COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

NGOYLA


 

Maire Mme SAMBA OWONA Juliette Evelyne Epse MEILLON

Tél.     +237 696 93 87 52
          +237 673 13 69 01

Créée par décret N° 95/082 du 24 avril 1995

Superficie de 4 382 km²

Localisation de la Commune

La Commune de Ngoyla voit le jour en 1995 par décret N° 95/082 du 24 avril 1995. Cette commune a une superficie de 4 382 km² et a une population de 6000 habitants, essentiellement les Ndjems mais on retrouve aussi une forte population Maka, Nzimé et Bamoun. Elle est située à 225 km de la ville d’Abong-Mbang chef lieux du département du Haut-Nyong et dispose d’énormes ressources naturelles telles que la forêt, la faune ; les minerais divers et un dense réseau hydraulique. La Commune de Ngoyla compte 29 villages et 7 Campements Baka. Elle est limitée à l’Ouest par la Commune de Mintom, à l’Est par la Commune de Moloundou, au Nord par la Commune de Messok , au Sud par la République du Congo.

Description du milieu biophysique

La Commune de Ngoyla subit l’influence d’un climat équatorial de type guinéen à quatre saisons d’inégales durées :

- une grande saison sèche de mi-Novembre à mi-Mars ;

- une petite saison pluvieuse de mi-Mars à mi-Juin ;

- une petite saison sèche de mi-Juin à mi-Août ;

- une grande saison pluvieuse de mi-Août à mi-Novembre.

La moyenne annuelle des précipitations est de 1577 mm. La température moyenne annuelle est de 25°C avec une amplitude moyenne annuelle de 2,5°C. Ce climat favorise annuellement la conduite de 2 campagnes agricoles (de mi-Mars à mi-Juin et de mi-Août à mi-Novembre.

Le matériel parental est essentiellement composé de quartzites et de granites. Deux principaux types de sols se rencontrent dans cette localité à savoir les sols ferralitiques et les sols hydro-morphes. D’une manière générale, les sols ferralitiques sont caractérisés par une texture sablo-argileuse. Ils sont pauvres en éléments nutritifs, acides, fragiles et caractérisés par de fortes colorations rouges ou rouge claire. Sous le couvert forestier, ces sols sont quelquefois argileux, poreux, très perméables et riches en humus. Ils sont reconnus très fertiles sous le couvert forestier. Cependant, cette fertilité est assez précaire, consécutif à l’agriculture sur brûlis. Ces sols se prêtent surtout aux cultures pérennes (cacao, fruitiers, palmier) et aux cultures vivrières. Les sols hydro-morphes se rencontrent essentiellement dans les zones marécageuses et aux abords des cours d’eau. L’exploitation de ces sols est difficile en temps pluvieux à cause de leur engorgement. En saison sèche par contre, l’utilisation de ces sols est moins contraignante avec la baisse de la nappe phréatique. La pratique des cultures de contre saison est alors possible.

De part sa proximité des fleuves Dja et Mié, la Commune de Ngoyla présente un relief peu accidenté et varié (présence de plaines, de collines et de vallées) avec des pentes comprises entre 0 et 5% traduisant une faible sensibilité à l’érosion. L’altitude moyenne est de 625 m.

La Commune de Ngoyla est arrosée par le Dja et la Mié, fleuves très poissonneux et à débit permanent. A côté de ces fleuves, l’on note la présence de petites rivières à régime permanent ou saisonnier.

La végétation de Ngoyla est caractérisée par des forêts denses humides et des forêts marécageuses à raphiales. Ces formations végétales sont riches en essences commercialisables et en Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL). La flore est très diversifiée. Les principales espèces arborées ou arborescentes sont présentées dans le tableau 1. Les espèces herbeuses dominantes dans les zones de savane herbeuse sont Pennisetum purpureum, Hyparhénya rufa, Chromolaena odorata, Mimosa spet de nombreuses graminées. Les prairies marécageuses sont surtout colonisées par les Maranthacées et les Zynziberacées. A ces espèces végétales il faut ajouter la gamme variée des cultures vivrières, maraîchères et pérennes. Les jachères sont colonisées principalement par Musanga cercropiodes(parassolier), Eupatorium sp et Chromolaena odorata.

Faune sauvage : La Commune de Ngoyla abrite une faune sauvage très diversifiée et très abondante abondante. Les discussions avec les populations locales révèlent que cette faune est localisée à la fois dans les forêts galeries et dans les savanes péri-forestières Il ressort de ce tableau qu’au moins 24 espèces fauniques se rencontrent dans l’arrondissement de Ngoyla. De ces 24 espèces, 07 sont des espèces intégralement protégées au Cameroun (classe A), 02 sont partiellement protégées (classe B) et 15 appartiennent à la classe de protection C. La faune domestique quant à elle est très pauvre et peu diversifiée. Elle est constituée de volailles (poulets, canard), de porcs, chèvres et d’animaux de compagnie (chiens, chat).

Description du milieu socio-économique

La ville de Ngoyla tire son nom de l’expression « Ngo-y-la » qui signifie « trois pierres ». Ce nom est une représentation des trois grandes familles qui constituent la population des natifs de Ngoyla. Ville qui a été créée vers 1900 par MPONO MEDOUH elle est érigée en District en 1968. La Commune de Ngoyla voit le jour en 1995 par décret N° 95/082 du 24 avril 1995. Cette Commune a vu le passage de deux Maires à sa tête, à savoir EBOL (1995 à 2002) et BAMETOL Alphonse (depuis 2002). Depuis sa création, la commune de Ngoyla est physiquement localisée dans la ville de Ngoyla dans les mêmes locaux au quartier Mokolo. La Commune de Ngoyla compte trois chefferies de 2e degré (Ndjem Nord, Ndjem Sud et Ndjem Sud-Est) et 29 de 3ème degré.

La population est estimée à environ 6 000 habitants D’après le recensement de 2005. Sur le plan ethnique, toute la population autochtone (majoritaire) appartient à l’ethnie Ndjem Cette commune a une superficie de 4 382 km2 et a une population de 6000 habitants, essentiellement les Ndjems mais on retrouve aussi une forte population Maka, Nzimé, Baka et Bamoun. La distribution ethnolinguistique est homogène. Ce caractère confère aux populations une même origine, les mêmes us et coutumes. Chaque village est ainsi composé de plusieurs lignages, issus à leur tour de la fusion de plusieurs familles.

Trois principaux groupes religieux ont été identifiés dans la Commune de Ngoyla à savoir les protestants, les musulmans et les catholiques. Les catholiques et les protestants sont les plus nombreux. La Communauté musulmane quant à elle est minoritaire.

Caractérisation des populations vulnérables

Les populations vulnérables dans la Commune de Ngoyla sont constituées de handicapé, orphelins, octogénaires et immigrés. Le tableau suivant présente les caractéristiques des populations vulnérables de la Commune de Ngoyla.

Organisation sociale

L’organisation sociale dans la commune de Ngoyla a pour socle les ménages qui sont pour la plus part bâtis autour des foyers polygames non officialisés. Après les ménages, le deuxième cercle de l’organisation sociale est la famille. En effet, chaque village compte un certain nombre de famille allant de deux à six d’où viennent les notables de la chefferie. Les familles sont regroupées en clans qui rassemblent souvent plusieurs villages et enfin, les habitants de Ngoyla appartiennent principalement à l’ethnie Ndjem. Comme institutions traditionnelles, l’on distingue 03 chefferies de 2e degré et 29 chefferies de 3e degré. Les chefferies de 3e degré sont localisées dans les 29 villages qui composent la Commune. L’institution traditionnelle se compose des organes suivants : un chef du village, un conseil de notable ou des sages, les chefs de bloc, le chef de famille, un représentant légal choisit par le chef. L’ascension à la chefferie se fait par hérédité ou par élection en cas de non consensus. Toutefois le conseil de sage peut choisir en cas de non désignation du successeur du chef décédé. A côté des chefferies, plusieurs organisations ou institutions interviennent dans divers domaines de développement des villages. Les responsables des services déconcentrés de l’Etat, les chefs de village, les chefs de famille, les Conseillers Municipaux, les notables et les autorités politiques sont les principales personnes qui exercent l’autorité à Ngoyla. Ils l’exercent surtout en jouant le rôle de porte- parole entre l’administration et les populations locales et/ou en veillant à ce que la paix soit préservée dans la localité.

Habitat

D’une manière générale, l’habitat est groupé dans les zones rurales et urbaines. Ceci traduit une volonté manifeste pour les populations de vivre ensemble. Les enquêtes communautaires ont permis de caractériser plusieurs types de constructions villageoises dans la Commune de Ngoyla. Il s’agit en l’occurrence des maisons d’habitation (qui varient en fonction des matériaux de construction utilisés) et des accessoires tels que les latrines, et les hangars. Les principaux matériaux de construction utilisés sont la terre (poto poto), les briques ou blocs de terre, les parpaings, le ciment, les planches, le raphia, la paille et les tôles ondulées en aluminium. L’habitat rural est essentiellement précaire. Cette précarité ne tient pas seulement au faible revenu des populations, mais surtout à leur mentalité qui les pousse à se contenter d’une simple maison en terre battue. Alors qu’il existe des carrières de sable dans plusieurs villages. 70% des habitations en zones rurales et urbaine sont construite en matériaux locaux (photo 7). Par ailleurs, l’inexistence d’un plan d’urbanisation à la Commune ne lui permet pas de réglementer les constructions. Quel que soit le type de matériaux utilisé, les maisons sont construites selon les mêmes standards à savoir : forme rectangulaire ou carré et assez spacieuse. Le ménage est généralement constitué de 02 bâtiments. L’un sert de salle de séjour et l’autre de cuisine. D’autres compartiments servent de cuisine et de magasins. En ce qui concerne les accessoires, on note une rareté de latrines aménagées en zone rurale et urbaine.

Zonage de l’espace communal

L’espace communal est occupé dans la quasi-totalité par des forêts dont une partie du Parc National de Nki. On Note aussi dans la zone du Sud-Est une zone minière (Mballam et ses environs) qui représente à peu près 10% de l’espace Communal. Le long des routes, c’est la zone d’habitation avec derrière les maisons les zones de polyculture.

Le système foncier est essentiellement traditionnel. Les terres se transmettent de génération en générations et la notion de titre foncier n’est pas très répandue encore moins appliquée. En somme, aucun terrain n’est immatriculé même dans l’espace urbain communal.

Les acteurs du développement local en dehors de la commune et des services étatiques sont principalement la société civile et le secteur privé. Parmi ces organisations, on peut citer entre autres : le Comité de Développement de Ngoyla (CODENGO), le Réseau des Associations féminines de Ngoyla (RAFANGO), l’Association des Jeunes de Ngoyla (AJN), le Fond Mondial pour la Nature (WWF), l’ONG Bien-Être, le Centre International d’Appui au Développement Durable (CIAD), Coopération Agroforestière de la Tri national (CAFT), l’Observatoire des Cultures Bakas et Bantous (OCBB) et les Comités villageois de Développement ces acteurs.

Activités économiques

Les activités locales sont classées par ordre d’importance ainsi qu’il suit : agriculture, élevage, chasse, pêche traditionnelle, petit commerce, les services (transport par moto, restauration, bar, alimentation), et la cueillette (vin de palme, PFNL). L’agriculture représente 80% du potentiel économique avec des productions variées : Cacao, café, banane plantain, arachides, manioc, macabo, piment, concombre, palmier à huile, maïs, autres produits tels les ignames, patates, cannes à sucre. L’élevage constitue un autre secteur d’activités. Parmi les groupements communautaires exerçant dans l’agriculture, un petit nombre a initié des activités dans le domaine de l’élevage. La pêche traditionnelle se pratique dans les cours d’eau et les fleuves Dja et Mié. C’est un secteur encore inorganisé. Il en est de même pour la chasse qui se pratique de manière anarchique à des fins de consommation et de vente. Nous notons aussi la pratique de la pisciculture avec des étangs de barrage dans la commune mais cette activité a du mal à se développer.

L’agriculture est la principale activité des Communautés, car pratiquée par la quasi -totalité de la population active. Il s’agit essentiellement d’une agriculture de subsistance. Les produits sont destinés à la consommation (60%) et à la vente (40%). Les spéculations agricoles portent sur les cultures vivrières et les cultures de rente ou d’exportation.

-Les cultures de rente sont le cacao, le café et le Palmier à huile. La cacaoculture est pratiquée par la quasi-totalité de la population masculine active de la Communauté. La superficie moyenne des exploitations cacaoyère est de 2 hectares. La main d’œuvre est essentiellement familiale et la production assez faible (3 sacs par hectares). Le cacao produit est généralement écoulé par les « Coxeurs » (Collecteurs/Acheteurs informels) exerçant dans la région. Les données de la Délégation d’Arrondissement de l’Agriculture et du Développement Rural de Ngoyla font état de 40 tonnes vendues en 2008 et enregistrés à son niveau. Toutefois, les ventes n’étant pas organisées, la réalité pourrait révéler des chiffres plus grands. Il n’existe aucune infrastructure de coordination des ventes agricoles. Aucune taxe communale n’est enregistrée par la commune dans ces plantations.

-Les cultures vivrières font intervenir l’agriculture itinérante sur brûlis. Celle-ci consiste à défricher un lopin de terrain dans la forêt, et à l’incinérer soit en tas, soit éparpillé. L’objectif de l’incinération est d’améliorer instantanément avec les cendres résultantes des brûlis, la fertilité du sol. Les principales cultures vivrières sont le manioc, l’igname, la banane plantain, la banane douce, le maïs, la patate douce, le macabo. Ce type de spéculation concerne surtout les femmes. Les produits sont en partie consommés et vendus. Parmi les produits destinés à la vente, seul le manioc est généralement transformé en bâton de manioc et en couscous. Les données prélevées auprès des GIC actifs par la Délégation d’Arrondissement de l’Agriculture et du Développement Rural de Ngoyla font état pour l’année 2008 de 38 tonnes de maïs vendues, 52 tonnes d’arachides et 16 tonnes de manioc. Cette production est vendue sur le marché local. Les arbres fruitiers sont de moins en moins productifs dans la Commune. Ceci est dû au manque d’encadrement des paysans sur les techniques phytosanitaires. Les principaux arbres fruitiers rencontrés comprennent l’avocatier, le safoutier, le manguier et l’oranger. D’une manière générale, ces arbres fruitiers ne présentent en eux-mêmes aucun intérêt économique de la part des populations, car celles-ci attendent passivement la saison de production pour en récolter le produit. On note toutefois leur grande dissémination dans toutes les plantations. Le secteur agricole fait face à de nombreux problèmes dont les plus récurrents comprennent la baisse rapide de la fertilité des sols cultivés (dû aux mauvaises pratiques agricoles notamment les l’agriculture itinérante sur brûlis), les maladies et attaques des cultures par des déprédateurs, les difficultés de commercialisation et de conservation des denrées alimentaires. Ceci a pour conséquence une diminution des revenus à terme.

L’élevage est très peu développé dans la Commune. Il s’agit d’un élevage extensif caractérisé par des cheptels réduits avec la divagation des bêtes. Les principales espèces élevées comprennent : la volaille (poules), les ovins, les caprins et les porcins. Cet élevage est orienté à la fois vers la consommation et la commercialisation à très faible échelle (caprins). Ce secteur soufre de la forte mortalité de la volaille en saison sèche et surtout à la recrudescence de la coccidiose pour les volailles et de la peste porcine pour les porcins. Toutefois, la difficulté majeure ici reste la non maîtrise des techniques améliorées d’élevage en claustration des animaux domestiques par les populations locales. Les produits halieutiques occupent après la chasse, une place de choix dans l’approvisionnement des ménages en protéines animales. La pêche constitue la deuxième activité lucrative pour les populations des villages riverains des fleuves Dja et Mié. Il s’agit d’une pêche artisanale. Les techniques de pêche utilisées comprennent le filet, les nasses, les lignes. Cette activité connaît des interruptions au mois de septembre et d’octobre puis connaît des périodes d’intenses activités au courant des mois de juin à août et de novembre à janvier. Les espèces de poissons les plus pêchées sont entre autres le Tilapia du Nil (Oréochromis niloticus), les silures (Clarias gariepinus), le poisson serpent (Chana chana), le poisson à queue rouge.

Les formations végétales rencontrées dans la Commune abritent une faune cynégétique très diversifiée et abondante. Cette faune continue à jouer un rôle très important dans l’approvisionnement des populations locales en protéines animales et contribue de façon efficace au revenu de certains ménages. Ici, la chasse constitue à la fois un moyen de capture ou d’abattage des animaux et un moyen de protection des cultures. Cette activité est exclusivement pratiquée en forêt et aux abords des plantations et reste l’apanage des hommes et des jeunes garçons. Les principales caractéristiques de cette chasse restent sa permanence, sa non sélectivité et le gaspillage des ressources occasionné surtout par le piégeage. Les principales techniques cynégétiques utilisées comprennent le piégeage, les assommoirs, les machettes, les couteaux, arcs, les appâts empoisonnés et les fusils de chasse. La saison des pluies reste la période de chasse par excellence. Pendant cette période, les chasseurs (braconniers) séjournent le plus souvent en forêt logeant dans des campements où ils ne ressortent que pour les besoins de la commercialisation du gibier. Les produits de la chasse sont prioritairement destinés à la commercialisation (70%). Ces produits sont vendus sur place à l’état frais (entier ou par quartier) ou boucanée (entier ou par quartier).

L’exploitation forestière à Ngoyla se résume à l’exploitation de la forêt communautaire de Nkondong et à la coupe artisanale du bois dans les autres formations végétales. Le bois coupé sert à des usages divers : le bois énergie, le bois d’oeuvre et le bois de construction. Ici l’arbre appartient au propriétaire de la parcelle qui dispose du droit d’usufruit. Les arbres sont généralement vendus sur pied aux exploitants informels. Il convient de noter que depuis l’année 2006, la Commune de Ngoyla, s’est engagée dans le processus de classement d’une forêt communale de 15 000 ha. A l’heure actuelle, un dossier de classement (Demande, note technique, cartographie, etc.) de cette forêt au bénéfice de la commune de Ngoyla a déjà été soumis au Ministère en charge des forêts et évolue normalement dans le chaine administrative compétente.

Les formations végétales de Ngoyla abritent de nombreux produits forestiers non ligneux. Les plus importants comprennent entre autres : la mangue sauvage (Irvingia gabonensis), le Djangsang (Ricinodendron heudolettii), le Moabi (Baillonella toxisperma), le rotin, les noisettes (Kola edulis), le Voakanga (Voacanga africana), le Bitter kola (Garcinia cola), le bois de feu, les écorces et les racines de certaines espèces ligneuses. Ces produits sont destinés à près de 95% à l’autoconsommation et utilisés par les populations locales dans la pharmacopée traditionnelle et l’alimentation. Parmi ces PFNL, seul le Djangsang, la mangue sauvage, le rotin et le Voakanga constituent une source de revenus non négligeable allant jusqu’à 200 000 Fcfa/an pour certains ménages. D’une manière générale, ces produits restent sous valorisés dans la zone malgré l’importance du potentiel existant et l’opportunité qu’ils présentent pour le développement local. La collecte de ces produits reste essentiellement une activité féminine.

Cette activité est surtout pratiquée par les jeunes, les femmes et quelques vieilles personnes. La plupart des objets sont faits en matériaux locaux : bambou, rotins, bois, feuilles de palmiers, etc. Les objets fabriqués ici sont les paniers, les hottes, les mortiers, pilons et les pirogues. Cette activité est également à but lucratif.

Le petit commerce est alimenté par plusieurs boutiques (échoppes) dont les plus importantes sont tenues par les Bamouns et les Nordistes qui vendent les produits de premières nécessités. L’on compte cinq petits débits de boisson dans la Commune et une gare routière.

Le secteur agro-industriel reste sous développé dans la Commune de Ngoyla et se limite à la transformation artisanale des produits agricoles tels que le manioc en couscous ou en bâtons de manioc. En ce qui concerne l’industrie minière, elle est marquée par l’implantation de CAMIRON à Mballam entreprise qui développera l’exploitation des minerais de fer dans la zone. Notons aussi que les activités de l’entreprise GEOVIC qui exploitera le coblat et le nikel ; entreprise implantée à Lomié s’étendent jusque dans l’espace communal de Ngoyla.

Cette exploitation artisanale s’effectue soit dans les carrières fluviales, soit dans les carrières continentales. Malgré le potentiel élevé des gisements de sable dans la Commune, leur exploitation, surtout conduite par les jeunes garçons est une activité très peu lucrative dans la localité. Elle est effectuée avec un matériel rudimentaire (pirogues, pelles manuelles et seau). Les produits sont vendus sur place et les acheteurs se recrutent à la fois parmi les locaux et les halogènes venant surtout pour la construction des infrastructures dans le cadre des marchés publics.

Atouts, potentialités et contraintes du milieu socio-économique

L’économie locale repose sur le secteur primaire comme dans toutes les zones rurales du Cameroun. En effet, l’agriculture, particulièrement la culture du cacao représente le socle de l’économie locale. La commune de Ngoyla compte environ cinq cent producteurs de cacao qui exploitent plus de mille six cent hectares de superficie avec une production moyenne annuelle de plus de mille tonnes. En plus de l’agriculture, l’élevage traditionnel des poulets et des chèvres représente une part de plus en plus grandissante du secteur primaire dans la commune de Ngoyla. Notons tout de même que cette activité qui se fait par le mode d’élevage en divagation est prioritairement destinée à la consommation à cause des aléas et incertitudes liées à cette activité. Une autre grande articulation du secteur primaire dans l’économie locale de l’espace communal c’est la chasse et la pêche. En effet, la commune est arrosée par les affluents des fleuves Dja et Mié. Cette situation géographique particulière fait de Ngoyla un bassin de production du poisson d’eau douce quoique cette activité de pêche soit restée artisanale. C’est peut- être la raison pour laquelle nous n’avons pas pu avoir les estimations en chiffres des quantités prélevés dans ces cours d’eaux faute de statistiques fiables de la part des acteurs. Le secteur secondaire quant à lui est fortement dominé par l’artisanat et le commerce des produits locaux et manufacturés. Ici, les avis sont mitigés quant à la rentabilité de l’activité et so contribution au développement local à cause des problèmes de coût du transport et de la pénibilité de l’approvisionnement. Toutes-fois, la comparaison des prix pratiqués ici avec les prix dans la ville la plus proche qui est Lomié montre clairement que la marge bénéficiaire des commerçants est énorme. Le secteur tertiaire ici est représenté par les travailleurs des ONG et fonctionnaires qui par leurs revenus réguliers (mensuels) représentent en dehors des acheteurs de cacao qui sont présents saisonnièrement, le véritable pouvoir d’achat de la commune de Ngoyla.

Couverture en services sociaux de base et infrastructures par secteur

Les services du Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural (MINADER) sont représentés dans la commune de Ngoyla à travers la délégation d’arrondissement et le poste agricole de Ngoyla. Pour ce qui est des infrastructures, seule la Délégation d’Arrondissement occupe des locaux provisoires et le poste agricole de Ngoyla, n’a ni local ni personnel.

                                                 

Les services du Ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA) sont représentés dans la commune de Ngoyla à travers le centre zootechnique et vétérinaire de Ngoyla ce dernier a des locaux en cours de construction mais manque encore de maison d’astreinte.

Les services de l’administration territoriale et de la décentralisation et le maintien de l’ordre sont représentés dans la commune de Ngoyla à travers la commune, la sous -préfecture de Ngoyla, les deux chefferies de 2e degré les 29 chefferies de 3e degré, la perception de Ngoyla, la brigade de gendarmerie de Ngoyla et le poste de police des frontières de Ngoyla.

En ce qui concerne les Infrastructures, La Commune n’a pas encore d’hôtel de ville et occupe l’ancien bâtiment du foyer municipal; la brigade de gendarmerie est construite tandis que la sous- préfecture, le poste de police des frontières de Ngoyla et la perception de Ngoyla ne sont pas construits.

Les Infrastructures socioéducative

La commune dispose de plusieurs infrastructures socioéducatives notamment dans le

Secteur de la santé et de l’éducation.

Postes et Télécommunications

Les services du Ministère des Postes et Télécommunications (MINPT) sont représentés dans la Commune de Ngoyla par le bureau de poste et le point d’accès numériques. Sur le plan des infrastructures, ces deux services occupent le même bâtiment. Au terme de la présentation sommaire de la commune de Ngoyla, notons que cette commune dispose d’un minimum de services sociaux pour une population de 6 000 habitants. Il est toutes fois important de relever que les activités économiques sont peu développées de même que l’exploitation des ressources naturelles dont cette commune regorge.

Principales potentialités

La Commune de Ngolya présente plusieurs opportunités pour son développement à savoir :

-Des ressources naturelles : forêt, faune, richesse du sol, des sites touristiques, des terres fertiles et un climat favorable ;

- Présence de vastes étendus de terres arables, latéritiques, sablonneux, d’indices d’or et de diamant, pierres, ferralitiques, marécageux;

-Une agriculture diversifiée avec un potentiel élevé pour pratiquer sur de grande parcelle des terres cultivables ;

- Disponibilité des espèces médicinales et des produits forestiers non ligneux, du bois de chauffe et de matériaux de construction de base;

- Présence de bâtiments bien que coloniaux, Patrimoine communal varié, exploitation du fortin allemand, engins roulants exploitables, une élite importante et intellectuelle, présence des réseaux Orange et MTN ;

-Présence des carrières de sables, de latérites de sables de pierre ;