COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

KENTZOU

 

Maire BELEKOU Louis-Aimé

Tél.      +237 670 66 74 78

Superficie 900Km2

Nombre de Conseullers 25

Localisation de la Commune

Située dans le Département de la Kadey, région de l’Est, la commune de Kentzou est limitée à l’Ouest et au Nord-ouest par l’arrondissement de Batouri, à l’Est et au Nord-est par la République Centrafricaine et au Sud et Sud-ouest par l’arrondissement de Ndélélé. Elle est reliée à Batouri, son Chef-lieu de Département, par une route en terre, de praticabilité saisonnière et longue de 115 km. Elle s’étend sur 900Km2. La ville de Kentzou qui culmine à 650m d’altitude a une population urbaine estimée à 8 228 habitants pour une superficie d’environ 16 km2.

Histoire de la Commune

La Commune de Kentzou a été créée en 1995 par Décret N° 95/082 du 24 avril 1995 et est devenue fonctionnelle un an plus tard. Depuis sa mise en service effective en 1996, trois Maires ont succédé à la tête de la Commune de Kentzou. Il s’agit dans l’ordre de LANDOUM Augustin, MBOUTOU MBINGUE Albert et enfin de BELEKOU Louis Aimé qui à ce jour en est à son second mandat.

MILIEU BIOPHYSIQUE

En ce qui concerne les aspects climatiques, la commune de Kentzou est soumise à un climat équatorial de type guinéen classique à quatre saisons. Au cours de l’année, les saisons se succèdent de la manière suivante :

-Une petite saison des pluies de mi-mars à juin,

-Une petite saison sèche de juin à mi-août,

-Une grande saison des pluies de mi-août à mi-novembre,

-Une grande saison sèche de mi-novembre à mi-mars,

Les précipitations mensuelles oscillent entre 18 mm au mois de janvier à 243 mm au mois de septembre et octobre. Le total des précipitations tourne autour de 2000mm par an. La température moyenne est de l’ordre de 24°C avec un pic de 39°C aux mois de février et mars.

Les sols sont à dominance ferralitique de couleur caractéristique rouge et ayant donné lieu par endroit à des formations (concrétions) latéritiques. Ce sont des sols ayant une forte activité biologique et un bon degré de fertilité. Le relief dominant est relativement plat avec une altitude moyenne qui oscille entre 600 et 760 m. Quelques pentes plus ou moins importantes peuvent être observées, mais elles restent très localisées.

Le réseau hydrographique n’est pas très dense. Les principaux cours d’eau navigables par endroit sont la Bombé et la Kadey. On note quelques ruisseaux tels que Konga, Gbassia, Loumbèlou, Sololo.

La végétation est dominée par la savane avec une forte présence des hautes herbes et d’arbustes. Parmi les espèces d’herbes les plus courantes, on note l’Eupatorium odoratum dont on dit qu’elle est venue de la Centrafrique voisine. On relève aussi des galeries forestières et quelques espaces marécageux qui longent certains cours d’eau, la Bombé et la Kadey en l’occurrence. Les galeries forestières sont assez riches en essences. Celles répertoriées sont principalement : Entrindrophrama cylindricum (Sapeli), Milicia excelsa (Iroko), Terminalia superba (Fraké) et Raphia spp. Les Raphia spp qui occupent certains bas-fonds marécageux ont une importance multiforme dans les divers villages de la commune. Leurs feuilles permettent de fabriquer les nattes qui sont utilisées pour couvrir les toitures des maisons ainsi que les barrières des habitations. Les bambous de raphia quant à eux servent à construire les charpentes des maisons et à fabriquer des claies qui sont utilisées pour le séchage des produits alimentaires ou également pour construire des barrières. Les produits forestiers non ligneux (PFNL) qu’on y retrouve sont : Gnetum Africanum (okok), Irvingia Gabonensis (Andok), Rhicinodendron Heudelotii (djansan).

La faune dans la commune de Kentzou est relativement riche. Les espèces les plus rencontrées se présentent comme suit :

-Faune terrestre (Céphalophe bleu, Lièvres, Antilopes, Pangolin, Chats Tigre, Vipères, Porc-épic, Rat palmiste).

-Faune aquatique (Silures, Tilapias Carpes, Poisson Courant, Poisson Vipère).

                                                                                                                                                      

MILIEU HUMAIN

Les populations autochtones de Kentzou font partie du grand groupe Bantou qui est une composante importante des peuples qui vivent dans le bassin du Congo. Après de longues migrations ponctuées par de multiples péripéties comme les guerres, elles ont occupé les sites actuels. La gestion administrative et financière des activités économiques et sociales des populations de l’actuelle commune de Kentzou fut d’abord assurée par la Commune voisine de Ndélélé.

La population de l’aire communale de Kentzou était de 16147 habitants (selon les résultats du 3ème RGPH de 2005). Aujourd’hui, elle est estimée à 25640 habitants répartis en 41 villages (voir tableau suivant). La densité de population est de 28 habitants au Km².

Kentzou est une véritable mosaïque de cultures Les Kako constituent l’ethnie majoritaire. On y rencontre également les minorités Bemou, Gbaya, Mboussoukou et Mbororo ainsi que des Bamiléké, des Beti, des Bassa, des Bayangui, des Bengwi, des Haoussas, des Foulbés, des Arabe-Chouas), des centrafricains, des maliens, des congolais, des gabonais, des sénégalais, des nigériens, des nigérians, des rwandais, des tchadiens et surtout une forte communauté des réfugiés Bororos centrafricains. Toutes ces ethnies vivent en relations harmonieuses. La figure qui suit montre que les femmes sont majoritaires au sein de la population. Ceci confirme les statistiques nationales qui situent la population féminine à près de 50% de la population totales. On relève également que la population de moins de 16 ans représente 37 % du total. Il s’agit donc d’une population essentiellement jeune.

Religion

Au plan religieux, le Christianisme (Catholique, EPC, Adventiste, Baptiste, Mission du plein évangile, Vraie église de Dieu) est la principale religion pratiquée suivie de l’islam. Malgré l’appartenance aux religions extérieures, une bonne frange de la population reste attachée aux religions traditionnelles.

Habitat

Les constructions sont faites en terre battue, en planches ou en blocs de terre, avec des toitures en nattes de raphia. Les toitures en tôles ondulées sont assez rares. On y retrouve quelques maisons en matériaux définitifs. Les cases ont la forme rectangulaire. La terre appartient aux familles. Les modes d’acquisition sont l’héritage, le don, le legs et l’achat. Les éventuels conflits y relatifs sont gérés par la chefferie.

ACTIVITES SOCIO-ECONOMIQUES

C’est la principale activité économique de la population (environ 80% de la population active s’y consacre). On y pratique deux types de cultures : les cultures de rente notamment Café robusta, cacao et les cultures vivrières (maïs, arachides, haricots, piments, tomates, macabo, banane plantain, banane douce, patates). Parmi les cultures de rente, le cacao est d’introduction récente. L’extension du verger cacaoyer est favorisée par le niveau élevé des prix aux producteurs, mais les agriculteurs se heurtent à la faible disponibilité du matériel végétal. En revanche, le caféier robusta est cultivé dans la zone depuis l’époque coloniale. Seulement, à la suite de la baisse drastique des prix du café des années 90, les planteurs l’on pratiquement abandonné. Depuis, il tarde à renaître de ses cendres, étant donné les prix encore trop bas. Les cultures vivrières se font en billons ou sur labour à plat et les associations culturales sont de mise. L’agriculture vivrière est pour l’essentiel une agriculture de subsistance, qui génère peu de surplus pour la commercialisation. Ces surplus sont vendus sur les marchés locaux à cause du mauvais état des pistes et routes et de la faible capacité des agriculteurs à moderniser, à organiser et à regrouper leurs productions. La divagation des bêtes domestiques empêche les activités agricoles autour des habitations et constitue de ce fait un facteur d’insécurité alimentaire. De fait, les alentours des habitations sont littéralement envahis par la broussaille, aussi bien au niveau des villages que de la ville communale, alors que ces espaces auraient pu être valorisés au travers des activités agricoles autour des habitations, notamment les jardins potagers.

Les espèces les plus importantes sont : les bovins, les ovins, les porcs et les caprins. Les conflits agro-pastoraux sont courants entre les éleveurs et les agriculteurs du fait de l’élevage en divagation. Les élevages de volailles et porcs, d’ovins et de caprins restent traditionnels et à usage domestique.

Les activités de pêche sont périodiques (en saison sèche) et sont pratiquées dans les fleuves Kadey et Bombé ainsi que dans d’autres cours d’eau et rivières de la Commune. Les espèces trouvées sont : le poisson vipère (Parachara obscura), les silures (Clarias sp), le tilapia (Oreochromis niloticus), la carpe (Lutianus sp)… Les techniques de pêche utilisées sont : le filet, l’hameçon, la nasse et les barrages dans les rivières et les marigots. Les pêcheurs sont les natifs des villages riverains. Depuis quelques années, les pêcheurs ont observé un appauvrissement des eaux en poissons et autres espèces aquatiques. Cet appauvrissement est causé par les mauvaises pratiques de la pêche (utilisation des produits toxiques déconseillés, le barrage, les filets non conformes…). Les produits de la pêche sont utilisés pour l’autoconsommation et la commercialisation.

3.4.4. Chasse

La chasse est pratiquée par quelques personnes dans tous les villages. Les espèces les plus chassées sont les petits gibiers. Ces espèces sont destinées à l’autoconsommation et la vente à l’état frais ou fumé sur le marché de Kentzou. Il s’agit des lièvres (Lepus timidus), des antilopes (Pantholops hodgsonii), des pangolins (Manis témmincki), des chats tigre (Leopardus tigrinus), des vipères (Bitis arietans), des porcs-épics (Atherurus africanus), des céphalophes bleus (Cephalophus monticola) et des rats palmistes (Xerus erythropus). Les techniques utilisées sont le piège au câble, la lance, la chasse avec des chiens et l’arme à feu.

Les PFNL sont récoltés ou ramassés par les femmes, les hommes et les enfants dans les forêts galeries ou d’autres enclaves forestiers que l’on rencontre ici et là dans la commune. Il s’agit des mangues sauvages, du ndjansan, des chenilles, du vin de raphia, des lianes sauvages, des champignons, des escargots, du miel, des feuilles de raphia et de plusieurs espèces de plantes utilisées pour l’alimentation et la pharmacopée traditionnelle. Une partie de ces produits est commercialisée et procure des revenus aux populations.

L’artisanat est pratiqué dans presque tous les villages. Les objets fabriqués sont : le lit, la natte, le mortier, les paniers à partir du raphia et des lianes. Ces objets ont à la fois un usage domestique et commercial. L’une des matières premières clé de l’artisanat est le raphia, surtout ses feuilles qui permettent aux artisans de confectionner les nattes utilisées pour couvrir les toits des habitations et même pour faire des barrières.

Elle est faite de manière informelle à Kentzou centre et dans d’autres villages de la commune. Les carrières de sable se trouvent principalement à Ngouandji, Gbassia, Mbouyé et Lolo I. Cependant, il existe un GIC des SABLIERS qui rassemble les seuls exploitants du fleuve Kadey.

La distribution des biens est pour l’essentiel informelle et concerne les boissons industrielles (bières, sucreries…), les boissons du terroirs comme le « arki » (boisson distillée fortement alcoolisée), le « Chai » (sorte de thé chaud de couleur marron), la bouillie de riz, le « Kossam », le « Foléré » et des produits de première nécessité. Toutefois on note l’existence d’une multitude d’échoppes et de boutiques au centre-ville.

Le principal moyen de transport dans la localité c’est la moto. Le transbordement des marchandises à destination ou en provenance de la Centrafrique est une activité intense. Les moyens de transport utilisés à cet effet sont les gros porteurs. La pirogue est utilisée pour la traversée de la Kadey à Gbassia, lorsque le bac est à l’arrêt.

Les produits miniers tels que l’or et le diamant sont exploités ici et là sur tout l’espace communal. Cependant la commune n’a pas encore organisé le secteur et l’exploitation se fait de manière artisanale.

PRINCIPALES INFRASTRUCTURES DE LA COMMUNE

La commune dispose de plusieurs infrastructures socioéducatives notamment dans le Secteur de l’éducation et de la santé.

Il existe un réseau électrique non fonctionnel à Kentzou. Les deux centrales thermiques qui devaient alimenter ce réseau sont à l’arrêt depuis des années. Les poteaux qui étaient installés sont au nombre de 170 avec 12km de basse tension. Pour leur alimentation énergétique, les populations dépendent des groupes électrogènes privés et qui fonctionnent au gas-oil. L’éclairage domestique est également assuré par des lampes tempêtes. La source d’énergie utilisée pour la cuisson des aliments est essentiellement le bois. Pour ce qui est de l’eau, on dénombre 17 forages dont 7 sont à réhabiliter. Les puits au nombre de 3 sont tous à réhabiliter. L’adduction d’eau Scan Water de Kentzou est à l’arrêt depuis plusieurs décennies et n’avait pas fonctionné plus d’un an après son inauguration. Dans de nombreux villages les populations se contentent de boire l’eau des rivières ou des sources non aménagées, prenant ainsi de gros risques pour leur santé. Le tableau suivant donne la situation des infrastructures d’hydraulique rurale.

Les postes et télé communications ont réalisé une couverture remarquable par les réseaux téléphoniques mobiles MTN et Orange sur la majorité des villages de la commune.

Il y a lieu de relever la présence dans divers villages des espaces aménagés comme aires de jeux.

La commune de Kentzou est desservie par divers axes routiers, tous en terre et qui sont :

-Kentzou -Gbassia par Konga, Banda 5km, dont l’état est déplorable

-Kentzou-Bombe Mbendo par Mbouyé, Paka, Mbombé Philippe 12km, dont l’état est passable

-Kentzou-Gbolegbole 12 km, dont l’état est déplorable

-Kentzou- Niewa 2 par Ngouandji, Samé, Gbeli, Mekpolo, Boundéi, Mpouyanga, Ndogbeli, Wassé, Gbadjanga, Lolo 1, Lindi 2, Gbaboné, Lolo 2, Lissambo, Sandji 2, Mbilé 2, Sembé 2, Sandji 1, Nagounté, Gogogbangolo, Gbongoé 2, Bellkoungou, Gbongoé 1, Mbilé 1, Kombokombo, Gomala, Yamtari, Niewa 1, Gbadjim et Doubé 60km, dont l’état est passable

-Sandji 2 - Bombé Bakari par Bombé Château 30km, dont l’état est déplorable.

La sous-préfecture de la Bombé dispose d’une infrastructure futuriste et en très bon état. C’est dans la même foulée que la résidence du Sous-préfet à Kentzou.

Potentialités

Existence des sites touristiques : Existence des carrières de sable, des carrières de pierres

Présence des mines d’or, Sol fertile, d’une agriculture diversifiée avec un potentiel élevé pour l’extension des surfaces cultivées, d’un Réseau hydrographique important et poissonneux,

Abondants pâturages, Présence des enclaves de forêt, Climat favorable.

Ressources de la commune

-Ressources humaines (l’Exécutif Communal et le Personnel Communal, le Conseil Municipal, les opérateurs économiques, les élites, les autorités administratives et traditionnelles)

-Ressources financières (les impôts et taxes divers, les subventions, les dons et les legs, le BIP)

- Ressources naturelles : carrières de pierres, le pâturage, carrières de sable, les forêts, les cours d’eau ;

- Ressources relationnelles avec les partenaires au Développement (FEICOM, PNDP, les SDE)

- Le patrimoine communal (les infrastructures, les moyens de locomotion)