COMMUNES ET VILLES UNIES DU CAMEROUN :: UNITED COUNCILS AND CITIES OF CAMEROON

BUREAU NATIONAL :: National Office

YOKADOUMA

 

Maire SASSABENO METINDI Richard Gaston

Tél. 676 00 44 69

 

Superficie de 9 533 km²

Nombre de Conseillers 31

Localisation de la Commune

La commune de Yokadouma est située dans le département de la Boumba et Ngoko, dans la région de l’Est. Elle est créée en 1955et couvre une superficie de 9 533 km². Elle est limitée :

au nord par la commune de Gari – Gombo, au Sud par la commune de Salapoumbé , à l’Est par la République Centrafricaine, à l’Ouest par la Commune de Messok.

Milieu biophysique

  • Climat
  • Relief et sol
    • Hydrographie
    • Végétation et flore
    • Faune
    • Taille et structure de la population
    • Religion, rites et héritages traditionnel
    • Mobilité de la population
    • Habitat
    • Exploitation forestière
    • Exploitation minière
    • Agriculture
    • Chasse, cueillette et ramassage des Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL)
    • Elevage
    • Pêche
    • Petit commerce
    • L’industrie et les entreprises

La commune de Yokadouma est soumise dans son ensemble à l’influence d’un climat équatorial chaud et humide de type guinéen classique à deux saisons de pluies entrecoupées de deux saisons sèches. Au cours de l’année, les saisons se succèdent de la manière suivante :

-La petite saison des pluies de mi-mars à juin ;

-La petite saison sèche de juin à mi-août ;

-La grande saison des pluies de mi-août à mi-novembre ;

     -La grande saison sèche de mi-novembre à mi-mars ;

Les précipitations annuelles moyennes se situent entre 1500 et 1800mm. La hauteur moyenne mensuelle de pluie sur les 25 dernières années est de 1650 mm. La température moyenne de la région oscille autour de 23°C1.

Le relief dominant de la commune de Yokadouma est relativement plat .L’altitude moyenne oscille entre 600 et 900 m d’altitude supportant un couvert forestier. Deux principaux types de sols se rencontrent dans cette localité à savoir les sols ferralitiques et les sols hydro morphes dans les bas fonds.

Le réseau hydrographique de la commune appartient au bassin hydrographique du Congo. C’est un régime hydrographique de type équatorial caractérisé par un régime régulier sur toute l’année .les cours d’eau qu’on y rencontre sont la Boumba, la Bek, la Medoum, la Bangué, la mempoé, la Djue, la Ngoko.

La végétation de Yokadouma est marquée par la forêt. La forêt fait partie de la vie sociale et culturelle des différentes ethnies dans la zone et surtout des pygmées Baka dont elle est l’habitat et la source de vie. C’est un milieu physique, social et symbolique. La forêt joue plusieurs rôles notamment ; celui de la source d’aliments et de médicaments, de vêtements et de protection, la plupart des activités locales telles la chasse, la pêche et la récolte des PFNL reposent sur la forêt.

La zone forestière communale est caractérisée par des formations végétales qualifiées de forêt dense humide sempervirente, alternant avec la forêt semi décidue à grandes superficies de forêts marécageuses. Les familles dominantes sont : les Combrétacées ; les Sterculiacées ; lesMéliacées ; lesOchnacées.

La Commune de Yokadouma dispose d’un parc en l’occurrence le parc de Boumba Bek. La faune est très riche et diversifiée dans la commune. Cependant, les enquêtes dans les villages de la zone d’étude montrent qu’on rencontre de plus en plus difficilement des animaux tels que l’éléphant (Loxondontasp), le gorille (Gorillagorilla), le chimpanzé (Pan troglodytes), les pangolins (Manistricuspis). Ces grands mammifères sont menacés par le braconnage et sont

protégés par des lois. Les animaux les plus courants concernent diverses espèces de céphalophes (Cephalophussp), de singes (Cercopithecussp, Mandrillus sphinx), l’aulacode (Thryonomysswinderianus), le rat de gambi (Cricetomysgambianusbuchanani).

Milieu Humain

La commune de Yokadouma à une population estimée à 64.000 habitants en 2005 et probablement 75 648 habitants en 2012 sur la base d’un taux d’accroissement annuel de 2,6%.Les populations sont regroupées en 3 cantons (MPOU-MPONG, KOUNABEMBE et BIDJOUKI) réparties dans 73 chefferies de 3e degré et 43 campements pygmées Baka. Les campements sont rencontrés dans plusieurs villages (fiche de recensement en annexe 1). Les différents groupes ethniques dans la commune vivent en parfaite harmonie. Chaque groupe a un apport sur le plan culturel, mais également sur le plan économique.

Les Bakas, peuples autochtones de la forêt, représentent environ 20% de la population de la commune de Yokadouma3. Les ethnies allogènes sont constituées de Bamilékés, Bamoun, Maka et les anglophones …

La population de Yokadouma est en majorité monothéiste ; elle pratique principalement deux grandes religions notamment l’Islam et le Christianisme. Il existe aussi des arbres sacrés comme le Padouck, le Djeck, le Moabi et l’ilomba. Ces arbres sont exploités dans la médecine traditionnelle. L’abattage abusif de certains de ces arbres pourrait ainsi mettre fin aux pratiques liées aux traditions locales ou ancestrales et entraîner la perte de l’identité culturelle. La majeure partie de la population dans les différents villages et campements pygmées attachent une importante valeur culturelle à la terre héritée de leurs ancêtres. Les Bakas sont animistes et pratiquent le rite « NJENGUE » annuellement et à cette occasion, ils abattent un éléphant.

Tout comme dans le reste du pays, les populations de la commune de Yokadouma se déplacent à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de leur commune. Celles-ci se déplacent pour des raisons de santé, de ravitaillement, de scolarité, de travail, de visites familiales, de salaires. En raison du mauvais état des routes avec pour corolaire le coût élevé et les conditions difficiles de transport, la mobilité des populations de la commune de Yokadouma est extrêmement difficile, surtout en saison pluvieuse.

Dans la plus part des villages, l’habitation est linéaire avec les maisons plus ou moins groupées le long de la route. Il existe des campements pygmées situées soit à l’entrée et/ou à la sortie des villages et d’autre à l’intérieur du village. Dans l’ensemble le système de bâti est rudimentaire et en matériaux locaux.

Zonage de l’espace communal

La commune de Yokadouma ne dispose pas d’un Plan Sommaire d’urbanisme, ni de plan d’occupation des sols.

Système foncier

Le système foncier dominant est traditionnel. Les populations et la commune occupent et exploitent des terres non sécurisées.

Acteurs du développement local

Dans le cadre du développement local, un certain nombre d’acteurs interviennent dans la commune de Yokadouma. Les institutions internes identifiées sont réparties en plusieurs grands groupes :

- L’autorité traditionnelle ;

- Les associations de développement (APEE, COSA, COGE, Comités de vigilance, CEFAID, CIFED, AAFEBEN, Fondation Solidarité, etc.) ;

- Les Groupes d’Initiatives Communes ou GIC ;

- Les organisations religieuses (église catholique et protestante, etc.) ;

- Les organisations politiques ;

- Les Organisation Non Gouvernementale (WWF, SNV…) ;

De manière générale, les acteurs de développement local sont caractérisés par une diversité d’actions concourant à l’éducation, la santé, la protection de l’environnement, la sécurité alimentaire et l’épanouissement des populations locales.

La commune regroupe 4 comités de développement : le comité de développement de Bidjouki, le comité de développement de MPou-Mpong Nord, le comité de développement MPou-Mpong Sud et le comité de développement secteur Kounanbembé. Leurs relations sont quelconques, chacune des structures travaille indépendamment de l’autre.

Principales activités économiques

La diversification des activités économiques notamment : l’exploitation forestière, l’agriculture, la chasse, la pêche, la cueillette, l’élevage et le petit commerce constitue une stratégie de survie de la population dans la localité. En effet, la réalisation des activités ne repose pas sur une spécialisation au sein de la localité.

L’exploitation forestière a une grande influence sur le contexte socioéconomique de la commune de Yokadouma. Yokadouma dispose d’une forêt communale de 42 612 hectares acquise en 2005, de nombreuses concessions forestières et des forêts communautaires. Entre l’année 2000 et l’année 2011, la commune de Yokadouma a reçu 9 295 493 087(neuf milliards deux cent quatre quinze millions quatre cent quatre-vingt treize mille quatre-vingt sept francs CFA) de redevances forestières. Malgré l’important flux de revenus perçus par la commune et les communautés locales, Yokadouma ne présente toujours pas de signes concrets de développement. Les infrastructures dans la zone de la commune demeurent rudimentaires et insuffisantes.

Les villages NYABONDA, MENZIONG, NAMPELA, NGOLLA 35 connaissent l’exploitation minière artisanale informelle. Pour ce qui est de l’exploitation industrielle, La commune de Yokadouma regorge d’énormes potentialités minières dont l’exploitation est porteuse de grands espoirs de développement local. Environ 736 millions de carats, soit cinq fois la production annuelle mondiale de diamantont été découvert dans le sous-sol de Mobilong et Limokoali, villages appartenant à cette commune. L’inquiétude concerne l’impact de cette activité sur les populations riveraines. Le coût écologique et économique de cette activité qui génère de nombreux impacts négatifs au plan environnemental et social tels que la restriction des terres cultivables, l’inflation locale, les déboisements et défrichements massifs, la dégradation très poussée des sols, avec des risques élevés d’érosion, la pollution de l’air très élevée (due aux poussières), entraînant des maladies respiratoires opportunistes fréquentes; la pollution des eaux etc. L’exploitation minière menace à la fois l’environnement et les moyens d’existence des communautés.

L’agriculture est du type extensif, pratiquée avec des techniques rudimentaires sur des petites superficies variant entre ¼ et 2 hectares à proximité du village. Les principales cultures pratiquées par les populations sont : le cacao, le plantain, le manioc, le macabo, l’arachide, le maïs, le concombre. Soixante quinze pour cent (75%) de la production vivrière est prioritairement orientée vers la satisfaction des besoins de subsistance et seulement de manière progressive vers les besoins de marché. Le développement de l’agriculture est freiné par :

• La faible capacité technique des paysans (outillage rudimentaire et technique culturale archaïque, insuffisance du matériel végétal amélioré tel que les boutures de manioc, les rejets de plantain, les semences de maïs ;

• Les difficultés de conservation des produits ;

• Les techniques de conservation et de stockage non appropriées ;

• Le faible niveau organisationnel et structurel des organisations des producteurs existantes ;

La majorité des paysans restent impuissant face à ces contraintes qui nécessitent des grands investissements et des moyens d’accompagnement importants.

La chasse se fait toute l’année et la période de grande capture est la saison des pluies. La chasse est pratiquée par les hommes dans tous les villages. Le piégeage à collet en fibre ou en acier est la principale technique de chasse utilisée. Les espèces les plus chassées sont les petits mammifères et les petits ruminants. Ces espèces sont destinées à l’autoconsommation et la vente à l’état frais ou fumé. Il s’agit du lièvre, porc- épic, le pangolin, l’antilope, la biche, le rat, les petits singes, varan, hérisson, chat tigre, écureuil. L’accès aux PFNL est presque libre et sans restriction. Les PFNL sont récoltés ou ramassés autour du village par les femmes, les hommes et les enfants. Il s’agit de la mangue sauvage, du djansang, des chenilles, du vin de palme, des lianes, des champignons, des escargots, du miel, partie de ces produits est commercialisée et procure des revenus aux populations.

L’élevage de la volaille, des porcs et des petits ruminants est très peu développé et la productivité faible. L’abondance des viandes de brousse ne permet pas le développement de l’élevage. Les actions d’appuis nécessaires à apporter aux éleveurs pour améliorer leur productivité et la rentabilité de leurs activités sont entre autres : L’encadrement adéquat, L’appui matériel en produits vétérinaires et en équipements de production appropriés, Le renforcement des capacités organisationnelles des éleveurs.

Les cours d’eau sollicités pour la pêche sont la Boumba, le Bek, laMedoum, la Bangué, le mempoé, le Djue, la Ngoko. La saison sèche est la période de grande activité de pêche. La technique de pêche utilisée est essentiellement traditionnelle. Les techniques de pêche sont les suivantes : le barrage, la nasse, la ligne et le filet. Le barrage et la nasse sont des techniques utilisées par les femmes. Les hommes pratiquent la pêche au filet, à la ligne et à la nasse. Les principales captures sont les crevettes, les crabes, les tilapias et silures. La pisciculture est encore très faiblement pratiquée malgré les grandes potentialités pour le développement de cette activité. Les principales contraintes pour la pisciculture sont la non maîtrise des techniques améliorées de production et le manque des alevins de qualité. On dénombre 38 étangs piscicoles, 15 étangs en construction, 5,5 hectares d’étangs empoissonnés et 3,21 tonnes de poisson récolté.

           

Les échanges commerciaux sont basés sur les produits agropastoraux, les produits de première nécessité et les services. La Commune est très mal lotie en infrastructures marchandes.

La vente des produits agricoles se fait en bordure des grands axes routiers par la population locale en fonction des récoltes. Cependant, dans la commune on retrouve 3 marchés :

Les entreprises sont constituées des entreprises forestières et de service :

- CFC ;

- TTS ;

- GREEN VALLEY (GV) ;

- STBK ;

- TTS

- La compagnie de transport « Alliance Voyage » ;

- Les compagnies d’assurances ;

- Les micros finances (FIFFA, Express Union et Compost) ;

- La station-service « Total » pour la commercialisation du carburant

Les Infrastructures socioéducative

La commune dispose de plusieurs infrastructures socioéducatives notamment dans le

Secteur de la santé et de l’éducation.

Eau et Energie

Le centre-ville de Yokadouma est desservi en eau potable par la CDE permettant à la population d’avoir des branchements domestiques sur les 16 quartiers urbains, 3 quartiers (Malabango, compagnie et bordeaux) ne sont pas alimentés. Le centre urbain de Yokadouma est approvisionnée en électricité par AES/SONEL. Plus de 80% des habitants de la commune n’ont pas d’électricité. Pour pallier à cette situation, des groupes électrogènes alimentent les villages Ngatto, Madjoue, Ngolla 20, Ngolla 35, Mparo, Momjepom, Moampack. Un programme d’électrification rurale ayant pour but de connecter les villages Massiang (PK3), Mendoungue (PK6) en électricité est en cours.

Travaux publics

La commune de Yokadouma est traversée du Nord au Sud par une route départementale non bitumée, qui débouche sur la route Nationale N° 10 via la commune de Gari Gombo. Elle bénéficie d’un réseau routier important, constitué de routes communales. On classe ces routes en 04 catégories :

-Route principale classée prioritaire (302 km) ;

-Route départementale classée non prioritaire (136 km) ;

-Route rurale classée non prioritaire (105 km) ;

-Route forestière entretenue par les sociétés forestières (410 km) ;

Mis à part les routes forestières qui sont entretenues régulièrement, les autres routes de la commune sont en très mauvais état ainsi que les ouvrages de franchissement.

Le tronçon Biwala-Ngatto ancien est accessible par le bac. Le transport par motos taxis est le moyen de transport les plus utilisé. Les besoins pour l’accroissement et l’amélioration des infrastructures routières restent importants pour le développement de l’économie locale.