COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

ANGOSSAS

 

Maire Mme KAKOUAND EBA Anne Marie épse TSITSOL

Tél.  +237 698 00 77 78

Créée par décret N° 95/082 du 24 Avril 1995

Superficie de 600 km²   

Localisation de la commune

La Commune d’Angossas partage le même territoire que l’Arrondissement de Mboanz. La Commune d’Angossas est créée par décret N° 95/082 du 24 Avril 1995 de Monsieur le Président de la  République. Elle est située dans le Département du Haut-Nyong, Région de l’Est. La Commune d’Angossas couvre une superficie de 600 km² et compte 30 villages. Elle est limitée à l’Ouest par la Commune de Kombdombo, à l’Est par la Commune de Doumé, au Nord par la Commune de  Mboma, au Sud par les Communes d’ Atok et d’Abong-Mbang.

Description du milieu biophysique

La Commune d’Angossas subit l’influence d’un climat équatorial de type guinéen à quatre saisons d’inégales durées :

- une grande saison sèche de Novembre à mi-Mars ;

- une petite saison pluvieuse de mi-Mars à mi-Juin ;

-une petite saison sèche de mi-Juin à mi-Août ;

- une grande saison pluvieuse de mi-Août à mi-Novembre ;

La moyenne annuelle des précipitations est de 1577 mm. La température moyenne annuelle est de 25°C avec une amplitude moyenne annuelle de 2,5°C. Ce climat favorise annuellement la conduite de 2 campagnes agricoles (de mi-Mars à mi-Juin et de mi-Août à mi-Novembre).

Le matériel parental est essentiellement composé de quartzites et de granites. Deux principaux types de sols se rencontrent dans cette localité à savoir les sols ferralitiques et les sols hydro-morphes. D’une manière générale, les sols ferralitiques sont caractérisés par une texture sablo-argileuse. Ils sont pauvres en éléments nutritifs, acides, fragiles et caractérisés par de fortes colorations rouges ou rouge claire. Sous le couvert forestier, ces sols sont quelquefois argileux, poreux, très perméables et riches en humus. Ils sont reconnus très fertiles sous le couvert forestier. Cependant, cette fertilité est assez précaire, consécutif à l’agriculture sur brûlis. Ces sols se prêtent surtout aux cultures pérennes (cacao, fruitiers, palmier) et aux cultures vivrières. Les sols hydro-morphes se rencontrent essentiellement dans les zones marécageuses et aux abords des cours d’eau. L’exploitation de ces sols est difficile en temps pluvieux à cause de leur engorgement. En saison sèche par contre, l’utilisation de ces sols est moins contraignante avec la baisse de la nappe phréatique. La pratique des cultures de contre saison est alors possible.

De part sa proximité au fleuve Nyong, la Commune d’Angossas présente un relief peu accidenté et varié (présence de plaines, de collines et de vallées) avec des pentes comprises entre 0 et 5% traduisant une faible sensibilité à l’érosion. L’altitude moyenne est de 625 m.

La Commune d’Angossas est arrosée par le Nyong, fleuve très poissonneux et à débit permanent. A côté de ces fleuves, l’on note la présence de petites rivières à régime permanent ou saisonnier (long, Longola, Yérap, Bongouma, Ankom, Alouambé, Tchoumpal).

La végétation d’Angossas est caractérisée par des forêts denses secondaires et des forêts marécageuses à raphiales. Ces formations végétales sont riches en essences commercialisables et en Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL). La flore est très diversifiée. Les principales espèces arborées ou arborescentes sont présentées dans le tableau 1. Les espèces herbeuses dominantes dans les zones de savane herbeuse sont Pennisetum purpureum, Hyparhénya rufa, Chromolaena odorata, Mimosa sp et de nombreuses graminées. Les prairies marécageuses sont surtout colonisées par les Maranthacées et les Zynziberacées. A ces espèces végétales il faut ajouter la gamme variée des cultures vivrières, maraîchères et pérennes. Les jachères sont colonisées principalement par Musanga cercropiodes (parassolier), Eupatorium sp et Chromolaena odorata.

-Faune sauvage

La Commune d’Angossas abrite une faune sauvage très diversifiée mais peu abondante. Les discussions avec les populations locales révèlent que cette faune est localisée à la fois dans les forêts galeries et dans les savanes péri-forestières.

-La faune domestique

Quant à elle est très pauvre et peu diversifiée. Elle est constituée de volailles (poulets, canard), de porcs, chèvres et d’animaux de compagnie (chiens, chat).

Description du milieu socio-économique

Les populations d’Angossas sont d’origine ethnique Maka’a. D’après la tradition orale, ces populations sont originaires des côtes éthiopiennes qu’ils auraient fuis en réaction aux dogmes trop contraignant de la société islamo arabe. Le peuple maka’a se serait progressivement installé dans la grande forêt équatoriale. En 1900, la grande famille Maka’a Mboanz renonce à son émiettement en forêt et décide de se regrouper pour former un ensemble plus homogène. C’est le début de nouveaux flux migratoires de la forêt vers la route reliant le secteur à la ville d’Abong-Mbang. Ces flux migratoires aboutissent à la création d’un groupement de villages réunis sous l’autorité d’un chef de premier degré basé au village Mayos. Ce groupement Mboanz était inclus dans l’arrondissement d’Abong-Mbang jusqu’en 1995, année où il est érigé en Commune à travers le Décret présidentiel N°95/02 du 24 avril 1995. A l’avènement de la Commune, Angossas est choisi comme chef-lieu et a vu le passage de deux Maires à sa tête, à savoir MPANS Toussaint (1996 à 2002) et MIEN ZOK Christophe (depuis 2002).

La Commune d’Angossas compte une chefferie de 1er degré et 29 de 3ème degré. La population est estimée à environ 13 608 habitants D’après le recensement de 2005. Sur le plan ethnique, toute la population autochtone (majoritaire) appartient à l’ethnie Maka Mboanz. La distribution ethnolinguistique est homogène. Ce caractère confère aux populations une même origine, les mêmes us et coutumes. Chaque village est ainsi composé de plusieurs lignages, issus à leur tour de la fusion de plusieurs familles. Les halogènes minoritaires comprennent entre autres les nigériens, les Eton, les ewondo, les bamilékés, etc.

Trois principaux groupes religieux ont été identifiés dans la Commune d’Angossas à savoir les protestants, les musulmans et les catholiques. Les catholiques et les protestants sont les plus nombreux. La Communauté musulmane quant à elle est minoritaire.

Organisation sociale

L’organisation sociale dans la commune d’Angossas a pour socle les ménages qui sont pour la plus part bâtis autour des foyers polygames non officialisés. Après les ménages, le deuxième cercle de l’organisation sociale est la famille. En effet, chaque village compte un certain nombre de famille allant de deux à six d’où viennent les notables de la chefferie. Les familles sont regroupées en clans qui rassemblent souvent plusieurs villages et enfin, les habitants d’Angossas appartiennent à l’ethnie Maka Mboanz. Les principales institutions administratives rencontrées dans la zone sont notamment : la Sous-Préfecture, la mairie, la brigade de gendarmerie, la Délégation d’Agriculture, l’Inspection de l’Education de base, les postes agricoles. Comme institutions traditionnelles, l’on distingue 01 chefferie de 1er degré et 29 chefferies de 3e degré. Les chefferies de 3e degré sont localisées dans les 29 villages qui composent la Commune. Ces villages d’Angossas sont chacun administrés par un chef de 3e degré élu par la Communauté. L’institution traditionnelle se compose des organes suivants : un chef du village, un conseil de notable ou des sages, les capitas ou chefs de bloc, le chef de famille, un représentant légal choisit par le chef. L’ascension à la chefferie se fait par hérédité ou par élection en cas de non consensus. Toutefois le conseil de sage peut choisir en cas de non désignation du successeur du chef décédé. A côté des chefferies, plusieurs organisations ou institutions interviennent dans divers domaines de développement des villages. Parmi ces organisations, on peut citer entre autres : l’Association de développement de Mboanz (ADM), le Réseau des Associations féminines d’Angossas (RAFANGOS), l’Union des GICs d’Angossas (UGICANG), l’ONG Alternatives Durables pour le Développement (ADD), PLAN Cameroun, CARE International, le Centre de Recherche et d’Appui au Développement Durable (CERAD), Organisation Néerlandaise de Développement (SNV) et les Comités villageois de Développement. Les responsables des services déconcentrés de l’Etat, les chefs de village, les chefs de famille, les Conseillers Municipaux, les notables et les autorités politiques sont les principales personnes qui exercent l’autorité à Angossas. Ils l’exercent surtout en jouant le rôle de porte- parole entre l’administration et les populations locales et/ou en veillant à ce que la paix soit préservée dans la localité.

Habitat

D’une manière générale, l’habitat est groupé dans les zones rurale et urbaine. Ceci traduit une volonté manifeste pour les populations de vivre ensemble. Les enquêtes communautaires ont permi de caractériser plusieurs types de constructions villageoises dans la Commune d’Angossas. Il s’agit en l’occurrence des maisons d’habitation (qui varient en fonction des matériaux de construction utilisés) et des accessoires tels que les latrines, et les hangars. Les principaux matériaux de construction utilisés sont la terre (poto poto), les briques ou blocs de terre, les parpaings, le ciment, les planches, le raphia, la paille et les tôles ondulées en aluminium. L’habitat rural est essentiellement précaire. Cette précarité ne tient pas seulement au faible revenu des populations, mais surtout à leur mentalité qui les pousse à se contenter d’une simple maison en terre battue. Alors qu’il existe des carrières de sable dans plusieurs villages. 70% des habitations en zones rurales et urbaine sont construite en matériaux locaux (photo 7). Par ailleurs, l’inexistence d’un plan d’urbanisation à la Commune ne lui permet pas de réglementer les constructions. Quelque soit le type de matériaux utilisé, les maisons sont construites selon les mêmes standards à savoir : forme rectangulaire ou carré et assez spacieuse. Le ménage est généralement constitué de 02 bâtiments. L’un sert de salle de séjour et l’autre de cuisine. D’autres compartiments servent de cuisine et de magasins. En ce qui concerne les accessoires, on note une rareté de latrines aménagées en zone rurale et urbaine.

Zonage de l’espace communal

Le zonage de l’espace communal est présenté dans le plan d’utilisation et de gestion des terres de la commune d’Angossas.

Système foncier

Le système foncier est essentiellement traditionnel. Les terres se transmettent de génération en générations et la notion de titre foncier n’est pas très répandue encore moins appliquée. En somme, aucun terrain n’est immatriculé même dans l’espace urbain communal.

Acteurs du développement local

Les acteurs du développement local en dehors de la commune et des services étatiques sont principalement la société civile et le secteur privé tel que présentés dans les tableaux suivants.

Activités économiques

Les populations d’Angossas s’adonnent à de nombreuses activités économiques. Celles-ci englobent par ordre d’importance l’agriculture, la chasse, la coupe artisanale du bois, la collecte des Produits Forestiers non ligneux (PFNL), la pêche, l’élevage et l’exploitation artisanale du sable. Le tissu économique de la Commune est encore faible mais pourrait être densifié avec les nombreuses potentialités qu’on y trouve.

L’agriculture est la principale activité des Communautés, car pratiquée par la quasi-totalité de la population active. Il s’agit essentiellement d’une agriculture de subsistance. Les produits sont destinés à la consommation (60%) et à la vente (40%). Les spéculations agricoles portent sur les cultures vivrières et les cultures de rente ou d’exportation. Les cultures de rente sont le cacao, le café et le Palmier à huile. La cacao culture et la caféiculture sont pratiquées par la quasi-totalité de la population masculine active de la Communauté. La superficie moyenne des exploitations cacaoyère et caféière est de 2ha. La main d’œuvre est essentiellement familiale et la production assez faible (3 sacs par ha). Le cacao et le café produits sont généralement écoulés par les « Coxeurs » (Collecteurs/Acheteurs informels) exerçant dans la région. Les données de la Délégation d’Arrondissement de l’Agriculture et du Développement Rural de Mboanz font état de 40 tonnes vendues en 2008 par des GICs enregistrés à son niveau. Toutefois, les ventes n’étant pas organisées, la réalité pourrait révéler des chiffres plus grands. Il n’existe aucune infrastructure de coordination des ventes agricoles. La disparition des Zone d’Action Prioritaire Intégrée de l’Est (ZAPI-EST) a désorganisé le secteur cacao- café. Au total, l’on dénombre 11 palmeraies d’une superficie moyenne de 20 ha dans la Commune. Cette spéculation reste jusqu’ici l’apanage des fils du terroir non résident (elites locale) et bien nantis. Aucune taxe communale n’est enregistrée par la commune dans ces palmeraies.

Les cultures vivrières font intervenir l’agriculture itinérante sur brûlis. Celle-ci consiste à défricher un lopin de terrain dans la forêt, et à l’incinérer soit en tas, soit éparpillé. L’objectif de l’incinération est d’améliorer instantanément avec les cendres résultantes des brûlis, la fertilité du sol. Les principales cultures vivrières sont le manioc, l’igname, la banane plantain, la banane douce, le maïs, la patate douce, le macabo. Ce type de spéculation concerne surtout les femmes. Les produits sont en partie consommés et vendus. Parmi les produits destinés à la vente, seul le manioc est généralement transformé en bâton de manioc et en couscous. Les données prélevées auprès des GICs actifs par la Délégation d’Arrondissement de l’Agriculture et du Développement Rural de Mboanz font état pour l’année 2008 de 138 tonnes de maïs vendues, 172 tonnes d’arachides et 16 tonnes de manioc. Cette production est vendue sur le marché local ou au marché d’Abong-Mbang. Les arbres fruitiers sont de moins en moins productifs dans la Commune. Ceci est dû au manque d’encadrement des paysans sur les techniques phytosanitaires. Les principaux arbres fruitiers rencontrés comprennent l’avocatier, le safoutier, le manguier et l’oranger. D’une manière générale, ces arbres fruitiers ne présentent en eux-mêmes aucun intérêt économique de la part des populations, car celles-ci attendent passivement la saison de production pour en récolter le produit. On note toutefois leur grande dissémination dans toutes les plantations.

Le secteur agricole fait face à de nombreux problèmes dont les plus récurrents comprennent la baisse rapide de la fertilité des sols cultivés (dû aux mauvaises pratiques agricoles notamment les l’agriculture itinérante sur brûlis), les maladies et attaques des cultures par des déprédateurs, les difficultés de commercialisation et de conservation des denrées alimentaires. Ceci a pour conséquence une diminution des revenus à terme.

L’élevage est très peu développé dans la Commune. Il s’agit d’un élevage extensif caractérisé par des cheptels réduits avec la divagation des bêtes. Les principales espèces élevées comprennent : la volaille (poules), les ovins, les caprins et les porcins. Cet élevage est orienté à la fois vers la consommation et la commercialisation à très faible échelle (caprins). Ce secteur soufre de la forte mortalité de la volaille en saison sèche et surtout à la recrudescence de la coccidiose pour les volailles et de la peste porcine pour les porcins. Toutefois, la difficulté majeure ici reste la non maîtrise des techniques améliorées d’élevage en claustration des animaux domestiques par les populations locales.Les produits halieutiques occupent après la chasse, une place de choix dans l’approvisionnement des ménages en protéines animales. La pêche constitue la deuxième activité lucrative pour les populations des villages riverains du fleuve Nyong. Il s’agit d’une pêche artisanale. Les techniques de pêche utilisées comprennent le filet, les nasses, les lignes et les produits chimiques (néfaste pour l’environnement et la santé humaine). Cette activité connaît des interruptions au mois de septembre et d’octobre puis connaît des périodes d’intenses activités au courant des mois de juin à août puis de novembre à janvier. Les espèces de poissons les plus pêchées sont entre autres le Tilapia du Nil (Oréochromis niloticus), les silures (Clarias gariepinus), le poisson serpent (Chana chana), le poisson à queue rouge.

Les formations végétales rencontrées dans la Commune abritent une faune cynégétique très diversifiée, mais peu abondante. Cette faune continue à jouer un rôle très important dans l’approvisionnement des populations locales en protéines animales et contribue de façon efficace au revenu de certains ménages. Ici, la chasse constitue à la fois un moyen de capture ou d’abattage des animaux et un moyen de protection des cultures. Cette activité est exclusivement pratiquée en forêt et aux abords des plantations et reste l’apanage des hommes et des jeunes garçons. Les principales caractéristiques de cette chasse restent sa permanence, sa non sélectivité et le gaspillage des ressources occasionné surtout par le piégeage.Les principales techniques cynégétiques utilisées comprennent le piégeage, les assommoirs, les machettes, les couteaux, arcs, les appâts empoisonnés et les fusils de chasse. La saison des pluies reste la période de chasse par excellence. Pendant cette période, les chasseurs (braconniers) séjournent le plus souvent en forêt logeant dans des campements où ils ne ressortent que pour les besoins de la commercialisation du gibier. Les produits de la chasse sont prioritairement destinés à la commercialisation (90%). Ces produits sont vendus sur place ou dans les agglomérations avoisinantes (Abong mbang, etc.) à l’état frais (entier ou par quartier) ou boucanée (entier ou par quartier).

L’exploitation forestière à Angossas se résume à l’exploitation de la forêt communautaire d’Andjouk et à la coupe artisanale du bois dans les autres formations végétales. Le bois coupé sert à des usages divers : le bois énergie, le bois d’oeuvre et le bois de construction. Ici l’arbre appartient au propriétaire de la parcelle qui dispose du droit d’usufruit. Les arbres sont généralement vendus sur pied aux exploitants informels. Il convient de noter que depuis l’année 2008, la Commune d’Angossas avec l’appui du CTFC, s’est engagée dans le processus de classement d’une forêt communale de 15 000 ha. A l’heure actuelle, un dossier de classement (Demande, note technique, cartographie, etc) de cette forêt au bénéfice de la commune d’angossas a déjà été soumis au Ministère en charge des forêts et évolue normalement dans le chaine administrative compétente.

Les formations végétales d’Angossas abritent de nombreux produits forestiers non ligneux. Les plus importants comprennent entre autres : la mangue sauvage (Irvingia gabonensis), le Djangsang (Ricinodendron heudolettii), le Moabi (Baillonella toxisperma), le rotin, les noisettes (Kola edulis), le Voakanga (Voacanga africana), le Bitter kola (Garcinia cola), le bois de feu, les écorces et les racines de certaines espèces ligneuses. Ces produits sont destinés à près de 95% à l’autoconsommation et utilisés par les populations locales dans la pharmacopée traditionnelle et l’alimentation. Parmi ces PFNL, seul le Djangsang, la mangue sauvage, le rotin et le Voakanga constituent une source de revenus non négligeable allant jusqu’à 200 000 Fcfa/an pour certains ménages. D’une manière générale, ces produits restent sous valorisés dans la zone malgré l’importance du potentiel existant et l’opportunité qu’ils présentent pour le développement local. La collecte de ces produits reste essentiellement une activité féminine.

Cette activité est surtout pratiquée par les jeunes, les femmes et quelques vieilles personnes. La plupart des objets sont faits en matériaux locaux : bambou, rotins, bois, feuilles de palmiers, etc. Les objets fabriqués ici sont les paniers, les hottes, les mortiers, pilons et les pirogues. Cette activité est également à but lucratif.

Le petit commerce est alimenté par plusieurs boutiques (échoppes) dont les plus importantes sont tenues par les Nigériens qui vendent les produits de premières nécessités. L’on compte petits débits de boisson dans la Commune et une gare routière.

Le secteur agro-industriel reste sous développé dans la Commune d’Angossas et se limite au décorticage du café et à la transformation du manioc et du maïs en farine avec des moulins ou des machines à main. Cette farine est destinée à la consommation ou à la commercialisation locale. Les unités de décorticage du café jadis disséminées à travers la Commune par les ZAPI-Est sont à l’arrêt. Actuellement dans la Commune d’Angossas on ne distingue à présent que trois unités de décorticage de café opérationnelles ; l’une à Mayos, l’autre à Angossas et l’autre à Esseng. Aucune autre initiative dans ce sens n’est encore connue à ce jour.

Cette exploitation artisanale s’effectue soit dans les carrières fluviales, soit dans les carrières continentales. Malgré le potentiel élevé des gisements de sable dans la Commune, leur exploitation, surtout conduite par les jeunes garçons est une activité très peu lucrative dans la localité. Elle est effectuée avec un matériel rudimentaire (pirogues, pelles manuelles et seau). Les produits sont vendus sur place et les acheteurs se recrutent à la fois parmi les locaux et les halogènes venant surtout d’Abong Mbang.

Atouts, potentialités et contraintes du milieu socio-économique

L’économie locale repose sur le secteur primaire comme dans toutes les zones rurales du Cameroun. En effet, l’agriculture, particulièrement la culture du café et du cacao représente le socle de l’économie locale. La commune d’Angossas compte environ huit mille cinq cent producteurs de café et de cacao qui exploitent plus de six mille six cent hectares de superficie avec une production moyenne annuelle de plus de huit mille tonnes. Il est tout de même à noter que certains possèdent des exploitations en dehors des limites de la commune. En plus de l’agriculture, l’élevage traditionnel des poulets et des chèvres représente une part de plus en plus grandissante du secteur primaire dans la commune d’Angossas. Notons tout de même que cette activité qui se fait par le mode d’élevage en divagation est prioritairement destinée à la consommation à cause des aléas et incertitudes liées à cette activité. Plan Communal Une autre grande articulation du secteur primaire dans l’économie locale de l’espace urbain c’est la chasse et la pêche. En effet, la commune est arrosée par les affluents du Nyong dont Les plus importants : Ankom, Ankouasse, Ntafia Fil, Mebong, Koudeme Tsoual, Chou me Nkand, et la rivière Bagbetout. Cette situation géographique particulière fait d’Angossas un bassin de production du poisson d’eau douce quoique cette activité de pêche soit restée artisanale. C’est peut-être la raison pour laquelle nous n’avons pas pu avoir les estimations en chiffres des quantités prélevés dans ces cours d’eaux faute de statistiques fiables de la part des acteurs. Le secteur secondaire quant à lui est fortement dominé par l’artisanat et le commerce des produits locaux et manufacturés. Ici, les avis sont mitigés à cause des problèmes de coût du transport et de la pénibilité de l’approvisionnement. Toutes-fois, la comparaison des prix pratiqués ici avec les prix dans la ville la plus proche qui est Abong-Mbang montre clairement que la marge bénéficiaire des commerçants est énorme. Le secteur tertiaire ici est représenté par les travailleurs et salariés de la fonction publique qui par leurs revenus réguliers (mensuels) représentent en dehors des acheteurs de cacao qui sont présents saisonnièrement, le véritable pouvoir d’achat de la commune d’Angossas. Couverture en services sociaux de base et infrastructures par secteur.

Agriculture

Les services du MINADER (Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural) sont représentés dans la commune d’Angossas à travers la délégation d’arrondissement, les CEAC de Mpondou et de Beul et les postes agricoles de Angossas, Mpondou, Beul et Mayos. Pour ce qui est des infrastructures, seule le poste agricole de Mayos est construit. La Délégation d’Arrondissement occupe des locaux provisoires et ni les deux CEAC ni les Postes agricoles de Angossas, Mpoundou et Beul ne sont construits.

Elevage, pêches et industries animales

Les services du MINEPIA (Ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries Animales) sont représentés dans la commune d’Angossas à travers le centre zootechnique et vétérinaire d’Esseng ce dernier n’a pas d’infrastructures (bureaux et maison d’astreinte) ce qui représente un frein pour le fonctionnement de ce service.

Administration territoriale, décentralisation et maintien de l’ordre

Les services de l’administration territoriale et de la décentralisation et le maintien de l’ordre sont représentés dans la commune d’Angossas à travers la commune, la sous-préfecture de Mboanz, la chefferie de 1er degré les 30 chefferies de 3e degré, la perception d’Angossas, la brigade de gendarmerie d’Angossas et le poste de gendarmerie d’Esseng. En ce qui concerne les Infrastructures, La Commune n’a pas encore d’hôtel de ville et occupe les anciens bâtiments de la ZAPI ; la brigade de gendarmerie est construite tandis que la sous-préfecture, le poste de gendarmerie d’Esseng et la perception d’Angossas sont en construction.

Les Infrastructures socioéducative

La commune dispose de plusieurs infrastructures socioéducatives notamment dans le

Secteur de la santé et de l’éducation.