs infrastructures socioéducatives notamment dans le Secteur de l’éducation et de la santé.

Ketté ne dispose pas d’un réseau d’eau géré par la CAMWATER. Néanmoins, le gouvernement et les organismes internationaux (HCR, CARE, Peace Corps) financent la réalisation des puits d’eau dans certains villages ; toutefois, la demande reste grande. Grâce à un financement du FEICOM, la ville de Ketté a bénéficié le 20 mai 2005 d’un groupe électrogène qui alimentait une partie du périmètre urbain. Cependant, depuis 2006, ce groupe est tombé en panne et ce périmètre est replongé dans l’obscurité. La réhabilitation de cette centrale thermique ainsi que l’acquisition d’un autre groupe de grande capacité est vivement souhaitée pour couvrir les besoins énergétiques d’une population sans cesse grandissante. Il en est de même de la localité de Timangolo. Par ailleurs les localités tels que Boubara et Gbiti devraient bénéficier d’un programme d’électrification vue la grande taille de leurs populations.

Le secteur des travaux publics est constitué par un réseau routier dense en très mauvais état constitué des routes départementales et communales.

                                             

Créée le 14 août 2008, le Centre Multifonctionnel de Promotion des Jeunes (CMPJ) est doté de deux bâtiments flambants neufs comprenant : 3 bureaux, 1 salle de cours, 2 salles d’ateliers avec un équipement nécessaire pour la formation des jeunes en vue de leur insertion socioéconomique, 1 salle de spectacle et 3 toilettes. Il existe également à Ketté, un Bureau Communal du Conseil National de Jeunesse (CNJ).

Il existe à Ketté une SAR/SM. Le secteur de l’Emploi et de la Formation Professionnelle n’a pas encore une délégation à Ketté. Il n’y est représenté qu’à travers les activités de la SAR/SM.

La couverture en réseau téléphonique n’est pas totale. Certains villages restent toujours enclavés. Seul Orange dispose d’une antenne relais installée à Ketté centre.

L’on note également à Ketté, l’existence de deux (02) Télé-centres Communautaires Polyvalents à Ketté Centre et Gbiti non encore opérationnels.

Les infrastructures marchandes dans la Commune de Ketté sont constituées essentiellement de (magasin de stockage de produits agricoles à Timangolo , marchés périodiques non aménagés dans les localités de Mboumama, Boubara, Timangolo, Gbiti, Ketté, Ngbwakine, Roma, Bedobo, des parcs à bétail traditionnels à Mboumama, Timangolo et Gbiti, des hangars à Timangolo et Ketté, boucherie à Ketté, poissonnerie à Boubara. Ainsi, la Commune est très mal lotie en infrastructures marchandes de base. Par ailleurs il n’existe ni gare routière, ni abattoir aménagé. Les boutiques existantes sont construites dans l’anarchie et de façon précaire. Les besoins pour l’accroissement et l’amélioration de ces infrastructures restent importants pour le développement de l’économie locale.